في
كل
يوم،
نساهم بجهدنا في
تقديم
إعلام أفضل وأرقى عن
بلدنا،
تونس
Un effort quotidien
pour une information de
qualité sur notre pays, la
Tunisie.
Everyday, we contribute to
a
better information about
our country, Tunisia
|
TUNISNEWS
9 ème année, N° 3525
du 16.01.2010
Mediapart: Tunisie
: Un autre journaliste condamné à la prison
Le Monde: Mme Ben Brik
plaide la cause de son mari à Paris et à
Strasbourg
Nouvelobs: L'épouse de Taoufik Ben Brik pour un
cri d'alarme
Hatem Krichen: Des
questions sans réponse
Luiza Toscane: Les
démocraties les renvoient, la Tunisie les
torture
Libération: 4.000
personnes marchent pour Hakim
Medi 1 Sat TV
s'intéresse au Remaniement ministériel en
Tunisie et invite Abdel Wahab Hani pour le
commenter
Le Monde: L'Algérie
tente de s'attaquer au fléau de la corruption
Tunisie : Un autre journaliste condamné à la
prison
Par Mohammed
Yefsah
Le journaliste tunisien Fahem
Boukadous a été condamné le 13
janvier dernier, à quatre ans de prison
ferme par le Tribunal de Gafsa. Fahem
Boukadous a été parmi les rares, voire
l'unique reporter à avoir couvert, au
premier semestre 2008, la révolte populaire
du bassin minier de Gafsa, pour la chaîne
satellitaire El Hiwar Ettounsi. Ceci n'était
pas du goût du régime tunisien.
Il est à rappeler que cette région du sud
tunisien, notamment la ville Reydef, située
à 400 kilomètres de Tunis, a été quadrillée
par les forces de l'ordre, durant presque
six mois. Les journalistes étaient
systématiquement refoulés pour ne pas donner
d'information. La révolte s'est soldée par
la mort de deux jeunes et l'arrestation
d'une centaine de personnes, dont une
trentaine condamnées, en décembre 2008, à de
lourdes peines allant de 2 ans à 10 ans de
prison.
La répression de ce mouvement populaire a
soulevé une campagne d'indignation et de
solidarité avec les prisonniers, dont une
majorité sont des syndicalistes et
animateurs du mouvement social, lancée au
niveau national et international. Le
président Zine El-Abdine Ben Ali, en
entamant son cinquième mandat, leur a ainsi
accordé, le 24 novembre 2009, une grâce
présidentielle sous forme de liberté
conditionnelle. Mais cette grâce n'a pas
touché les condamnés par contumace, dont le
président de la Fédération des Tunisiens
pour une Citoyenneté des Deux Rives (FTCR),
Mouhieddine Cherbib et le journaliste
Boukadous, condamnés respectivement à 10 ans
et 6 ans de prison ferme.
En effet, Boukadous, accusé de «
constitution d'association criminelle
susceptible de porter atteinte aux personnes
et à leurs biens », a fait appel de son
premier jugement. Il a vu alors la
confirmation, en février 2009, de sa peine
par le tribunal de Gafsa. Le 24 novembre de
l'année passée, après sept mois de
clandestinité, Boukadous se présente de son
propre grès aux autorités, en espérant avoir
un jugement équitable et confiant pour
n'avoir fait que son travail de journaliste.
Or la justice ne l'a pas entendu de cette
oreille et le régime ne lui a pas pardonné
d'avoir donné des informations proches de la
réalité à la différence de celles diffusées
par les médias proches du pouvoir.
« Cette décision est tout simplement
scandaleuse. C'est la première fois que les
accusations ne portent que sur les activités
professionnelles d'un journaliste.
D'habitude, les autorités tunisiennes
utilisent des mascarades judiciaires », a
dénoncé Reporters sans frontières. Le Comité
pour le Respect des Libertés et des Droits
de l'Homme en Tunisie (CRLDHT), espère « que
la procédure d'appel qui doit être lancée
aboutira à un jugement cette fois équitable
», tout en exigeant « la libération
immédiate » du journaliste .
Cette nouvelle condamnation vient donc
allonger le nombre de journalistes
emprisonnés en Tunisie, dont Zouheir
Makhlouf et Taoufik Ben Brik. La famille de
ce dernier a entamé une grève de la faim,
depuis le 06 janvier, afin d'alarmer
l'opinion publique sur la dégradation de
l'état de santé du journaliste, atteint du
syndrome Cushing, maladie qui attaque le
système immunitaire et qui nécessite un
suivi médical rigoureux. L'épouse de Taoufik
Ben Brik, Azza Zarrad, actuellement en
France, a sollicité une audience auprès du
président Nicolas Sarkozy afin de lui
demander de « convaincre Ben Ali de
respecter ses engagements en matière de
droits de l'homme ».
Mohammed Yefsah
(Source:
Mediapart.fr le 16 janvier 2010)
Mme Ben
Brik plaide la cause de son mari à Paris et à
Strasbourg
Entre les proches de
Taoufik Ben Brik, le journaliste tunisien qui
purge une peine de six mois de prison ferme à la
suite, selon ses mots, d'un "traquenard"
de la police, et le régime du président Ben Ali,
une partie incertaine va se jouer, mardi 19
janvier, à Strasbourg. L'enjeu pour les
défenseurs du journaliste, connu pour ses écrits
féroces contre le successeur de Habib Bourguiba
: obtenir des parlementaires européens une
résolution qui condamne la Tunisie pour son peu
de respect des droits de l'homme et exige la
libération de M. Ben Brik.
La partie n'est pas
gagnée d'avance. Les ONG ont beau fustiger
régulièrement le "régime policier" mis en
place par M. Ben Ali - au pouvoir depuis
vingt-trois ans -, Tunis compte des alliés à
Strasbourg jusque dans les rangs des socialistes
français, espagnols et italiens. Pour raffermir
leurs rangs, une délégation d'élus tunisiens est
déjà à pied d'oeuvre à Strasbourg. "Ça va
être difficile, reconnaît Azza Ben Brik,
autorisée par Tunis à venir plaider la cause de
son époux. A défaut d'une résolution, on
devra peut-être se contenter d'une
recommandation", d'une portée moindre.
En attendant la
joute de Strasbourg, Mme Ben Brik a
choisi de plaider la cause de son mari à Paris.
Arrivée mercredi soir en France, elle va
demander à rencontrer le président Nicolas
Sarkozy, son épouse, Carla Bruni, les "amis de
la Tunisie", dont le ministre de la culture,
Frédéric Mitterrand, le maire de Paris, Bertrand
Delanoë, et les dirigeants des partis politiques
de droite comme de gauche.
Le ministre des
affaires étrangères figure également sur sa
liste. Le sort fait à Taoufik Ben Brik exaspère
Bernard Kouchner, mais "que faire lorsque les
démarches diplomatiques n'aboutissent à rien
sinon à aggraver le sort du détenu",
s'interrogeait en privé le ministre il y a
quelques jours.
Pour Mme
Ben Brik, Tunis s'ingénie à détruire à petit feu
son mari, de santé fragile et détenu loin de son
lieu de résidence : "J'ai droit à une visite
par semaine. Et ses avocats à aucune. Il me faut
cinq heures de route aller-retour pour une
visite de cinq minutes. Parfois moins, si l'on
parle d'autre chose que de la famille ou de ses
problèmes de santé." Placé dans une cellule
collective, son mari est interdit de toute
lecture. "Il n'a ni radio ni télé. Il n'a
même pas le droit d'avoir un crayon",
dit-elle.
Pour faire libérer
le journaliste, ses frères et soeurs, ainsi
qu'Azza Ben Brik, observent depuis une semaine
une grève de la faim.
(Source: "Le Monde" (Quotidien - France)
le 17 janvier 2010)
L'épouse de Taoufik Ben Brik pour un cri
d'alarme
NOUVELOBS.COM |
15.01.2010 | 17:33
Azza Zarrad est en France pour interpeller
les autorités sur le sort du journaliste
emprisonné en Tunisie. Rencontre.
Azza Zarrad, l’épouse de Taoufik Ben Brik,
le journaliste tunisien dissident détenu à
Siliana, à 130 km de Tunis, est en France
afin de rencontrer "les autorités françaises
et surtout les amis de la Tunisie’ . "Je
ferais tout ce qui est possible, J’essaierai
de rencontrer Frédéric Mitterrand, Nicolas
Sarkozy, Carla Bruni, les chefs de
l’opposition, des membres de l’UMP…,
a-t-elle confié, vendredi 15 janvier, à
Nouvelobs.com. Mon mari est très affaibli,
la semaine dernière, il tenait à peine
debout. Il risque de mourir à tout instant",
a-t-elle ajouté. Taoufik Ben Brik est
atteint du syndrome de Cushing, maladie
dégénérative des défenses immunitaires, qui
nécessite un suivi régulier. Le 6 janvier,
Azza Zarrad et des proches du journaliste
ont entamé une grève de la faim pour lancer
un cri d’alarme sur son état de santé
"catastrophique".
"J’aurais préféré un procès
politique..."
Taoufik Ben Brik a été condamné le 26
novembre à six mois de prison pour
l'agression d'une femme, mais ses proches
dénoncent une manipulation destinée à le
faire taire, après des écrits très critiques
dans la presse française sur le régime
tunisien. Pour Azza Zarrad, "c’est un coup
monté. Taoufk n’a jamais agressé une
femme... J’aurais préféré que la Tunisie lui
intente un procès politique en disant voilà
il a écrit telle ou telle phrase... Mais
non, ils ont choisi un procès de droit
commun pour avoir l’opinion publique contre
lui, c’est un dénigrement de Taoufik",
ajoute-t-elle
Depuis son emprisonnement, les autorités
tunisiennes multiplient les intimidations
contre les proches du journaliste: "Je suis
complètement isolée, le téléphone ne passe
pas, les mails ne passe pas, le courrier
n’arrive pas. a raconté Azza Zarrad. On est
constamment encerclé par la police. Mon fils
a été accompagné à l’école par des motards…
C’est affreux !»
Une carte postale pour Sarkozy
Azza Zarrad a précisé être aussi en France à
l'appel de militants tunisiens des droits de
l'Homme, qui viennent d'éditer une carte
postale clamant "Libérez Ben Brik" et
montrant le visage du journaliste, adressée
au président français au Palais de l'Elysée
et déjà affranchie.
"Nous commençons
aujourd'hui à diffuser ces cartes", a-t-elle
dit.
"Et le 20 janvier, une réunion
publique sera organisée à la Mairie du 2e à
19h30, ouverte à tous ceux qui veulent se
solidariser avec Taoufik et qui veulent
appeler à sa vie et à sa liberté", a-t-elle
ajouté.
Mi-décembre, la famille de Taoufik Ben Brik
et son avocat français avaient déjà demandé
dans une lettre au président Nicolas Sarkozy
d'intervenir en faveur du détenu auprès de
son homologue tunisien.
Dénoncée comme un
"procès d'opinion" par les organisations de
défense de la presse et des droits de
l'Homme, l'affaire avait provoqué des
tensions entre Tunis et Paris : Bernard
Kouchner s'était dit "déçu" par les
arrestations de journalistes en Tunisie, les
jugeant "inutiles" alors que le président
Ben Ali venait d'être réélu avec 89,62% des
voix.
(Malika Elkord - Nouvelobs.com)
Des questions sans réponse
Par
Hatem Krichen
En vue de
l’agitation autour du cas Ben Brik et la
disproportion que prend cette affaire, quelques
questions méritent d’être posées.
Si l’on commence par
le commencement de l’affaire ; une femme dépose
plainte pour agression, insulte et dégradation
de bien contre un homme qui s’est avéré
journaliste et opposant au régime. Cette femme,
n’est ni membre du gouvernement tunisien, ni
haut responsable de l’état tunisien, ni même
fonctionnaire.
Alors une première
question s’impose : que vient faire l’état dans
ce procès civil ?
La justice a
examiné la plainte, il y a eu instruction, on a
instruit à charge et à décharge. Un procès
public a bien eu lieu, et les membres du jury
ont écouté les deux parties. Un jugement a été
rendu, il reflète la vision des jurés de
l’affaire tel qu’elle a été rapportée à la
cours, d’ailleurs, je ne crois pas qu’il y ait
eu un quelconque vice de forme ou de procédure
de la part de la justice.
Question n° 2 : Que
reproche-t-on à la justice ? Elle a fait son
travail en vue des éléments qui lui ont été
exposés.
Question n° 3 ; si
l’une des deux parties n’est pas satisfaite du
verdict, qu’est ce qui l’empêche de faire
appel ?
Tout ce qui a
été écrit sur le forum est à sens unique. Peu de
gens ont pensé à cette dame qui s’est faite
agressée. Elle a vraiment eu peu de soutien.
Question n°4 : Que
sait-on sur son état et les dégâts corporels et
psychologiques qu’elle a eu ?
La question n°5
découle des revendications diverses et variées :
quel serait le sentiment de quelqu’un qui s’est
fait agressé et qui voit une justice rendue mais
pas appliquée ?
Finalement, ce débat
signifie-t-il que nous voudrions une justice
à deux niveaux ? Une qui concerne celles et ceux
qui ont un pouvoir de lobbying et d’influence et
une deuxième qui concerne les autres ? Je n’en
suis pas convaincu.
Les
démocraties les renvoient, la Tunisie les
torture
Luiza
Toscane
vendredi
15 janvier 2010
Depuis le 11 septembre 2001, les renvois de
Tunisiens craignant, avec raison, d’être
torturés ou soumis à de mauvais traitements dans
leur pays se sont accélérés et multipliés, au
mépris des conventions ratifiées par les États
démocratiques. [1]
* Salem Zirda, Tunisien réfugié en Allemagne,
renvoyé par les Etats-Unis via la Hollande le 13
mai 2002, torturé et condamné à sept ans
d’emprisonnement et cinq ans de « contrôle
administratif » par un tribunal militaire.
Libéré en 2009, il doit émarger tous les jours
loin de chez lui et ne peut travailler.
* Taoufik Selmi, Tunisien demandeur d’asile au
Luxembourg, renvoyé en Tunisie le 3 avril 2003,
torturé et condamné à six ans d’emprisonnement
et cinq ans de contrôle administratif par un
tribunal militaire. Libéré en mai 2009, il est
soumis depuis lors à un émargement quotidien.
* Adel Rahali, Tunisien demandeur d’asile en
Irlande, renvoyé en Tunisie le 14 avril 2004,
torturé et condamné à cinq ans d’emprisonnement
en vertu de la loi anti terroriste du 10
décembre 2003. Libéré depuis quelques mois, il
est soumis à un contrôle administratif
contraignant.
* Tarek Belkhirat, Tunisien demandeur d’asile en
France, renvoyé en Tunisie le 18 mai 2004,
condamné à cinq ans d’emprisonnement en vertu de
la loi antiterroriste du 10 décembre 2003.
Libéré il y a quelques mois, il est actuellement
astreint à un contrôle administratif
contraignant d‘une durée de dix ans.
* Tarek Hajjam, Tunisien renvoyé par l’Italie en
Tunisie en mars 2006, emprisonné et condamné par
un tribunal militaire, n’a dû sa libération qu’à
son important handicap physique et mental.
* Abderraouf Mouelhi, Tunisien demandeur d’asile
en Grande-Bretagne, renvoyé en Tunisie le 17
mars 2006. Il a été immédiatement arrêté et
condamné à douze ans d’emprisonnement en vertu
de la loi antiterroriste du 10 décembre 2003 et
est à ce jour emprisonné.
* Adel Tebourski, Tunisien demandeur d’asile en
France, renvoyé en Tunisie le 7 août 2006, déchu
de facto de tous ses droits civiques et sociaux.
*Mahjoub Tounakti, Tunisien réfugié en Bulgarie,
renvoyé en Tunisie le 30 septembre 2006,
condamné à cinq ans d’emprisonnement par un
tribunal militaire. Il est à ce jour encore
emprisonné.
* Badreddine Ferchichi, Tunisien demandeur
d’asile en Bosnie, renvoyé en Tunisie le 29 août
2006, condamné à trois ans d’emprisonnement et
cinq ans de contrôle administratif par un
tribunal militaire. Libéré depuis quelques mois,
il doit émarger tous les jours au poste de la
Garde nationale et ne peut de ce fait
travailler.
*Chérif Foued, Tunisien renvoyé d’Italie le 4
janvier 2007, torturé et condamné à un an
d’emprisonnement en vertu de la loi
antiterroriste en Tunisie.
* Houssine Tarkhani, demandeur d’asile en
France, renvoyé en Tunisie le 3 juin 2007,
torturé et condamné à l’emprisonnement en vertu
de la loi antiterroriste.
* Lotfi Lagha, Tunisien renvoyé par les
Etats-Unis de Guantanamo en Tunisie le 18 juin
2007, immédiatement arrêté, il a été condamné à
trois ans d’emprisonnement.
* Abdallah Hajji, Tunisien renvoyé par les
Etats-Unis de Guantanamo en Tunisie le 18 juin
2007, torturé et condamné par un tribunal
militaire à sept ans d’emprisonnement.
* Sami Essid, Tunisien renvoyé par l’Italie le 3
juin 2008, condamné en vertu du code des
plaidoiries et sanctions militaires d’une part,
et en vertu de la loi antiterroriste du 10
décembre 2003 d’autre part, il totalise douze
ans d’emprisonnement.
* Mourad Trabelsi, demandeur d’asile en Italie,
renvoyé en Tunisie le 13 décembre 2008, condamné
à l’emprisonnement par un tribunal militaire.
Est actuellement incarcéré.
* Ali Toumi, Tunisien renvoyé d’Italie le 3 août
2009, immédiatement arrêté à son arrivée, il a
été remis en liberté provisoire jusqu’à son
procès. [2]
Malgré la disparité de leurs situations, ces
hommes partagent tous en commun d’être
Tunisiens, d’avoir résidé dans des pays ayant
ratifié la Convention contre la Torture de
l’Organisation des Nations Unis, ou d’être
membres du conseil de l’Europe, voire les deux,
d’avoir fait valoir leurs craintes en cas de
retour en Tunisie, puisque la majorité d’entre
eux ont demandé l’asile (deux d’entre eux
étaient d’ailleurs des réfugiés !) et d’avoir
été renvoyés en Tunisie où ils ont été pour la
majorité d’entre eux arrêtés, torturés et
emprisonnés, et/ou relégués à la non-existence
par la privation de tous leurs droits, civiques
et sociaux et une politique de harcèlement
systématique.
Qu’ils aient fait état de leurs craintes de
persécutions et n’aient pas été crus, ou que
leur situation ait été traitée légèrement, la
suite est toujours la même : ils ont connu les
tribunaux d’exception que sont le tribunal
militaire ou le Tribunal de Première Instance de
Tunis, à l’origine une juridiction ordinaire qui
est la seule compétente pour déférer les
inculpés en vertu de la nouvelle loi
antiterroriste promulguée le 10 décembre 2003 et
s’est transformée en juridiction d’exception qui
ne dit pas son nom. Ils ont connu la torture [3]
lors de détentions au secret, les mauvais
traitements en prison, et cet emprisonnement à
domicile que constitue la peine complémentaire
de « contrôle administratif ».
Il convient de souligner que leur vie de famille
a été totalement ignorée : L’épouse d’Adel
Rahali, de nationalité jordanienne, n’a jamais
revu son mari depuis le renvoi de ce dernier, la
Tunisie ne lui délivrant pas de visa. Adel
Tebourski vit à des milliers de kilomètres de
son fils français, même chose pour Tarek
Belkhirat, dont les cinq filles n’ont jamais
revu leur père depuis son expulsion et pourtant
le conseil d’État français avait annulé son
renvoi pour « atteinte à la vie de famille »,
mais l’avis du Conseil d’État n’est pas
suspensif. L’épouse italienne et les enfants
d’Ali Toumi sont restés en Italie. Quant à
l’épouse de Taoufik Selmi, elle est de
nationalité bosniaque, et pourtant, elle a été
mise de force dans un avion pour la Tunisie avec
ses fillettes, en toute illégalité, et a atterri
dans un pays où elle n’était attendue et ne
connaissait personne. Version luxembourgeoise du
concept de l’« unité de famille » ?
Et pourtant, la France, les Etats-Unis, le
Luxembourg, la Bulgarie, la Bosnie, l’Italie, la
Grande Bretagne et l’Irlande ont ratifié la
Convention contre la Torture et autres peines ou
traitements cruels inhumains et dégradants qui
dispose dans son article 3 « Aucun État
partie n’expulsera, ne refoulera ni n’extradera
une personne vers un autre État où il y a des
motifs sérieux de croire qu’elle risque d’être
soumise à la torture ». Ces mêmes États sont
parties au Pacte International relatif aux
droits civils et politiques dont l’article 10
prévoit : « Une protection et une assistance
aussi large que possible doivent être accordées
à la famille qui est l’élément naturel et
fondamental de la société […] ». Enfin,
hormis les Etats-Unis, ces États ont ratifié la
Convention Européenne de sauvegarde des Droits
de l’Homme dont l’article 3 « nul ne peut
être soumis à la torture ni à des peines ou
traitements inhumains et dégradants » a été
renforcé par une décision de la Cour Européenne
des Droits de l’Homme [4],
rappelant que la décision d’expulser peut « soulever
un problème au regard de l’article 3, donc
engager la responsabilité d’un État contractant
au titre de la convention, lorsqu’il y a des
motifs sérieux et avérés de croire que
l’intéressé, si on le livre à l’État requérant,
y courra un risque d’être soumis à la torture ou
à des peines ou traitements inhumains ou
dégradants ». Le paragraphe 127 de l’arrêt
Saadi contre Italie va plus loin : « La
prohibition de la torture ou des peines ou
traitements inhumains ou dégradants étant
absolue, quelques soient les agissements de la
personne concernée […], la nature de
l’infraction qui est reprochée au requérant est
dépourvue de pertinence pour l’examen sous
l’angle de l’article 3 [5] ».
La Tunisie dont la pratique de la torture a été
pointée par les organisations tant nationales
qu’internationales de défense des droits de
l’homme depuis des décennies, a été blâmée par
le Comité contre la Torture (CAT) lors de sa
21ème session en 1998 et tenue d’apporter des
améliorations, injonctions auxquelles elle s’est
conformée notamment par un important amendement
au Code pénal, criminalisant la torture : « Est
puni d‘un emprisonnement de huit ans le
fonctionnaire ou assimilé qui soumet une
personne à la torture et ce, dans l‘exercice ou
à l‘occasion de l‘exercice de ses fonctions
[…] » [6].
Ce texte n’a pas connu, ne serait- ce qu‘un
début d‘application, les cas de torture et de
décès sous la torture ou post-torture continuant
de s’accumuler en toute impunité, notamment
depuis la promulgation de la loi antiterroriste.
Le CAT, saisi à plusieurs reprises par des
demandeurs d’asile tunisiens menacés d’être
renvoyés, a toujours demandé aux États de ne pas
exécuter le renvoi [7]
Même tonalité du côté de la Cour Européenne des
Droits de l’Homme. Pourtant la France a fait fi
de l’avis du CAT dans l’affaire Tebourski et à
trois reprises l’Italie est passée outre l’avis
de la CEDH dans les affaires Sami Essid, Mourad
Trabelsi et Ali Toumi.
Or depuis le 11 septembre 2001, les renvois de
Tunisiens craignant, avec raison, d’être
torturés ou soumis à de mauvais traitements dans
leurs pays se sont accélérés et multipliés, au
mépris des conventions ratifiées par les États
démocratiques. Et le pire est sans doute à
venir : des dizaines de Tunisiens sont
emprisonnés en Italie ou en France pour des
affaires liées au terrorisme et il est à
craindre que ces pays, à l’issue de leurs
peines, ne les renvoie en Tunisie où ils seront
automatiquement torturés et emprisonnés.
Le 24 décembre, Yassine Ferchichi, un demandeur
d’asile tunisien incarcéré en France et condamné
à une interdiction définitive du territoire
français (la « double peine ») est extradé vers
le Sénégal d’où il risque d’être renvoyé en
Tunisie où l’attend une condamnation à
l’emprisonnement de trente-deux ans et une peine
de contrôle administratif de quinze ans. La
Bosnie a promulgué une loi qui a déchu de la
nationalité bosniaque de nombreux Tunisiens,
dont l’un d’eux, Ammar Hanchi, est retenu depuis
le 24 avril 2009 au centre de rétention de
Lukavica dans l’attente de son renvoi en
Tunisie [8]
Enfin les Etats-Unis, viennent de livrer à…
l’Italie deux Tunisiens de Guantanamo, Adel Ben
Mabrouk et Riadh Nasri, or on vient de le voir :
le crochet par l’Italie équivaut à un sursis au
renvoi en Tunisie.
Non à la torture par procuration !
Non à la triple peine !
décembre 2009
[1]
Cet article est un développement d’un papier
antérieur paru sous le même titre dans « Le
courrier de l’ACAT », janvier-février 2007.
[2]
Cette liste, indicative, ne prétend nullement à
l’exhaustivité.
[3]
Se reporter à l’abondante documentation publiée
par Amnesty International dans les cas de
Taoufik Selmi ou Houssine Tarkhani (http://www.hns-info.net/spip.php?ar…)
ou au document d’AI :
http://www.amnesty.org/en/library/a… , ou
encore à :
http://www.amnesty.fr/var/amnesty/s…
[4]
Arrêt Soering du 7 juillet 1989.
[5]
Arrêt Saadi c.Italie, requête 37201, arrêt
Strasbourg du 28 février 2008.
[6]
Article 101 bis du Code pénal, 2 août 1999.
[7]
Affaires X contre Hollande, 1997, Karoui contre
Suède 2001, Tebourski contre France 2006….
[8]
Le 10 décembre 2009, Ammar Hanchi a été conduit
à l’aéroport pour être reconduit en Tunisie. Son
conseil, Kadrija Kolic, a saisi la CEDH, qui a
ordonné de suspendre provisoirement le renvoi,
le temps d’un examen approfondi de la requête.
La Bosnie s’est conformée à l’avis de la CEDH..
(Source: Divergences.be le 15 janvier 2010)
Lien:
http://divergences.be/spip.php?article1735&lang=fr
4.000 personnes
marchent pour Hakim
REPORTAGE
Lycéens, professeurs, voisins et anonymes
ont accompagné silencieusement la famille d'Hakim,
poignardé il y a une semaine dans son lycée.
Par CAMILLE CALDINI
14h30, ce vendredi. Ils sont déjà plusieurs
centaines à attendre, dans le froid, le départ du
cortège. Ce sont en grande majorité des camarades de
classe de Hakim Maddi, décédé il y a une semaine, à
l’âge de 18 ans, après avoir été agressé au couteau
dans l’enceinte de son lycée.
Dans leurs mains, des photos, des roses. Sur les
t-shirts, le portrait d’Hakim, souriant. A bout de
bras, des pancartes s’élèvent au-dessus de la foule:
«Le silence est d’or, pour un mec en or, on restera
fort.» En tête, la famille d’Hakim porte une
banderole: «A Hakim, notre frère, on ne t’oubliera
jamais.» Progressivement la foule grossit, jusqu’à
4.000 personnes, selon la police. A 15 heures, la
marche démarre en silence dans les rues du
Kremlin-Bicêtre interdites à la circulation,
jusqu’au lycée Darius-Milhaud, lieu du drame. C’est
là que la famille et les proche d’Hakim plantent un
magnolia en sa mémoire.
Des élus se sont joints au cortège, dont le
président de la région Ile-de-France Jean-Paul
Huchon (PS) et le maire du Kremlin-Bicêtre Jean-Luc
Laurent (MRC).
Dans le calme, la foule se masse sur le stade des
Esselières, en face du lycée Darius-Milhaud, pour
écouter la proviseure, Ghislaine Hudson, prononcer
un discours d’hommage à son élève: «La mort d’Hakim
nous lance un signal d’alarme. Elle nous donne un
devoir. Celui de refuser la vengeance, qui
n’engendre rien d’autre que la violence.», avant de
citer Gandhi: «Oeil pour oeil et le monde entier
sera aveugle.»
«Hakim n’aurait pas souhaité de vengeance»
Karim Maddi, grand frère de la victime, appelle lui
aussi au calme, dans un discours lu à la foule au
nom de sa famille: Hakim n’aurait pas souhaité une
vengeance. Hakim veut qu’on garde le sourire.» Il
remercie les gouvernements français et tunisiens
pour avoir facilité l’inhumation d’Hakim en Tunisie
avant de laisser le micro à son père, pour un
dernier «merci à vous tous pour votre soutien.»
Après un lâcher de ballons blancs, la foule se
disperse dans le calme. Professeurs, parents
d’élèves, collégiens et lycéens ne se permettent que
de rares commentaires anonymes. «Ce genre de drame
aurait pu arriver à chacun d’entre nous, à nos
enfants», dit l’un.
(Source: Libération.fr le 15 janvier 2010)
Medi 1 Sat TV s'intéresse au
Remaniement ministériel en Tunisie et invite
Abdel Wahab Hani pour le commenter
"Al Maghreb Al Arabi Fi Ousbouâ"
Dimanche 17 janvier 2010
20h30 heure universelle, 21h30 heure de Tunis, Paris
et Genève
Rediffusion Dimanche soir tard et Lundi matin, midi
et soir
La chaîne maghrébine Medi 1 Sat,
basée à Tanger au Royaume du
Maroc, s'intéresse à remaniement ministériel du
14 janvier en Tunisie. L'émission
"Al Maghreb Al Arabi Fi Ousbouâ"
nous invitera, nous Abdel Wahab Hani,
pour commenter et analyser ce remaniement.
Ce
magazine de la rédaction, d'une heure, revient
chaque Dimanche sur l'essentiel dee l'actualité
du Grand Maghreb, avec une érpartition de 10 à
20 minutes par sujet, en fonction de
l'importance de l'actualité commenté.
برنامج
: المغرب العربي في أسبوع
أخبار، ريبورتاجات، تحاليل، ضيوف، وقراءة في الصحف
المغاربية .. أسبوعيا تقدم لكم قناة "مدي 1 سات"
مجلة "المغرب العربي في أسبوع" التي تحمل كل جديد
بمنطقة المغرب العربي الكبير، على جميع الأصعدة،
السياسية، الاقتصادية، المجتمعية، والثقافية. هذا
البرنامج يلقي الضوء على أهم الأحداث والمستجدات
طيلة أسبوع.
Diffusion:
L'émission est diffusée Dimanche,
20h30 heure de Tanger, heure
universelle, 21h30 heure de Tunis, Paris et
Genève.
Une
re-diffusion est programmé toujours
Dimanche soir à 00h40, heure de Tanger,
heure universelle, 01h30, heure de Tunis, Paris
et Genève. Ainsi que le Lundi matin
05h30, heure de Tanger, heure universelle,
06h30, heure de Tunis, Paris et Genève. Puis
Lundi midi à 11h05 heure de
Tanger, 12h05 heure de Tunis. Puis Lundi
soir à 22h30, heure de Tanger, 23h30
heure de Tunis.
Fréquences de Medi 1 Sat TV
Satellites:
Arabsat Badr-6 26° Est
11
766 Mhz
Horizontale
27 500
Hot Bird 13° Est
10
873 Mhz
Verticale
27
500
Astra 19,2° Est
11 538 Mhz
Verticale
22
000
Nilesat 101/102 7° Ouest
12
015 Mhz
Verticale
27
500
Bouquets:
| |
MAROC TELECOM TV :
canal 8 |
|
NUMERICABLE : canal 333 |
| |
CANALSAT : canal 352 |
|
NOOS : canal 57 |
| |
TPS : canal 453 |
|
ADSL ORANGE : canal 75 |
| |
SFR : canal 236 |
|
ALICE : canal 136 |
Internet:
L'émission sera consultable sur le portail de la
chaîne, pendant une semaine, moins de 24 h après
sa diffusion:
http://www.medi1sat.ma
PS:
Dans
l'absence de commentaires et d'analyses
publiques du remaniement, je reste disposé à
écouter, lire et échanger avec tous. Les amiEs
qui le souhaitent peuvent me faire part de leurs
commentaires et analyses, pour enrichir le débat.
Nous avons esquissé une analyse à main levée,
dans la foulée de ce remaniement. Ce n'est qu'un
effort humain, donc incomplet et absolument
ouvert à la critique, comme toute oeuvre humaine,
dans le respect et l'éthique du débat d'idées.
Orly,
le 16 janvier 2010
Abdel Wahab Hani
+33
(0)6 17 96 00 37
L'Algérie tente
de s'attaquer au fléau de la corruption
LE MONDE | 16.01.10 | 14h06
Alger Envoyée spéciale
L'affaire fait la "une" de tous les journaux
algériens. Le PDG de la Sonatrach, la compagnie
nationale des hydrocarbures, Mohamed Meziane, 60
ans, a été suspendu de ses fonctions et placé
sous contrôle judiciaire, après avoir été
inculpé en milieu de semaine pour malversations.
Ses deux fils ont été placés sous mandat de
dépôt.
Dix membres de la direction de la Sonatrach,
dont trois vice-présidents, ont en outre été
soit placés sous mandat de dépôt, soit sous
contrôle judiciaire. Au total, pas moins de
quatorze personnes sont aujourd'hui poursuivies
par la justice. Un véritable séisme pour le
premier employeur de l'Algérie (125 000
personnes), et surtout le principal fournisseur
en devises du pays grâce à ses recettes
pétrolières et gazières : 9,2 milliards de
dollars de bénéfice net en 2008, pour un chiffre
d'affaires annuel de plus de 80 milliards de
dollars.
Le scandale a été rendu public, jeudi 14
janvier, par le quotidien francophone El Watan,
qui révélait au passage que, "dans la
précipitation", le ministre de l'énergie, Chakib
Khelil, avait chargé la veille Abdelhafidh
Feghouli, le seul des quatre vice-présidents de
la Sonatrach à ne pas être éclaboussé par cette
affaire, d'assurer l'intérim de la présidence du
groupe.
Il serait reproché à M. Meziane et aux autres
cadres dirigeants du groupe d'avoir favorisé
deux bureaux d'études et une entreprise
spécialisée dans la sécurité, en échange de
pots-de-vin. Les fils du PDG inculpé auraient
joué le rôle d'intermédiaires. Cette affaire
intervient quelques semaines après que la
direction du ministère algérien des travaux
publics eut été démantelée, elle aussi, pour
corruption. Au coeur du scandale : l'autoroute
Est-Ouest (920 kilomètres et 11 milliards de
dollars), le projet phare du président Abdelaziz
Bouteflika. Ce grand chantier, qui doit relier
l'Algérie à ses voisins marocain et tunisien,
est devenu soudain l'emblème de la corruption
qui entoure l'octroi des marchés publics en
Algérie.
"Ombres chinoises"
El Watan, et le site Internet TSA (Tout sur
l'Algérie) ont révélé que sept hauts
responsables du ministère des travaux publics
étaient sous les verrous depuis octobre 2009, en
particulier le secrétaire général et le
directeur de cabinet du ministre. Ils sont
soupçonnés d'avoir favorisé un consortium
chinois, CITIC-CRCC, en échange de commissions
tournant autour de 530 millions de dollars.
Dans cette affaire d'"ombres chinoises sur
l'autoroute Est-Ouest", comme la surnomme la
presse, le nom de Pierre Falcone, (condamné à
six ans de prison par la justice française pour
ventes d'armes illégales à l'Angola) a été
avancé à plusieurs reprises par les journaux
algériens. Falcone, selon eux, serait intervenu
à Alger en faveur des Chinois, avant même le
dépôt des offres de leurs concurrents américains,
franco-allemands, italiens ou encore portugais.
Voilà plusieurs mois que la présidence de la
République algérienne insiste sur sa volonté
d'éradiquer la corruption. Elle sait que le
fléau ne recule pas dans le pays, bien au
contraire. En 2009, l'Algérie se classait à la
111e place (sur 180) de l'indice de perception
sur la corruption établi par l'ONG Transparency
International. Alors que le climat social est en
ébullition, avec des grèves dures à répétition
ici et là, notamment dans la sidérurgie, le
pouvoir algérien a tout intérêt à montrer qu'il
prend le problème au sérieux.
Florence Beaugé
(Source: "Le Monde" (Quotidien
- France) le 17 janvier 2010)