Liberté pour tous les prisonniers politiques
Liberté pour Abdallah Zouari, le journaliste exilé dans son propre pays
Association Internationale de Soutien
aux Prisonniers politiques
43 Rue Eldjazira, Tunis
e-mail :
aispptunisie@yahoo.fr
Tunis, le 3 mai 2008
La vingt-septième chambre criminelle de la Cour d’Appel de Tunis, présidée
par le juge Mannoubi Hamidane, a rendu son jugement hier soir, vendredi 2
mai 2008, dans :
- l’affaire n°11042 en alourdissant les condamnations à l’emprisonnement
prononcées en première instance contre Mohammed Ali Talbi, Monji Mansouri,
Chaker Jendoubi, et Makram Dakhlaoui, qui passent de deux ans à trois ans,
et en commuant les peines d’emprisonnement de dix ans prononcées en première
instance contre Khaled Layouni, Khaled Ghannoudi, Lotfi Ganouchi, Safouane
Ayari, Houssine Rjili, Malek Chrahili, Mounir Ichi, Mohammed Rabeh et Saber
Ksila en peines de six ans. […]
- La quatrième chambre criminelle du Tribunal de Première Instance de Tunis,
présidée par le juge Mehrez Hammami, a examiné aujourd’hui, samedi 3 mai
2008 :
L’affaire n° 15168 dans laquelle sont déférés
* Laïdi Ben Saïd (né à Kebili le 1er janvier 1976), Kheïreddine Ajimi (né à
Kebili le 5 juillet 1979), Abdelhamid Ajimi (né à Kebili le 1er décembre
1976), Omar Beltaïf (né à Douz le 26 janvier 1986), Férid Najeh (né Kebili
le 2 juin 1987), Khaled Madhi ( né à Kébili le 1er juin 1977), Mabrouk
Lanouer (né à Kébili le 13 septembre 1985), Jemaï Bouzaïane (né à Gafsa le 3
décembre 1978), Anouar Ferjani (né à Metlaoui le 13 août 1985), Salah Aloui
(né à Metlaoui le 2 juillet 1984) Mohammed Aloui (né à Metlaoui le 27
février 1987), Mohammed Kherfani (né à Metlaoui le9 juin 1983) Aymen Souidi
(né à Kebili le 26 mai 1985, en état d’arrestation
* Belgacem Dkhil, (né à Fatnassa le 6 août 1978), en liberté
* Brahim Azzouz (né à Kebili le 25 août 1988) et Ismaïl Gnifid (né à
Médenine le 20 mars 1984), Hassan Ben Jemaa (né à Kebili le 1er mars 1986),
Nasr Farah (né à Kébili le 10 avril 1976) en fuite,
En vertu de la loi du 10 décembre 2003 dite «antiterroriste ». En première
instance les peines des accusés allaient de 5 à 14 ans d’emprisonnement […]
Maîtres Abdelfattah Mourou, Samir Ben Amor, Mohammed Fadhel Saïhi, Choukri
Belaïd et Abderraouf Ayadi se sont présentés pour les défendre. La Cour a
décidé de repousser l’examen de l’affaire au 7 mai 2008.
- La treizième chambre criminelle de la Cour d’Appel de Tunis, présidée par
le juge Taher Yaferni, a examiné aujourd’hui, samedi 3 mai 2008, l’appel de
Oualid Layouni contre le jugement le condamnant à une année d’emprisonnement.
Maîtres Anouer Aouled Ali et Samir Ben Amor se sont présentés pour le
défendre. Le juge a décidé de repousser l’examen de l’affaire au 17 mai
2008.
Pour la commission de suivi des procès
Le secrétaire général de l’association
Maître Samir Dilou
(traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les
auteurs de la version en arabe, LT)
Liberté pour tous les
prisonniers politiques
Liberté pour Abdallah Zouari, le journaliste exilé dans son propre pays
Association Internationale de Soutien aux
Prisonniers politiques
43 Rue Eldjazira, Tunis
e-mail :
aispptunisie@yahoo.fr
Tunis, le 2 mai 2008
La vingt-septième chambre criminelle de la Cour d’Appel de Tunis, présidée
par le juge Mannoubi Hamidane, a examiné aujourd’hui, vendredi 2 mai 2008 :
- l’affaire n°11042 dans laquelle sont déférés Khaled Layouni, Khaled
Ghannoudi, Mohammed Ali Talbi, Monji Mansouri, Chaker Jendoubi, Makram
Dakhlaoui, Mounir Ichi, Mohammed Rabeh et Saber Ksila, en vertu
de la loi du 10 décembre 2003, dite « antiterroriste ». L’acte d’accusation
comprend les chefs d’adhésion sur le territoire de la République à une
organisation terroriste ayant fait du terrorisme un moyen de réaliser ses
objectifs, d’entraînements militaires en Tunisie et à l’étranger en vue de
commettre des infractions terroristes sur le territoire de la République,
d’utilisation du territoire de la République pour recruter et entraîner des
personnes en vue de commettre un acte terroriste sur le territoire de la
République, de fourniture d’armes, d’explosifs, de munitions et autres
produits et équipements similaires à une organisation en rapport avec les
infractions terroristes. Maîtres Abderraouf Ayadi, Abdelfattah Mourou,
Anouer Aouled Ali, Radhia Nasraoui, Samir Ben Amor et Samir Dilou se sont
présentés pour les défendre. Après les plaidoiries des avocats, le juge a
décidé de lever la séance pour le délibéré et le prononcé du jugement. En
première instance, les peines allaient de dix à deux ans d’emprisonnement.
- l’affaire n°11156 dans laquelle sont déférés Jamel Bouguedima, Bassam
Jarray, Tahar Dhifallah, Oualid Jarray, Ali Grimil, Adel Lachaieb,
Salaheddine Massoudi, Mohammed Mahmoudi, Zid Chenina, accusés d’adhésion sur
le territoire de la République à une organisation terroriste ayant fait du
terrorisme un moyen de réaliser ses objectifs, d’entraînements militaires en
Tunisie et à l’étranger en vue de commettre des infractions terroristes sur
le territoire de la République, d’utilisation du territoire de la République
pour recruter et entraîner des personnes en vue de commettre une action
terroriste sur le territoire de la République. Maîtres Mokhtar Jemaï,
Abdelfattah Mourou, Béchir Sid et Samir Ben Amor se sont présenter pour les
défendre. Le juge a décidé de repousser l’examen de l’affaire au 9 mai 2008.
Pour la commission de suivi des procès
Le secrétaire général de l’association
Maître Samir Dilou
(traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la
version en arabe, LT)
Tunisie : des journalistes en grève
de la faim pour leur liberté d'expression
Paris : La FIDH s'inquiète des moyens
extrêmes auxquels des journalistes tunisiens ont recours afin de faire
entendre leurs revendications. Samedi 26 avril 2008, Rachid Khechana,
rédacteur en chef du journal Al-Mawqif, journal du Parti démocratique
progressiste et Monji Ellouze, directeur de rédaction, ont en effet entamé
une grève de la faim en signe de protestation contre les dernières mesures
prises récemment à l'encontre de cet hebdomadaire et de ses responsables.
Depuis la mi-mars 2008, cinq éditions du journal ont été l'objet de «
saisies déguisées ». En effet, alors que la diffusion de l'hebdomadaire
est contractuellement confiée à une société privée, celle-ci selon les
responsables du journal a réduit suite à des pressions, sa diffusion à
quelques kiosques et aux représentations diplomatiques étrangères.
Afin de protester contre ces pratiques, le 17 avril plusieurs journalistes
et militants du PDP sont descendus sur la principale artère de Tunis, pour
y vendre la dernière édition du journal, sous le regard de policiers en
civil, plusieurs d'entre eux ayant bousculé une militante du parti. Ce
blocage de la diffusion de l'hebdomadaire serait lié selon la direction
d'Al-Mawqif à la publication d'articles ayant trait à des problèmes de
société, et notamment les manifestations dans le bassin minier de Gafsa et
la hausse des prix des produits de première nécessité.
M. Khechana ainsi que Nejib Chebbi, directeur de publication d'Al-Mawqif
sont par ailleurs poursuivis pour diffamation par cinq sociétés de
commercialisation d'huile, et ce après avoir publié un article sur la
distribution d'huile frelatée en Tunisie. Ils ont dans cet article
interpellé les autorités tunisiennes afin qu'elles procèdent à une analyse
des huiles sur le marché tunisien, sans toutefois mentionner aucune
société en charge de la commercialisaiton des huiles.
Messieurs Khechana et Chebbi seront entendus devant le tribunal de
première instance de Tunis, le 10 mai prochain et risquent de se voir
infligés une amende de près de 500000 dinars tunisiens à titre de dommages
et intérêts plus une amende qui devrait se baser sur une estimation des
pertes pour les sociétés plaignantes, occasionnées par l'article en
question.
Al-Mawqif est l'un de seuls journaux d'opposition qui, aujourd'hui en
Tunisie ne bénéficie pas de subvention et vit de ses ventes, les entraves
graves qui sont faites à sa diffusion tendent à le détruire.
La FIDH s'inquiète vivement des entraves récurrentes à la liberté
d'expression et la liberté de la presse en Tunisie. Elle appelle les
autorités tunisiennes à respecter ses engagements internationaux en
matière de protection des droits humains et des libertés fondamentales.
Elle appelle en outre, le président français Nicolas Sarkozy à aborder la
question des droits humains et notamment la liberté de la presse, avec son
homologue tunisien.
Communiqué - FIDH
source marrakech portal marocain d'actualite's
Tunisie: 2
journalistes en grève de la faim, une manoeuvre selon le pouvoir
AFP - Samedi 26 avril, 16h46
TUNIS (AFP) - Le rédacteur en chef et le directeur d'Al-Mawkif organe d'un
parti d'opposition tunisien, Rachid Khéchana et Mongi Ellouze, ont annoncé
samedi commencer une grève de la faim pour protester contre des vexations
visant, selon eux, à étouffer le journal hebdomadaire.
"Nous commençons une grève de la faim illimitée jusqu'à la cessation des
manoeuvres administratives et judicaires provoquées par le pouvoir pour
étouffer Al-Mawkef", ont-ils déclaré au cours d'une conférence de presse
au siège du journal et du Parti démocratique progressiste (PDP, légal).
Ils ont évoqué des "saisies répétées" du journal et affirmé être l'objet
de "manoeuvres politiques en forme de procédures judicaires et
administratives".
"La situation est intolérable, notre journal ne reçoit pas de publicités,
ne vit que de ses ventes et se retrouve aujourd'hui menacé de disparition",
s'est alarmé M. khéchana.
L'annonce de cette grève, qui intervenait 48 heures avant une visite
d'Etat du président français Nicolas Sarkozy lundi à Tunis, a été
qualifiée de "manoeuvre démagogique et opportuniste" par les autorités.
M. Kéchana, 55 ans, et M. Ellouze, 59 ans, ont justifié la grève de la
faim comme "ultime moyen de défense", indiquant que des dirigeants du PDP,
dont la secrétaire générale Maya Jribi, avaient tenté de vendre le journal
à la criée dans le rues de Tunis pour protester contre "la censure
déguisée".
Néjib Chebbi, chef historique du PDP, qui a annoncé sa candidature à
l'élection présidentielle de 2009, a exigé la cessation des harcèlements
exercés par le pouvoir, selon lui, et a affirmé que la grève de la faim
visait à "attirer l'attention de l'opinion publique sur une grave
détérioration de la liberté de la presse en Tunisie".
Le PDP doit comparaître en justice à la suite de plaintes déposées par des
entités privées qui lui réclament quelque 300.000 euros de dédommagements
pour des pertes présumées après la publication d'un article d'Al-Mawkif
sur la distribution d'une huile de table frelatée.
Dénonçant la grève comme une "manoeuvre démagogique et opportuniste visant
à induire l'opinion en erreur", les autorités ont estimé que "ces
manoeuvres sont devenues une habitude" au PDP, "surtout lors d'événements
susceptibles d'attirer l'attention de la presse internationale", ont-elles
indiqué en allusion à la visite du président Sarkozy.
"Al-Mawkif ne fait l'objet d'aucune restriction, que ce soit au niveau du
travail journalistique, de l'édition oui de la diffusion" a-t-on assuré de
source officielle.
Cette source souligne que "les poursuites judiciaires évoquées émanent
d'entreprises privées qui estiment avoir subi un double préjudice à la
suite d'un article qui prétend, sans preuve que l'huile de table
commercialisées est frelatée".
Les autorités accusent les responsables du journal de chercher à "se
dérober à leurs responsabilités légales" et affirment que "les partis
d'opposition publient et diffusent librement leurs journaux".
Al-Mawkif qui parait le vendredi titrait sur la visite du président
français s'interrogeant en manchette à la Une "La démocratie serait-elle
occultée durant la visite Sarkozy?".
Quand on n'a même pas la liberté de dire
Interview swissinfo: Marc-André Miserez
La 18e Journée internationale de la liberté de la presse, ce samedi, est
l'occasion de rappeler que les métiers de l'information peuvent coûter cher
à ceux qui les exercent. Comme en Tunisie, où deux hommes sont en grève de
la faim pour faire valoir un droit qui devrait aller de soi.
«La Tunisie fait partie de la trentaine de pays que nous qualifions de
prédateurs, soit des pays où les journalistes sont poursuivis, menacés,
emprisonnés...», explique Gérald Sapey, président de la section suisse de
Reporters sans frontières (RSF). Des pays «dictatoriaux ou à démocratie plus
que muselée», qui ne supportent ni contradiction ni opposants.
Pour Rachid Khechana, rédacteur en chef de l'hebdomadaire Al-Mawquif – un
des trois journaux d'opposition qui subsistent en Tunisie -, correspondant
de swissinfo et secrétaire général adjoint du Parti démocrate progressiste,
ces réalités sont tout ce qu'il y a de plus concret.
Le 10 mai, il passera en justice avec son directeur de publication pour
répondre de pertes à hauteur de plusieurs centaines de milliers de dollars
que le journal aurait causé à des distributeurs d'huile alimentaire. Ceci
pour avoir écrit que leurs produits étaient frelatés et demandé qu'ils
soient soumis à des analyses.
Une tracasserie de plus pour cet organe d'un parti qui a le culot de vouloir
présenter un candidat contre le président Ben Ali, lorsque celui-ci briguera
l'année prochaine un cinquième mandat de cinq ans.
Depuis le début de l'année, Al-Mawquif a déjà vu sa distribution en kiosque
interdite et ses comptes en banque bloqués. Les deux hommes ont donc entamé
il y a une semaine une grève de la faim, pratique courante chez les
défenseurs de la liberté en Tunisie.
swissinfo: Vous sentez un net durcissement du pouvoir
à votre égard. Pourquoi intervient-il maintenant ? Auriez-vous cette fois
franchi une ligne rouge ?
Rachid Khechana: Pas du tout, c'est juste que l'on est à la veille des
élections législatives et présidentielles de 2009. Et le parti au pouvoir -
que nous considérons comme un parti unique - prépare son congrès pour le
mois d'août et ne veut plus de voix discordantes. Il y a donc un recul des
libertés en liaison directe avec des échéances électorales.
Il est vrai que ces dernières années, on avait assisté à quelques avancées,
grâce aux luttes de la société civile, des journalistes, des défenseurs des
droits de l'homme et des partis d'opposition. La tenue à Tunis du Sommet
mondial de l'information en 2005 avait également obligé le gouvernement à
changer quand même un peu les choses. Et maintenant, voilà que l'on recule...
swissinfo: Le Sommet de l'information justement... On
se souvient que le président suisse Samuel Schmid y avait poussé un coup de
gueule en faveur des droits de l'homme. Est-ce que ça a servi à quelque
chose ?
R.K.: Le changement ne se fait pas d'un seul coup, il se fait par
petits pas. Et à chaque fois que la société civile tunisienne est relayée à
l'étranger, je pense que ça donne des coups de fouet à ce combat
démocratique. Ça ne peut donc être que bénéfique et positif pour le
processus de démocratisation de nos sociétés.
D'ailleurs, nous recevons beaucoup de mails, de coups de fil et de lettres
de soutien en faveur de notre combat en général et de cette grève de la faim
en particulier.
« On voit bien à quel genre de troc ils [les présidents Sarkozy et Ben Ali]
se sont livrés: affaires contre droits de l'homme. »
Rachid Khechana swissinfo: Pour Nicolas Sarkozy par contre - qui vient de
passer deux jours dans votre pays -, «l'espace des libertés progresse en
Tunisie» et le président français estime ne pas avoir de leçons à donner au
vôtre. Ces déclarations vous ont déçu ?
R.K.: Pas seulement moi, je pense qu'elles ont déçu tous les Tunisiens. Et
aussi les Français démocrates, si vous voyez toutes les protestations
qu'elles ont suscitées.
Mais que voulez-vous: il venait notamment dans l'idée de vendre 10 Airbus à
Tunisair et il en a vendu 19. On voit bien à quel genre de troc ils se sont
livrés: affaires contre droits de l'homme. C'est clair.
swissinfo: Est-ce que votre combat est aussi celui de
la société tunisienne ? Finalement, les gens n'ont-ils pas des soucis plus
urgents que la démocratie et la liberté de la presse ?
R.K: Les gens ici sont comme les autres, ils pensent d'abord à leur
pain et à leur couffin. Les Tunisiens sont plutôt pacifiques, mais ils
peuvent devenir violents quand on essaye de toucher à leur pain ou au pain
de leurs enfants. Nous avons d'ailleurs eu deux grandes émeutes en 78 et en
84, que l'on a nommées «émeutes du pain».
Mais en dehors de ça, quand la marge de liberté s'élargit, on constate
toujours une participation accrue des gens à la chose publique. Au point que
les journaux d'opposition se vendent beaucoup plus quand il y a une période
démocratique que quand il y a un reflux sur ce plan-là.
Je dirais qu'une fois les besoins matériels et sociaux satisfaits, le
citoyen peut réfléchir à d'autres considérations et accéder à un stade que
j'appellerais supérieur, où il peut participer à la gestion de la cité.
Le problème, c'est qu'avec les deux élections truquées de 81 et de 89, les
gens ont commencé à désespérer du changement par les urnes. Et ça dure
encore aujourd'hui. Pourtant, nous devons les convaincre du contraire, parce
que c'est le seul choix qui nous reste. Et ne plus y croire est très
dangereux, car cela prépare le terrain à toutes les formes d'extrémisme...
swissinfo: Extrémisme qui, vu d'ici, semble bien moins
répandu en Tunisie qu'en Algérie ou au Maroc...
R.K.: Le régime exagère beaucoup la menace terroriste, qui lui permet de
justifier pas mal de choses. Mais le danger n'est pas absent pour autant.
L'année dernière, il y a eu des accrochages avec un groupe armé venu
d'Algérie, mais ils étaient tunisiens. Donc, ce sont des braises, qui a tout
moment peuvent donner une explosion.
Car évidemment, les simples citoyens tunisiens - surtout les jeunes -, s'ils
ne trouvent pas des partis démocratiques qui les encadrent et qui les
amènent à participer au combats démocratiques de leur pays, ils se tournent
vers al-qaïda et vers les autres mouvements extrémistes.
swissinfo: Pour conclure, cette journée est celle de
la liberté de la presse. En quoi est-elle si importante à vos yeux ?
R.K.: C'est une condition nécessaire, non seulement à la démocratie, mais à
toutes les autres réformes dont ce pays a besoin. Parce que si la société
civile n'a pas de tribune pour faire porter sa voix, alors, toutes les
actions des associations ne servent à rien.
(Source:
"Swissinfo" (Suisse), le 3 mai 2008)
Lien:
http://www.swissinfo.ch/fre/a_la_une/Quand_on_n_a_meme_pas_la_liberte_de_dire.html?siteSect=106&sid=9044901&cKey=1209826895000&ty=st