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TUNISNEWS
9 ème année,
N° 3327 du 02.07.2009
Liberté et Equité:
Nouvelles des libertés en Tunisie
Reporters sans frontières:
A 100 jours des élections : inquiétudes pour la
presse indépendante
L’ACAT-France: Un an après la répression à
Redeyef - Lettre au Ministère de la Justice et
des Droits de l’homme
L’ACAT-France: Cas de
Ramzi Romdhani - Lettre au Directeur de
l’Administration Pénitentiaire
TTU Monde Arabe: Tunisie : l’homme du président
AFP: Natation: Oussama
Mellouli, roi des Jeux Méditerranéens
AFP: Mauritanie: dix candidats à la
présidentielle, début de la campagne jeudi
Xinhua: Hamas official
visited Switzerland, other European
countries:sources
AP: Al Qaeda Warns France over Burqa Criticism
Reuters: Affaire Ergenekon
- Un colonel turc brièvement arrêté
Reuters: World changing around Turkey's generals
Reuters: Main figures in
Turkey's power struggle
Jeune Afrique: Jeune Afrique: Au CNRS, la
liberté intellectuelle d'un spécialiste de
l'islam menacée
Liberté pour tous les prisonniers politiques
Liberté et Equité
Organisation indépendante de droits de l’homme
33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis
Tel/Fax : 71 340 860
Adresse électronique : liberte.equite@gmail.com
Tunis, le 2 juillet 2009
Nouvelles des libertés en
Tunisie
1) les prisonniers d’opinion suspendent leur grève de la
faim
Jeudi 2 juillet 20009, des prisonniers d’opinion incarcérés dans
diverses prisons ont suspendu la grève de la faim qu’ils avaient
commencée le 22 juin pour exiger leur libération […]
2) Maher Beziouche, prisonnier d’opinion, a été
transféré à la prison de Mornaguia
Le prisonnier d’opinion Maher Beziouche a été transféré de la
prison de Borj Er Roumi à celle de Mornaguia. Sa famille n’en a
été informée que le jeudi 2 juillet lorsque son père lui a voulu
lui rendre visite et se rassurer sur son état. […]
Pour le bureau exécutif de l’organisation
Le Président
Maître Mohammed Nouri
(traduction d’extraits ni revue ni
corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)
A 100 jours
des élections : inquiétudes pour la presse indépendante
A trois mois des élections législatives et
présidentielle, Reporters sans frontières dresse un état de la
liberté de la presse. Les intimidations, interdictions de sortie
du territoire et autres menaces à l’encontre de journalistes
tunisiens sont monnaie courante.
« A la veille d’élections nationales, on
espérerait plus de tolérance de la part du pouvoir en place,
mais l’appareil policier continue à exercer une pression
constante sur les journalistes critiques des autorités. Etre
journaliste indépendant en Tunisie relève toujours du calvaire.
Les élections d’octobre risquent de servir de prétexte pour
alourdir la pression sur la presse proche de l’opposition et les
correspondants des médias étrangers en Tunisie », a déclaré
l’organisation.
Des pressions s’exercent notamment sur ceux
qui s’expriment librement dans les médias étrangers. Le 25 juin
2009, Tarek Soussi, activiste des droits de
l’homme et membre de l’Association internationale de soutien aux
prisonniers politiques (AISPP), a été condamné à trois mois de
prison avec sursis par la cour d’appel de Bizerte (60 km au
nord-l’ouest de Tunis), après de nombreux reports de séance. Il
était poursuivi pour « propagation de fausses nouvelles de
nature à troubler l’ordre public », après avoir participé, en
2008, à un programme consacré à l’actualité des pays de
l’Afrique du Nord sur Al-Jazeera. Au cours de cette
émission, il avait dénoncé, au nom de l’AISPP, l’interpellation
abusive de sept jeunes de Bizerte, qu’il avait qualifiée
d’« enlèvement ». (Voir
le dernier communiqué sur Tarek Soussi du 26 septembre 2008).
Les pressions sur les journalistes
indépendants passent aussi par une interdiction de sortie du
territoire. En les empêchant de participer à des formations et
des forums internationaux sur la presse, les autorités
tunisiennes musèlent les journalistes indépendants, tels que
Mohammed Al Hamrouni, Rachid Khechana
et Slim Boukhdhir qui attendent depuis de
nombreuses semaines la validation de leur dossier de passeport,
alors que la procédure ne prend que deux semaines en général.
Le correspondant d’Al-Jazeera en
Tunisie, Lotfi Hajji, s’est plaint d’une
intensification des restrictions à son encontre. Le câble
Internet de son domicile est coupé depuis plus d’un mois, pour
la deuxième fois en l’espace de six mois. Il a aussi été empêché
par la police de rencontrer un défenseur des droits de l’homme,
les 24 et 26 juin à Tunis.
Lotfi El-Hidouri a récemment
fait l’objet d’une surveillance policière à son domicile à Tunis
pendant 24 heures, le 27 juin. Ce journaliste de l’agence de
presse Qods Press International écrit des articles sur la
corruption et les atteintes aux droits de l’homme en Tunisie.
Une autre collaboratrice des médias
indépendante, Zakia Dhifaoui avait également
été suivie par des agents de police en civil pendant trois
jours, au début du mois d’avril dernier. Elle collabore à la
seule radio indépendante de Tunisie, Kalima, dont les
locaux à Tunis avaient été fermés le 30 janvier. La radio émet
sur Internet depuis l’Italie.
La situation des médias tunisiens :
La récente ouverture de l’audiovisuel et de
la presse écrite à des investissements privés avait, dans un
premier temps, apporté quelques espoirs concernant la liberté
d’information. Mais les progrès dans ce domaine se font toujours
attendre. En effet, la majorité des médias est directement
contrôlée par le gouvernement, ou appartient à des proches du
président. La presse d’opposition est quant à elle financée par
des groupes politiques : Attarik Al-Jedid par le
Mouvement Attajdid, Al-Maoukif, organe du Parti
démocratique progressiste, Mouatinoun est publié par le
Forum démocratique pour le travail et les libertés. Le journal
indépendant Kalima de Sihem Ben Sedrine
n’a jamais reçu les autorisations nécessaires pour paraître.
Il en est de même pour la télévision. La
seule chaîne indépendante, Al-Hiwar Ettounsi, est
accessible seulement via le satellite. Interdite, elle émet
depuis l’étranger. Certes, quatre stations privées partagent la
bande FM avec neuf stations gouvernementales, mais elles
appartiennent à des proches du président. Et la seule radio
indépendante, Kalima, est contrainte d’émettre sur
Internet, depuis septembre 2008. Pendant 24 heures seulement en
janvier 2009, Kalima pouvait être écoutée via le
satellite. Mais les autorités ont officiellement interdit les
activités de la radio en Tunisie.
Les autorités tunisiennes filtrent la Toile.
Les sites d’opposition sont systématiquement filtrés, les
cybercafés sont surveillés, l’identité des utilisateurs
conservée. Certains sites communautaires de partages et
d’échanges de données, tels que DailyMotion, YouTube ou
Facebook, sont régulièrement bloqués en raison de la publication
de contenus critiquant la politique du chef de l’État.
Lire le rapport de mission de Reporters sans
frontières : « Tunisie, le courage d’informer ».
(Source:
"Reporters sans frontières" le 1er juillet 2009)
L’ACAT-France
Monsieur Béchir Tekkari
Ministère de la Justice et des Droits de l’homme
57 Bd Bab Benat
1006 Tunis
TUNISIE
Fax : 00 216 71 568 106
Monsieur le Ministre,
Un an après la répression qui a secoué la région du bassin
minier de Redeyef et qui s’est soldée par la mort d’un
manifestant et de nombreux blessés, l’arrestation massive et
la condamnation de nombreux manifestants, plusieurs éléments
restent très préoccupants :
- aucune enquête n’a été ouverte pour identifier
les responsables de la mort d’un manifestant, tué par balles
lors d’une manifestation le 6 juin 2008 ;
- l’état de santé des plusieurs de prisonniers
incarcérés est inquiétant. Aucune enquête n’a été menée sur
les allégations de tortures subies. Les conditions dans
lesquelles sont détenus la plupart des prisonniers de cette
affaire sont déplorables et l’état de santé de plusieurs
d’entre eux s’est dégradé à cause de l’absence de soins ;
- de nombreuses irrégularités ont entaché le procès
de cette affaire dite de l’ « entente » du mouvement de
protestation de Gafsa et les prévenus ont été condamnés en
appel le 4 février à de lourdes peines.
- les détenus sont souvent transférés dans des
lieux de détention éloignés ce qui rend difficiles les
visites de leurs familles ;
Conformément à vos engagements internationaux en matière de
droits de l’Homme, je vous demande instamment de :
garantir l’intégrité physique et psychologique des personnes
détenues dans le cadre de cette affaire ;
· mener une enquête pour identifier les responsables
de la mort d’un manifestant, tué par balles lors d’une
manifestation le 6 juin 2008 et sur les allégations de
tortures subies par les personnes actuellement détenues dans
le cadre de cette affaire;
· les libérer immédiatement dans la mesure où ces
personnes n’ont fait qu’exercer leur liberté d’expression et
d’association.
Dans cette attente, je vous prie d’agréer, Monsieur le
Ministre, l’expression de ma considération distinguée.
L’ACAT-France appartient à la Fédération internationale
de l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture
(FIACAT) ayant statut participatif auprès du Conseil de
l'Europe et des Nations unies.
L’ACAT-France
Monsieur le Directeur de l’Administration Pénitentiaire
Administration Pénitentiaire (Idarat el-Sujun)
Rue d’Iran Lafayette
1002 Tunis
TUNISIE
Monsieur le Directeur,
Alerté(e) par l’ACAT France, je suis très préoccupé(e) par
la situation de Ramzi Romdhani actuellement
détenu à la prison de Mornaguia où il purge une peine de
vingt neuf ans d’emprisonnement prononcée contre lui au
titre de la loi antiterroriste de 2003. Il aurait été
torturé par des agents de l’administration pénitentiaire en
avril 2009.
Conformément aux engagements de la Tunisie en tant que
partie à la Convention contre la torture, je vous demande
instamment de :
· garantir l’intégrité physique et psychologique de
Ramzi Romdhani ;
· mener de toute urgence une enquête indépendante et
impartiale afin que tout fonctionnaire présumé responsable
soit déféré à la justice ;
· permettre à Ramzi Romdhani de recevoir les visites
de sa famille.
Dans cette attente, je vous prie d’agréer, Monsieur,
l’expression de ma considération distinguée.
Mouvement Ettajdid /
Initiative Nationale pour la Démocratie et le Progrès
INVITATION
Vous êtes invités par l'Initiative Nationale pour la
Démocratie et le Progrès à assister à une soirée culturelle
de solidarité avec les familles des détenus du bassin minier
(poésie: Mohamed Sghaier Ouled
Ahmed , Chants:
Lobna Nooman, Nabil Chamekh,
vidéos et exposition de tableaux d'art....).
Et ce le
vendredi 3 juillet 2009 à
partir de 17h
au
local d'Ettajdid: 7,avenue de
la Liberté , 2ème étage, Tunis.
TUNISIE : L’HOMME DU
PRÉSIDENT
Les milieux diplomatiques à Tunis notent l’ascension au sein
du pouvoir tunisien de Tahar Fellous, l’un des proches du
président Zine el-Abidine Ben Ali. Ainsi, on a pu noter sa
présence à toutes les cérémonies officielles récemment
organisées, comme lors du 54e anniversaire de la
“tunisification” de la police. De même qu’Abdelhafidh
Harguem, secrétaire d'Etat aux
Affaires maghrébines et ancien attaché de presse de Ben Ali,
Fellous appartient au centre de décisions du pouvoir en
matière de sécurité, et donc de lutte contre l’opposition, à
l’intérieur comme à l’extérieur du pays. A noter que sa
thèse de doctorat, soutenue en Tunisie, en 1994,
s'intitulait : “L'Etat tunisien et ses ressortissants dans
le Monde arabe et en Europe”. A la suite de la soutenance de
sa thèse, il a été nommé directeur de la coopération
internationale et des affaires externes au ministère de
l'Intérieur. Un poste de second couteau, apparemment, mais
néanmoins stratégique dans les relations entre Tunis et les
pays européens, qui lui permet notamment d’organiser la
lutte contre les opposants tunisiens en exil. Dans le cadre
de la redistribution des cartes attendue après la prochaine
élection présidentielle, le 24 octobre prochain (qui doit
assurer à Ben Ali un cinquième mandat), Tahar Fellous est
l'une des seules personnalités à être déjà rassurée sur son
avenir.
(Source: "TTU Monde Arabe"
(LETTRE HEBDOMADAIRE D'INFORMATIONS STRATÉGIQUES) nr 610
du 2 juillet 2009)
Natation: Oussama
Mellouli, roi des Jeux Méditerranéens
le 02/07/2009 à 15:28 AFP
Le champion olympique de natation Oussama Mellouli a été célébré
comme une star lors des Jeux Méditerranéens de Pescara, où il a
glané cinq titres avec en prime la 2e performance de tous les temps
sur 1500 m nage libre, un avant-goût du festin qu'il pourrait offrir
aux Mondiaux de Rome.
"J'ai fait de très belles performances ici. Rome s'annonce bien, il
n'y a pas de raison pour ne pas réussir là-bas", avance le Tunisien
à trois semaines des Championnats du monde.
Dans le bassin des Abruzzes, le fondeur âgé de 25 ans a dominé la
compétition avec panache, et chacune de ses performances a été
l'occasion de moments de joie dans le camp tunisien, venu en nombre
avec drapeaux et tee-shirts à son effigie. "+Ous+, la torpille
tunisienne", pouvait-on lire sur celui porté par sa maman.
"Je suis très fière de lui, il ne nous a jamais déçus. Je suis très
heureuse. Je souhaite que toutes les mamans du monde vivent ces
moments de joie avec leurs enfants. C'est grandiose!",
s'enthousiasme Radija Mellouli, si admirative pour son garçon,
devenu héros en son pays.
Triple médaillé mondial, Mellouli a connu la consécration en
décrochant le titre suprême lors des Jeux de Pékin sur 1500 m libre.
Cela faisait 40 ans que la Tunisie n'avait pas vécu pareil honneur.
"C'était un rêve devenu réalité, confie doucement et simplement le
très souriant nageur. Quand je suis rentré chez moi, ça a été
génial. On a fait deux parades. J'ai été reçu par le président, j'ai
été décoré et ça a été un grand honneur. Mais le plus important, ça
a été dans le Water Cub de Pékin où j'ai nagé devant tous ces gens
venus de toutes les parties du monde pour voir la natation".
Formé au pôle de France Font-Romeu, Mellouli s'entraîne à Los
Angeles depuis 2002. C'est en 2003 qu'il a commencé à rêver en
décrochant une médaille de bronze sur 400 m 4 nages aux Mondiaux de
Barcelone.
Le rêve a été brisé par un contrôle positif aux amphétamines en
novembre 2006. Son premier titre mondial, remporté en mars 2007, lui
a été retiré. Pour le Tunisien, le sacre reste acquis.
"J'ai eu l'or à Melbourne", dit-il, évoquant sa suspension comme un
"ralentisseur placé sur sa route". "Ca m'a rendu plus conscient de
ce que je fais, plus préventif et plus éveillé. C'est une histoire
ancienne. C'est le passé."
A Pékin, il a signé son retour après dix-huit mois de suspension
avec son premier titre olympique.
Il se rendra à Rome dans quelques jours avec pour objectif de
défendre son statut sur 1500 m libre et de viser le podium sur 400 m
et 800 m libre.
Après sa très belle performance sur 1500 m libre à Pescara
(14:38.01), nombreux sont ceux qui l'imaginent aussi s'en prendre au
record du monde vieux de huit ans.
"J'essaie de ne pas trop y penser mais ce serait génial. Ce serait
une grosse cerise sur le gâteau!", lance-t-il.
Mauritanie: dix candidats
à la présidentielle, début de la campagne jeudi
2009-07-02 12:44:22 – AFP
Dix candidats ont été enregistrés au total pour l'élection
présidentielle du 18 juillet en Mauritanie, selon une liste
"provisoire" rendue publique mercredi par le Conseil constitutionnel
à la veille du lancement de la campagne jeudi à 00H00 heure (locale
et GMT).
Selon l'Agence mauritanienne d'informations (Ami, officielle) qui
cite une délibération du Conseil constitutionnel, six nouveaux
candidats issus pour l'essentiel des rangs de l'opposition au putsch
du 6 août ont été inscrits.
Parmi les nouvelles candidatures figurent celles des trois
principaux leaders de l'opposition: Ahmed Ould Daddah, chef du
principal parti d'opposition, le Rassemblement des forces
démocratiques (RFD), Messaoud Ould Boulkheir président de
l'Assemblée nationale, candidat du Front national pour la défense de
la démocratie et Jemil Ould Mansour, chef du parti islamiste
Tewassoul.
Trois autres candidats dont l'ancien président de la transition
démocratique (2005-2007) venu au pouvoir en 2005 après un coup
d'Etat, Ely Ould Mohamed Vall, le responsable du putsch avorté du 8
juin 2003, Saleh Ould Henenna et une nouvelle figure politique,
Hamadi Ould Meimou, un administrateur issu du grand sud-est
mauritanien, se sont également portés candidats.
Ces six candidats viennent s'ajouter à ceux déjà en lice pour la
présidentielle prévue le 6 juin et reportée, dont notamment le
général Mohamed Ould Abdel Aziz, ex-chef de la junte qui avait
démissionné de ses fonctions militaires et présidentielles à la
mi-avril pour se porter candidat.
Ses trois co-listiers sont l'ancien Premier ministre, Sgheïr Ould
M'Dareck, le leader de l'AJD (Alliance pour la justice et la
démocratie), Sarr Ibrahima Mocatr et le vice-président de
l'assemblée nationale, dissident du RFD, Baba Hamidou Kane.
Les dix candidats devront, si leur candidature est validée par le
Conseil constitutionnel mercredi soir, débuter jeudi matin leur
campagne électorale.
La présidentielle devrait mettre un terme à la crise née du coup
d'Etat du 6 août ayant renversé le premier président
démocratiquement élu du pays Sidi Ould Cheikh Abdallahi.
Hamas official visited
Switzerland, other European countries:sources
2009-07-02
GAZA, July 2 (Xinhua) -- A senior Gaza-based Hamas official
visited a number of European countries recently to promote the
Islamic movement's general position, a source said on Thursday.
Switzerland was one of the European countries that Mahmoud
Zahar, former Hamas' foreign minister, visited in his
low-profile tour, the source, who declined to reveal the names
of other countries Zahar visited, told Xinhua.
Zahar is a newly-elected member of Hamas' politburo, the
highest decision-making body of the Islamic movement which the
United States and most of the European countries classified as a
terrorist organization, owing to its charter which calls for the
elimination of Israel.
In his talks with European officials, Zahar focused on the
blockade Israel has been imposing on the Hamas-controlled Gaza
Strip for two years. "These meetings aimed at breaking the siege
on Gaza and the international isolation on Hamas. He also tried
to build relations" with these European countries, the sources
added.
Hamas did not release news about Zahar's visits "upon
requests by the countries that were included in the trip."
Zahar, who is also a member of the Hamas-dominated Palestinian
parliament, paid the visit upon requests by those European
countries.
After Israel ended a three-week offensive in the Gaza Strip
in January, many Western diplomatic delegations visited the
territory and some of them held talks with Hamas, the latest one
was former U.S. President Jimmy Carter.
In June, Khaled Mashaal, Hamas' politburo chief, delivered a
speech in which he said the Islamic movement was open to talk
with the West and was willing to accept a Palestinian statehood
alongside Israel but without recognizing the Jewish state.
Al Qaeda Warns France
over Burqa Criticism
France on Guard After Militants Vow "Vengeance" for Sarkozy's
Disapproval of Face-Covering Veils
PARIS, July 1, 2009
AP) French officials were on guard Wednesday after an al Qaeda
affiliate threatened vengeance for President Nicolas Sarkozy's
criticism of the face-covering veils worn by some Muslim women.
France is maintaining "very great vigilance" toward actions and
statements by al Qaeda in the Islamic Maghreb, or North Africa,
French Foreign Ministry spokesman Eric Chevallier said in a
briefing.
"French authorities reaffirm their determination to fight
terrorism," he added.
The Algeria-based group issued a statement on Islamic Web sites
vowing to "seek vengeance against France" over Sarkozy's
comments about face-covering Muslim veils such as the burqa and
niqab. The declaration could not be independently verified.
Sarkozy said last week the burqa would not be "welcome" in
France and would turn women into prisoners. France's parliament
created a commission to study the issue, which could lead to
banning the Muslim robes from being worn in public.
Human Rights Watch said the move would be counterproductive, and
a top British Muslim group said Sarkozy's comments were
patronizing and offensive. Lebanon's most influential Shiite
cleric called on the French leader to reconsider his statement.
The al Qaeda declaration called on followers to act "for the
honor of our daughters and our sisters" and called on all
Muslims "to respond to this hate."
Hard-line Algerian militants left over from a civil war between
radical Islamists and government forces in the 1990s joined al
Qaeda in 2006. They regularly target Algerian government forces
and have tried to step up attacks against foreigners.
The Associated Press
Turquie: poussée de fièvre
entre l'armée et le parti islamiste au pouvoir
AFP, le 30 juin 2009 à 13h13
Par Burak AKINCI
ANKARA, 30 juin 2009 (AFP) - Les dirigeants civils et militaires de
Turquie se sont réunis mardi pour évoquer des soupçons de
conspiration militaire contre le gouvernement islamo-conservateur,
qui provoquent une poussée de fièvre entre l'armée et le parti au
pouvoir.
Le Conseil national de sécurité (MGK) se réunit tous les deux mois
pour faire le point sur la sécurité intérieure et extérieure du
pays, mais la réunion tenue en début d'après-midi a pris une
importance particulière.
Le chef d'état-major des armées, le général Ilker Basbug, a en effet
annoncé la semaine dernière que cette réunion se pencherait sur un
prétendu complot, au sein de l'armée, visant à discréditer le
gouvernement pour entraîner sa chute.
L'affaire a démarré par la publication le 12 juin par le quotidien
libéral Taraf d'un document secret, qualifié de "bout de papier" par
le chef des armées.
Lors d'une conférence de presse la semaine dernière, le général
Basbug, flanqué de tous ses adjoints, a dénoncé avec solennité une
"campagne de dénigrement" contre l'armée, sans dire qui en était
responsable. Il s'est entretenu lundi avec le chef du gouvernement
Recep Tayyip Erdogan.
Depuis que l'AKP (Parti pour la justice et le développement, issu de
la mouvance islamiste) est arrivé au pouvoir en 2002, les relations
entre le gouvernement et l'armée, qui se considère comme garante de
la laïcité, sont tumultueuses.
Signé par un colonel de marine, le texte stigmatise l'AKP et la
puissante confrérie du chef religieux Fethullah Gülen, qui le
soutient. Il annonce le projet de lancer de fausses accusations
contre l'AKP et la confrérie, pour les discréditer aux yeux de
l'opinion publique.
Le colonel incriminé, Dursun Ciçek, a été entendu mardi par un
procureur d'Istanbul avec plusieurs autres officiers.
Depuis sa publication, un débat sur l'authenticité du document a
fait monter la fièvre entre le pouvoir et l'armée. La justice
militaire a annoncé qu'il s'agissait d'un faux, mais l'AKP a saisi
la justice civile.
M. Erdogan, qui ne semble pas convaincu par les conclusions de la
justice militaire, s'est posé en défenseur de la démocratie face à
toute velléité de complot contre un gouvernement démocratiquement
élu, à l'heure où son pays frappe à la porte de l'Union européenne.
La tension a monté un peu plus dans la nuit de vendredi à samedi
avec l'adoption par le parlement, dominé par l'AKP, d'une loi
réduisant les prérogatives des tribunaux militaires.
De nombreux militaires à la retraite ou en activité sont déjà au
banc des accusés, depuis l'an dernier, dans le procès Ergenekon, du
nom d'un vaste réseau supposé visant à provoquer l'anarchie pour
inciter les militaires à prendre le pouvoir.
En Turquie, l'armée a démis quatre gouvernements, depuis 1960. Pour
l'opposition cependant, l'enquête qui se poursuit dans l'affaire
Ergenekon n'est que prétexte à réduire au silence les détracteurs de
M. Erdogan.
"Il faut parvenir à une entente au sommet de l'Etat, car cela
devient destructif pour les deux parties", pouvoir et armée, estime
l'éditorialiste du journal Vatan, Okay Gönensin, alors que la presse
dans son ensemble évoquait mardi une "crise de confiance" entre les
institutions de l'Etat.
Lundi soir, de retour d'une visite en Chine, le président turc
Abdullah Gül a tenté de calmer le jeu, appelant à l'"harmonie" dans
les relations entre le gouvernement et l'armée.
Affaire Ergenekon - Un
colonel turc brièvement arrêté
Reuters, le 1er juillet 2009 à 19h34
ISTANBUL, 1er juillet (Reuters) - Un colonel de l'armée turque déjà
mis en cause dans un complot visant à déstabiliser le gouvernement a
été arrêté mardi soir pour son implication résumée dans le réseau
"Ergenekon", mais a été relâché par la suite, rapporte l'Agence
anatolienne de presse.
Le colonel Dursun Cicek est soupçonné de liens avec cette
organisation d'extrême droite accusée par le parquet d'avoir
planifié une vague d'attentats et d'assassinats pour provoquer un
coup d'Etat militaire. Plusieurs officiers actifs ou à la retraite
ont déjà été arrêtés dans le cadre de cette affaire.
L'officier a été remis en liberté après un recours de son avocat,
précise l'agence.
Le journal libéral Taraf avait déjà mis en cause le colonel Cicek
dans une autre affaire, l'accusant d'avoir ébauché un document
visant à discréditer le Parti pour la justice (AKP, au pouvoir) et à
raviver les craintes des milieux nationalistes à l'égard de ce
mouvement qui plonge ses racines dans l'islam politique.
L'armée, qui a désavoué ce plan, a refusé d'engager des poursuites
contre Cicek en s'interrogeant sur l'authenticité de ce complot
présumé, qui a suscité des tensions entre les militaires et l'AKP.
Le gouvernement et les chefs de l'armée ont tenu sept heures de
réunion mardi pour apaiser les tensions. Le Premier ministre Teyyip
Erdogan et le chef d'état-major de l'armée, le général Ilker Basbug,
y participaient.
L'armée turque, farouchement attachée à l'ordre laïque de la
République kemaliste, a renversé quatre gouvernements au cours des
50 dernières années, mais elle a vu son influence décliner à mesure
que le pays adoptait des réformes en vue d'adhérer à l'Union
européenne.
Elle dément tout lien avec le réseau Ergenekon, qui a été révélé au
grand jour il y a deux ans et conduit à l'arrestation de 140
personnes.
ANALYSIS-World changing
around Turkey's generals
* Previously untouchable generals on the defensive
* Tug-of-war between secularists and religious-minded groups
* EU reforms have clipped wings of powerful military
Reuters, le 2 juillet 2009 à 13h12
By Ibon Villelabeitia
ANKARA, June 30 (Reuters) - Turkey's powerful generals are
feeling unprecedented pressure, cornered by what they see as
Islamist enemies bent on dividing the military and their once
formidable influence in public life cut by EU-inspired reforms.
A spat over an alleged plot by the secularist military to
undermine the Islamist-rooted AK Party government has exposed a
rivalry between elites. An angry outburst by the country's top
general -- "Take your hands off the armed forces!" --
illustrates the depth of frustration of the men in uniform.
"The military is completely lost in its reaction to the
changes around it," said Cengiz Aktar, a professor at Istanbul's
Bahcesehir University who is often critical of the army.
"They used to be unaccountable but are having a hard time in
handling the process of normalisation of civilian-military ties.
They will suffer more. There is nothing they can do but adapt to
the new rules," Aktar said.
Turkey's military, which has ousted four governments in 50
years in the predominantly Muslim European Union candidate
country, regards itself as the last bulwark against political
Islam tring to subvert the republic's secular principles.
That role is now being questioned, strained by reforms aimed
at meeting EU membership criteria and as a rising middle class
of religious-minded Turks that have moved into positions of
power under the AK Party challenge the old secularist elite.
A document published by a liberal newspaper earlier this
month alleging a military conspiracy against the AK Party and
the religious movement of Muslim preacher Fethullah Gulen has
raised new tensions between the government and the military,
which has seen its prestige blemished by the row.
Few see a risk of the military staging a coup. The AK Party
enjoys wide popular support and a military intervention would
demolish the image of an institution whose power and privilege
is already waning.
In a sign of democratic maturity, financial markets have so
far reacted calmy but investors are following developments
closely as Turkey has a long history of political instability.
"This settling of accounts won't end up easily," wrote
Mehmet Ali Birand, a leading commentator. "It is not clear where
and when this escalation will end."
"PSYCHOLOGICAL WAR"
Military chief General Ilker Basbug last week denounced the
plot report as a smear campaign to split the armed forces.
Wagging his finger during a news conference broadcast live, a
visibly angry Basbug said NATO's second-largest army was facing
an "asymmetric war" conducted through the media.
Basbug did not name any group but secularists are suspicious
the Gulen movement may be behind the document to discredit the
armed forces and goad it into a fight with the government.
The Gulen movement and the secularist establishment of
military, judicial and academic elite have long been at odds.
Gulen gleans much of his support from a rising group of
religious-minded professionals who are the same people who
helped sweep the Islamist-rooted AK Party to power in 2002.
Secularists, who suspect Gulen of wanting to train a cadre
of people to run a future Islamic state, believe followers in
the police and courts are driving a separate investigation into
the right-wing "Ergenekon" network suspected of planning a coup.
"Everything we are witnessing is part of a psychological
war. The Turkish armed forces is on one side and the Gulen
movement on the other," Ismet Berkan, editor of Radikal, a
secularist daily, recently wrote in a column.
Gareth Jenkins, an Istanbul-based military analyst, said the
military was at a crossroads. Past army interventions aimed at
blocking the AK Party from taking state institutions including
the presidency have backfired, but many in the ranks feel their
old rivals are now out to get them.
"The military doesn't want to run the country as in the
past, but they feel they are being attacked. The problem they
have is that they can't be too aggressive against the government
because who is going to replace the AK Party? Their best chance
is to hold on to what they have," Jenkins said.
EUROPE
The AK Party's use of its parliamentary majority to pass
EU-inspired reforms to cut back the power of the military has
also raised suspicions among hard-line secularists the AK Party
wants to weaken the army's role as guardian against Islamism.
The AK Party denies this.
Analysts said Basbug, halfway through his two-year tenure,
will need to show tact in upholding the military's prestige
while avoiding an open clash with the government.
Retired general Kenan Evren, who lead a 1980 military coup,
was quoted last week as saying he would rather commit suicide
than be tried by a civilian court if changes to the constitution
under discussion pave the way for such a trial.
Jenkins, the military analyst, said the two camps will
eventually need to find an accomodation.
"The process of pushing the military towards EU standards
has to be done without provoking the military. The last thing
Turkey wants is a demoralised army. Government and military have
to get along in a normal country," he said.
REUTERS
Main figures in Turkey's
power struggle
Reuters, le 2 juillet 2009 à 15h28
ANKARA, June 30 (Reuters) - An alleged plot in the
secularist armed forces to undermine Turkey's ruling AK Party
has exposed a rivalry between elites in the Muslim European
Union candidate nation.
Following are brief portraits of some of the key figures in
the secularist and religious-minded camps.
* TAYYIP ERDOGAN, PRIME MINISTER:
-- Erdogan, 55, is AK Party leader and Turkey's most popular
and charismatic politician. He presided over Turkey's 2005
historic launch of European Union membership talks, but many in
the secularist establishment suspect he harbours plans for an
Islamic state. A former mayor of Istanbul who served a short
jail sentence in 1999 for reading a poem deemed too Islamist at
a public rally, Erdogan is a hero for millions of pious Turks
from the Anatolian heartland who credit him for standing up
against the powerful secularist establishment, including the
military. A devout Muslim, he has been accused of contributing
to the polarisation of Turkish society.
* ABDULLAH GUL, PRESIDENT:
-- A respected former foreign minister, Gul, 58, was voted
president by the AK Party-controlled parliament in August 2007
despite a military website condemnation -- branded an "e-coup"
by critics -- of his appointment. One of the founders of the AK
Party along with Erdogan, Gul is viewed with suspicion by the
secularist elite because of his Islamist past and because his
wife wears the Muslim headscarf. His appointment to the post --
first occupied by founder Mustafa Kemal Ataturk -- ended the
secularists' decades-old grip on the presidency. Since becoming
president, he has taken a moderating position, maintaining
contacts with all sides to find consensus.
* ILKER BASBUG, ARMED FORCES CHIEF:
-- General Basbug has been credited with ending open
hostilities between the military and the AK Party government
under his more confrontational predecessor. He has been forced
on to the defensive by an alleged military plot to undermine the
AK Party government and by an investigation into the "Ergenekon"
right-wing network, in which senior active and retired officers
have been arrested on charges of plotting a bombing and
assassination campaign to provoke a military coup. Like the rest
of the secular establishment, he distrusts Erdogan's AK Party.
In his speech after taking command last August he warned
againsta rising "religious lifestyle" in Turkey. He has said he
would never tolerate coup activities in the military.
* PREACHER FETHULLAH GULEN
-- Revered by many as a tolerant, moderating force in Islam,
but suspected by secularist Turks of harbouring a political
agenda, Muslim preacher Gulen conveys like few other public
figures the competing attitudes that reflect the wider struggle
for Turkey's identity. He is the founder of a powerful
socio-religious community secularists suspect promotes what they
call a creeping Islamisation of Turkey's society. Critics say
his followers have infiltrated the police and courts to target
the military and control newspapers critical of the army. The
reclusive Gulen, 68, left for the United States in 1999, shortly
before a case against him on charges with plotting to destroy
the secular state and establish Islamic law. He was acquitted
but has lived there ever since. His movement is seen as having
ties to the AK Party.
* CHP LEADER DENIZ BAYKAL:
- The septuagenarian Baykal is the veteran leader of the
main opposition Republican People's Party, the party of Turkey's
urban secular elite wary of the social and economic rise of
pious Muslims. Lukewarm on the EU, his party has blocked efforts
by the AK Party to reform the military-drafted constitution, a
key requirement for EU membership entry. He has often chastised
the AK Party for what he says are efforts to undermine Turkey's
secular system of government, but he has focused his attacks of
late on alleged government corruption.
* HASIM KILIC, CONSTITUTIONAL COURT CHAIRMAN:
-- As chief judge, Kilic played a key role when the
Constitutional Court last year narrowly rejected an attempt to
shut down the AK Party on charges of being a focal point of
anti-secular activities. The court voted instead to impose
financial penalites on the AK Party. He is one of the oldest
members of the 11-member court. Gul appointed him chairman of
the court in October 2007. Three judges will see their terms
expire within a year, which could determine the court's
direction. The president has the final say on appointing judges.
* ABDURRAHMAN YALCINKAYA, COURT OF APPEALS PROSECUTOR:
-- AK Party arch-nemesis Abdurrahman Yalcinkaya, a staunch
secularist, was the prosecutor behind the legal attempt to ban
the AK Party. Speculation surrounding a second closure case grew
this month as newspapers reported the implacable Yalcinkaya was
investigating allegations that German-based Islamist charity
Deniz Feneri channelled funds to the AK Party.
REUTERS
Jeune
Afrique:
Au CNRS, la
liberté intellectuelle d'un spécialiste de l'islam menacée
02/07/2009 17:35:10 - La rédaction web de Jeune Afrique- Par :
Provenzano Lauranne –
Recherches au CNRS surveillées, menaces de sanctions
disciplinaires,... l'affaire Vincent Geisser, un spécialiste de
l'islam, suscite l'inquiétude du monde des enseignants chercheurs,
qui défendent le principe de la liberté intellectuelle.
Chercheur au CNRS, Vincent Geisser est spécialiste de l’islam. Il
vient d’être sanctionné par un « avertissement sans inscription au
dossier » lors de sa récente convocation devant la commission de
discipline de l’organisme de recherche scientifique, le 29 juin
dernier.
On lui
reproche son « manquement au devoir de réserve », pour avoir
prononcé des propos « calomnieux et injurieux » à l’encontre d’un
fonctionnaire de sécurité et de défense, Joseph Illand, qui
surveillait ses travaux au sein du CNRS.
Le CNRS
a rappelé qu’il ne s’agissait que d’une sanction consultative et
qu’il revenait désormais à la direction de se prononcer sur le
dossier. Son avocat a néanmoins contesté la mesure disciplinaire et
attend les conclusions finales de la direction du Centre.
Un
comité de soutien a été créé, et les collègues du chercheur
craignent qu’une telle mesure fasse désormais jurisprudence et les
contraigne fermement à ce fameux droit de réserve. L’affaire a fait
grand bruit dans la sphère des enseignants-chercheurs et des
scientifiques, qui sont immédiatement montés au créneau pour
défendre la liberté intellectuelle.
Accointances avec l’islam
Au
demeurant, l’affaire est plus complexe qu’il n’y paraît. On reproche
au chercheur les propos qu'il a tenus dans un mail personnel adressé
à une collègue, mail qui a été publié sur un blog à son insu et qui
a déclenché une plainte de la part de Joseph Illand.
A cette
chercheuse de Toulouse, interdite d’exercer car elle portait le
voile (une sanction imputée au même fonctionnaire de défense que
celui qui suivait les travaux de Vincent Geisser), il écrivait les
propos suivants :
« Le FD
(fonctionnaire défense, ndlr) est un idéologue qui traque les
musulmans et leurs « amis », comme à une certaine époque on traquait
les Juifs et les Justes. Le FD constitue des dossiers sécuritaires
sur un nombre de chercheurs du CNRS afin de les faire sanctionner.
Sa cible
privilégiée ? Les chercheurs travaillant sur le monde arabe et
musulman, mais aussi les chercheurs ayant des accointances avec
l’islam ».
Harcèlement sécuritaire
Pour
expliquer la dureté de ces propos, il faut rappeler que Vincent
Geisser estime avoir subi « cinq ans de harcèlement sécuritaire » de
la part de Joseph Illand, selon les propos des chercheurs qui le
soutiennent.
Ingénieur général de l’armement, ancien de la Défense et
fonctionnaire au CNRS depuis 2003, Joseph Illand était donc chargé
de surveiller les « intérêts » de la recherche française.
Alors
qu’il effectuait une enquête sur les enseignants-chercheurs issus
des migrations maghrébines, le département dont dépendait Vincent
Geisser a été classé « sensible », tout comme le thème de ses
travaux, et il s’est aperçu que le FD avait récolté nombre
d’informations sur ses recherches, dans le but de le faire «
sanctionner ».
« Petit
à petit, j’ai compris ce qu’on me reprochait, d’infiltrer le CNRS
avec un lobby islamique », déclare à Rue 89 Vincent Geisser , connu
pour être l’auteur de La
Nouvelle Islamophobie, un ouvrage qui a suscité des
débats passionnés.
Maccarthysme à la française
L’ «
affaire Geisser » a en tout cas provoqué l’ire du milieu de la
recherche, qui s’inquiète de la menace pesant sur la liberté des
scientifiques.
La
convocation de Vincent Geisser a déclenché le lancement d’une
pétition « pour la défense de la liberté intellectuelle des
chercheurs et enseignants-chercheurs de la fonction publique », qui
a récolté plus de 4.000 signatures. Une lettre ouverte a également
été adressée à Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement
supérieur et de la Recherche.
Des «
pointures » du monde universitaire, telles qu’Edgar Morin, Pascal
Boniface ou Olivier Roy ont expliqué qu’ils soutenaient Vincent
Geisser, moins pour ses positions sur l’islam que pour la sauvegarde
du principe de liberté intellectuelle des universitaires.
Dans un
appel diffusé sur le site Rue 89, Olivier Roy et Esther Benbassa,
deux universitaires, ont tiré la sonnette d’alarme :
« Nos
blogs bloqués, nos mails épiés, nos travaux épluchés par les
militaires, nos livres devront-ils être bientôt soumis à la censure
ou ne refléter que les positions agréées ou supposées agéées par nos
gouvernants ? Un maccarthysme à la française, est-ce là désormais l’
« exception française » ? »
(Source: Jeune Afrique.com" le 02 juillet 09)
Lien:
http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20090702173509/-islam-chercheur-CNRS-Vincent-Geisser-Au-CNRS-la-liberte-intellectuelle-d-un-specialiste-de-l-islam-menacee.html