الإثنين, 30 تشرين2/نوفمبر -0001 00:00

02Fevrier11f

في كل يوم، نساهم بجهدنا في تقديم إعلام أفضل وأرقى عن بلدنا، تونس
Un effort quotidien pour une information de qualité sur notre pays, la Tunisie.
Everyday, we contribute to a better information about our country, Tunisia

TUNISNEWS
10 ème année, N° 3907 du 02.02.2011
archives : www.tunisnews.net

FIDH - LDH - REMDH: Appel à une condamnation immédiate de la répression des manifestations pacifiques en Egypte
Slim Bagga: Je porte plainte, preuve a l'appui ministere de l'interieur: il faut faire degager Hamed Zid
H.KHAZNAGI: Le mystère de la synagogue qui brûle sans feu
Ahmed BEN AMOR: Revolutioner la police
Habib M. Sayah:  Révolution tunisienne et désinformation
Houcine Ghali: À propos de Kamel Morjene
AFP: Révolution en Tunisie : 219 morts, avancées cruciales sur droits de l'Homme
Reuters: Tunisian minister talks of "conspiracy" after attacks
Reuters: Le ministre tunisien de l'Intérieur dénonce un complot
Reuters: Le couple Alliot-Marie se défend d'avoir profité du camp Ben Ali
AFP: Tunisie: la relance de l'économie passe-t-elle par une purge du système RCD?
AFP: Tunisie: coup de balai dans la police, le gouvernement reprend la main
AFP: Tunisie: aucun acte antisémite, le chef de la communauté dément des rumeurs
Reuters: Alliot-Marie sur la sellette pour ses vacances en Tunisie
AFP: Droits de l'homme: Paris félicite Tunis, contacts Alliot-Marie/Ounaïs
Reuters: ANALYSE: Les islamistes, force politique de la nouvelle Tunisie
REVUE DE PRESSE

FIDH - LDH - REMDH
A l'attention de
Mme Michèle Alliot-Marie
Ministre des affaires étrangères et européennes

Transmission par fax : 01 43 17 42 75

Paris, le 2 février 2011
 
Objet : Appel à une condamnation immédiate de la répression des manifestations pacifiques en Egypte


Madame la Ministre,

Les évènements qui sont en train de se dérouler en Egypte font craindre de nombreux blessés et, si ces informations sont confirmées, des morts.

L’agression dont sont victimes les participants au rassemblement pacifique en faveur de la liberté actuellement rassemblés au Caire risque de tourner au bain de sang.

Le gouvernement français et l’Union Européenne ne peuvent rester silencieux et inactifs.

Nous vous demandons d’intervenir d’extrême urgence, auprès du gouvernement égyptien afin que les autorités de ce pays mettent un terme à ces violences.

Nous demandons au gouvernement français d’exprimer publiquement la condamnation de la France.

Avec l’expression de nos sentiments respectueux,


Souhayr BELHASSEN
Présidente de la Fédération Internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH)

Jean-Pierre DUBOIS
Président de la Ligue des droits de l’Homme (LDH)

Kamel JENDOUBI
Président du Réseau Euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH)

C.R.L.D.H. Tunisie
اللجنة من أجل احترام الحريات وحقوق الإنسان في تونس
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie
Membre du Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme
21ter rue Voltaire – FR-75011 PARIS  - Tel/Fax : 00.33.(0)1.43.72.97.34
عنوان البريد الإلكتروني هذا محمي من روبوتات السبام. يجب عليك تفعيل الجافاسكربت لرؤيته. / www.crldht.org

INVITATION
Rencontre-Débat
Pour que la Tunisie nouvelle s’engage définitivement sur la voie de la démocratie et du respect des droits de l’homme
Vendredi 11 février 2011 de 18h30  à 22h.
Mairie du 2ème  (8 rue de la Banque, métro Bourse)


Le CRLDHT vous invite à une rencontre afin de débattre du soulèvement, en Tunisie, de la jeunesse et du peuple. Celui-ci a engagé le pays dans un processus révolutionnaire de transition démocratique dont les enjeux dépassent l’avenir de la démocratie dans ce seul pays et ouvre la voie aux peuples arabes qui revendiquent leurs droits à la dignité, à la liberté et à la justice sociale. Face à ces défis, et surtout pour répondre à ce formidable espoir d’une transition démocratique, le rôle des partenaires de la Tunisie, à commencer par ceux de l’opinion publique et de la société civile, en France et en Europe, sera décisif pour soutenir les forces démocratiques.
Avec la participation de défenseurs des droits de l’Homme de retour de Tunisie :
Kamel Jendoubi, Président du REMDH et du Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie
Khémais Chammari, Membre honoraire du REMDH et du Comité pour le Respect des Libertés et des droits de l’Homme en Tunisie
La rencontre sera suivie d’une réception amicale en hommage au peuple tunisien.

Contact : Mouhieddine Cherbib 06.15.57.79.14 - Iyed Dahmani 06.26.83.78.26 - عنوان البريد الإلكتروني هذا محمي من روبوتات السبام. يجب عليك تفعيل الجافاسكربت لرؤيته.
 
 JE PORTE PLAINTE, PREUVE A L'APPUI
MINISTERE DE l'INTERIEUR: IL FAUT FAIRE DEGAGER HAMED ZID
PAR SLIM BAGGA

Il y a 72 heures, je vous avais fait part de la nomination de Mohamed Ali Houidech en tant qu'homme fort de l'Intérieur et du maintien de Chedli Sahli, tortionnaires notoires mais surtout impliqués dans des affaires de corruption.
Ce mardi à 10 heures, leur sort a été scellé: mis à la retraite d'office.
Cela ne suffit pas. Car Hamed Zid a été promu directeur général des sections techniques (DGST) qui est la plus haute autorité des services de sécurité avec la DGSS (Directiion générale des services spéciaux) que l'on a confié à Nabil Abid.

TENTATIVES DE MEURTRE

J'ai donc décidé de porter plainte à Paris et à Tunis contre HAMED ZID, ce meurtrier promu. Je porte plainte également contre Chedli Sahli, Ali Seriati, Rafik Haj Kacem, mon ex ami , colonel à la douane Tarek Cherif dont je demande sur le champ l'arrestation et l'ancien patron des sections spéciales Frej Gdoura.
Si tout ce beau monde n'est pas menotté dans les 48 heures, je lâcherai la presse occidentale et les documents en ma possession.
Selon ces documents hyper exclusifs et secrets, en avril 2006, il a été décidé de me liquider physiquement à la Place Voltaire dans le 11 eme arrondissement de Paris.
Chedli Sahli, directeur des Opérations avait mis sur pied le plan avec Hamed Zid et l'a soumis à Leila et Belhassen Trabelsi. Rafik Haj Kacem a acquiescé et le Général Seriati leur a répondu, selon le procès verbal de cette réunion: "ALLEZ-Y. SURTOUT CHERCHEZ LES SOURCES  DE L'AUDACE et nettoyez après". Nettoyer, c'est à dire liquider, assassiner. Seriati ajouta, selon le même document: "Faites proprement, ne mettez pas dans l'embarras Jacques Chirac" qui était le président de la République française. Sympa de tuer un Tunisien sans "embarrasser" le président français! Tout le monde appréciera...
Un colonel de la douane, neveu de Frej Gdoura, marié, a commencé dès le mois de février2006 à fréquenter Paris pour "sécuriser" mes habitudes. Il s'agit de Tarek Cherif, jusqu'au jour fatidique où je fus in extrémis sauvé de l'assassinat grâce à une femme qui m'a téléphoné ce fameux samedi d'avril, me donner un rendez vous charmant pour me convaincre de ne pas aler au rende- vous de 19 heures voir celui que je croyais "mon ami", Tarek Cherif qui allait m'exécuter...
Cette femme m'adonc retenu 3 heures dans un hotel. Je n'étais au courant de rien,; et à la lumière des documents qui me sont parvenus, je comprends aujourd'hui qu'elle m'a sauvé la vie. C'est l'une des femme, squi a pu apprendre grâce aux conversations de son mari, à la programmation de mon assassinat. Je n'en dirai pas plus...

Je charge donc Me Moamed Abbou, Me Abdelwaheb Maatar et Me Abderraouf Ayadi de porter plainte à Tunis contre ces criminels en liberté.
Je charge également Me William Bourdon et Me Jean Louis-Lagarde de porter plainte à Paris contre Hamed ZID, le nouveau patron des services et ses commanditaires et les exécutants qu'ils ont désigné, Tarek Cherif et Ridha Hassen, neveu  (fils de la soeur) de Frej Gdoura pour tentative de crime d'Etat en territoire étranger...

SLIM BAGGA

Le mystère de la synagogue qui brûle sans feu.

 

Tout a commencé par une dépêche de l’AFP, de l’ l'Associated Press et de l’agence Reuters annonçant que « La synagogue qui se trouve dans la localité d'El Hamma,  a été incendiée  ».

Perez Trabelsi, président de la synagogue de la Ghriba, à Djerba et représentant de la communauté juive de Tunisie ajoute : « Une relique de la Thora a été brûlée dans l'incendie… Quatre voitures appartenant à des juifs endommagées par "des bandes de voyous" dans le quartier de Hara Kbira, à Djerba…Nous sommes des Tunisiens. Ils veulent nous faire sortir du pays et semer la discorde entre les communautés juive et musulmane qui vivent depuis longtemps en symbiose. Je lance  un appel aux autorités tunisiennes pour assurer notre sécurité ".

Les sites et les journaux juifs de tout bord relatent l’événement, s’émeuvent et le commentent avec virulence. Un florilège de bons commentaires est laché.  la Tunisie et son peuple sont « livrés aux chiens ».

Un sioniste connu résume à lui tout seul le fleuve de commentaires publiés en toute hâte sur le web. Il disait avec une émotion non contenue : «  La haine raciale contre le monde occidental, contre la culture judéo-chrétienne, contre les droits de l'homme et de la femme commence à s’affirmer en Tunisie .Cela promet un avenir sombre: La République islamique de Tunisie... Préparons nous au pire. » On ne peut être plus clair. Certains vont jusqu’à lier l’arrivée sur le sol tunisien de Rached Ghannouchi à  l’incendie de la synagogue et rappellent que ce dernier est originaire d’El Hamma!  

Quelques heures après, au milieu de la soirée, c’est le coup de théâtre : les agences de presse internationales demandent  d'ANNULER purement et simplement l’information qui fait état de l’incendie de la synagogue d’El Hamma. L'AFP précise : « l'information donnée par une organisation juive basée à Paris et "confirmée" par deux responsables locaux S’EST AVÉRÉE FAUSSE ». Dont acte!

Reste à savoir le but d’une telle information qui a des relents d’une cabale odieuse menée contre un pays qui sort à peine d’une dictature abominable. Est-ce de la désinformation qui veut déstabiliser la Tunisie et  discréditer sa révolution aux yeux de l’opinion internationale ?

Et si c’était une  conspiration préparée par les ennemis du pays et que l’incendie de la synagogue était programmé  mais qui, pour une raison encore inconnue, a été contrarié? Dans ce cas, on est en droit de penser que l’information est partie avant un acte avorté et qui a eu l’effet d’un boomerang. Est-ce une supputation  farfelue ? En ce moment, je me dis en  moi-même les mots de Jacques Monod : «Je cherche à comprendre.»

H.KHAZNAGI



 

REVOLUTIONER LA POLICE



Le président déchu a instauré un régime policier, en constituant un corps spécial qui supervise tous les autres services du ministère de l’Intérieur.  Des barrages de contrôle sont implantés partout sur le réseau routier. La police est devenue l’instrument de terreur d’un pouvoir qui ne supporte pas tout ce qui bouge en dehors de sa portée. Alors que les policiers  ont prêté serment pour servir le drapeau national. Avec la disparaition  surprise du chef de la hiérarchie  et l’absence des  consignes  « taalimats »,  la police ne trouve plus ses repères. Certains policiers sont  pris de panique, d’autres sont pris de remords. Ils sont devenus  l’objet de la vindicte populaire.  Ils se révoltent et ils réclament une structure syndicale pour porter leurs doléances. Ils  manifestent sur la voie publique. C’est une première dans le monde arabe. Plus que jamais, il est  impératif de reformer les services de sûreté, afin que le citoyen change sa perception de ce corps important de l’Etat. Comment passer de la répression à la sécurisation ?. Servir et non asservir. Réconforter chacun dans son rôle :  Un citoyen qui respecte les codes de conduite dans une  société  civile et un  agent de sécurité qui veille à la bonne tenue de  tous vis-à-vis de ces codes  afin de garantir une coexistence paisible de la communauté nationale.
L’un des objectifs de ce révolte est d’humaniser la gestion sécuritaire du pays. Il faut considérer le tunisien comme majeur et respecter sa dignité. La loi s’applique à tout le monde en situation de paix ou de crise. Cela nécessite un effort de formation non seulement juridique  mais aussi sociologique et psychologique.  Avant de  se servir de sa matraque la police doit faire l’effort de sa  capacité intellectuelle. Ce qui  ne sera pas chose facile.
Ahmed BEN AMOR    Paris le 02/02/2011   عنوان البريد الإلكتروني هذا محمي من روبوتات السبام. يجب عليك تفعيل الجافاسكربت لرؤيته.   
 
Révolution tunisienne et désinformation
 


Le 31 janvier 2011 à 23:12:01 CET

Les rumeurs n’ont cessé de circuler sur la toile tunisienne depuis le début des événements qui ont mené à la Révolution. Un diplomate tunisien déclarait peu avant le 14 janvier que les rumeurs faisaient partie de la culture tunisienne. L’homme n’a certes pas une haute idée de la culture de son pays, mais il est vrai que le verrouillage des médias orchestré par le système Ben Ali a rendu impossible l’évaluation de l’authenticité de quelque information que ce soit ; une information relayée par la TAP (agence de presse officielle) n’étant pas plus fiable qu’un chiffre présenté par l’Institut National de la Statistique ou une rumeur diffusée sur Facebook.


Du fait de cette opacité, même les médias internationaux n’étaient pas en reste et ont repris à leur compte de folles rumeurs qui ont été contredites par la suite.

Il semble que des tentatives de manipulation de l’opinion tunisienne et internationale soient en cours, qu’elles soient initiées par des étrangers, des « révolutionnaires » tunisiens croyant bien faire ou des novembristes acharnés (NDLR : référence au coup d’Etat du 7 novembre 1987 qui a porté Ben Ali au pouvoir). Certaines de ces rumeurs et hypothèses se voient confirmées par les faits, tandis que d’autres sont manifestement erronées. Entre ces catégories, il est des rumeurs relativement crédibles qu’il peut être intéressant de prendre en considération sans toutefois leur accorder plus de crédit qu’elles n’en méritent, car ces informations, bien que plausibles, n’en demeurent pas moins infondées.

Il est urgent de s’armer de son esprit critique et d’analyser froidement ces hypothèses qui se trouvent dans la « zone grise », d’autant que plusieurs groupes ou médias surfent sur la terrible vague des théories du complot qui fleurissent ça et là. L’une de ces théories, élaborée par Thierry Meyssan du
Réseau Voltaire, a été prise au sérieux par nombre de tunisiens. Je me permettrai de la décortiquer en vue de déterminer la fiabilité des informations sur lesquelles elle repose.

De la fiabilité de la source
La première étape de l’analyse repose sur l’évaluation de la fiabilité de la source d’une information. Qui est donc Thierry Meyssan ? Quel crédit accorder au Réseau Voltaire ?

Créé en 1994, si le Réseau Voltaire s’est initialement assigné comme mission la défense de la liberté d’expression, ce groupe, désormais installé au Liban, se définit aujourd’hui comme un réseau de presse dont la production s’intéresse essentiellement aux relations internationales. Les figures qui l’ont fondé, telles que Pierre Bourdieu ou Gilles Perrault, ont laissé place à une direction nouvelle à la tête de laquelle se trouve Thierry Meyssan, l’auteur de l’article que nous nous proposons d’analyser. En 2005, plusieurs membres du Réseau Voltaire ont quitté le navire en réaction au rapprochement entamé par Thierry Meyssan avec les islamistes et les « impérialismes russe et chinois », « sous prétexte de résistance à l’impérialisme américain ».  Meyssan a en effet affiché son admiration pour Hassan Nasrallah, le leader du Hezbollah, outre sa proximité avec le régime de Fidel Castro à Cuba, son soutien à Hugo Chavez et à la Révolution Iranienne menée par l’Ayatollah Khomeini.

Il semble important de déterminer si la source est animée par une orientation idéologique ou si, au contraire, elle fait preuve d’objectivité et de neutralité. Il faut redoubler de vigilance face aux organismes et médias orientés idéologiquement, en raison de leur tendance avérée à déformer l’information pour la faire correspondre aux finalités politiques qu’ils poursuivent. Ainsi, la critique d’une politique de l’Etat d’Israël, si elle émane d’un pro-Israélien, bénéficie a priori de plus de crédibilité qu’une critique lancée par un Palestinien. De même, la reconnaissance des bienfaits d’une décision israélienne est a priori plus crédible si elle émane d’un Palestinien que d’un membre d’une organisation sioniste. Plus généralement, la position d’une personne dans un conflit d’intérêts permet d’évaluer la crédibilité des informations qu’elle diffuse. Il semble évident qu’une personne reconnaissant ses propres torts et admettant les concessions favorables accordées par son adversaire, fait preuve d’un effort d’objectivité.

Dans le cas du Réseau Voltaire, la diffusion d’accusations à l’encontre des Etats-Unis nous pousse à faire preuve de plus de vigilances, sans pour autant nous conduire à réfuter les thèses du Réseau ab initio, car l’orientation idéologique d’une source n’est pas une preuve de l’authenticité ou de l’inexactitude d’une information qu’elle diffuse. C’est seulement un indicateur qu’il est important de prendre en considération.

De la fiabilité des informations relayées par la source dans le passé
Après nous être intéressés à l’identité politique de la source, il convient de vérifier l’authenticité des informations que cette source a relayées par le passé, en vue, encore une fois d’évaluer de manière plus précise sa fiabilité.

En l’occurrence, après une étude des thèses diffusées par le Réseau Voltaire, nous pouvons affirmer que cette organisation a pour habitude de porter des accusations graves, sans jamais fournir des preuves appuyant ses thèses.

Thierry Meyssan est l’auteur de l’Effroyable imposture, ouvrage dans lequel il a accusé le gouvernement des Etats-Unis d’avoir orchestré les attentats du 11 septembre 2001, avançant notamment l’hypothèse selon laquelle aucun avion ne se serait écrasé sur le Pentagone.

Par ailleurs, le Réseau a affirmé que l’Armée Islamique en Irak avait organisé l’enlèvement des journalistes français Georges Malbrunot et Christian Chesnot avec le soutien des Etats-Unis, thèse infirmée plus tard par les otages à la suite de leur libération.

Enfin, et encore à titre d’exemple, le Réseau Voltaire a  soutenu la théorie selon laquelle les Etats-Unis avaient délibérément causé le tremblement de terre qui a ravagé Haïti en 2010, s’appuyant sur une vidéo truquée mettant en scène Hugo Chavez.

Dans le dernier exemple, le mensonge, en plus d’être manifeste, était contredit par des preuves solides (le défaut d’authenticité de la vidéo publiée sur le site du Réseau Voltaire). Rien n’empêche de croire en l’authenticité de ces théories, aussi invraisemblables soient-elles, mais il est important d’avouer que ces thèses ne sont fondées sur aucune preuve.

Passons maintenant à l’analyse de l’article en question.

De la crédibilité du contenu de l’information
Après avoir critiqué les autres médias internationaux « suppôts indéfectibles du système de domination mondiale » et annoncé la divulgation du « plan US » pour faire échec à la Révolution Tunisienne, Thierry Meyssan a insisté sur le soutien apporté par les Etats-Unis, la France, l’Italie et Israël à la dictature tunisienne. S’il est vrai que ces trois derniers ont soutenu avec zèle le régime de Ben Ali, l’Italie et la France ont vraisemblablement appuyé leur soutien au dictateur en vue  de contrecarrer l’attitude des Etats-Unis qui empiétaient sur leur sphère d’influence (au cœur de laquelle se trouve la Tunisie) en critiquant fermement le gouvernement de Ben Ali.

L’attitude hostile des Etats-Unis à l’encontre de Ben Ali s’est illustrée, non seulement à l’occasion de la publication des télégrammes WikiLeaks démontrant de fortes tensions entre l’Ambassade US à Tunis et le gouvernement tunisien, mais aussi au travers des déclarations publiques qui se sont accumulées ces dernières années, pendant que l’Ambassadeur Robert F. Godec faisait affront à Ben Ali en recevant les opposants et en leur accordant son soutien.

Par ailleurs, Meyssan explique que les Etats-Unis avaient mené une coopération militaire avec la Tunisie par le fait que Ben Ali serait un agent de la CIA, mais il semble oublier que cette coopération militaire et la proximité entre la Tunisie et les Etats-Unis dataient de l’Indépendance en 1956.

Meyssan accuse ensuite les Etats-Unis d’avoir recruté 60 personnalités tunisiennes en vue de leur fournir un entrainement de trois mois à Fort Bragg, en vue de les préparer à prendre la relève de Ben Ali. En note de bas de page il est indiqué « témoignage direct recueilli par l’auteur ». Pourquoi Meyssan ne publie-t-il pas le témoignage ? Le Réseau Voltaire n’hésite habituellement pas à publier des documents qui appuient ses thèses anti-américaines. On peut, par conséquent, supposer que ce témoignage n’existe pas.

Quelques lignes plus bas, l’auteur affirme sans rien prouver que Jeffrey Feltman et Colin Kahl (responsables américains) avaient décidé dès le 28 décembre de prendre en main la chute de Ben Ali afin d’éviter que cette insurrection ne se transforme en révolution « c’est-à-dire en contestation du système ». Or, il semble bien qu’il ne s’agissait pas d’une simple insurrection et que la Révolution a bien eu lieu et qu’elle a même continué après le départ de Ben Ali, lorsque les manifestants ont continué à faire pression sur le gouvernement de transition pour éliminer les proches de Ben Ali. Si une intervention de responsables américains pour s’assurer de la chute de Ben Ali est plausible, une volonté de faire échec à la Révolution ne l’est pas, au vu de l’attitude des Etats-Unis lors des dernières semaines, d’autant que cette Révolution a bel et bien eu lieu et que si les USA voulaient y faire échec, ils auraient parfaitement pu y parvenir.

Meyssan annonce ensuite, toujours sans fournir de preuve, que Feltman et Kahl avaient décidé de tout mettre en œuvre pour circonscrire l’insurrection en poussant les manifestants à se limiter aux revendications sociales. Or, d’une part, dès le départ, contrairement à l’information véhiculée par les médias officiels tunisiens et relayée par les médias internationaux, les revendications de la rue n’étaient pas sociales. Certes, il y avait un volet social parmi les revendications : la protestation contre le chômage. Mais il s’agissait d’un volet parmi tant d’autres car l’essentiel des slogans visait le régime politique, Ben Ali en personne ainsi que la corruption et le racket exercé par sa famille, sans oublier l’appareil de répression du Ministère de l’Intérieur. Les revendications étaient politiques, les Tunisiens demandaient le respect des libertés individuelles et leur droit à la dignité. Cela fait 23 ans que les Tunisiens souffraient en silence, nul besoin d’intervention extérieure.

L’auteur raconte que, parallèlement, des experts Etats-Uniens, Serbes et Allemands ont été dépêchés en Tunisie dans le but de « canaliser l’insurrection » en imposant aux manifestants le slogan « Ben Ali dégage ! » en vue de focaliser l’attention sur le dictateur de sorte à éviter un débat sur l’avenir du pays. Là encore, inutile de disserter sur l’inutilité d’une influence extérieure pour que les Tunisiens réclament le départ de Ben Ali, tant leur exaspération était forte après 23 ans de vie sous une dictature étouffante. L’argument de Meyssan au sujet de cette prétendue volonté d’éviter le débat sur l’avenir est inique. En effet, pris dans la lutte, entre les tirs à balles réelles de la police, les Tunisiens n’avaient naturellement pas l’esprit à la réflexion sur l’avenir. Bien que certains débats aient eu lieu, et ce de manière marginale, la priorité était de mettre fin au carnage orchestré par Ben Ali, et de faire échec aux multiples tentatives de sabotage de la révolution et de désinformation mises en œuvre par le régime. Lorsque coule le sang de ceux qui tentent d’arracher leur liberté, le temps n’est pas à la réflexion mais à l’action.

Meyssan attaque également le groupe de hackers Anonymous, qui, dès le début de la Révolution, a soutenu la lutte des Tunisiens en piratant les sites gouvernementaux, avec l’aide du Parti Pirate Tunisien, en réaction à la censure exercée par Ben Ali sur Internet. Anonymous serait selon lui une cellule de la CIA, mais une fois de plus le Réseau Voltaire ne donne pas le moindre argument qui tendrait à prouver sa théorie. Meyssan garde sans doute une hargne à l’encontre d’Anonymous depuis que ce groupe a lancé des attaques visant son allié idéologique Mahmoud Ahmadinejad, alors que celui-ci tentait de censurer toute information relative aux protestations suite à son élection controversée face à Mir-Hossein Moussavi en 2009. Le Réseau Voltaire semble aussi oublier qu’Anonymous est dans le collimateur du FBI qui a obtenu un mandat d’arrêt visant 40 membres d’Anonymous, 5 d’entre eux ayant été arrêtés le 27 janvier 2011 à Londres.

Après avoir nié la spontanéité de la révolution Tunisienne, rejoignant les thèses avancées par Ben Ali dans ses trois derniers discours, comme si les Tunisiens avaient besoin d’être manipulés par l’étranger pour se révolter, Meyssan nous explique que le Général Ammar aurait annoncé à Ben Ali que « Washington lui ordonnait de fuir ». S’il est évident que le Chef d’Etat-major tunisien n’a pas poussé Ben Ali à quitter le pays sans l’aval des Etats-Unis, du moins sans s’assurer de l’éventuel accueil favorable de la chute de Ben Ali par la communauté internationale, il n’a probablement pas annoncé à Ben Ali que les Etats-Unis lui ordonnaient de partir. La pression de l’armée tunisienne combinée à l’extraordinaire pression populaire suffisait à inquiéter Ben Ali dont le pouvoir était irrémédiablement fragilisé. Par ailleurs, un ordre de Washington n’était pas un argument car Ben Ali savait déjà depuis longtemps, au vu des tensions entre lui et l’Ambassade US depuis 2007 au moins, que les Etats-Unis lui avaient retiré leur soutien.

Suite à cela, l’article de Meyssan contient un logo qu’il présente comme celui de la Jasmine Revolution et qui serait un coup marketing des Etats-Unis. Or, non seulement ce logo n’a que très peu circulé sur Internet (nous avons vu les américains plus efficaces dans le marketing !), mais nous qui avons suivi la révolution heure par heure, n’avons pourtant jamais vu ce logo nulle part avant le 14 janvier. Après des recherches, nous avons pu établir qu’il s’agissait d’un artwork amateur conçu par un certain « Mfares » et publié le 15 janvier (soit au lendemain du départ de Ben Ali) en vue d’illustrer l’article Wikipedia consacré à la toute fraîche révolution tunisienne. Preuve supplémentaire de la malhonnêteté intellectuelle de Meyssan… Quant à l’origine de l’expression Jasmine Revolution, ce ne sont pas les agences de presse qui l’ont lancée, contrairement à ce qui est avancé par le Réseau Voltaire. Je me souviens parfaitement de ce soir où, sur Twitter, c’est un membre d’Anonymous qui avait proposé aux Tunisiens d’utiliser le hashtag #jasminerevolution au lieu de #sidibouzid en vue d’avoir une meilleure visibilité auprès des médias internationaux.

 
L’article poursuit ensuite son chapelet de théories infondées en accusant Ahmed Nejib Chebbi, le leader du PDP, ainsi que le cyberdissident Slim Ammamou d’avoir été imposés dans la composition du gouvernement provisoire par les Etats-Unis. Là encore, aucun argument soutenant cette théorie n’est avancée, d’autant plus qu’aucune pression externe n’était nécessaire pour assurer leur nomination dans le gouvernement. En ce qui concerne Chebbi, étant l’une des principales figures de l’opposition à Ben Ali, sa présence dans le gouvernement d’union nationale, au même titre que Ahmed Brahim du parti Ettajdid et de Mustapha Ben Jaafar du FDLT, était une évidence pour l’esprit le moins averti. Pour ce qui est de Slim Ammamou, il est compréhensible que le gouvernement ait voulu donner un gage à la jeunesse tunisienne en nommant au Secrétariat d’Etat à la Jeunesse cette figure symbolique qui avait été arrêtée par la police politique pour avoir lutté contre la censure d’Internet, et dont de nombreux jeunes réclamaient la libération pendant les événements qui ont conduit à la Révolution.

Meyssan sous-entend ensuite que les Etats-Unis sont derrière le retour du leader islamiste Rached Ghannouchi, alors même que toutes les figures de l’opposition en exil ont décidé de retourner au pays après la chute de Ben Ali, sans avoir besoin que les américains ne les y encouragent ! Il frise ensuite le ridicule en affirmant que les islamistes et le PDP (socialistes, avec des tendances altermondialistes) formeraient un « tandem pro-US »… Il finit sur ce constat : « Force est de constater que Washington n’a rien canalisé du tout, hormis les journalistes occidentaux. Plus encore aujourd’hui que fin décembre, la situation est hors de contrôle. ». Meyssan tente d’embrouiller le lecteur, et n’est pas cohérent. En gros, selon lui les Etats-Unis ont orchestré avec succès le soulèvement du peuple, à tel point qu’après le départ de Ben Ali les Tunisiens ont continué à scander le slogan qu’on leur avait soufflé : « RCD dégage ! ». Et pourtant, les américains n’ont « rien canalisé du tout » et « la situation est hors de contrôle ». Outre l’absurdité de la contradiction, les Etats-Unis si puissants (tellement puissants qu’ils auraient orchestré un tremblement de terre !) sont incapables de maitriser les suites de la Révolution Tunisienne qu’ils auraient aimé canaliser… ou bien qu’ils ont canalisée ? On n’y comprend plus rien.

Si une manipulation est certaine, c’est en tout cas celle menée par le Réseau Voltaire afin de saper la popularité des Etats-Unis dont le gouvernement est le seul à avoir refusé son soutien au dictateur Ben Ali.

Le Réseau Voltaire plie sournoisement la réalité pour la faire correspondre aux fantasmes qu’il nourrit dans le but de diffuser par les moyens les plus malhonnêtes son idéologie anti-américaine. Sans jamais fournir de preuve ni d’argument solide, Meyssan se contente de truffer son texte de liens vers des notes de bas de page pour donner l’illusion d’un texte documenté, alors que si on y regarde de plus près ces notes ne contiennent aucune référence. S’il peut par moments être légitime de critiquer la politique étrangère des Etats-Unis, cette critique doit être constructive, raisonnée et appuyée sur des faits, non pas des théories hallucinées et factices.


Le 31 janvier 2011
Habib M. Sayah
 
 

 A PROPOS DE KAMEL MORJENE

Houcine Ghali, Genève

Kamel Morjene a passé plus de 30 ans à Genève où il est venu en 1973 étudier à l' Institut des Hautes études internationales.

Il était responsable des étidiants destouriens de l' époque et son père a règné longtemps sur Sousse comme gouverneur.

Grâce à l' appui du pouvoir tunisien, Kamel Morjene a occupé le poste de chef du personnel au HCR ( Haut Comité des réfugiés, instance de l' ONU ) à Genève.

Après, il est rentré à Tunis où il est demeuré deux ans en tant que haut fonctionnaire au ministère des Affaires étrangères puis est revenu à Genève où il a été nommé ambassadeur auprès des Organisations internationales et de l' ONU grâce à la parenté de sa femme au clan Ben Ali.

Durant ses années à la tête de la représentation diplomatique à Genève, il n' a cessé de défendre le point de vue du régime tunisien, en niant l' existence de prisonniers politiques, de la répression et de la torture dans le pays. Ses discours sont là pour prouver son allégeance totale au régime tunisien.

Comme ses prédesseceurs, il a aussi participé à arranger la fuite des capitaux des clans au pouvoir pour les planquer dans les banques suisses et organiser les séjours des cassiques du pouvoirs en Suisse.

Et c' est lui qui vient maintenant participer au gouvernement provisoire, dire que le Destour c' est du passé et préconiser la création d' un autre parti!

Il devrait au contraire être traduit devant la justice pour participation au vol et blanchiment de l' argent publique et je viendrai témoigner avec des preuves à l' appui.

عنوان البريد الإلكتروني هذا محمي من روبوتات السبام. يجب عليك تفعيل الجافاسكربت لرؤيته.


 

AFP, le 1er février 2011 à 21h20 GMT

Révolution en Tunisie : 219 morts, avancées cruciales sur droits de l'Homme


Par Kaouther LARBI
 
TUNIS, 01 Fev 2011 (AFP) - Le gouvernement tunisien de transition a approuvé mardi l'adhésion du pays à la convention internationale contre la torture et trois autres protocoles internationaux relatifs aux droits de l'homme, tandis que l'ONU a annoncé un bilan de 219 morts pendant les dernières semaines.
Au cours de sa première réunion depuis son remaniement jeudi dernier, le gouvernement a approuvé l'adoption de quatre protocoles internationaux ayant trait aux droits de l'homme, a annoncé le porte-parole du gouvernement et ministre de l'Education, Taieb Baccouche, à la télévision publique.
Le gouvernement de Mohamed Ghannouchi "a approuvé l'adhésion de la Tunisie à plusieurs conventions internationales importantes: convention internationale sur la protection des personnes contre les disparitions forcées, Statut de Rome portant sur la Cour pénale internationale (CPI), protocole non obligatoire annexé à la convention internationale contre la torture, et les protocoles non obligatoires annexés au Pacte international relatif aux droits civils et politiques", a-t-il précisé.
L'équipe de transition a également indiqué qu'elle allait "étudier" des "réserves" émises par la Tunisie du temps du président Ben Ali sur d'autres conventions internationales concernant notamment la peine de mort, l'enfance, et l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes.
Plus tôt dans la journée, Bacre Ndiaye, le chef d'une mission du Haut Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU, avait salué par avance les "engagements" du nouveau gouvernement concernant les droits de l'Homme et donné un nouveau bilan des violences des cinq semaines qui ont conduit au départ du président Zine El Abidine Ben Ali.
"Selon les derniers chiffres retenus, il y a eu 147 personnes tuées et 510 blessées. Ces chiffres n'englobent pas les victimes dans les prisons", où "72 personnes" sont mortes, a-t-il déclaré, à l'issue d'une visite de terrain de cinq jours.
Le conseil des ministres, qui a duré plus de cinq heures, a aussi été largement consacré à la situation sécuritaire dans le pays, où des incidents se multiplient.
Le couvre-feu, en vigueur depuis le 13 janvier, n'a pas été levé.
Le porte-parole du gouvernement a annoncé des "changements à la tête des services de sécurité", avec la nomination de "nouveaux responsables" au sein de la police.
Selon une source policière contactée par l'AFP, le ministère de l'Intérieur a mis mardi en retraite anticipée d'office une trentaine de directeurs généraux et directeurs de la police pour leur comportement du temps du régime Ben Ali.
Selon cette même source, le ministre de l'Intérieur Farhat Rajhi, qui a par ailleurs été bousculé mardi jusque dans son ministère par des jeunes, a donné son accord à une augmentation de 140 dinars pour les cadres moyens et 49 dinars pour les cadres supérieurs.
Des policiers avaient débrayé lundi à Kairouan (centre), Bizerte (nord) et Sousse (centre-ouest) pour revendiquer un syndicat et de meilleures conditions de travail.
Ces grèves de fonctionnaires, et surtout des policiers, inquiètent les autorités alors que des attaques se multiplient à travers le pays.
Les plus violentes se sont déroulés lundi à Kasserine, principale ville du centre où la sous-préfecture a été saccagée par des centaines de jeunes, sans que les forces de l'ordre n'interviennent.
Tunis n'a pas été épargnée: un syndicat d'enseignant a fait état d'attaques de bandes de jeunes dans deux écoles et des actes de vandalisme contre des commerces ont été rapportés par des habitants à l'AFP.
Dans la soirée, M. Rajhi a annoncé que son prédécesseur, Rafik Belhaj Kacem, limogé le 12 janvier et depuis assigné à résidence, avait été placé en garde à vue.
Par ailleurs, un nouveau syndicat a été créé mardi, une première dans le pays où la puissante Union générale des travailleurs de Tunisie (UGTT) était la seule organisation depuis l'indépendance.
Enfin le mouvement islamiste Ennahda, interdit sous Ben Ali, a déposé une demande de légalisation pour créer un parti politique. 
 
 
Reuters, le 1er février 2011 à 21h27 GMT

Tunisian minister talks of "conspiracy" after attacks
 


* Interior ministry replaces 34 senior officials
 
* U.N. says 147 people were killed in uprising
 
* French authorities seize Ben Ali plane
 
By Tarek Amara
 
TUNIS, Feb 1 (Reuters) - Tunisia's new interior minister said some members of the security forces were in a "conspiracy" to undermine the state, after a wave of violence including the burning of a synagogue and an attack on the ministry itself.
 
Gangs rampaged through schools in the capital on Tuesday, prompting the army to fan out to calm fears of chaos after the revolt that toppled Zine al-Abdine Ben Ali.
 
Major street protests have dried up in Tunisia in recent days, after a reshuffle purged the interim government of most Ben Ali loyalists and appeased public opinion.
 
But sporadic acts of intimidation and sabotage have broken out after weeks of protests forced Ben Ali to flee the country on Jan. 14, ending 23 years of strict police rule.
 
Tunisia's new interior minister said on Tuesday some of the violence was part of an organised plot, after what he said was an attack by a 2,000-strong group on the interior ministry.
 
"These people who came yesterday to the ministry... are the same people who went out today to scare people," Farhat Rajhi told privately-owned Hannibal TV.
 
"There is a conspiracy against state security and there is a conspiracy in the security forces."
 
Rajhi's comments came after gangs rampaged through schools in the capital on Tuesday, terrorising students. The army fired in the air in Carthage to disperse gangs that stormed two schools, witnesses said.
 
Peres Trabelsi, the spokesman for Tunisia's Jewish community, said he did not know who was behind the attack on the synagogue in the southern city of Gabes.
 
"I condemn this action and I believe those who did it want to create divisions between Jews and Muslims in Tunisia who have lived for decades in peace," Trabelsi said.
 
The last attack on a synagogue was in 2002, when al Qaeda killed 21 people on the island of Djerba.
 
On Monday, youths armed with knives and sticks ran through the streets of Gassrine, burning government buildings and intimidating residents, the state news agency said.
 
 
SECURITY OVERHAUL
 
The situation was partly aggravated by a police strike that began on Monday, but a deal was reached on Tuesday allowing security forces to set up a union to protect their rights.
 
Tunisia's interior ministry also replaced 34 senior security officials, a first step to overhauling the network of police, security forces and spies built up by Ben Ali over two decades.
 
Among those replaced were the head of national security, the head of general security and the head of presidential security, key positions under the old regime of Ben Ali.
 
Rajhi said he had sacked the national security chief because he had not followed orders in clearing out protesters camped outside government offices on Saturday. He questioned why no one was arrested following the attack on his own ministry on Monday.
 
Rajhi also said that the former interior minister who led the crackdown on the uprising that toppled Ben Ali had been arrested and was being questioned.
 
Several political parties as well as the country's powerful labour union, whose offices have also been attacked, urged the government to bring the security situation under control to prevent the vacuum being exploited by Ben Ali loyalists.
 
Gangs of youths marauding through central Tunis on Saturday were chased away by vigilante shopkeepers, armed with knives and sticks, who said they were protecting their businesses.
 
Some shopkeepers suggested the gangs were either loyalists of the former ruling RCD party or paid by Ben Ali to create havoc in the streets.
 
UN CALLS FOR SECURITY OVERHAUL
 
The interior minister's comments came hours after a U.N. human rights official said Tunisia's security forces must be overhauled to stop them from working against the people as they did during the uprising, in which 147 people were killed.
 
Bacre Waly Ndiaye, leading an eight-member team sent to Tunisia by the U.N. High Commissioner for Human Rights, told a news conference that 510 people had been wounded during the weeks of protests that began on Dec. 17 and inspired a massive popular uprising in Egypt.
 
Tunisia's interim government has promised to investigate any deaths and injuries that took place during the uprising and has begun to compensate the families affected.
 
The government has also promised to take back the assets held by Ben Ali and his family in Tunisia and abroad.
 
French authorities seized a small aircraft belonging to Ben Ali's family at an airport near Paris, the prosecutor's office said on Tuesday.
 
The move comes a day after the European Union agreed to freeze assets belonging to Ben Ali and his wife.
 
Ben Ali and his family built up interests in many Tunisian companies and industries during his two decades in power, including hotels, banks, newspapers and pharmaceutical firms.
 
Many of those firms are listed on the Tunisian bourse, which reopened on Monday.
 


Reuters, le 1er février 2011 à 22h00 GMT

Le ministre tunisien de l'Intérieur dénonce un complot
 


par Tarek Amara
 
TUNIS, 1er février (Reuters) - Le ministre tunisien de l'Intérieur a évoqué mardi un complot contre la sûreté de l'Etat au sein des forces de l'ordre, après divers actes de violence dont l'incendie d'une synagogue et l'attaque la veille des locaux de son ministère par 2.000 personnes.
 
"Ces gens qui sont venus hier au ministère (...) sont les mêmes qui se sont présentés aujourd'hui pour faire peur aux gens", a déclaré Farhat Rajhi à la chaîne privée Hannibal TV.
 
"Il y a un complot contre la sûreté de l'Etat et un complot au sein des forces de l'ordre", a-t-il assuré.
 
L'armée tunisienne a procédé mardi à des tirs de sommation pour disperser des bandes de jeunes qui s'en sont pris à deux écoles de Carthage, terrorisant les élèves, rapportent des témoins.
 
Des incidents avaient été signalés la veille à Kasserine, haut lieu de la contestation de l'ancien régime, où des bâtiments administratifs ont été incendiés et des habitants menacés.
 
Le ministre a par ailleurs déclaré que son prédécesseur, qui a supervisé la répression des manifestations ayant entraîné la fuite de l'ex-président Zine ben Ali, avait été arrêté et était interrogé.
 
REMPLACEMENT DE 34 HAUTS RESPONSABLES
 
Le ministère tunisien de l'Intérieur a annoncé le remplacement de 34 hauts responsables de la sécurité, première étape d'un remaniement du vaste réseau de la police, des forces de l'ordre et du renseignement mis en place par le régime du président déchu Zine Ben Ali.
 
Parmi les personnalités remplacées figure le chef de la sâreté nationale, le chef de la sécurité générale et le chef de la sécurité présidentielle, positions clés sous Ben Ali, qui, confronté à un soulèvement populaire contre son régime, a fui le pays le 14 janvier.
 
Farhat Rajhi a reproché au chef de la sûreté nationale d'avoir refusé d'obtempérer à l'ordre de dispersion des manifestants rassemblés samedi devant le siège du gouvernement. Il s'est aussi interrogé sur les raisons pour lesquelles il n'y avait eu aucune arrestation après l'attaque de son ministère, lundi.
 
Brace Waly Ndiaye, qui dirige une équipe du Haut commissariat des Nations unies pour les droits de l'homme dépêchée en Tunisie, a déclaré mardi que les forces de sécurité tunisiennes devaient être remaniées pour les empêcher d'œuvrer contre la population ainsi qu'elles l'ont fait pendant les manifestations contre le régime de Ben Ali, au cours desquelles 147 personnes ont été tuées.
 
 

Reuters, le 2 février 2011 à 08h48 GMT

Le couple Alliot-Marie se défend d'avoir profité du camp Ben Ali
 


* Alliot-Marie et Ollier ont voyagé en jet privé en Tunisie
 
* Le propriétaire du jet n'était pas du clan Ben Ali /Ollier
 
* Critiques à droite et à gauche, pas d'appel à la démission
 
 
PARIS, 2 février (Reuters) - Les rapports entre Michèle Alliot-Marie et l'ancien régime tunisien sont à nouveau mis en cause après les révélations sur un voyage de la ministre des Affaires étrangères dans le jet d'un homme d'affaires tunisien.
 
Ce dernier n'est pas un proche du président déchu Zine Ben Ali, affirme le ministre Patrick Ollier, qui confirme avoir voyagé avec sa compagne Michèle Alliot-Marie dans ce jet entre Tunis et la station balnéaire de Tabarka fin 2010, en pleine révolte populaire en Tunisie.
 
Un ami, l'homme d'affaires Aziz Miled, "nous a proposés de nous amener à Tabarka en 20 minutes plutôt que de faire deux heures de voiture avec des routes de montagne", a dit sur RTL le ministre des Relations avec le Parlement.
 
Patrick Ollier dit également avoir payé, avec son beau-père, les chambres d'hôtel à Tabarka.
 
Le Canard enchaîné, qui a donné l'information mercredi, assure qu'Aziz Miled était bien un proche de Ben Ali.
 
Miled a cosigné l'an passé une tribune appelant le président Ben Ali à se présenter à l'élection de 2014, a fait partie de ses comités de campagne et figure sur la liste des personnes dont la Suisse a gelé les avoirs après la fuite de Ben Ali.
 
"M. Miled est plus une victime qu'autre chose du clan Ben Ali", a affirmé Patrick Ollier, répétant l'argumentation de l'entourage de Michèle Alliot-Marie la veille.
 
"Certainement il connaissait le président Ben Ali mais il a construit sa fortune de ses propres mains et a été spolié par M. (Belhassen) Trabelsi - beau-frère de Ben Ali - qui lui a, il y a quelques mois, pris 20% de sa compagnie alors qu'il était propriétaire totalement, et qui exigeait de devenir président de la société."
 
 
VICTIME OU ALLIÉ DE BEN ALI ?
 
Les deux hommes avaient fusionné leurs compagnies aériennes et Aziz Miled avait cédé la présidence à Belhassen Trabelsi, aujourd'hui en exil au Canada.
 
Miled a retrouvé, après le départ de Ben Ali, la présidence de l'entreprise, signe selon l'entourage de Michèle Alliot-Marie qu'il est plus proche du nouveau régime que de l'ancien.
 
La ministre a été vivement critiquée pour avoir proposé l'aide de la France à la police tunisienne au moment où celle-ci réprimait des manifestations et validé l'envoi de grenades lacrymogènes en Tunisie deux jours avant la fuite de Ben Ali.
 
Elle affirmait dimanche dans le Parisien avoir payé ses vacances. Plusieurs médias ont écrit qu'elle avait bénéficié d'une escorte de la police tunisienne et qu'une voiture officielle l'attendait à sa descente d'avion à Tunis.
 
Le Parti socialiste demeurait prudent sur cette affaire mercredi, se refusant à réclamer la démission du chef de la diplomatie française.
 
"Si c'est vrai, c'est grave", a toutefois dit sur RTL son premier secrétaire Martine Aubry.
 
Evoquant un règlement de comptes au sein de la droite française, le député PS Jean-Christophe Cambadélis a expliqué que la ministre s'était "déstabilisée toute seule".
 
"Ce n'est pas cet incident, cette révélation qui la déstabilise mais l'absence de politique menée, que ce soit sur la Tunisie ou sur l'Egypte", a-t-il dit sur France Info.
 
L'attaque la plus franche est venue de la droite. Le chef de file des sénateurs UMP Gérard Longuet a jugé que "la ministre des Affaires étrangères aurait pu passer ses vacances en France".
 
"C'est son jugement personnel", a-t-il dit sur LCI. Prié de dire si elle devait démissionner, il a répondu : "Personne ne lui demande à cet instant et je ne lui demande pas."
 
L'ancien ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin a jugé la situation "malheureuse" : "Je ne la charge pas mais bon, il faut être prudent (...) Manifestement, c'est un comportement qui n'est pas souhaitable", a-t-il dit sur BFM TV. 
 
 


AFP, le 2 février 2011 à 09h14 GMT

Tunisie: la relance de l'économie passe-t-elle par une purge du système RCD?


Par Sofia BOUDERBALA
 
TUNIS, 02 Fev 2011 (AFP) - La Tunisie pourra-t-elle faire l'économie d'une purge du RCD, le "parti-Etat" de Ben Ali ? L'euphorie passée, les ministères tentent de se réorganiser, les acteurs économiques se veulent rassurants mais certains analystes jugent indispensable une épuration en profondeur.
Au ministère de l'Agriculture (10% du PIB tunisien), Mokhtar Jalleli, opposant au régime déchu entré au gouvernement le 27 janvier, ne gère "que des situations d'urgence".
Environ "10.000 fonctionnaires payés par l'Etat travaillaient en fait pour le RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique). Les gens étaient obligés d'adhérer au parti (plus de deux millions de membres revendiqués), de payer pour avoir un emploi", explique le ministre. Mais pour lui une épuration brutale risquerait de déstabiliser l'économie.
L'économiste Adbeljelil Bédoui veut au contraire "des signaux forts rapidement" et que "des têtes tombent sinon la confiance des citoyens et des investisseurs ne reviendra pas".
Pour ramener la stabilité, dit-il, "l'Etat doit prendre le contrôle ou nationaliser les entreprises du clan Ben Ali" et réguler le secteur informel, cette "économie de la débrouille" qui selon lui représente 36% à 40% des emplois non agricoles et entre 10 et 15% du PIB.
Déjà deux banques tenues par des proches de Zine El Abidine Ben Ali (Zitouna et la Banque de Tunisie) et menacées de faillite sont passées sous le contrôle de la Banque centrale de Tunisie.
Selon Adbeljelil Bédoui, l'équipe de transition ne fera pas de miracles mais a des atouts: un déficit public maîtrisé d'environ 3,6% du PIB, un endettement public de seulement 40% et une pression fiscale et parafiscale de 28%, "ce qui permet une politique volontariste ambitieuse".
Dans les milieux d'affaires, on se veut rassurant.
Le président de la chambre de commerce franco-tunisienne, Habib Gaïda, affirme que pratiquement toutes les entreprises françaises (1.270 sur les 3.175 entreprises étrangères du pays, 114.000 emplois) ont redémarré deux jours après la chute de Ben Ali à la mi-janvier.
La France est le premier partenaire commercial de la Tunisie, avec environ  7 milliards de dollars d'échanges par an.
Zied Lahbib, n°2 de l'Agence de promotion de l'investissement extérieur (FIPA) dépendant du ministère de la Coopération, se réjouit "du rôle des partenaires étrangers qui ont très vite réaffirmé leur soutien".
Le groupe hôtelier Accor, qui a indiqué lundi avoir "perdu 25 millions d'euros en Tunisie" avant de se désengager il y a deux ans, a affirmé qu'il va revenir exploiter deux hôtels à Tunis en juin... avec de nouveaux partenaires.
"Le régime de Ben Ali, c'était une chappe de plomb pour l'environnement des affaires", explique-t-il.
"Des hommes d'affaires de la diaspora nous contactent déjà pour rentrer, parce qu'ils sont Tunisiens mais aussi parce qu'ils veulent être les premiers à prendre les marchés, surtout dans les nouvelles technologies et l'ingéniérie informatique" qui représentent plus de 10% du PIB, poursuit-il.
Deux semaines après la chute de Ben Ali, il est encore difficile d'évaluer l'impact sur l'économie, le gouvernement ayant avancé une perte de 1,6 milliard d'euros (environ 4% du PIB).
Le tourisme (6% du PIB) tourne au ralenti mais "on est est encore loin de la pleine saison", tempère le gouvernement.
Dans les administrations, petites manifestations et grèves spontanées se succèdent, et personne "ne veut sortir de l'enchantement de la révolution", résume Fourat Dridi, sociologue.
Résolument optimiste, Zied Lahbib évoque le nouveau slogan qui circule dans les milieux d'affaires: après "Invest in Tunisia, Invest in Democracy!".
 
 
Tunisie: aucun acte antisémite, le chef de la communauté dément des rumeurs 
 


Tunisie-juifs-politique-troubles

02-02-2011 10:39:33

TUNIS, 2 fév 2011 (AFP)

  Le président de la communauté juive de Tunisie, Roger Bismuth, a affirmé mercredi à l'AFP qu'aucun acte antisémite n'avait été signalé en Tunisie depuis le début de la révolution populaire, mettant en garde contre les rumeurs ayant fait état mardi de l'incendie d'une synagogue.

      "A aucun moment, les juifs n'ont été visés par des attaques ou même des paroles déplacées au cours de la révolution. C'est une révolution tunisienne, qui concerne tous les Tunisiens", a déclaré Roger Bismuth.

      Le chef de la communauté juive de Tunisie, qui compte quelque 1.600 personnes, a opposé un "démenti formel" à "une rumeur qui a fait état d'une synagogue incendiée" lundi soir à El Hamma, près de la ville côtière de Gabès (sud).

      "Il n'y a pas de synagogue à El Hamma. Il y a un mausolée, avec la tombe d'un grand rabbin, qui est un lieu de pèlerinage. Lundi soir, plusieurs bâtiments de la région ont été la cible de saccages et la guérite du gardien du mausolée a été vandalisée et quelques chaises emportées", a-t-il poursuivi.

      "Cela ne visait pas la communauté juive en elle-même. Un local de l'UGTT (le principal syndicat tunisien) a aussi été saccagé ainsi que d'autres bâtiments", a-t-il expliqué.

      "Il faut faire très attention aux rumeurs. Des gens essaient de faire croire qu'il y a une volonté d'attaquer des synagogues. C'est faux. Nous ne sommes pas inquiets, nous n'avons pas demandé de renforts de sécurité au gouvernement parce que nous estimons qu'il n'y a aucune raison de le faire", a-t-il insisté.

      Mardi, plusieurs responsables de la communauté juive locale avaient affirmé à l'AFP et d'autres agences internationales qu'une synagogue avait été incendiée à El Hamma, après des allégations relayées à Paris par un organisme de vigilance contre l'antisémitisme.

      Plusieurs représentants de la Ligue tunisienne des droits de l'homme ont démenti auprès de l'AFP ces allégations, mettant eux aussi en garde contre les multiples rumeurs qui circulent dans le pays alors que la sécurité n'est pas encore totalement rétablie.
 


AFP, le 2 février 2011 à 11h52 GMT

Tunisie: coup de balai dans la police, le gouvernement reprend la main


Par Hassan EL FEKIH
 
TUNIS, 02 Fev 2011 (AFP) - Le gouvernement tunisien tentait mercredi de rétablir la sécurité en donnant un grand coup de balai dans les hautes sphères de la police, pilier du régime de l'ex-président Zine El Abidine Ben Ali.
Confrontée à la grogne des fonctionnaires, aux pillages et à la propagation de rumeurs folles, l'équipe du Premier ministre Mohammed Ghannouchi, débarrassée depuis le 27 janvier des derniers caciques du régime Ben Ali, a frappé un grand coup.
Une trentaine de hauts gradés de la police ont été débarqués, un militaire a été nommé à la direction de la sûreté nationale, de nouveaux directeurs ont été placés à la tête de la police dans sept régions clés et l'ancien ministre de l'Intérieur de Ben Ali, en résidence surveillée depuis le 13 janvier, a été placé en garde à vue.
L'amiral Ahmed Chabir, nouveau directeur général de la sûreté nationale, a pour mission de relancer une machine sécuritaire noyautée par les tenants de l'ancien régime et de remettre au travail des milliers de policiers qui avaient déserté les rues, par crainte de représailles de la population ou par fidélité au président déchu le mois dernier.
Mercredi matin, la presse de Tunis apportait un franc soutien aux autorités dans des éditoriaux défendant un lien consubstantiel entre "démocratie et sécurité".
"Le retour du policier, ce soldat de la démocratie, dans la rue après une éclipse qui a jeté le pays dans l'inquiétude et le désarroi, redonne confiance aux Tunisiens", écrit l'éditorialiste du Quotidien.
Un défi difficile dans un pays cadenassé depuis 23 ans, où quelque 100.000 policiers et des milliers d'adhérents au parti parti RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique, qui revendique plus de 2 millions de membres) ont constitué les bras et les yeux du système de répression de Ben Ali.
L'armée, qui s'est rangée du côté de la révolution en refusant de tirer sur les manifestants, ne compte que 35.000 hommes, essentiellement aux frontières.
Mardi soir, à la télévision nationale, le nouveau ministre de l'Intérieur Farhat Rajhi a livré un incroyable témoignage sur les forces puissantes qui seraient encore à l'oeuvre au coeur de l'Etat.
"Lundi soir, entre 2.000 et 3.000 personnes ont attaqué mon ministère. Grâce au général Rachid Ammar (figure de l'armée qui a promis d'être le garant de la révolution, ndlr) et aux forces anti-terroristes, j'ai pu m'enfuir, mais on m'a volé mon manteau, mes lunettes et mon téléphone portable", a raconté le ministre.
"Cinquante envahisseurs, dont plusieurs étaient armés, ont été arrêtés avant d'être relâchés, ce qui montre une défaillance sécuritaire et une complicité entre les agresseurs et les services d'ordre", a affirmé Farhat Rajhi, dénonçant un "complot contre l'Etat".
A l'issue d'un conseil des ministres mardi, l'équipe de transition a donné des gages de fermeté aux Tunisiens mais aussi aux partenaires internationaux.
Acte hautement symbolique alors que l'ONU a fait état de 219 morts ces  dernières semaines, le gouvernement a approuvé l'adhésion du pays à la convention internationale contre la torture et trois autres protocoles internationaux relatifs aux droits de l'homme.
Plus concrètement, il a annoncé une augmentation des salaires des policiers, favorisant -- une première en 23 ans -- les cadres moyens, qui ont obtenu 140 dinars (72 euros) contre 49 pour les cadres supérieurs.
Le couvre-feu, en vigueur depuis le 13 janvier, a été maintenu, un numéro vert créé pour recueillir les plaintes des victimes de violences, et chaque citoyen appelé à la responsabilité pour "le bien de la nation".
Même les prisonniers, dont 9.500 se sont évadés pendant des émeutes en janvier, sont appelés "à rejoindre leur maison d'arrêt pour régulariser leur situation", indique un encart dans la presse. 
 


 
Reuters, le 2 février 2011 à 12h40 GMT

Alliot-Marie sur la sellette pour ses vacances en Tunisie
 

* Alliot-Marie et Ollier ont voyagé en jet privé en Tunisie
 
* Critiques à droite et à gauche
 
* Le PS demande la tête d'Alliot-Marie
 
* Alliot-Marie exclut de démissionner 
 
PARIS, 2 février (Reuters) - Le Parti socialiste a réclamé mercredi la démission de la ministre française des Affaires étrangères après les révélations sur ses rapports avec l'ancien régime tunisien, qui ont semé le trouble à droite.
 
Michèle Alliot-Marie a confirmé avoir voyagé avec son compagnon, le ministre des Relations avec le Parlement Patrick Ollier, dans le jet privé d'un homme d'affaires tunisien entre Tunis et la station balnéaire de Tabarka fin 2010, en pleine révolte populaire en Tunisie.
 
L'homme d'affaires Aziz Miled, "nous a proposé de faire le vol avec lui plutôt que de faire (...) deux heures de voiture", a-t-elle déclaré mercredi à sa sortie du conseil des ministres.
 
"Il n'a pas mis son avion à disposition", a-t-elle ajouté en précisant qu'elle avait "toujours payé (ses) vacances".
 
Selon Michèle Alliot-Marie, Aziz Miled n'était pas un proche du président déchu Zine Ben Ali. Le Canard enchaîné, qui a donné l'information mercredi, assure que c'était le cas.
 
"Ce Monsieur est surtout une victime du clan Ben Ali", a-t-elle dit en refusant catégoriquement d'envisager de démissionner. "Pour des choses qui sont fausses, pour des assertions qui sont fausses ? Non, pas du tout."
 
Aziz Miled a cosigné l'an passé une tribune appelant le président Ben Ali à se présenter à l'élection de 2014, a fait partie de ses comités de campagne électorale et figure sur la liste des personnes dont la Suisse a gelé les avoirs après la fuite de Ben Ali sous la pression de la rue, le 14 janvier.
 
 
VICTIME OU ALLIÉ DE BEN ALI ?
 
Selon la ministre, l'homme d'affaires a été spolié par Belhassen Trabelsi - beau-frère de Zine Ben Ali - qui lui aurait pris 20% de sa compagnie aérienne, qu'il possèdait totalement.  Aziz Miled, aujourd'hui en exil au Canada, a retrouvé, après le départ de Ben Ali, la présidence de l'entreprise qu'il avait cédée à Belhassen Trabelsi, signe selon l'entourage de Michèle Alliot-Marie qu'il est plus proche du nouveau régime que de l'ancien.
 
La ministre avait déjà été critiquée pour avoir proposé l'aide de la France à la police tunisienne au moment où celle-ci réprimait des manifestations et validé l'envoi de grenades lacrymogènes en Tunisie deux jours avant la fuite de Ben Ali.
 
Le chef de file des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault, dont le parti entend interroger Michèle Alliot-Marie ce mercredi lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale, a demandé sa démission.
 
"La ministre des Affaires étrangères est aujourd'hui totalement disqualifiée pour représenter la France. Elle n'a plus sa place au gouvernement et doit donc démissionner", a-t-il dit aux agences de presse.
 
Une partie de la droite a également demandé des comptes.
 
"Vous n'aurez pas (...) de réaction de ma part tant que je ne l'aurai pas entendue s'exprimer", a déclaré lors d'un point de presse le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, ajoutant: "On va voir ce qu'il y a dans cette affaire".
 
Le chef de file des sénateurs UMP, Gérard Longuet, a jugé que "la ministre des Affaires étrangères aurait pu passer ses vacances en France".
 
Mais le gouvernement soutient Michèle Alliot-Marie.
 
"Il y a quelque chose de dérisoire à voir le Parti socialiste demander la tête d'un ministre chaque semaine pour mieux marquer, en creux, son absence de contre-proposition sur le fond de la politique que nous menons", a déclaré son porte-parole, François Baroin, lors du compte rendu du conseil des ministres.
 

AFP, le 2 février 2011 à 13h17 GMT

Droits de l'homme: Paris félicite Tunis, contacts Alliot-Marie/Ounaïs

 
 
PARIS, 02 Fev 2011 (AFP) - La France a félicité mercredi le gouvernement tunisien de transition pour son "approbation d’engagements internationaux majeurs concernant les droits de l’Homme" et annoncé des contacts téléphoniques entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays.
"La France salue l’annonce faite par le porte-parole du gouvernement tunisien de l’approbation d’engagements internationaux majeurs concernant les droits de l’homme", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero.
"En annonçant une prochaine adhésion à la Convention internationale sur la protection des personnes contre les disparitions forcées, au Statut de Rome sur la Cour pénale internationale, au protocole facultatif de la Convention internationale contre la torture, et aux deux protocoles facultatifs du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Tunisie affirme sa volonté de lutter contre les atteintes graves aux droits de l’homme", a-t-il ajouté lors d'un point de presse.
Le porte-parole a souligné que la Tunisie devenait ainsi "le premier pays de la région à envisager l’abolition de la peine de mort, qui est l’objet du 2e protocole facultatif au Pacte international sur les droits civils et politiques".
Selon Bernard Valero, la ministre française des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie s'est entretenue mercredi par téléphone avec son homologue tunisien. "Il s'agit de leur deuxième entretien téléphonique depuis la nomination de M. Ahmed Abderraouf Ounaïs", a-t-il ajouté.
Le chef de la diplomatie tunisienne se trouvait mercredi à Bruxelles pour sa première visite à l'étranger depuis sa nomination la semaine dernière.
Reuters, le 2 février 2011 à 16h03 GMT

ANALYSE: Les islamistes, force politique de la nouvelle Tunisie

 
      par Lin Noueihed
                                  
    TUNIS, 2 février (Reuters) - Le mouvement Ennahda n'a peut-être joué aucun rôle dans le renversement du président Zine Ben Ali en Tunisie, mais l'accueil réservé à son chef Rachid Ghannouchi après 22 ans d'exil a mis en évidence la place qu'occuperont à terme les islamistes tunisiens.
                                  
    Des milliers de personnes se pressaient dimanche dernier à l'aéroport de Tunis-Carthage pour fêter le retour de Ghannouchi, éclipsant toute manifestation pour d'autres exilés et alarmant les Tunisiens attachés à ce que l'islam reste séparé de l'Etat dans l'ex-protectorat français habitué à une laïcité officielle.
                                  
    Les sceptiques observeront de près l'attitude d'Ennahda dans les prochains mois pour vérifier si ses actes correspondent à sa rhétorique modérée. Les islamistes assurent ne pas briguer la présidence et se disent prêts à côtoyer d'autres mouvements dans la démocratie qui remplacera l'Etat autoritaire bénaliste.
                                  
    "La Tunisie ne changera pas pour s'adapter aux islamistes et à leurs idées. Ce sont les islamistes qui doivent s'adapter à la Tunisie moderne", dit Nedji Bghouri, dirigeant du syndicat des journalistes. "Un courant d'Ennahda commence à s'ajuster à cette réalité, mais il y a aussi ceux qui sont plus extrêmes."
                                  
    Malgré la répression qui a envoyé en prison ou en exil des milliers d'entre eux au cours des années 1990, les partisans d'Ennahda (Renaissance) semblent d'ores et déjà mieux organisés que les autres organisations politiques.
                                  
                                   
    "LE MOMENT EST À LA RETENUE"
                                  
    Dimanche à l'arrivée de Rachid Ghannouchi, de jeunes bénévoles d'Ennahda polis et bien organisés encadraient la foule en l'absence quasi complète d'agents de sécurité de l'aéroport. Ils semblaient tous se connaître, suivaient un plan et portaient des casquettes de base-ball blanches pour s'identifier.   Ce n'est pas un mince exploit de la part d'un mouvement interdit depuis deux décennies et dans un pays où les femmes qui portaient le foulard islamique étaient exclues du monde du travail ou de l'enseignement, tandis que les hommes qui priaient trop ostensiblement en public étaient interpellés.
                                  
    "Ennahda ajuste son discours en fonction du moment, et le moment est à la retenue", note Larbi Sadiki, professeur tunisien à l'université britannique d'Exeter. "Ils seront examinés avec plus d'attention que d'autres, car depuis longtemps on ne pouvait pas conjuguer Tunisie et islamisme."
                                  
    Ennahda s'applique à ne pas intervenir publiquement trop vite, de peur d'être accusé de transformer une révolte populaire en révolution islamique comme ce fut le cas en 1979 en Iran après le retour d'exil de l'ayatollah Ruhollah Khomeini.
                                  
    Rachid Ghannouchi n'est pas rentré immédiatement en Tunisie. Son parti ne présentera pas de candidat à la présidence et, s'il compte participer aux élections législatives, Ghannouchi lui-même ne briguera aucun poste officiel.  Cette position apaise certains Tunisiens qui craignent de voir les islamistes détourner les événements. Mais en obtenant un nombre important de sièges parlementaires, Ennahda pourrait jouer un rôle d'arbitre lors d'une élection présidentielle.
                                  
    "Khomeini est revenu pour une révolution dont il était l'instigateur. Ghannouchi vient se joindre à une révolution dont il n'a pas été l'instigateur. Il ne peut pas revendiquer cette révolution", déclare Larbi Sadiki, qui était à bord de l'avion qui a ramené Ghannouchi de Londres à Tunis.
                                  
                                   
    REPRÉSENTATION PROPORTIONNELLE ?
                                  
    "Ils convoiteront 35 à 40% des voix pour montrer qu'ils ont une légitimité, rien de plus. Ce qu'il faut surveiller, c'est ce qu'ils font au niveau de la société civile, des groupes civiques, des ONG."
                                  
    Autorisée à présenter des candidats aux élections de 1989, Ennahda avait obtenu une part respectable des suffrages, ce qui avait amené Ben Ali à l'interdire.
                                  
    Le mouvement risque d'inquiéter tout autant les groupes d'opposition laïques dont le score n'avait pas dépassé trois pour cent en 1989 et qui peuvent aujourd'hui redouter une correction analogue de la part des islamistes.
                                  
    Le seul rival d'Ennahda, pour le nombre d'adhérents et l'organisation, est la centrale syndicale UGTT qui s'est ralliée brièvement au gouvernement de transition après la fuite de Ben Ali. L'UGTT avait conclu un accord avec ce dernier mais a fini par se joindre au soulèvement et s'emploie à redorer son image.
                                  
    Il reste beaucoup à faire en Tunisie. La situation requiert notamment une nouvelle loi électorale, les dispositions en vigueur limitant sévèrement le multipartisme.
                                  
    Les groupes laïques pourraient militer pour la proportionnelle, qui bride les grandes formations, assure un rôle aux petits partis et favorise les coalitions. Ce qui s'exercerait au détriment d'Ennahda, bien que le mouvement puisse être assez confiant pour accepter une telle concession.
                                  
    "On dit qu'il y a un problème dans le monde arabe, que nous avons le choix entre des dictateurs et des islamistes. Il nous faudrait la représentation proportionnelle pour ne pas finir avec un seul grand parti, afin que personne ne puisse gouverner seul", dit l'opposant Fassi Djerbi, professeur d'économie. 

 
TUNISIA Watch | 2/02/2011 | 2:13 | Opinions, Tribunes   
: Commission Nationale Supérieure de la Reforme: 
 Ces Enseignants de Droit qui ont retourné leur veste

 
Le 28 janvier dernier, Mr Yadh ACHOUR avait désigné le 28 janvier 2011 les Membre de la Commission Nationale Supérieures de la Reforme qui a été chargée à travers la nouvelle composition du Premier Ministre Ghannouchi du 27 janvier dernier, d’élaborer des projets de lois visant la modification de l’ensemble de la législation du Régime de Ben Ali et d’entreprendre l’élaboration d’un projet de Constitution tunisienne.
 
Depuis quelques semaines, Yadh ACHOUR avait affirmé qu’il écarterait de la composition de sa Commission les personnes qui ont soutenu Ben Ali à se présenter en 2014, ainsi que les personnes qui ont participé sous l’époque de Ben Ali à la modification de la Constitution tunisienne ou à la rédaction de certains textes législatifs.
 
Malheureusement M.Yadh ACHOUR n’a pas tenu du tout ses promesses puisque les Membres de sa Commission sur la Reforme qu’il vient de désigner, sont d’emblée des personnalités complices du Régime de BEN ALI, en majorité des Professeurs de Droit qui enseignent, soit à l’Université de Droit et des Sciences Politiques de Tunis, soit à la Faculté des Sciences Juridiques, Politiques et Sociales de Tunis.
 
On relève parmi les Enseignants de Droit Public qui enseignent à la Faculté des Sciences Juridiques, Politiques et Sociales de Tunis et qui font partie de la Commission de la Reforme ,les membres suivants :
 
1.Mohamed Salah BEN AISSA, Professeur de Droit Public,
2.Slim LAGHMANI, Professeur de Droit Public,
3.Ghazi GHRAIRI, Professeur de Droit Public
4.Hafidha CHAKIR, Maitre de Conférence de Droit Public,
5.Mounir SNOUSSI, Maître de Conférence de Droit Public
 
Egalement, on relève les Enseignants de Droit Public qui enseignent à l’Université de Droit et de Sciences Politiques de Tunis et qui font également partie de la Commission de la Réforme , les Membres suivants :
 
1.Farhat HORCHANI, Professeur de Droit Public,
2.Moustapha ben LATAIEF, professeur de Droit Public,
3.Mohamed Chafik SARSAR, Maître de Conférence de Droit Public,
A ces 8 Membres qui sont des Enseignants de Droit à Tunis, il convient d’ajouter :
 
1.Mohamed Ridha JENAYEH, Professeur à la Faculté de Droit de SOUSSE,
2.Asma Nouiri, Maître Assistante de Doit Public Faculté de Droit des Sciences juridiques de Jendouba
Egalement Sadok MARZOUK, un Avocat près la Cour de Cassation fait partie de ces Membres de la Commission de Reforme.
 
Deux autres Membres seront désignés par le Ministère de la Justice provenant du Conseil d’Etat et de l’Administration judiciaire.
 
En tout, la Commission Nationale Supérieure de Reforme Présidée par Yadh ACHOUR comprendrait 12 Membres dont un Membre est nommé Porte-Parole de la Commission, en l’occurrence Ghazi GRAIRI.
 
On remarque que la majorité des Membres proviennent de l’Université de Tunis.
 
Il n’est pas sans souligner, le rôle que ces Enseignants de Droit ont excercé sous le régime de Ben Ali dans la révision de la Constitution tunisienne en 2002. D’autre part, la relation qui existe entre ces Enseignants font qu’ils se connaissent très bien et sont politiquement engagés depuis 1987 jusqu’à la chute de Ben Ali dans la même ligne politique dans la défense du régime de BEN ALI !
 
Les Enseignants de Droit Public qui enseignent à la Faculté des Sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis ont été longtemps considérés par BEN ALI comme son élite intellectuelle, puisqu’ils ont été regroupés à enseigner dans l’Université du 7 novembre, que le Président BEN ALI avait en toute pièce créée le 13 novembre 1987, par la loi N° 83-87 et qui est devenue en 2000, l’université du 7 Novembre de Carthage mais qui a changé d’appellation le 22 janvier 2011 pour devenir l’université de Carthage.
 
En effet, c’est dans cette Université du 7 Novembre que les intellectuels de Ben Ali ont été introduits pour faire partie de ses enseignants dans l’optique de défendre son Régime lors des concours, des Commissions de recrutement, des colloques, des préparations de projets de lois (Presse, Partis politiques, révision constitutionnelle, Code électoral, etc…)
 
Ont fait partie de ces Enseignants de l’Université du 7 novembre, les enseignants suivants :
 
1-Yadh Ben Achour qui a assuré même la fonction de Doyen 1993-1999, et qui a été élevé sous le Régime de Ben Ali au grade de Commandeur de l’Ordre de la République en Juillet 1990. Sans oublier que Yadh Achour avait été désigné par Ben Ali comme Membre du Conseil Constitutionnel de Tunisie durant la période 1988-1992. Egalement, Yadh ACHOUR, a assuré en 1987-1988 sous le régime de BEN ALI la fonction de Membre du Conseil Economique et Social. Yadh ACHOUR est aussi Membre fondateur de l’Académie Internationale de Droit Constitutionnel (A.I.D.C.)de tunis, présidée par Abdelfattah AMOR, l’actuel Président de la Commission Nationale sur l’établissement des faits relatifs aux malversations et à la corruption. L’A.I.D.C. regroupe des Enseignants de Droit Public considérés comme l’élite intellectuelle de BEN ALI qui ont servi lors des révisions de la Constitution de 2002, lors des Colloques sur les Religions et le dialogue des civilisations. On trouve dans l’A.I.D.C. des enseignants étrangers comme Michel Prieur, Troper, F.Delpérée, etc…
 
Yadh ACHOUR a lui-même assuré l’enseignement dans l’A.I.D.C.
 
D’autres Membres de la Commission sur la Reforme proviennent de l’Université du 7 novembre à l’exemple de Slim LAGHMANI.
 
Cet enseignant Slim LAGMANI était étudiant et assistant de Droit et c’est Yadh ACHOUR qui en Juin 1990 était Président du Jury de la soutenance de sa thèse : “Le Discours Fondateur du Droit des Gens”.
 
La thèse de Slim LAGHMANI avait été récompensé par BEN ALI en lui attribuant le Prix de BEN ALI
 
Aujourd’hui, Yadh ACHOUR vient de recruter son étudiant Slim LAGHMANI pour faire partie des Membres de la Commission Nationale Supérieure sur la Réforme ! Depuis que Slim LAGMANI a obtenu son Doctorat de Droit en 1990 sous la Présidence de Yadh ACHOUR, Slim LAGHMANI a rejoint rapidement l’élite intellectuelle du 7 novembre. Slim LAGHMANI enseignait à l’Université du 7 Novembre et dès l’arrivée de BEN ALI, il était promu rapidement en l’espace de deux ans au grade de Professeur de Droit Public alors qu’il était un simple Assistant de longues dates à l’époque de Bourguiba… M. Slim LAGHMANI dirige le Laboratoire de Droit Communautaire et relations Maghreb-Europe, sans toutefois avoir la formation nécessaire en Droit Communautaire…Slim LAGHMANI faisait partie des Membres du Conseil Scientifique de l’Université de DROIT du 7 Novembre 1987, Conseil Scientifique qui regroupe 7 Membres dont Sana ACHOUR qui est la sœur de Yadh ACHOUR (toujours le chiffre 7 est présent)!.. De même, Slim Laghmani était promu sous le règne de BEN ALI a dirigé le département de Droit Public de 1996 à 2002 à la Faculté des Sciences juridiques, Politiques et sociales de Tunis. Slim LAGHMANI avait soutenu la candidature de BEN ALI lors des élections de 2004 et avait même plaidé pour la révision constitutionnelle de 2002 qui avait permis à BEN ALI de se présenter aux élections présidentielles sans limite de mandat tout en lui attribuant des immunités de juridiction lui permettant de fuir…
 
Egalement le frère de Yadh ACHOUR le nommé Rafaa ACHOUR enseignait dans cette Université de droit du 7 novembre où on retrouve qui avait permis à BEN ALI l’élite intellectuelle de BEN ALI. Il est à rappeler que le frère Rafaa ACHOUR avait fait partie du Gouvernement de BEN ALI en 2001-2002 en tant que Secrétaire d’Etat àauprès del’Education Nationale…Dès l’arrivée de BEN ALI, Rafaa ACHOUR avait été promu pour occuper la fonction de Président de l’Université des Sciences, des Techniques de Médecine de Tunis de 1997 à 2000. Il a été Secrétaire Général de l’Académie Internationale de Droit Constitutionnel de 1988 à 1998, Académie qu’il préside actuellement longtemps considérée comme étant le nid des idéologues de BEN ALI…
 
D’autres enseignants de Droit font partie de la Commission sur la Réforme tel que Farhat HORCHANI qui a l’époque de BEN ALI a connu toutes les promotions. Farhat HORCHANI enseigne à l’Université de Droit et des Sciences politiques de Tunis. Il est Membre du Conseil scientifique de l’Académie de Droit Constitutionnel de Tunis, où se trouve les idéologues de BEN ALI. Il a été Directeur du Département de Sciences Politiques 1999-2005, et Vice-Doyen de la Faculté de Droit et des Sciences politiques 1993-1996…De même, Farhat HORCHANI est le Président de l’Association Tunisienne de Droit Constitutionnel dont les Membres ont joué un grand rôle dans la révision de la Constitution tunisienne en 2002, Association qui organisait sous le règne de BEN ALI des Colloques défendant la politique de BEN ALI. Farhat HORCHANI malgré son appartenance au régime de BEN ALI penche vers le parti « ETTAJDID » ancien parti Communiste qui en 2007 a été réformé pour accueillir les intellectuels de BEN ALI qui veulent passer pour des opposants de gauche défendant les Droits de l’Homme. Aujourd’hui, le patron du parti ETTAJDID Mr. Ahmed BRAHIMI est désigné sous l’actuel Gouvernement de GHANNOUCHI comme le Ministre de l’Enseignement Supérieur de quoi réjouir ces Professeurs de Droit Public qui ont été désignés par Yadh ACHOUR les membres de la Commission Nationale Supérieure de la REFORME ! Ces hautes fonctions ont été exercées par HORCHANI sous le régime de BEN ALI avec l’approbation de BEN ALI car ces fonctions ne peuvent jamais être attribuées à des personnes n’ayant pas une appartenance fidèle pour la défense de BEN ALI et de son régime !
 
Bref, aujourd’hui après la chute de BEN ALI, ces Enseignants de Droit ont retourné leur veste et passent pour des révolutionnaires du 14 janvier 2011 et en étant Membres de la Commission Nationale de la Réforme, ils veulent encore dessiner l’avenir du Peuple Tunisien comme ils l’ont fait dans le passé sous le règne de BEN ALI.
 
Le pire, c’est qu’aujourd’hui ces Enseignants de Droit Public affirment avoir souffert de la dictature de Ben Ali et s’en prendre aux intellectuels de BEN ALI alors qu’en réalité Farhat HORCHANI, Rafaa Achour, son frère Yadh Achour, sa sœur Sana ACHOUR, ainsi que Slim LAGHMANI étaient bel et bien des intellectuels du Président BEN ALI, Président qui leur a octroyés tous les honneurs et toutes les promotions pour faire partie de son élite intellectuelle défendant son régime, mais hélas, les voilà ils n’hésitent pas aujourd’hui à refaire le caméléon….
 
La question qui se pose est comment garantir l’indépendance de la Commission Nationale Supérieur de la Réforme qui veut engager l’avenir de la Tunisie alors que le Peuple Tunisien est grandement avide de changement du passé vers une totale Démocratie et de Liberté pour son future…
 
Mounir Ben AICHA – Le 01 février 2011

 (Source : « TunisiaWatch », le 1er février 2011)
Du 7 novembre 87 au 14 janvier 2011… avant, il y avait Bourguiba…
Hédi Baccouche et la traversée… du siècle
 


«Pourquoi me suis-je tu ? La peur, mon ami !»
 
«Oui, j’ai fait le 7 novembre avec Ben Ali. Le manifeste, c’est moi qui l’ai écrit… Mais, très vite, les faucons l’on révélé sous son vrai jour: une espèce de Docteur Jeckyl et Mister Heyde»
 
«Je suis comme beaucoup de personnalités politiques consulté par les responsables actuels de l’Etat. Je suis pour un pluralisme avec la reconnaissance d’Ennahdha. Et je suis pour un régime parlementaire ».
 
«Je suis pour la reconnaissance d'Ennahdha et de toutes les sensibilités politiques»
 
Propos recueillis par Raouf Khalsi
 
Silence coupable ou silence strident ? Durant 21 ans, Hédi Baccouche dont tout un chacun savait qu’il était « l’architecte du 7 novembre » remonte, tel un submersible à la surface. Serait-il l’architecte de ce gouvernement transitoire ? Les gens en parlent. Les politiques ne se projettent pas. « Architecte du 7 novembre », c’est un fait. Architecte de la configuration politique actuelle, ce serait trop lui donner…
 
Même si, au fond, c’est là le trait dominant du « Jurassik Park ».
 
Il explique
 
«Oui je le revendique : c’est bien moi qui ai écrit le manifeste du 7 novembre (relents léninistes qui réapparaissent ?) et je l’ai écrit de A à Z. Et de surcroît,  nous avons mis 15 jours à préparer ce qu’on a appelé par la suite « Le coup d’Etat blanc » : Ben Ali, Habib Ammar et moi-même ».
 
Question : Tous ceux qui ont travaillé avec Bourguiba – à vos heures – n’osaient pas s’attaquer au père : le Pathos, en somme. Vous, on vous prête des rancœurs contre lui.
 
Hédi Baccouche : Vous faîtes allusion à mon incarcération à l’époque Bourguiba. Non aucune rancœur. Moi aussi je subissais le syndrome du Pathos, mais étant de gauche (et Bourguiba l’était d’ailleurs). Je croyais en le projet socialiste de Ben Salah. Mais en même temps, né dans la ferveur émancipatrice, conquérante, révolutionnaire et avant-gardiste du Destour, je souffrais de ce que mon parti - et ma raison d’être - fût squatté, érigé en castes pour écraser la vie politique et les institutions toutes entières.
 
-Et c’est donc pour cela que vous auriez travesti le PSD en RCD et démantelé le parti pour le reconstruire selon votre idéologie…
 
Hédi Baccouche : En 87, les choses s’égrenaient. Il fallait d’abord libérer les symboles (Habib Achour), faire en sorte que l’UGTT se reconstruise, permettre à Ben Salah de regagner le pays, faire éviter la peine capitale à Rached Ghannouchi, réfléchir à un pacte national et à un gouvernement qui ne fût pas monolithique avec la participation d’hommes comme Dali Jezi, Mohamed Charfi, Saâdeddine Zmerli. C’était aussi une époque de ferveur il faut le reconnaître et les promesses étaient là, palpables. Et pour répondre à cette question de PSD. Sachez que l’application n’est pas venue de moi et qu’au contraire j’ai résisté pour qu’on garde la lettre « D » qui renvie à « Démocratique » et qui peut renvoyer aussi à « Destourien ».
 
-Mais alors qu’est-ce qu’il y a de changé ?
 
Les Faucons
 
Hédi Baccouche a pour lui le témoignage de l’Histoire. Après 22 mois comme premier ministre de Ben Ali, il était viré.
 
« Connaissez-vous cette histoire de Docteur Jeckyl et Mister Hyde ? Il y avait en fait deux Ben Ali. J’ai vu se mouvoir à travers lui une espèce de métamorphose kafkaïenne. Et, étant réellement inculte politiquement, il cachait mal une sorte de frilosité. J’ai vite fait de réaliser qu’il me redoutait en s’appuyant sur des conseillers qui n’ont de but que l’argent et le pouvoir. Et ce fut une espèce de chasse des sorcières avec le limogeage des véritables patriotes ».
 
3 seuls contacts en 21 ans
 
Et revoilà Hédi Baccouche en plein milieu du désert. Une nouvelle traversée du désert à laquelle s’ajoutait une récurrence, trait dominant du régime Ben Ali : la peur.
 
-Mais pourquoi vous êtes-vous tu tout ce temps et pourquoi ne parlez-vous que maintenant ?
 
Hédi Baccouche : « La peur mon ami… la peur !»
 
Exagère-t-il ? C’est encore les magmas de la gauche qui le rattrapent. Pour autant cette peur dont il parle reconduisait des réminiscences staliniennes. Ben Ali serait Staline et, lui, Trotsky ?
 
« La peur, je le confirme, ajoute Hédi Baccouche. Et sachez qu’en 21 ans je n’ai eu que trois contacts avec Ben Ali.
 
1/La première fois, je devais me rendre en France pour une conférence au parti socialiste. J’ai dû lui demander son autorisation. Je ne savais pas si je pouvais quitter le territoire.
 
2/La deuxième, il m’a chargé d’aller féliciter Bouteflika en son nom. Il avait été en l’occurrence conseillé par Béchir Ben Yahmed, qui connaissait mes relations en Algérie.
 
3/La troisième fois c’est lui qui m’a appelé pour me dire qu’on a voulu l’induire en erreur sur mon compte, et qu’on a monté une cabale contre moi, accréditant l’idée auprès de Ben Ali de présumées accointances avec Ahmed Manaï, et d’un complot avec les Islamistes. Ils voulaient m’impliquer ! Et il s’en est excusés ».
 
Pas de chasse aux sorcières
 
Et nous voilà 21 ans après- Hédi Baccouche donne l’impression d’avoir déjà traversé le siècle. Son regard pétille à l’évocation de cette révolution.
 
Nous lui posons cette question : « Est-il vrai qu’on vous consulte régulièrement depuis la chute de Ben Ali ? »
 
Hédi Baccouche : «Oui. Comme beaucoup d’autres, j’ai servi et je sers d’intermédiaire averti entre les uns et les autres. A l’instant où nous parlons (dimanche 30 janvier 2011 vers 12h) M. Rached Ghannouchi est là.
 
Je suis pour la reconnaissance d’Ennahdha si l’on veut installer définitivement la démocratie et le pluralisme, il faut que tous les courants, tous les partis et toutes les sensibilités participent au processus. Car il ne faut pas  oublier que cette Révolution, c’est le peuple qui l’a faite et qu’elle se fonde sur la dignité, les droits de l’homme, la démocratie et la joie de vivre.
 
-Oui mais ne pensez-vous pas  que ce gouvernement transitoire   est dépassé par  les événements, dès lors  que la sécurité tarde à revenir ?
 
Hédi Baccouche : Ce gouvernement a fait les bons  choix. M. Mohamed  Ghannouchi est un homme doté de  bon sens et d’amour pour  la patrie. Cela dit, ce ne serait pas  bon de diaboliser les forces de l’ordre  qui ont toujours été loyaux. Il ne faut pas  non plus douter    du sens  républicain   de l’armée nationale. J’ai  espoir, j’ai même  la conviction que ce peuple puisera au fond  de lui-même la  capacité  de se surpasser  et de faire en sorte  que cette Révolution, déjà accoucheuse d’Histoire, devienne aussi  accoucheuse   d’un modèle  et d’un régime  avant-gardistes ».
 
-Seriez-vous pour un régime  parlementaire ?
 
Hédi Baccouche : « Montesquieu n’a pas dit  par hasard que    « tout homme qui  a du pouvoir est porté à en abuser (…) Il faut que par la disposition des choses,  le pouvoir arrête le pouvoir.  Un régime parlementaire couperait   court avec les velléités  d’absolutisme présidentialiste ».
 
-Une dernière question : « Comment avez-vous fait, depuis Bourguiba pour être toujours là… Même quand vous étiez absent ? ».
 
-Hédi Baccouche : « C’est la force  de l’engagement, la conviction  que la  Tunisie est le berceau  de la civilisation méditerranéenne ;  le  répondant  que j’ai autant avec les élites  qu’avec les gens du peuple. Maintenant,   il faut  laisser les commissions travailler  et il faut que la Démocratie s’installe  et pour toujours ! ».
 
Deux heures de temps  avec Hédi Baccouche. Il aura traversé le siècle. Lui seul sait s’il a  toujours placé son fauteuil dans le sens  de l’Histoire.  En tous les cas c’est un insurgé à sa manière : le syndrome du Pathos avec  Bourguiba, et puis l’effet  Pygmalion avec Ben  Ali, Quel mythe  lui inspire cette Révolution ?
 
 
(Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 2 février 2011)
Lien : http://www.letemps.com.tn/article-52588.html
 

Expression d’une opinion politique


Par Slim Laghmani
Le silence de l’universitaire, professeur de droit de surcroît, n’est pas soutenable. Il peut être interprété de diverses manières, toutes négatives : consentement, crainte, attentisme, ambiguïté, désintérêt… Le discourt peut également être interprété de diverses manières, mais, malgré tout, je préfère l’interprétation du discours à celui du silence. J’ai donc décidé de manifester mon opinion et de tenter de le faire sur les colonnes de la presse tunisienne.
Le Président Ben Ali a engagé une réforme de la Constitution qui, entre autre, lui permettra de se présenter aux prochaines élections présidentielles. Est-ce une bénédiction ? Est-ce une catastrophe ? On n’entend aujourd’hui que ces deux discours et les deux discours convergent vers point : la réforme constitutionnelle, applaudie par les uns, honnie par les autres.
Je prétends qu’une position intermédiaire (manzilatun beina manzilatein) est possible. Elle repose sur la conviction que le départ du Président Ben Ali en 2004 aurait été une catastrophe pour le pays. Aucune alternative crédible et souhaitable n’est envisageable à l’horizon 2004. Le pouvoir ne peut être exercé que de deux manières : soit par ceux qui, déjà, maîtrisent l’appareil de l’Etat soit par ceux que le peuple porte (l’idéal est évidemment la conjonction des deux conditions). L’opposition démocratique ne se trouve ni dans la première ni dans la deuxième situation, ni ne peut espérer s’y trouver dans deux ans. Un relais interne est toujours possible, mais il n’est pas souhaitable car cela ne serait pas une alternative démocratique. J’en conclus donc qu’un renouvellement du mandat du Président Ben Ali est une nécessité.
Le Président Ben Ali affirme que, s’il était candidat en 2004, cela serait son dernier mandat : il n’a pas fait sauter le deuxième verrou, l’âge qui, à l’évidence, le disqualifie pour les élections de 2009. Pourquoi ? Pour le faire sauter dans 5 ans ? Sincèrement, je ne le pense pas, je crois que l’image du Président Bourguiba des années 80 a déterminé son choix.
Alors pourquoi brigue-t-il ce mandat supplémentaire ? Le président Ben Ali ne peut pas briguer ce mandat pour satisfaire un appétit personnel de pouvoir, mais pour le bien de la Tunisie, parce qu’objectivement aucune alternative démocratique n’existe à l’horizon 2004, parce qu’il a besoin de ce mandat pour oeuvrer à rendre crédible cette alternative démocratique en 2009. Il est en effet impératif, vital, que d’ici 2009, la Tunisie compte au moins deux formations ou deux coalitions rompues aux règles du jeu démocratique, et des institutions (je pense au Conseil Constitutionnel) en mesure d’arbitrer la compétition démocratique. Et je crois déceler dans l’institution d’un suffrage majoritaire à deux tours et dans la réforme du Conseil constitutionnel un tel projet.
Nous avons encore, probablement, 7 ans sous la présidence de Ben Ali. M. Gauchet a dit que la religion chrétienne est la religion de la sortie de la religion, je ne suis pas loin de penser que l’autoritarisme dans un pays où la culture politique, on ne le dit pas assez, est moyenâgeuse, non pas seulement parmi les thuriféraires du pouvoir (de n’importe quel pouvoir) ou parmi le commun des mortels qui confond allégeance politique et investissement économique, mais aussi et c’est plus grave, au sein de l’opposition démocratique et même au sein de l’élite intellectuelle qui, souvent, confond opinion et vérité.
L’opposition démocratique en Tunisie gagnerait à se libérer de l’obsession Ben Ali qui la détourne de vraies questions, celles qui engagent son avenir c’est-à-dire l’avenir que tout démocrate souhaite pour la Tunisie. La vie politique et notamment l’activité de l’opposition est toute entière consacrée à la personne de Ben Ali. Va-t-il oui ou non réviser l’article 39, il faut s’y opposer, il faut dénoncer… A quoi sert-t-il de s’emprisonner dans des énonciations stériles, n’est-t-il pas plus judicieux, plus politique, de voir l’avantage que la Tunisie peut tirer de la réinvestiture de Ben Ali.
L’opposition démocratique devrait rompre avec son discours de dénigrement et de dénonciation systématique, elle devrait se remettre au travail politique et prendre part, dès aujourd’hui, au seul débat fécond : comment en 7 ans, peut on soutenir Ben Ali dans son action en vue d’engager le pays dans la voie de la démocratie ? Il faut que l’ensemble des forces vives de la nation travaille à l’élaboration et à la mise en œuvre d’un plan septennal de développement politique. Il faut que l’ensemble des forces vives de la nation travaille à l’élaboration et à la mise en œuvre d’un contrat démocratique.
Dans la limite du raisonnement que je viens de tenir, ma position est celle d’un oui au referendum, d’un soutien au Président Ben Ali et éventuellement au candidat Ben Ali et, pour la première fois de ma vie, je voterai.
26 février 2002
(Source : Journal le Temps du 1er mars 2002 page 3 Tribune libre)
 

Mémoire du temps présent
L’ère des dinosaures est révolue : Laissez fleurir le jasmin !


 Par Khaled Guezmir
 
Les dinosaures sont ces reptiles géants de l’ère secondaire (200 millions d’années avant Jésus) et qui faute d’adaptation à la sécheresse ont disparu il y a 65 millions d’années !
 
Il y avait parmi eux les carnivores, on les surnommait les « Tyrannosaures », et les herbivores qu’on appelait les « brontosaures ou les diplodocus » !
 
En Politique les acteurs influents sont souvent comparés à ces « gentilles » créatures que le film « Jurassic – Park » a pu reconstituer pour le grand bonheur et plaisir de nos enfants mais aussi de nous-mêmes.
 
Mais il y a une « race » de dinosaures qui refuse de « s’éteindre » et qui continue à vouloir non seulement s’adapter et survivre mais aussi à vouloir jouer un rôle de « conseillers » et même défendre une révolution de jeunes qu’ils ont tout fait pour la retarder et la rendre impossible !
 
Je m’explique : depuis quelque temps et juste après la révolution du 14 janvier 2011, il se trouve que celle-ci a réussi aussi, par… miracle encore une fois… à libérer les langues et les plumes de certains de nos « dinosaures »… « herbivores » bien sûr ! Parce que le « Carnivore – Tyrannosaure » a pris la fuite avec un sacré butin les laissant, « hors jeu » et bien perdus !
 
Attention perdus… mais jamais « perdants »… parce que cette race d’acteurs politiques en Tunisie n’accepte jamais sa défaite et s’accroche à ses privilèges : de « conseillers éternels », pour tous les régimes et tous les âges !
 
Il y a bien sûr des exceptions ! Le seul parmi eux qui a eu le courage et l’honnêteté intellectuelle de regretter d’avoir « cru » à un moment donné, au bien fondé de la déclaration « enivrante » du 7 novembre 1987, c’est M. Ahmed Mestiri, ancien ministre de la Justice et de la Défense nationale de Bourguiba, rédacteur du code du statut personnel et premier fondateur d’un parti politique d’opposition « cartonnée » : le MDS dans les années 70 !
 
Ce vrai « dinosaure » du bien a été de tous les combats pour la liberté, la dignité et la démocratie en Tunisie, alors qu’il aurait pu avoir un tout autre cheminement  bien plus rentable et confortable !
 
C’est le seul qui a osé par deux fois dire « Non » à Bourguiba et à Ben Ali et subir l’exclusion et « l’exil » politique dans son propre pays.
 
Cet « homme-courage » a eu quand même la décence, hier à la télévision nationale, « libérée… enfin », de dire qu’il regrette d’avoir cautionné à ses tout premiers débuts, le régime du dictateur, pensant que la déclaration fallacieuse du 7 novembre était plutôt conforme à une bonne partie de ses aspirations à la liberté et au progrès de notre pays !
 
C’est pour cela que nous tenons à rendre hommage à cet homme incorruptible pour sa droiture, sa dignité et sa longue combativité contre l’autoritarisme de Bourguiba et le totalitarisme de Ben Ali.
 
D’autres, non seulement, n’ont pas eu ce courage, mais continuent à prendre le peuple tunisien et sa jeunesse pour des « tarés » alors qu’ils démontrent tous les jours leur lucidité et leur intelligence !
 
Nous avons vu ces tristes « dinosaures » faire la courbette aux premières loges, presque à genoux devant le dictateur triomphant pendant plus de 23 ans ! Nous les avons vu applaudir à tout rompre la « Régente de Carthage » qui a volé aux Tunisiens leurs rêves et plus de 5 milliards d’Euros soit (10.000 milliards de nos millimes… les chiffres déraillent à « Forbes » le magazine américain des millionnaires et de la fortune et les zéros s’accumulent pour dire l’ampleur des dégâts qu’elle a fait subir à la nation !
 
Ces « dinosaures » par une certaine allégeance passive et active ont participé à la légitimation de l’un des régimes les plus despotiques et les plus totalitaires du monde arabo-musulman !...
 
Un régime qui a été le seul depuis la fondation de Carthage en 800 av. Jésus Christ à s’approprier l’Etat, l’économie, la finance et même notre culture millénaire !
 
Messieurs les dinosaures… de la préhistoire, disparaissez … de notre vie et nos mémoires pour le monde qui est le vôtre… ! Vous n’avez plus de place en Tunisie en 2011… !
 
Laissez le Jasmin fleurir !
 
(Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 2 février 2011)

Le Sfeir à repasser de Ben Ali


par Laurent Macabies
 
Depuis la "révolte tunisienne, les experts se bousculent dans les médias. Comme Antoine Sfeir, directeur des Cahiers de l’Orient qui ne tarissait pas d’éloges sur le régime de Ben Ali. Combien de temps va-t-on laisser Sfeir ?!
 
L’ami Sfeir perd-il la boule ? Invité depuis quelques jours à réagir au soulèvement de la population tunisienne, le directeur des Cahiers de l’Orient se met enfin à critiquer les agissements néfastes de Ben Ali et de sa clique. Le journaliste a pu ainsi apporter sur France Inter, France Soir ou Le Télégramme son analyse éclairée de "spécialiste du monde arabo-musulman". Avec beaucoup de courage, puisqu’il y a, entres autres, fustigé la corruption et le "racket" du régime de Ben Ali… après son départ. Quelques mois avant "la révolte de Jasmin", c’était une autre paire de manches…
 
 
Le "pari" économique gagnant du président
Lors de la sortie en juin 2006 du bouquin du sieur Sfeir Tunisie, terre de paradoxes (éditions Archipel), Bakchich avait raillé ce « livre de propagande encensé -comme il se doit- par la « critique » tunisienne ». « Notre auteur s’évertue à lécher les bottes du gouvernement de Ben Ali », considérait-on.
 
Dans l’ouvrage, repris allègrement par le site d’information pro-gouvernemental www.infotunisie.com, Antoine Sfeir diagnostiquait une économie florissante : « Ben Ali a fait émerger un pays nouveau, bâti sur cette vieille tradition d’ouverture et de progrès (…). Peu dotée par la nature de ressources minières (la Tunisie) avance quand même, parce que son Président a parié sur les capacités et la volonté des Tunisiens, et non sur une hausse des cours du pétrole ».
 
« La réunion des compétences en un seul homme »
« Des responsables politiques du monde entier, mais aussi des hommes de lettres et de culture, se sont associés pour rendre hommage à l’œuvre de Zine El Abidine Ben Ali », écrivait aussi le flagorneur. « Personne ne les a obligés à le faire. S’ils ont trouvé que leur démarche est justifiée, c’est parce qu’en Tunisie on trouve autre chose que ce que les médias veulent montrer ». Le Monde Diplo (20/09/2006) relevait lors de la sortie du livre d’autres jolis fayotages à l’égard de Ben Ali, décrit comme réunissant « en sa personne toutes ces compétences. D’une part, elles lui permettent de se montrer plus efficaces, et les résultats obtenus plaident en sa faveur ; d’autre part, la réunion de ces compétences en un seul homme évite de les voir entrer en conflit. »
 
Prolongement de son bouquin, Antoine Sfeir a sorti un numéro spécial des Cahiers de L’Orient en hiver 2010 intitulé "L’exception tunisienne". Avec des chapitres tels que « un rempart contre l’intégrisme », "Patrimoine archéologique et renouveau culturel" ou "Des succès économiques confirmés" ou des parties comme "Pourquoi les Tunisiens votent-ils Ben Ali ?" (« Ben Ali est crédible, et son bilan est positif sur les plans social, économique et politique »), "Une politique de sécurité musclée mais préventive" ou "La Tunisie face à la crise : anticipations et réformes"…
 
La caricature des "ennemis de la Tunisie"
À l’occasion de la sortie du numéro, Antoine Sfeir s’est fait inviter par le Club de la presse à Genève en compagnie du journaliste à L’Alsace François Bécet. Ce dernier, auteur de "Tunisie, porte ouverte sur la modernité" (Le Cherche Midi) que Sfeir a préfacé, estimait, que le pays de Ben Ali était l’« objet de désinformation, victime de l’hostilité de quelques pseudo défenseurs de la démocratie, qui, se cachant sous de fausses apparences, travestissent la réalité », rapportait La Tribune de Genève.
 
Hasard malencontreux du calendrier, François Bécet a d’ailleurs sorti le 14 janvier 2011 un autre livre "Ben Ali et ses faux démocrates" ! Le "speech" de cet autre "spécialiste", consultable sur le site des Éditions Publisud, est hilarant : « Avec l’élection du 24 octobre, les " ennemis " de la Tunisie se déchaînent en affirmant critiquer le pays parce qu’ils l’aiment. Si c’était vrai, ils reconnaîtraient l’immense travail de redressement accompli par le président Ben Ali, depuis le 7 novembre 1987. D’un pays en perdition, il a fait un " petit dragon " et a redonné fierté à tous les Tunisiens. Tout n’est pas parfait, l’ouverture politique demande sans doute à être accélérée. Toutefois, le débat sur le rythme de cette ouverture est maintenant lancé. Les partis d’opposition, au lieu de se battre entre eux et de ne rien proposer aux citoyens, devraient faire leur mea culpa et se tourner enfin vers les Tunisiens. Quant à l’opposition radicale, elle frise le ridicule ! La Tunisie de Ben Ali, elle, est sur la bonne voie. » Clap, clap, clap !
 
 
Avec ses 89,62%, Zine el-Abidine Ben Ali n’avait pas besoin de Sfeir pour se faire élire une cinquième fois le 25 octobre 2009. Mais le président du Centre d’études et de réflexions sur le Proche-Orient a tenu à commettre une tribune dans Le Figaro de l’avant-veille. À cette occasion, Antoine Sfeir se plaint de « nos intellectuels et nos médias (qui) ne vont pas manquer de fustiger à cette occasion (du vote) le régime du président Ben Ali, qu’ils présentent invariablement comme une caricature d’autocrate oriental ». Tout en concédant du bout de la plume que « la Tunisie a certainement un long chemin devant elle », le fin analyste insiste : « force est de reconnaître que le pays progresse régulièrement depuis l’arrivée au pouvoir de Ben Ali. C’est un fait dont tous les organismes internationaux font état dans leurs rapports ». Et Sfeir de louer « cette ouverture et cet assainissement progressifs de la vie publique »…
 
Prospère, youpla boum !
Alors que depuis le départ de Ben Ali, Antoine Sfeir répète à qui veut l’entendre que chacun connaissait les affaires de corruptions du président tunisien, le coquin préférait s’en prendre à certains médias étrangers. Les démocraties « peuvent sans doute se prévaloir d’une presse libre qui, en révélant au grand jour les scandales, se pose en mauvaise conscience, voire en accusateur public des dirigeants ; fonction prestigieuse qui exige de celui qui l’exerce une vertu toute romaine. Mais il arrive parfois que cette même presse, si prompte à dénoncer, omette de reconnaître qu’elle a accusé abusivement. »
 
Au moins, Sfeir s’en est-il pris à l’époque au financement occulte de nombreuses entreprises qu’il se met à dénoncer avec vigueur depuis une semaine (voir vidéo)… Que nenni ! En 2009, le directeur des "Cahiers de l’Orient" préférait ronchonner contre « ceux qui sont toujours les premiers à véhiculer les idées reçues sur la Tunisie » et « préfèrent passer sous silence (la chute de la pauvreté) pour ne pas avoir à réviser leurs anathèmes ». Car dans son publi-reportage de 2009, Sfeir vantait encore le modèle économique du système de Ben Ali : « Plus remarquable encore, la société tunisienne ne se contente pas d’appliquer le mot d’ordre de Guizot et de s’enrichir. Incitée par le régime, elle contribue avec lui à la mise en place et au fonctionnement de structures de solidarité comme le Fonds de solidarité nationale. Directement géré par le pouvoir, il est habilité à recevoir des dons internationaux, de la part de simples citoyens, d’entreprises publiques ou d’entreprises privées. Une loi de finances de 1996 stipule en outre que certaines taxes doivent être reversées à ce fond, et des mesures incitatives pour les entreprises tunisiennes ont également été instituées par le biais de crédits d’impôts. De sorte que, entre 1996 et 2006, 1,2 million de Tunisiens ont bénéficié de cette aide, qui redonne tout son sens à la notion de citoyenneté, si galvaudée ailleurs. » Aucune trace des 13% de taux de chômage ou du marché noir qui représente entre 15 et 20% de l’économie tunisienne. Pas une mention sur la corruption.
 
Modèle tunisien et "non-fracture sociale"
Août 2009. Avant de rentrer d’un séjour sous le beau soleil de Tunis, Antoine Sfeir accorde un entretien à « La Presse de Tunisie », quotidien dont le rédacteur en chef, nommé par l’ex-parti au pouvoir (RCD) vient d’être viré après des années de censure. Dans cet interview (repris en intégralité sur le site tunizien.com ; celui de « La Presse de Tunisie » étant fermé depuis la révolte), Antoine Sfeir ne se fait pas prier pour juger avec bienveillance le Président Ben Ali qui « a eu le mérite de privilégier, plutôt, l’être sur le paraître. » « Il y a une reconnaissance, à la fois, des opinions publiques et des gouvernements qui voient en la Tunisie un modèle à tous les niveaux, à savoir du Chef de l’Etat, du gouvernement et du peuple tunisien dans son ensemble », croit-il bon d’ajouter…
 
Attachez vos ceintures, Antoine Sfeir passe à la vitesse supérieure : « Je tiens à souligner que le modèle tunisien n’est pas uniquement celui de passerelle, mais aussi un modèle de non-fracture sociale au sein de la société tunisienne. Cette fracture qui ébranle, aujourd’hui, les sociétés européennes dans les pays les plus avancés et les plus riches. Or, sans richesse, la Tunisie a réussi à réduire ladite fracture grâce à des programmes adéquats et à des initiatives répétées du Chef de l’Etat. » Sacré modèle de "non-fracture sociale" !
 
Autre passage cyniquement cocasse lorsqu’on le relit un an et demi plus tard, celui dans lequel Antoine Sfeir décrit le monde des Bisounours : « Les visiteurs de la Tunisie, notamment les personnes âgées, viennent d’Europe admirer le climat de quiétude, de paix, de stabilité et de sécurité, et par voie de conséquence, y passer des jours paisibles ». Ou encore celui dans lequel les intellectuels voient dans la Tunisie « un exemple de réussite » notamment grâce à son système d’éducation. Pas mal pour un pays qui compte plus de 20% de jeunes diplômés au chômage. Tout en critiquant « les irréductibles dogmatiques ne veulent pas reconnaître qu’ils ont eu et ont tort », il rapporte « les résultats tangibles » en matière de droits de l’Homme.
 
« Il est naturel qu’après la révolution vienne le temps du règlement de compte », vient de soutenir Antoine Sfeir sur Europe 1 alors qu’on lui demandait comment il observait la chasse aux sorcières après le départ de Ben Ali. « Mais l’Histoire nous a montré que ce n’était pas la bonne solution. Il faut laisser se faire la période de transition, pour que vienne ensuite le temps des procès », a-t-il quand même ajouté. Ne battons pas le Sfeir tant qu’il est chaud.
 
(Source : « Bakchich.info » (France), le 22 janvier 2011)
Lien : http://www.bakchich.info/Le-Sfeir-a-repasser-de-Ben-Ali,12831.html
 

Tunisie:les islamistes vers la légalisation?


 

Le mouvement islamiste tunisien Ennahda (Renaissance) a déposé aujourd'hui au ministère de l'Intérieur une demande de légalisation, a indiqué Ali El-Aryath, porte-parole de ce mouvement interdit par le régime de l'ex-président déchu Zine El Abidine Ben Ali.

La demande a été déposée par le secrétaire général du mouvement, Hamadi Jbali, a-t-il précisé. "Nous avons été privés de nos droits pendant plus de 20 ans et nous attendons que cette situation change", a ajouté M. El-Aryath.

Selon lui, Ennahda compte organiser un congrès dans quelque mois pour désigner un nouveau président, en remplacement de son chef historique Rached Ghannouchi, rentré en Tunisie dimanche après plus de 20 ans d'exil.

Dès son retour, Rached Ghannouchi avait annoncé qu'il ne serait pas candidat à la première élection présidentielle de la Tunisie de l'après Ben Ali. "Je ne vais pas me présenter à la présidentielle, et il n'y aura aucun (candidat) membre d'Ennahda", avait-il précisé.

Sous Ben Ali, sa formation était interdite et a été écrasée dans les années 90. Quelque 30.000 de ses membres ou sympathisants supposés ont été arrêtés, tandis que des centaines d'autres étaient contraints à l'exil.

Source : « Le Figaro » Le 02-02-2011

Tunisie : Rached Ghannouchi, président sur Facebook ?


 

Si les élections présidentielles passaient par Facebook, c’est Rached Ghannouchi qui en sortirait vainqueur. Mais le leader islamiste ne se présentera pas aux prochaines échéances électorales. Avec ses 15 775 fans, Nejib Chebbi s’en sort avec les honneurs. Mais la gauche et Marzouki semble fâchés avec Facebook.

Nul ne peut nier le rôle qu’a joué le web dans la chute de l’ancien dictateur Zaba. Les efforts et l’acharnement des blogueurs tunisiens ont du reste été salués par la communauté internationale. Les réseaux sociaux, à l’instar de Facebook et de Twitter, ont été en première ligne durant la Révolution. Mais non content de nous avoir débarrassés de Zaba, voici que Facebook prétend faire basculer la balance de popularité des prochains leaders politiques.

Stratagème islamiste ?

On évoquant déjà dans un article précédent, la possibilité de pouvoir augmenter facilement et à son avantage, le nombre de fans liés à des pages Facebook (lire l’article Tunisie :Tunisie : Fans à vendre sur Facebook). Et voici que Rached Ghannouchi, chef de file du mouvement islamiste Ennadha, est en ce moment même en train d’utiliser ce stratagème pour doper le nombre de fans de sa page ! Comment ? En se servant des bannières publicitaires ciblées qui sont visibles aux yeux des quelques millions de facebookeurs tunisiens, y compris sur les propre comptes de ses principaux rivaux !!! Ainsi, on retrouve le visage du plus célèbre des barbus de Tunisie, sur les pages de Moncef Marzouki, d’Ahmed Nejib Chebbi, et même, sur celle d’Ahmed Brahim. Un comble pour le militant de la laïcité !

Son but ? Rallier chaque jour de nouveaux membres à une vitesse exponentielle, ce qui pourrait amener à rehausser sa popularité, en perte de vitesse ces dernières années pour cause d’exil londonien. Mais sachons raison garder : on reste très loin du bourrage des urnes à la manière du RCD. Inutile, donc, de peindre le diable sur la muraille.

Rappelons que cette technique est largement utilisée par les entreprises qui considèrent le réseau social comme une mine d’or par rapport aux attentes de leurs clients qu’ils peuvent cibler (selon le gout, l’âge, le sexe, les préférences…). Mais ce qu’il faut savoir, c’est que ces bannières ont un coût. Facebook les vend pour la modique somme de 0,30 euro par clic. Le groupe qui soutient Rached Ghannouchi a donc dû débourser 300 euros pour 1 millier de visites. Or, la page Fan officielle du leader islamiste compte à l’heure ou nous écrivons ces lignes, pas moins de 33000 fans et ce, en à peine 17 jours d’existence. On notera qu’au moment où nous écrivons cette article, la page a rassemblé plus de 3000 fans supplémentaires en à peine une heure. Ce qui présuppose une organisation qui s’appuie sur un budget assez conséquent.

Elections tunisiennes sur facebook ?

Ces milliers de nouveaux fans pourraient largement faire pencher le poids de la balance au moment opportun. Mais allons : le leader islamiste a annoncé que ni lui, ni aucun membre de sa famille politique ne se présenteront aux élections présidentielles. Même si sa page fan rassemble (et de loin) plus de supporters que les pages facebook de ses adversaires politique. Mais attention ! Les militants laïcs, qui ne veulent pas de Ghannouchi même sur facebook, militent aussi sur les réseaux sociaux. Et question fans, ils font un carton plein puisqu’ils rassemblent pas moins de 32 700 personnes sur la page intitulée «Non à Rached Ghannouchi ».

A titre de comparaison, on citera celle d’Ahmed Néjib Chebbi leader du Parti Démocrate Progressiste (PDP) qui compte 15 775 fans. D’un autre côté, on demeure perplexe en sachant que le nombre de fans de la page officielle de Moncef Marzouki , (chef du parti Congrès de la république) compte à peine 7000 fans contre 9700 fans de la page Pour que Marzouki change de lunettes ! Quand à la page fan du dirigeant du Parti communiste ouvrier de Tunisie (PCOT), Hamma Hammami, elle compte à peine 582 fans. Enfin, la page fan d’Ahmed Brahim, elle, ne rassemble que 293 personnes.

A croire que la gauche tunisienne est fâchée avec Facebook ! Grossière erreur, quand on sait qu’Obama s’est hissé sur le trône mondial notamment grâce aux réseaux sociaux... En tout cas une chose est sûre : les prochaines élections présidentielles tunisiennes risquent de mettre le feu sur le web !

Source: “Kapitalis” Le 02-02-2011

Ghannouchi et Ghannouchi




  

Par Bourguiba BEN REJEB 

L’accélération de l’histoire amène parfois de ces paradoxes qui, pour fortuits qu’ils soient, invitent à la réflexion. Ghannouchi, Mohamed de son prénom, tient depuis un temps, à son corps défendant dit-il, le haut de l’affiche. On lui prête toutes les intentions quand il s’affaire à trouver les formules qui contentent la rue et en même temps les équilibres politiques les plus subtils. On peut aimer, on peut le vouer aux gémonies, mais il tient la barre et dit qu’il entend couler bientôt des jours moins houleux à la retraite. Bientôt, puisque tout ce qu’il entreprend est frappé du sceau du provisoire.

 

 

Mais voilà qu’apparaît l’autre Ghannouchi, sans lien de parenté à l’évidence, mais que des supporters en extase reçoivent avec des chants de louanges qu’on disait destinés au prophète. On lui accordera qu’il n’en demandait pas tant, mais allez savoir. Toujours est-il que le retour d’exil fut un triomphe, histoire de rappeler que lui aussi, lui en particulier, a souffert de l’arbitraire et que le temps est aux retrouvailles.

Que beaucoup de gens trouvent que le politique d’après la révolution a subitement changé sa vitesse de croisière, il y a un pas qui ne doit pas passer d’une manière anodine. L’exil prolongé de Ghannouchi Rached a occulté un débat nécessairement fort qui aurait pu, qui aurait dû, agiter la société civile tunisienne.

Il ne servira désormais à rien de faire semblant que ce débat n’existait pas. En effet, l’idée, non vérifiée, est que la participation du Mouvement Ennahdha dirigé par Ghannouchi Rached aux prochaines élections va figer le paysage politique dans un fondamentalisme irréversible.

Le commun fait facilement des comparaisons, et les schémas intériorisés répandent comme un fatalisme que certains voudraient conjurer. Le schéma algérien n’est pas rassurant, même quand il est évident que l’histoire ne se répète pas selon une mécanique prévisible.

Le débat doit avoir lieu, et au plus tôt. La révolution qui vient de changer notre monde est passée au dessus des idéologies, de quelque nature qu’elles soient. L’une des leçons est tout de même que la sacralisation des individus ouvre la voie à toutes les dérives, et surtout à la dictature.

Au fond, personne n’est dépositaire de la vérité, même quand il habille politiquement son discours de la ferveur rattachée à la foi. Pour le moment, Ghannouchi, Rached de son prénom, affirme exclure de se présenter aux présidentielles. Peut-on ajouter que la question n’est pas là. Sans forcer la comparaison, Khomeiny aussi, en son temps, ne fut pas candidat aux élections présidentielles.

Les thèses des sunnites ne sont pas celles que développant les chiites, mais il reste à vérifier les reconversions idéologiques en modèles de gestion du politique. En son temps, Khomeiny avait obligé le président pourtant élu, Sadr, à fuir le pays déguisé en femme voilée.

Se faire élire par le peuple ne signifie pas, dans l’Iran des Ayatollahs tout au moins, avoir le droit de gouverner la chose publique. Il va falloir faire le point sur cette question. Les règles du jeu La révolution tunisienne a fait naître le besoin de reformuler les règles constitutionnelles du jeu politique. En ce moment, l’idée se fait qu’un régime parlementaire empêcherait le verrouillage des rouages politiques par un seul homme.

Il y a donc des chances pour que la Commission en charge de cette affaire nous dise le droit et les gardes fous qui empêcheraient les dérives coûteuses jusqu’au dramatique. Les juristes qui composent la Commission en question ne doivent seulement pas se comporter en juristes experts, mais en historiens de la volonté populaire. Ils ne doivent pas oublier que des collègues à aux avaient théorisé, et mis en application, les dérives de la dictature. Ceux là ne sont pas moins coupables que les voleurs et les bandits de grand chemin dont les pratiques remplissent en ce moment les gazettes et les plateaux de télévision.  En plus d’autres juridismes pointent à l’horizon et peuvent tromper la crédulité de beaucoup de gens sincèrement engagés dans la ferveur de la foi.

C’est en transformant leur Iswlam des profondeurs en argument politiques que le danger de captation électorale se niche. Dans ce domaine, tout le monde sait que le régime abattu a cherché à se faire une légitimité usurpée.

Il est aussi nécessaire de retenir cette leçon là : on peut leurrer quelqu’un une fois, plusieurs personnes plusieurs fois, mais on ne peut pas leurrer tout le monde tout le temps. Les résidus de l’ancien RCD n’attendent que cette opportunité, aux aussi, eux surtout, pour se remettre en selle en changeant de veste pour retrouver les mécanismes de la dictature dont ils ne peuvent se départir.

Le commun des tunisiens a déjà subi  les logiques implacables du totalitarisme. Et même quand on ne peut pour le moment juger sur les intentions, il n’est pas inutile de rappeler que la démocratie n’est pas un slogan, mais une demande désormais populaire. Ghannouchi, Mohamed de son prénom, mesure en ce moment les manquements à son égard. Ghannouchi Rached vient enfin respirer avec nous l’air de la liberté retrouvée. Tout le monde a le droit au bonheur dans la Nation retrouvée. Les élections à venir doivent choisir les hommes et les femmes qui se mettront à son seul service, celui de la démocratie pour tous, bien entendu.

   

Source: “Le Temps” Le 02-02-2011

La révolte tunisienne aura-t-elle la peau de MAM?


 

Confrontée aux révélations du Canard enchaîné et à ses propres gaffes, Michèle Alliot-Marie résistera-t-elle à la vague de changement en Tunisie? La ministre s'est défendue ce mercredi après-midi devant l'Assemblée.

 

Et si la prochaine tête à tomber n'était pas celle de Hosni Moubarak, mais celle de Michèle Alliot-Marie? Plus les jours passent, plus les polémiques s'accumulent, plus la ministre des Affaires étrangères paraît fragilisée.  

Ce mercredi, Le Canard enchaîné révèle que MAM a bénéficié, avec son mari, Patrick Ollier, et leurs proches, d'un jet privé mis à leur disposition par un homme d'affaires tunisien pour relier Tunis à leur lieu de vacances, Tabarka. L'hebdo satirique ajoute que ce businessman, Aziz Miled, est un proche du clan Ben Ali. Le cabinet de la ministre a confirmé les faveurs mais prétend qu'Aziz Miled n'entretenait pas de relations particulières avec le dictateur déchu.  

Le Canard enchaîné maintient ses informations, et précise qu'Aziz Miled est associé à Belhassen Trabelsi, le frère de l'épouse de Ben Ali. Il fait par ailleurs partie des signataires d'un appel exhortant l'ancien président tunisien à briguer un nouveau mandat en 2014. Il a enfin contribué à organiser ses campagnes électorales.  

Cette révélation intervient après que Michèle Alliot-Marie a offert le soutien de la France aux forces de sécurité tunisiennes et quelques autres gaffes. Ainsi, moins d'une semaine avant le soulèvement populaire en Egypte, avait-elle loué "l'Etat égyptien, avec ses caractéristiques de démocratie et de tolérance", tout en saluant "l'unité nationale du pays".  

Le groupe PS demande sa démission

François Fillon a fini par reconnaître la réalité des livraisons de grenades lacrymogènes à la Tunisie, dans un courrier adressé au groupe PS à l'Assemblée nationale. Il y a bien eu, écrit le Premier ministre, quatre autorisations de ce type, dont deux alors que le régime de Ben Ali réprimait les soulèvements populaires.  

Dans sa lettre, François Fillon précise que ces livraisons nécessitent des validations du ministère de la Défense, de l'Intérieur et des Affaires étrangères. Ces deux derniers postes ont été occupés par Michèle Alliot-Marie.  

Il y a deux semaines, avant ces révélations, le PS, par la voix de son porte-parole, Benoît Hamon, se refusait à demander officiellement la démission de la ministre des Affaires étrangères. Ce mercredi, Manuel Valls, pourtant pas le plus virulent des socialistes, a haussé le ton.  

Sur i-Télé, le député-maire d'Evry a déclaré que, "si les faits sont avérés, il paraît difficile de pouvoir continuer à représenter la France", ajoutant qu'il trouvait que "Michèle Alliot-Marie avait perdu la main" et qu'elle n'était pas du tout à la hauteur de ses fonctions". 

Dans la foulée, Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée, a demandé à Michèle Alliot-Marie de quitter ses fonctions. 

MAM avait prévenu mercredi midi: "Je ne démissionnerai pas sur des choses fausses." Interpellée dans l'après-midi par un élu socialiste lors des questions au gouvernement, elle assurait: "Si je prends mes vacances parfois en Tunisie, c'est à mes frais, voyages et hôtels." Des affirmations qui n'ont pas convaincu tout le monde. "Je vous le dis aussi amicalement et sobrement: madame, partez", a rétorqué avec calme le député Verts Yves Cochet, avant d'enchaîner sur un autre sujet. 

Source : « L’express » Le 02-02-2011

Sabotages, intimidations et rumeurs en Tunisie


 

Les Tunisiens soupçonnent les bandes armées qui ont fait leur apparition dans le pays de travailler pour l'ancien pouvoir.

 

Plus de deux semaines après la fuite du président Zine ben Ali sous la pression de la rue, le 14 janvier, l'armée a dû intervenir ce mardi pour faire fuir des hommes armés, que des Tunisiens soupçonnent de travailler pour l'ancien pouvoir. En effet, des actes de sabotage ou d'intimidation ont été signalés. 

L'attaque contre une synagogue démentie

Le président de la communauté juive de Tunisie, Roger Bismuth, a toutefois affirmé mercredi qu'aucun acte antisémite n'avait été signalé en Tunisie depuis le début de la révolution populaire. Et il met en garde contre les rumeurs ayant fait état mardi de l'incendie d'une synagogue à Gabès, dans le sud du pays. 

"A aucun moment, les juifs n'ont été visés par des attaques ou même des paroles déplacées au cours de la révolution. C'est une révolution tunisienne, qui concerne tous les Tunisiens", a déclaré Roger Bismuth. Le chef de la communauté juive de Tunisie, qui compte quelque 1 600 personnes, a opposé un "démenti formel" à "une rumeur qui a fait état d'une synagogue incendiée" lundi soir à El Hamma, près de la ville côtière de Gabès (sud). "Il n'y a pas de synagogue à El Hamma. Il y a un mausolée, avec la tombe d'un grand rabbin, qui est un lieu de pèlerinage. Lundi soir, plusieurs bâtiments de la région ont été la cible de saccages et la guérite du gardien du mausolée a été vandalisée et quelques chaises emportées", a-t-il poursuivi. 

C'est une dépêche de l'agence de presse AFP qui citait Peres Trabelsi, porte-parole de la communauté juive de Tunisie, affirmant qu'il condamnait l'incendie criminel d'une synagogue à Gabès dans la nuit de lundi à mardi. 

La communauté juive tunisienne est rarement la cible d'attaques. La dernière,contre la synagogue de l'île de Djerba, en 2002, avait été revendiquée par Al Qaïda,. Elle avait fait 21 morts, dont plusieurs touristes allemands. 

Comités d'autodéfense à Tunis

Autre indice d'une dégradation de la sécurité, l'armée a dû procéder à des tirs de sommation pour disperser des bandes de jeunes gens armés qui s'en sont pris à deux écoles de Carthage, banlieue riche au nord-est de la capitale, terrorisant les élèves. 

Ce lundi déjà, des jeunes munis de couteaux et de bâtons avaient semé la peur dans les rues de Kasserine, dans le centre du pays, incendiant des bâtiments et harcelant les habitants. Ce samedi, dans le centre de Tunis, des bandes de jeunes avaient dispersé un rassemblement de femmes tunisiennes. Ils ont été pourchassés sur l'avenue Habib-Bourguiba par des commerçants organisés en comités d'autodéfense, également armés de couteaux et de bâtons. 

Certains commerçants estiment que ces bandes sont formées par d'anciens partisans du RCD, ex-parti tout puissant du président Ben Ali, ou par des jeunes gens payés pour créer le chaos. 

Un petit nombre de partisans armés de Ben Ali est sans doute encore présent dans le pays 

"Nous sommes là pour essayer de rassurer la population. Nous la protégerons", a déclaré un militaire dans un véhicule blindé positionné devant une école de la capitale. 

Ben Ali, ministre de l'Intérieur avant de prendre le pouvoir en 1987, disposait d'un vaste réseau de policiers et d'informateurs qui n'a pas été démantelé depuis la "révolution de jasmin". 

De sources diplomatiques, on estime que sa garde présidentielle a été dispersée ou éliminée, mais qu'un petit nombre de ses partisans armés est sans doute encore présent dans le pays.

Source : « L’express » Le 02-02-2011

Synagogue en Tunisie : de la fumée sans feu ?


 

Un incendie a été signalé, mais sans intention antisémite, selon le chef de la communauté juive.

La synagogue d’El Hammah, près de la ville de Gabès (sud tunisien), a-t-elle été incendiée ou est-elle encore intacte ? A question simple, réponse alambiquée. Hier matin, Perez Trabelsi, le responsable de la communauté juive de Djerba, sonne l’alarme en déclarant que «des gens ont

Source : « Liberation » Le 02-02-2011

aucun acte antisémite, le chef de la communauté dément des rumeurs


 

Le président de la communauté juive de Tunisie, Roger Bismuth, a affirmé mercredi à l'AFP qu'aucun acte antisémite n'avait été signalé en Tunisie depuis le début de la révolution populaire, mettant en garde contre les rumeurs ayant fait état mardi de l'incendie d'une synagogue.

"A aucun moment, les juifs n'ont été visés par des attaques ou même des paroles déplacées au cours de la révolution. C'est une révolution tunisienne, qui concerne tous les Tunisiens", a déclaré Roger Bismuth.

Le chef de la communauté juive de Tunisie, qui compte quelque 1.600 personnes, a opposé un "démenti formel" à "une rumeur qui a fait état d'une synagogue incendiée" lundi soir à El Hamma, près de la ville côtière de Gabès (sud).

"Il n'y a pas de synagogue à El Hamma. Il y a un mausolée, avec la tombe d'un grand rabbin, qui est un lieu de pèlerinage. Lundi soir, plusieurs bâtiments de la région ont été la cible de saccages et la guérite du gardien du mausolée a été vandalisée et quelques chaises emportées", a-t-il poursuivi.

"Cela ne visait pas la communauté juive en elle-même. Un local de l'UGTT (le principal syndicat tunisien) a aussi été saccagé ainsi que d'autres bâtiments", a-t-il expliqué.

"Il faut faire très attention aux rumeurs. Des gens essaient de faire croire qu'il y a une volonté d'attaquer des synagogues. C'est faux. Nous ne sommes pas inquiets, nous n'avons pas demandé de renforts de sécurité au gouvernement parce que nous estimons qu'il n'y a aucune raison de le faire", a-t-il insisté.

Mardi, plusieurs responsables de la communauté juive locale avaient affirmé à l'AFP et d'autres agences internationales qu'une synagogue avait été incendiée à El Hamma, après des allégations relayées à Paris par un organisme de vigilance contre l'antisémitisme.

Plusieurs représentants de la Ligue tunisienne des droits de l'homme ont démenti auprès de l'AFP ces allégations, mettant eux aussi en garde contre les multiples rumeurs qui circulent dans le pays alors que la sécurité n'est pas encore totalement rétablie.

Source: “La coix” le 02-02-2011

Tunisie Le gouvernement fait un pas vers les droits de l’homme


 

Deux cent dix-neuf personnes sont mortes, dont 72 dans les prisons, et 510 ont été blessées au cours des cinq semaines de violences qui ont fait tomber le régime Ben Ali, a indiqué, hier à Tunis, Bacre Ndiaye, le chef d´une mission du Haut Commissariat aux droits de l´homme de l´Onu, à l´issue de cinq jours de visite de terrain.

Dans le même temps, le gouvernement de transition se réunissait pour la première fois depuis son remaniement dans la douleur le 27 janvier. Très contesté dans la rue pendant cinq jours par des manifestants qui campaient sous ses fenêtres malgré le couvre-feu, le Premier ministre Mohammed Ghannouchi avait survécu et formé une équipe expurgée des caciques du régime du président Ben Ali, en fuite à l´étranger depuis le 14 janvier.

Ce gouvernement a approuvé, hier, l´adoption de quatre protocoles internationaux : « Convention internationale sur la protection des personnes contre les disparitions forcées, Statut de Rome portant sur la Cour pénale internationale, protocole non obligatoire annexé à la convention internationale contre la torture, et les protocoles non obligatoires annexés au Pacte international relatif aux droits civils et politiques », a annoncé le porte-parole du gouvernement, Taieb Baccouche. L´équipe de transition a aussi indiqué qu´elle allait « étudier » des « réserves » émises par la Tunisie du temps de Ben Ali sur d´autres conventions internationales concernant notamment la peine de mort, l´enfance, et la convention sur l´élimination de toutes les formes de discriminations à l´égard des femmes.

Incidents

Le gouvernement s´est par ailleurs félicité de l´« amélioration de la situation sécuritaire » dans le pays. Il n´a toutefois pas annoncé la levée du couvre-feu en vigueur depuis le 13 janvier.

Plusieurs incidents ont été rapportés ces derniers jours. Les plus inquiétants se sont déroulés lundi à Kasserine, principale ville du centre, où la sous-préfecture a été pillée et saccagée par des centaines de jeunes.

Par ailleurs, un avion privé appartenant à la famille de Ben Ali a été saisi par la justice française hier matin à l´aéroport du Bourget, près de Paris

Source: ” L’alsace” Le 02-02-2011

Tunisie: « Le courant islamiste ne constitue pas un danger »


 

Le courant islamiste en Tunisie ne doit pas être source d’appréhension, a assuré Mohamed Jouili, sociologue à l’université de Tunis.

Intervenant hier, mardi, à Alger lors de la première conférence organisée par le centre des recherches stratégiques et sécuritaires, le conférencier a déclaré : «Bourguiba a modernisé la religion. Même les islamistes ne peuvent reculer devant les acquis.» Il a précisé devant un parterre d’universitaires, de journalistes et de citoyens curieux que «les islamistes tunisiens ont certaines spécificités».

«La mouvance islamiste ne saura monopoliser la vie politique dans le pays», a-t-il estimé, avant d’ajouter que la revendication actuelle de ce mouvement est de figurer dans le gouvernement d’Union nationale. «Ben Ali a gouverné avec la répression en brandissant la menace de l’islamisme, surtout par rapport à ce qui s’est passé en Algérie», a-t-il précisé. Le plus grand enjeu pour la Tunisie de l’après-Ben Ali est, selon le sociologue, de se libérer de l’héritage de l’ancien régime, à savoir le régionalisme, la corruption, le clientélisme et autres pratiques. Concernant la révolution qui a ébranlé le régime Ben Ali, M. Jouili l’a qualifiée de différente des autres révolutions classiques de par ses projets et mécanismes.

Il met en avant sur ce point le rôle primordial qu’a joué l’Internet, et notamment les réseaux sociaux, à l’image de Facebook, Twitter et Youtube dans la vulgarisation, l’information et le lancement d’un débat public. Aussi est-il important pour la Tunisie de procéder à l’installation d’un régime parlementaire ou bien une république présidentielle, avec un équilibre entre la présidence et le Parlement.

Tout en précisant que la Tunisie a tardé par rapport à d’autres pays, tels l’Europe de l’Est, le conférencier a ajouté : «On ne pouvait pas imaginer l’avènement d’une telle révolution en Tunisie. Il y avait un manque de confiance, car la culture sociale s’appuie sur la peur.»

Interrogé sur une éventuelle manipulation de certains Etats étrangers, notamment américain, le conférencier a répondu que même s’il y a une réelle implication étrangère, elle ne peut égaler la volonté des jeunes à faire la révolution. Concernant la position du pouvoir tunisien de la cause sahraouie, M. Jouili a indiqué que celui-ci évoquera cette question considérée «parmi les questions diplomatiques importantes dans la région».

Révolution du cactus, non du jasmin

«A Sidi-Bouzid, il y a des cactus, pas du jasmin», a déclaré M. Jouili avec un ton d’ironie. Il exprime par là son refus de cette appellation française attribuée à la révolution tunisienne. Il ne va pas sans préciser «nous nous sommes débarrassés de la France. Ce pays a beaucoup perdu en Tunisie».

Source: “DonneTonAvis” Le 02-02-2011

Le péril islamiste est réel en Tunisie


 

Qui aurait pu penser qu'un tragique fait divers, l'immolation par le feu de Mohamed Bouazizi, entraînerait la chute d'une dictature de près de vingt-quatre ans ? Ce sont toujours les petits événements qui provoquent les grandes révolutions. On l'a vu dans la révolution française comme dans la révolution russe. Dans le cas tunisien, l'accélération de l'histoire montre à quel point, ce régime était fragile. L'acte héroïque et tragique de Mohamed Bouazizi traduisait un désespoir envers un système inique qui condamnait une société entière à l'assujetissement. Le moindre signe de rébellion étant irrémédiablement sanctionné par une peine de prison ou pis encore, l'éliminitation physique du contestataire.

Du fait divers à la révolte sociale et de la révolte sociale à la révolution politique, rien n'a pu empêcher l'arrêt de ce processus inexorable. Ni la répression, ni les interventions successives et d'ailleurs contradictoires de l'ex-président Ben Ali et notamment son dernier discours dans lequel tout en reconnaissant certains torts, il annoncait une batterie de mesures trompeuses et de toute manière, parfaitement irréalisables dans le contexte économique actuel.

Aujourd'hui, je crains que le pire ne soit devant nous. La paix civile n'est toujours pas revenue, les manifestants influencés par les discours "jusqu'au-boutistes", refusent toutes les solutions de compromis politique. La dissolution du gouvernement d'unité nationale sous la pression populaire montre de manière explicite que la rue n'est prête à aucune concession. La persistance des troubles pourrait amener l'avènement d'un général surgi de nulle part, proclamant l'Etat de siège en attendant l'organisation d'élections "libres et transparentes" ou le cas échéant, son renvoi aux calendes grecques.

Même si le dictateur déchu a exploité au maximum, et parfois hors de propos, la thèse suivant laquelle l'islamisme menace la Tunisie, je ne pense pas qu'un tel danger soit fictif. Entre l'aveuglement obsessionnel et l'angélisme vis-à-vis de l'islamisme, il existe une attitude médiane que la raison commande et la politique dicte. Dans l'état actuel des choses, l'hypothèse d'un raz-de-marée islamiste aux élections à venir n'est pas à exclure. Même s'il a été décapité par Ben Ali, le mouvement Ennahda reste très populaire en Tunisie. Il suffit pour s'en convaincre de voir avec quelle ferveur, le leader des islamistes tunisiens, Rachid Ghannouchi, a été accueuilli dimanche 30 janvier à Tunis par des milliers de sympathisants du mouvement, après un exil de vingt-deux ans au Royaume-Uni.

INQUIÉTUDE

Le péril islamiste est réel en Tunisie mais bien plus encore, en Egypte. Dans ce dernier cas, la situation est encore plus fragile, puisque les Frères musulmans n'ont jamais cessé d'exercer une influence permanente dans la société égyptienne, nonobstant les efforts du pouvoir pour neutraliser le mouvement. Mais les vraies chances de l'islamisme tunisien tiennent en trois constats rapides et simples : les héritiers du RCD, quelque soit l'étiquette sous laquelle ils jugeront opportun de se présenter sont vomis par la population : l'opposition légale, quant à elle, est réduite à la portion congrue et de plus largement discréditée, ayant joué le jeu de Ben Ali durant plus de vingt ans ; enfin le courant islamiste ayant été totalement écarté non seulement du pouvoir mais également de la vie politique, il est le seul à pouvoir se prévaloir d'une "pureté" absolue et à pouvoir clamer haut et fort n'avoir jamais été l'associé, l'instrument ou le faire-valoir du régime déchu.

Ce constat est inquiétant. Il serait cruel de voir les tunisiens passer de l'autoritarisme d'un dictateur à celui d'un théocrate. Il serait injuste pour le peuple tunisien que la révolution pacifique de jeunes et de diplômés chômeurs profite exclusivement aux islamistes. Pour le Dr Moncef Marzouki et Hamma Hammami, issus de la gauche laïque, les islamistes doivent être intégrés au processus politique démocratique. Cette position honorable est néanmoins très risquée, car rien ne dit que l'islamisme tunisien soit la réplique de l'islam turc, qui, lui-même, montre depuis près de deux ans que le concept "d'islamisme modéré" n'est souvent qu'un cache-sexe destiné à rassurer les observateurs occidentaux.

Cela pose, évidemment, la question fondamentale de la démocratie en terre d'islam. Pour certains, la démocratie est insoluble dans l'islam alors que pour d'autres, la démocratie et la religion du prophète seraient parfaitement compatibles. Il faut donc se libérer des analyses manichéennes car cette problématique théorique se teste jour après jour, en Tunisie. La Tunisie est donc aujourd'hui un laboratoire, à partir duquel sortira, soit le vaccin qui immunisera l'ensemble des sociétés arabes du népotisme, soit le virus qui propagera ce que le romancier et essayiste franco-tunisien Abdelwahab Meddeb a appelé "La maladie de l'islam".

C'est Fernando Henrique Cardoso, à la suite de Tocqueville, qui a distingué "la démocratie comme valeur et la démocratie comme mécanisme". Le peuple tunisien a montré son attachement à la démocratie comme valeur nationale parce qu'universelle. Il lui reste maintenant à traduire cette passion démocratique en raison politique.

Source: “Le Monde.fr” Le 02-02-2011

Tunisie : l’aspiration à la démocratie


 

Par Fewzi Benhabib, correspondant en France du Parti algérien pour la Laïcité et la Démocratie.

La Tunisie est, par certains aspects, une singularité dans le monde arabo-musulman: dès son accession à l’indépendance, en 1956, elle a légiféré en faveur des femmes. Elle a obtenu aussi des résultats tangibles dans le domaine économique, mais elle s’est surtout distinguée par son système éducatif, où de gros efforts ont été investis à la charnière des années 1980-1990 dans la modernisation des programmes d’enseignement grâce à son ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Charfi, avant que celui-ci ne soit limogé en 1994 par Ben Ali à la suite de pressions des islamistes. En effet, la suppression des manuels scolaires des références à l’islam avait entraîné la levée de boucliers des islamistes, qui avaient alors accusé Mohamed Charfi de «tourner l’islam en dérision».

Mais les Tunisiens aujourd’hui veulent aller plus loin. Ils montrent au monde entier que le combat pour une meilleure vie matérielle doit s’accompagner aussi de l’exigence des libertés individuelles et collectives. Au lieu d’exprimer sa solidarité aux aspirations démocratiques dans le monde arabe, l’Occident a fermé les yeux sur la nature réelle des régimes en place en décrétant de façon arbitraire que les peuples arabes n’ont pas vocation à la démocratie. Les manifestations de Tunisie, de ce point de vue, sont une réponse cinglante à ces thèses fallacieuses qui veulent à tout prix clouer l’Arabe à un passé moyenâgeux, le ravalant au statut de mineur indigne de la citoyenneté. L’Occident justifiait son soutien à Ben Ali en prétendant que le système autoritariste imposé avait soi-disant le mérite de juguler la montée de l’islamisme politique. Les expériences arabes montrent avec suffisamment de clarté qu’il n’est pas possible de tenir en échec l’islamisme politique en tentant de le réduire par la seule force, fût-elle militaire. Le rôle de la puissance publique est certes important car la violence est l’essence de l’islamisme et le combat contre un mouvement totalitaire doit être multiforme, et investir simultanément les champs politique, idéologique, social et culturel.

La question centrale qui se pose aux sociétés arabes est celle du projet de société, et il ne sera pas possible pour elles d’avancer tant que la question de la séparation du politique et du religieux ne sera pas réglée. Un long chemin reste à parcourir puisque la Tunisie, qu’on présente comme le pays le plus «laïque» du monde arabe, a une constitution qui clame dans son article 1er que «l’islam est la religion de la Tunisie». C’est par ce défaut de la cuirasse et les ambiguïtés qu’induit une telle brèche que l’islamisme s’est infiltré sur la scène politique et veut imposer aujourd’hui une régression généralisée aux peuples musulmans. C’est pourquoi le véritable rempart à l’islamisme politique, c’est la République laïque.

Source : « L’humanite » Le 02-02-2011

Le gouvernement tunisien approuve l'adhésion du pays à des conventions internationales portant sur les droits de l'homme


 

Le gouvernement tunisien de transition a approuvé, mardi durant sa première réunion après sa nouvelle composition jeudi dernier, l'adhésion de la Tunisie à plusieurs conventions internationales portant sur les droits de l'homme, notamment l'adhésion au statut de Rome de la cour pénale internationale.

Cette annonce a été faite par le ministre de l'Education et porte-parole du gouvernement, Taieb Baccouche, à l'issue de la réunion du Conseil des ministres issu du gouvernement de transition, qui a tenu sa première réunion, à Carthage, sous la présidence du président par intérim, Foued Mebazaa.

M. Beccouche a indiqué, lors d?une conférence de presse, que le Conseil des ministres a approuvé l'adhésion de la Tunisie «à plusieurs conventions internationales importantes», notamment «les conventions internationales pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, l'adhésion aux protocoles facultatifs au pacte international relatif aux droits civils et politiques, ainsi qu'au protocole facultatif à la convention onusienne de lutte contre la torture et autres peines ou traitements cruels», et au statut de Rome de la cour pénale internationale.

Il a précisé que le gouvernement a examiné le retrait par la Tunisie de plusieurs réserves formulées au sujet de nombre de conventions internationales, dont celles relatives à la convention des Nations Unies sur l'élimination des différentes formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) et à la convention internationale des droits de l'enfant.

Le ministre a, par ailleurs, fait état de la satisfaction du Conseil des ministres de l'amélioration de la situation sécuritaire générale qui, assurant que «cela va encore s'améliorer dans les prochains jours», avant d'insister sur «l'importance des remaniements» opérés au niveau des dirigeants sécuritaires.

Source : « Aufait Maroc » Le 02-02-2011

Tunisie: le gouvernement approuve la convention sur la torture


 

Le gouvernement de transition tunisien a donné mardi son accord pour l'adhésion de la Tunisie à la convention internationale contre la torture et à trois autres protocoles internationaux relatifs aux droits de l'homme, a-t-on annoncé officiellement.
Durant sa première réunion après le remaniement du 27 janvier, le gouvernement a approuvé l'adoption de plusieurs protocoles internationaux ayant trait aux droits de l'homme, a annoncé le porte-parole du gouvernement et ministre de l'éducation Taieb Baccouch (bien Baccouch).
Le gouvernement du premier ministre Mohamed Ghannouchi "a approuvé l'adhésion de la Tunisie à plusieurs conventions internationales importantes: convention internationale sur la protection des personnes contre les disparitions forcées, Statut de Rome portant sur la Cour pénale internationale (CPI), protocole non obligatoire annexé à la convention internationale contre la torture, et les protocoles non obligatoires annexés au Pacte international relatif aux droits civils et politiques", a-t-il précisé à la télévision nationale.
L'équipe de transition a également annoncé qu'elle allait "étudier" des "réserves" émises par la Tunisie du temps du président Ben Ali sur d'autres convention internationales concernant notamment la peine de mort, l'enfance, et l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes.
Lors d'un entretien téléphonique le 28 janvier avec le chef de la diplomatie de l'UE, Mme
Catherine Ashton, le ministre tunisien des affaires étrangères, Ahmed Abderraouf Ounaïs, avait assuré que son gouvernement était déterminé à faire des progrès rapides vers l'adhésion à ces conventions et protocoles.
Le gouvernement s'est par ailleurs félicité de l'"amélioration de la situation sécuritaire mardi" dans le pays.
"Cela va encore s'améliorer dans les prochains jours", a déclaré M. Baccouch avant de préciser que le gouvernement "saluait" l'armée et les forces de l'ordre pour leur travail qui "préserve les acquis du peuple, les institutions de l'Etat et la sécurité des citoyens".
Le gouvernement n'a toutefois pas annoncé la levée du couvre-feu en vigueur depuis le 13 janvier, veille de la fuite du président Ben Ali à l'étranger.
Il a enfin lancé un appel à la population pour qu'elle retourne "au travail".

Source: “Le Parisien” Le 02-02-2011

Existe-t-il une méthode tunisienne de soulèvement ?


 

Les images du Caire renvoient à un surprenant mimétisme avec celles de Tunis quelques jours plus tôt. Même colère, même slogan "Dégage !" - en français dans le texte -, adapté cette fois au chef de l'Etat égyptien ; même affichettes artisanales écrites à la main ; mêmes cibles : des bâtiments symboliques que l'on brûle, des portraits du président que l'on déchire. Il n'est pas jusqu'au portrait de Che Guevara qui n'ait été promené dans les rues de l'une ou l'autre capitale arabe !

Dans les deux cas, Internet a joué un rôle majeur. La mobilisation est née sur le Web, entre internautes-militants unis sur les réseaux sociaux, Facebook ou Twitter. Bien avant que n'éclatent les premières manifestations de rue, au Caire ou à Alexandrie, les Tunisiens ont exhorté leurs "frères" égyptiens à sortir de leur "isolement". "Nous ne sommes plus seuls", ont-ils fait valoir en se prévalant du soutien de milliers d'internautes dans le monde. Parmi eux, bien sûr, le collectif des Anonymous, ces militants qui lancent des attaques contre les sites gouvernementaux.

L'opération Egypte a été déclenchée sur le modèle de l'opération Tunisie : rendez-vous un jour, une heure, pour "bombarder " - virtuellement s'entend - les cibles. Des "affiches", tout aussi virtuelles, ont été partagées. L'on y voit, sur fond noir, une tête de pharaon souriante affublée d'une moustache et d'un bouc : "Dégage ! Saison 2, épisode 1" ou "Egyptian People and the Internet vs Hosni Moubarak : It's Just the Beginning !" ("Les Egyptiens et Internet contre Hosni Moubarak, c'est juste un début").

Plus étonnant, de Tunis, relayés par d'autres points du globe, sont partis des "conseils" : "Restez en petit groupe (...) ; coordonnez-vous avec d'autres en désignant des "points de contact" (...) ; évitez les rumeurs et les fausses informations, le régime de Moubarak est responsable de la plupart d'entre eux pour briser le mouvement (...) ; évitez d'être reconnaissable (...) ; ne restez pas à la même place plus de trente minutes"... Jusqu'à cette dernière recommandation, sans doute superflue : "Ne sous-estimez pas le pouvoir des images et des vidéos : prenez-en autant que vous pouvez !" Mêmes bras tendus, mêmes téléphones portables brandis au-dessus des têtes... A Tunis, ces conseils ont été mis en oeuvre, avec succès. Même l'accueil réservé aux militaires par la foule a été "emprunté", ce qui paraît surprenant dans un pays comme l'Egypte, où le régime est issu des rangs de l'armée, contrairement à la Tunisie.

La réaction du Caire ne s'est pas fait attendre, qui a consisté à couper les accès au réseau Internet. Mais l'ampleur de la riposte, qui a concerné plus de 80 % du réseau, a surpris. En Birmanie, en 2007, ou en Iran, en 2009, les ruptures d'accès n'avaient été que partielles et ciblées. Cette fois, pour tenter d'empêcher les manifestants de se retrouver, même les réseaux de téléphonie mobile ont été momentanément interrompus. Un temps désemparés, les internautes ont, à leur tour, réagi en échangeant les codes et les clés des espaces, même les plus petits, épargnés par la censure.

Cette mobilisation exceptionnelle, massive, a affranchi les manifestants de la peur. Autre point commun, ces mouvements ne connaissent pas de leaders, ne se posent même pas la question de la personnalité, du groupe ou du parti, susceptible, demain, de prendre le relais au pouvoir. Ils ne laissent pas de répit. La rapidité du soulèvement a laissé en Tunisie toutes les chancelleries étrangères pantoises : en moins d'un mois, le régime du président Ben Ali, au pouvoir pendant vingt-trois ans, a été balayé. Ce putsch populaire soulève, aujourd'hui, bien des questions encore sans réponse.

Mais ce qui a été opérationnel dans un petit pays de 10,4 millions d'habitants comme la Tunisie peut-il être reproduit dans un pays stratégique comme l'Egypte fort de 84,5 millions d'habitants (dont 23 millions ont accès à l'Internet) ? On peut en douter. Rien n'est jamais identique. Les Tunisiens, longtemps considérés par leurs voisins comme le peuple le plus soumis d'Afrique du Nord, ont fait preuve d'une maturité exceptionnelle ; quasiment aucune vitrine n'a été brisée sur l'avenue Habib-Bourguiba.

Les manifestations ont été déterminées mais pacifiques. Les règlements de comptes - il y en a - plutôt contenus. Jeunes et moins jeunes, pauvres et bourgeois, laïcs et islamistes ont crié au coude-à-coude leur rejet d'un régime. Les femmes, bien décidées à ne pas perdre un pouce de terrain, même acquis pendant les années Ben Ali, ont largement participé.

Ce front populaire, uni, a commencé à marquer ses limites avec la formation du gouvernement. Les classes aisées et moyennes, inquiètes de se voir confrontées à des débordements, ont souhaité que le pays se remette le plus vite "au travail", tandis que les jeunes venus des régions défavorisées ont tenté de poursuivre leur combat, obtenant un second gouvernement provisoire, profondément renouvelé, à l'exception du premier ministre Mohamed Ghannouchi. Au-delà de ces lendemains, forcément difficiles, la méthode tunisienne influencera sans doute le monde arabe.

Source: ”Le Monde.fr” Le 02-02-2011

Tunisie: la relance de l'économie passe-t-elle par une purge du système RCD?


 

La Tunisie pourra-t-elle faire l'économie d'une purge du RCD, le "parti-Etat" de Ben Ali ? L'euphorie passée, les ministères tentent de se réorganiser, les acteurs économiques se veulent rassurants mais certains analystes jugent indispensable une épuration en profondeur.

Au ministère de l'Agriculture (10% du PIB tunisien), Mokhtar Jalleli, opposant au régime déchu entré au gouvernement le 27 janvier, ne gère "que des situations d'urgence".

Environ "10.000 fonctionnaires payés par l'Etat travaillaient en fait pour le RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique). Les gens étaient obligés d'adhérer au parti (plus de deux millions de membres revendiqués), de payer pour avoir un emploi", explique le ministre. Mais pour lui une épuration brutale risquerait de déstabiliser l'économie.

L'économiste Adbeljelil Bédoui veut au contraire "des signaux forts rapidement" et que "des têtes tombent sinon la confiance des citoyens et des investisseurs ne reviendra pas".

Pour ramener la stabilité, dit-il, "l'Etat doit prendre le contrôle ou nationaliser les entreprises du clan Ben Ali" et réguler le secteur informel, cette "économie de la débrouille" qui selon lui représente 36% à 40% des emplois non agricoles et entre 10 et 15% du PIB.

Déjà deux banques tenues par des proches de Zine El Abidine Ben Ali (Zitouna et la Banque de Tunisie) et menacées de faillite sont passées sous le contrôle de la Banque centrale de Tunisie.

Selon Adbeljelil Bédoui, l'équipe de transition ne fera pas de miracles mais a des atouts: un déficit public maîtrisé d'environ 3,6% du PIB, un endettement public de seulement 40% et une pression fiscale et parafiscale de 28%, "ce qui permet une politique volontariste ambitieuse".

Dans les milieux d'affaires, on se veut rassurant.

Le président de la chambre de commerce franco-tunisienne, Habib Gaïda, affirme que pratiquement toutes les entreprises françaises (1.270 sur les 3.175 entreprises étrangères du pays, 114.000 emplois) ont redémarré deux jours après la chute de Ben Ali à la mi-janvier.

La France est le premier partenaire commercial de la Tunisie, avec environ 7 milliards de dollars d'échanges par an.

Zied Lahbib, sous-directeur de l'Agence de promotion de l'investissement extérieur (FIPA) dépendant du ministère de la Coopération, se réjouit "du rôle des partenaires étrangers qui ont très vite réaffirmé leur soutien".

Le groupe hôtelier Accor, qui a indiqué lundi avoir "perdu 25 millions d'euros en Tunisie" avant de se désengager il y a deux ans, a affirmé qu'il va revenir exploiter deux hôtels à Tunis en juin... avec de nouveaux partenaires.

"Le régime de Ben Ali, c'était une chappe de plomb pour l'environnement des affaires", explique-t-il.

"Des hommes d'affaires de la diaspora nous contactent déjà pour rentrer, parce qu'ils sont tunisiens mais aussi parce qu'ils veulent être les premiers à prendre les marchés, surtout dans les nouvelles technologies et l'ingéniérie informatique" qui représentent plus de 10% du PIB, poursuit-il.

Deux semaines après la chute de Ben Ali, il est encore difficile d'évaluer l'impact sur l'économie, le gouvernement ayant avancé une perte de 1,6 milliard d'euros (environ 4% du PIB).

Le tourisme (6% du PIB) tourne au ralenti mais "on est est encore loin de la pleine saison", tempère le gouvernement.

Dans les administrations, petites manifestations et grèves spontanées se succèdent, et personne "ne veut sortir de l'enchantement de la révolution", résume Fourat Dridi, sociologue.

Résolument optimiste, Zied Lahbib évoque le nouveau slogan qui circule dans les milieux d'affaires: après "Invest in Tunisia, Invest in Democracy!".

Source : « La Depeche » Le 02-02-2011

Tunisie: «Le régime de Ben Ali, c'était une Chappe de plomb pour l'environnement des affaires»


 

Après vingt jours de la révolution du peuple tunisien, les ministères ne cessent de se réorganiser, les acteurs économiques se veulent rassurants, mais certains jugent indispensable une épuration profonde. La question qui se pose est la suivante : la Tunisie pourra-t-elle faire l'économie d'une purge du RCD?

Selon les statistiques, plus de 10.000 fonctionnaires payés par l'Etat travaillaient pour le RCD. Les gens étaient obligés d'adhérer au parti (plus de deux millions de membres revendiqués), de payer pour avoir un emploi. Mais d’après M. Mokhtar Jellali, ministre de l’Agriculture, une épuration brutale risquerait de déstabiliser l'économie nationale.
Par contre, il y a beaucoup d’experts en économie qui demandent « des signaux forts rapidement » et « des têtes tombent, sinon la confiance des citoyens et des investisseurs ne reviendra pas ».
Dans le but de ramener la stabilité, « l'Etat doit prendre le contrôle ou nationaliser les entreprises du clan Ben Ali » et réguler le secteur informel, cette « économie de la débrouille » représente 36% à 40% des emplois et entre 10 et 15% du PIB
D’ailleurs, l'équipe de transition ne fera pas de miracles puisqu’elle n’a pas une baguette magique mais a des atouts, dont on peut citer un déficit public maîtrisé d'environ 3,6% du PIB un endettement public de seulement 40% et une pression fiscale et parafiscale de 28%. Cela permet une politique volontariste ambitieuse.
Pour sa part, le Directeur Général de la chambre Tuniso- française de commerce et d’industrie, Habib Gaïda, a affirmé que pratiquement toutes les entreprises françaises (1.270 sur les 3.175 entreprises étrangères du pays, 114.000 emplois) ont redémarré deux jours après la chute de Ben Ali.
A signaler que la France est le premier partenaire commercial de la Tunisie, avec environ 7 milliards de dollars d'échanges par an.
Le groupe hôtelier Accor, qui a indiqué lundi avoir « perdu 25 millions d'euros en Tunisie » avant de se désengager « il y a deux ans », a affirmé qu'il va revenir exploiter deux hôtels à Tunis en juin... avec de nouveaux partenaires.
Le représentant de ce groupe a expliqué que « le régime de Ben Ali, c'était une Chappe de plomb pour l'environnement des affaires ».
Plusieurs hommes d'affaires de la diaspora veulent être les premiers à prendre les marchés en Tunisie, surtout dans les nouvelles technologies et l'ingénierie informatique représentant plus de 10% du PIB, selon l’AFP.
Quant au tourisme qui représente 6% du PIB, tourne au ralenti mais l’avantage qu’on est encore loin de la pleine saison.
En somme, suite aux déclarations de l’équipe de transition, pas de crainte pour l’économie tunisienne. Néanmoins presque tous les secteurs sont en train de mettre les pieds sur terre et le retour à la normale est un souci majeur des citoyens et de l’Etat. Cela demande encore quelques jours pour atteindre une sécurité et une stabilité totales.

Source : « Investir en tunisie » Le 02-02-2011

«  Les Khobzistes » Par Taoufik Ben Brik


 

Zoom, sur un quartier poudrière. Ce sont ces hommes apparemment nonchalant qui le 14 janvier, ont fait réveiller Tunis Centre sur ce champ de guerre : hamjou...hamjou...

Ils viennent d'investir la ville, prenez garde !

Pillards ou paillards ?

Orientons-nous rapidement : Ettadhamen. Banlieue poudrière. Banlieue pieuvre. 800.000 habitants. Une ville dans la ville. Une banlieue cairoise. Derrière Ettadhamen déjà les frontières de Bizerte, capitale du Nord.

Ici, les pères et les grands-pères n'y sont pas nés. Personne ne peut se targuer d'avoir une maison ancestrale. Un melting-pot. Fruit de l'exode.

Le cœur de cette ville-bidon est Hay El Intilaq. La plupart des habitants d'Ettadhamen seraient en total désaccord avec cette affirmation car, ici, tout quartier se considère comme l'assiette de la ville. Mais il se trouve que c'est ici, à Hay El Intilaq que se dressent la mosquée, le commissariat de police, le dispensaire, l'école et les magasins. Même Ben Ali s'y est rendu avant de prendre la poudre d'escampette. C'est bien là un argument de poids. On ne peut rien opposer à cela. C'est pourquoi ils n'opposent rien. Mais, incontestablement, ils n'en pensent pas moins.

Seul signe d'unité des quartiers d'Ettadhamen : la fabulation.

On dit que du minaret de la mosquée, la vue s'étend jusqu'à Rabat. Difficile à croire. Mais on ajoute : c'est vrai, mais il faut pour ça un temps clair après la pluie, l'air nettoyé par l'averse, et juste après, le soleil. Et on dit aussi que le sommet du mont Echaâmbi, le toit de la Tunisie, s'est dévoilé à certains regards insistants. Mais ce ne seraient que des bruits. Quoi qu'il en soit, d'Ettadhamen, on a toujours pu s'entraîner à regarder vers l'Himalaya.

Ici, les habitants de chaque quartier ont leur sobriquet. Au quartier El Poudrière, on pète, paraît-il, beaucoup : on les appelle les bassassas.

A Douar Hicher, un quartier voisin, on aime la bagarre : on les appelle les Khnafria.

Dans un autre quartier, on aime chanter : on les appelle El Ghanaya. Ce qu'on aime, par-dessus tout, à Ettadhamen, c'est le pain, El Khoubz. Ici vivent, les Khoubzistes. Les enfants des autres quartiers, lorsqu'ils jouent sur leur terrain, durant la mi-temps, en guise de dopage, on leur sert une miche de pain. C'est mieux qu'une thérapie de choc. Il n'existe pas de repas sans pain. En fait, le repas c'est le pain. La margua, le méchoui, la chakchouka l'accompagnent.

Ici, à Ettadhamen, démunis ou cossus, tout doit-être en abondance. Le mariage est réussi si même les chiens de la noce ont l'estomac détraqué trois jours durant.

A Ettadhamen on aime tout exagérer, les faits et les gens. Lorsque quelqu'un veut dire à un compagnon de table qu'il mange comme un ogre, cela peut ressembler à ceci : "Momo, fume une cigarette pour digérer !" Ou bien on dira en parlant de soi : "Je mange comme une poubelle !" et lorsque quelqu'un est bavard, on lui colle le surnom de "télé". D'un bon vivant, on dira qu'il est né un jour où Dieu a dansé avec Zina et Aziza, deux danseuses tunisoises.

Derrière la rudesse, mais aussi la franchise, on aime savourer le plaisir de faire jouer les mots. L'humour et le mot qui tape fonctionnent comme la cadence d'un poème antique. C'est le plaisir de dire, où on se brocarde, on se tacle les uns les autres et on plaisante sans vouloir ni faire mal ni blesser. A d'autres occasions, on lance une réponse acérée, on se coupe la parole, car chacun a quelque chose à dire. Et lorsqu'on rate l'instant de la reprise du souffle de l'autre pour lui couper la parole, on ne parvient plus à la reprendre. La Dardacha (tchatcha) à Ettadhamen est une guitare, l'humour une sérénade.

Voilà ce que j'entends dans les cafés d'Ettadhamen : "Je vais te dire quelque chose qui te fera plaisir. Ecoute-moi et, s'il te plaît, coupe-moi la parole. Avec un peu de chance, on se dira de jolies choses. Si c'est gai, ça ira plus loin, pour que les autres en jouissent aussi ; que tout cela parle plus loin encore."

J'ai cherché à voler quelques situations drôles venant d'Ettadhamen, car sans cela, cette ville-bidon restera bidon. Les volants à la bouche des gens, certaines phrases m'ont brûlé la main.

Je me réjouis chaque fois qu'autour de moi bruisse le fleuve du rire et de l'ironie. Tous, nous aimons rire. Un rire qu'on peut entendre jusqu'à Rabat. Un rire qui sent le pain, sans cela cette ville bidon restera bidon

Source : « Le Nouvel Observareur » Le 02-02-2011

Les inquiétudes de l’Occident et d’Israël face aux révolutions de Tunisie et d’Egypte


 

Assurément , l’Occident et Israël s’inquiètent et paniquent sur ce qui s’est passé en Tunisie et sur ce qui se déroule en ce moment en Egypte. La fuite éperdue de leur « ami » et protégé Zine El Abidine Ben Ali qui les a surprit comme un tonnerre dans un ciel serin, et les fortes pressions exercées à présent par des milliers de manifestants qui se relayent jour et nuit en Egypte pour exiger le départ immédiat de Hosni Moubarak du pouvoir, les inquiète encore davantage et fausse toutes les prévisions et les espoirs qu’ils pouvaient faire ou avoir pour garder main-basse sur les pays arabes du Moyen-Orient, via le régime égyptien considéré comme un allié stratégique et garant essentiel de la sécurité d’Israël, et par ricochet, comme un solide rempart contre les mouvements de résistance arabe ( Hamas , Hezbollah…).

L’Occident peut-il sauver in extremis le régime de Moubarak ?

Ces inquiétudes pointent nettement à travers toutes les déclarations ayant été faites par les grands dirigeants occidentaux et sionistes. Depuis le 26 janvier 2011, date du soulèvement en masse du peuple égyptien contre son Pharaon, sommé de déguerpir sans trop tarder du pouvoir qu’il occupait depuis trente ans, les puissances occidentales, au premier chef desquelles, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France, se concertaient en conciliabules pour sauver le régime de Hosni Moubarak en lequel ils tenaient comme à la prunelle de leurs yeux, tant il s’est toujours empressé, durant trente ans de pouvoir personnel et quasi absolu sur l’Egypte, de satisfaire à toutes les demandes et concessions que ces puissances lui demandaient.

Les déclarations d’Obama, de sa Ministre des Affaires Etrangères, Mme Clinton, ainsi que celles du porte-parole de la Maison Blanche le 31 janvier, sont là pour attester de la volonté des Etats-Unis de tendre des perches au régime pourtant discrédité et disqualifié par le peuple d’Egypte et de sa jeunesse qui se sont dressés comme un seul homme pour exiger dans leur langue vernaculaire la chute de Moubarak au cri : « al-chaâb yourid issqât moubarek ! » ( Le peuple veut la chute de Moubarek ! », « Nourid dihâb du raïs ! » ( Nous voulons le départ du raïs ! ), « Misr djamila bi-doun Moubarak » ( L’Egypte est belle sans Moubarak ». Tous ces slogans inscrits sur les banderoles déployées par d’immenses foules sur la place de Maidane At-Tahrir au Caire n’ont pas été, malgré le message fort et déterminé, qu’ils comportent, bien enregistrés par les dirigeants occidentaux et le régime égyptien qui espèrent par des atermoiements, des promesses d’ouverture, de nomination d’un –vice président en la personne d’Omar Suleiman, d’élections transparents et de révision de la Constitution, gagner du temps avec l’espoir de reconduire, sous une forme édulcorée, le régime exécrable de Hosni Moubarak.

L’Occident qui a été pris au dépourvu par la chute précipitée de Zine El Abidine peut-il aujourd’hui sauver in extremis Hosni Moubarak et son régime qui sentent déjà le sol remuer sur leurs pieds ? Rien n’est moins sûr. Ils savent déjà que le peuple d’Egypte a signé son « arrêt de mort », et les mots d’ordre chantés en chœur dans les grandes artères du Caire sont décisifs, tranchants et sans retour en arrière : le « Pharaon doit quitter le pouvoir ! » La foule scandant son nom en le stigmatisant parle de lui non pas au présent, mais au passé, comme s’il était détrôné depuis belle lurette. Et son régime que les Occidentaux voudraient reconstituer sous une forme acceptable pour eux et pour le peuple égyptien ? Là encore, ce dernier n’est pas dupe et ne veut pas en entendre parler, comme il ne veut pas entendre parler du maintien de ses figures familières dans un éventuel gouvernement de coalition nationale. Il sait qu’on ne peut pas faire du « neuf » à partir des éléments anciens, usés de corruption , entachés d’un lourd passé fait de trahison, de pactes secrets et de compromissions honteux avec l’entité sioniste. Le premier février 2001 sera un test, et une leçon mémorable qui restera à jamais gravée dans la mémoire de ceux qui caressent encore et jusqu’au dernier instant l’espoir d’une rémission. Le million de manifestants, voire plus, prévu ce jour là en Egypte scellera le destin de ce régime et tournera sans nulle doute une nouvelle page dans l’histoire de l’Egypte moderne.

La fausse neutralité des États-Unis

Penser que Moubarak et son régime maintiendront le cap, qu’ils résisteront à la poussée irrésistible de la lame de fond qui la traverse de part en part, c’est compter sans la détermination du peuple d’Egypte, décidé plus que jamais d’en finir avec ce régime exécrable, qui déshonore la nation égyptienne et lui colle l’image peu glorieuse d’une nation « peureuse », lâche et soumise au diktat sioniste et à l’Occident intéressé et impérialiste. Les Etats-Unis ont beau dire, par la voix de la Maison Blanche, qu’ils sont « neutres », qu’ils ne prennent parti ni pour un camp ( le régime) ni pour un autre (le peuple), mais qu’ils se contentent seulement de suivre de près les évènements sans aucune ingérence dans les affaires intérieures de l’Egypte, ils ne se penchent pas moins, pourtant, du côté du régime de Moubarak dont ils s’efforcent de sauver les meubles en incitant à une « ouverture » politique contrôlée par le régime que la rue conteste pourtant avec force. En saluant comme une sage solution la nomination par Moubarak d’un vice-président, et en demandant à celui-ci d’être un peu plus réceptif à la colère des foules qui submergent le Caire, Alexandrie et d’autres grandes métropoles du pays, les Etats-Unis ont déjà pris leur parti : celui du régime contre le peuple et sa jeunesse insurgés. Ils ont beau dire et répété qu’ils ne prennent le parti d’aucun des deux camps en présence, les Etats-Unis travaillent en vérité secrètement, la mort dans l’âme, pour sauver le régime Moubarak de la dérive dangereuse dans laquelle il s’est pris comme dans une nasse où il ne pourra plus désormais trouver d’issue heureuse. Le peuple d’Egypte et sa jeunesse ont dit nettement leur refus catégorique de voir se maintenir ce régime dont ils savent qu’il n’a jamais été au service de la nation, mais au service de l’oligarchie politique et militaire locale protégée par les Etats-Unis et Israël qui joue dans cette région au gendarme assermenté de l’Occident dominateur et expansionniste à souhait.

L’Occident et la démocratie à géométrie variable

L’Occident a une vision curieuse, paradoxale, de la démocratie. Si celle-ci est pratiquée chez lui et se trouve relativement bien observée, grâce à un apprentissage culturel et politique encadré par des règles fixées dans les Constitutions, il ne veut pas cependant que les bienfaits qui résultent de cette démocratie se répandent de manière univoque sur tous les pays et les continents. Pour lui, cette démocratie est une denrée si précieuse qu’elle n’est pas à la portée de n’importe culture ou air géographique. Ce serait la galvauder que de la confier en dépôt à des peuples qui ne sauraient pas en faire un « bon usage ». On considère de ce fait que des peuples, comme les Arabes, les Noirs Africains et certains aborigènes de la savane africaine ou australienne, ne sont pas aptes à pratiquer la démocratie tant leur niveau culturel, leurs représentations du monde, leurs héritages ancestral et leurs traditions demeurent au stade « primitif » que commandent le patriarcat, l’autoritarisme du chef et de tous le représentants de la gens ou de la tribu élargie. Or, un pays comme l’Egypte, la Tunisie, l’Algérie, etc., sont considérées comme des nations inaptes à pratiquer la démocratie, et seul le mode de gouvernance autoritaire de type patriarcal leur convient.

L’’Egypte, tout comme la Tunisie, et tous les pays arabes gouvernés par des régimes autoritaires ou dictatoriaux sont à la fois méprisés in petto par l’Occident et adulés de manière intéressée. Dans le premier cas, on les méprise précisément en raison de leur comportement brutal envers leurs peuples tout en ménageant leur susceptibilité ; dans le second cas, on se réjouit secrètement de la manière dont ils gouvernent avec dureté leurs populations, jugées elles aussi ignorantes et immatures pour pratiquer la démocratie. Comment explique-t-on ce double langage, cette ambigüité ? Par le fait que l’Occident dominateur et monopolisateur des richesses des nations faibles s’accommode toujours et sans mauvaise conscience aucune avec les dictatures qui veillent à ses intérêts ou qui se font les agents conscients et intéressés de ses visées politiques et stratégiques dans telle ou telle « aire géographique » considérée comme névralgique ( pétrole, voie de navigation maritime…). Or, l’Egypte est un pays situé dans une zone névralgique ( le canal de Suez) par lequel transitent les navires chargés de pétrole, d’armes et de marchandises. Politiquement, elle joue un rôle fondamental dans la région et son régime politique a toujours fonctionné, surtout depuis les Accords du Camp David en 1978, comme un agent efficace au service de la politique occidentale en général, et de celle des Etats-Unis en particulier.

Comme allié stratégique de ces derniers, le régime politique égyptien s’est engagé par divers accords de protéger la sécurité d’Israël aux frontières, de traquer les « suspects », d’empêcher les infiltrations des résistants palestiniens et libanais à Gaza et en Israël, et de fournir à cette entité artificielle tous les renseignements susceptibles de démanteler et de détruire dans l’œuf les groupes de résistance en Israël et dans toute la Palestine occupée. Ce régime fonctionne aussi comme contrepoids à l’influence grandissante et au prestige dont bénéficie l’Iran auprès de la résistance libano-palestinienne, mais aussi auprès de larges masses égyptienne, jordaniennes et libanaises.

Les craintes de l’Occident de voir émerger des sociétés civiles autonomes et des régimes démocratiques dans le monde arabe

On comprend dans ces conditions qu’un régime véritablement démocratique, dont les hommes ont le sens du patriotisme et de l’honneur, même minimal, n’acceptera pas un tel abaissement. Les Etats-Unis et Israël le savent, et c’est pourquoi ils redoutent de voir s’installer en Egypte, ou ailleurs, un régime véritablement démocratique qui mettrait en cause leurs intérêts. Lorsque les Etats-Unis et Israël disent redouter l’arrivée des Frères Musulmans au pouvoir en Egypte, ils passent en fait sous silence leurs craintes et leurs répugnances secrètes de voir émerger une société civile et un régime démocratique en phase l’un avec l’autre aussi bien en Egypte que dans n’importe quel pays arabe. S’il devaient choisir entre un régime islamiste de type iranien, un régime démocratique de type européen et un régime néo-laïc de type égyptien, il est clair qu’ils rejetteraient les deux premiers au profit de ce dernier. Le modèle néo-laïc égyptien et le modèle wahhabite et néo-fondamentaliste en vigueur en Arabie Saoudite ont la préférence de l’Occident dans la mesure où les régimes qui les incarnent se caractérisent par des comportements politiques autoritaires et conservatrices et en même temps par une dépendance psychologique des élites gouvernantes envers l’Occident sans le soutien duquel, politique et militaire, elles ne sauraient perdurer à la tête du pouvoir.

La contrepartie du soutien financier américain aux régimes arabes « amis »

Le soutien financier qu’accordent les Etats-Unis à l’Egypte, soutient évalué à près de deux milliards de dollars annuellement, est la rançon de la triple aliénation politique, économique et mentale du régime Moubarak vis-à-vis des Etats-Unis. La relative stabilité politique de l’Arabie Saoudite ne tient pas seulement à la manne pétrolière, et aux énormes revenus tirés du pèlerinage à la Mecque, mais tient également aux appuis politique et militaire que l’Occident, en particulier les USA, apportent à la monarchie wahhabite considérée comme un rempart contre les idées séditieuses, qu’elles soient d’origine patriotiques ( nationalistes et progressistes), soit d’inspiration islamiste ( extrémiste de type Frère Musulmans, chiites iraniens…), ou d’inspiration socialiste ( modèle soviétique).

D’ailleurs, l’Arabie Saoudite avait joué un rôle décisif durant la guerre froide dans la lutte contre les idées communistes, et avait, de concert avec les Etats-Unis, aider à la mobilisation d’une masse importante de jeunes arabes et musulmans pour aller combattre les troupes d’occupation soviétiques en Afghanistan dans les années quatre-vingt. Ce qu’on appellera plus tard sous diverses dénominations « extrémistes musulmans », « Afghans », « GIA », et enfin al-Qaïda, sont en vérité des créations, à l’origine, directes ou indirectes de l’Arabie Saoudite et des Etats-Unis. Embrigadés et enrégimentés, des jeunes désœuvrés venus de bon nombre de pays arabes, y compris d’Algérie, furent encouragés pour aller combattre, aux cotés des Talibans les troupes soviétiques qui, une fois boutées dehors, ces jeunes « moudjahidines » se retrouvèrent soudain en situation de « chômage », et sans autres perspectives que d’attendre le moment propice pour combler le vide laissé par le départ des « impies » soviétiques. Avec l’apparition de Ben Laden qui fut lui-même une créature des Etats-Unis et de l’Arabie Saoudite avant de tourner casaque , ces jeunes Afghans découvrirent subitement que la monarchie wahhabite et bon nombre de pays arabes n’avaient rien à envier, en matière d’impiété, à la Russie soviétique, et qu’il leur fallait dorénavant retourner leurs armes contre ces régimes qui auraient tous tourné le dos à l’islam vrai, authentique, tel qu’il fut expérimenté à Médine du temps des Premiers Califes orthodoxes.

La promotion discriminatoire et raciste de la démocratie et des droits de l’homme

Les démocraties occidentales ne favorisent la diffusion et la transplantation de la culture démocratique que dans les nations dont ils sont sûrs qu’elles garantissent sur la durée leurs intérêts culturel, politique et économique. Parmi celles-ci, figurent les nations ayant en commun avec l’Occident la culture, la proximité géographique et la « civilisation chrétienne » par opposition et contraste, notamment avec la civilisation de l’Islam regardée comme une culture à la fois concurrente et différente par ses traits supposés archaïques, « fanatiques » et « intolérants ». De là s’explique le fait que ce que l’Occident accepte et admet comme souhaitable et légitime pour les nations de culture chrétienne, il le refuse aux nations exogènes : musulmane, africaine et asiatique, au motif que ces civilisations sont imperméables aux idées du progrès et de la démocratie. Pétries de culture archaïque ou patriarcale, vouées au culture de la soumission qu’elles doivent aux souvenirs des Ancêtres, ces nations seraient étrangères à l’idée de la délibération et à tous les modes d’expression contradictoires. Irréfléchies et irrationnelles, elles ne pourraient être gouvernées et contenues que par la force qui seule pourrait endiguer leurs instincts agressifs de « sauvages ». Ce qu’elles méritent donc ce sont des régimes autocratiques, et en l’occurrence des régimes autoritaires comme ceux des pays arabes pouvant garantir à la fois le maintien de l’ordre, de « la sécurité » et de la « stabilité » internes, ainsi que les intérêts des puissances occidentales. En échange de ce maintien de l’ordre conservateur interne par les régimes en place, l’Occident leur fourni l’appui politique, militaire, financier et logistique pour se prémunir contre des révoltes éventuelles de leurs peuples.

Alors que l’Occident avait encouragé et contribué, par médias interposés, à l’écroulement des régimes communistes dans l’Europe centrale et orientale ( La Pologne, La Hongrie, la Tchécoslovaquie…) ainsi qu’ à l’émergence des sociétés civiles, il s’est interdit en revanche de faire pareillement dans les pays arabes où les régimes n’ont rien à envier aux pays satellites de l’ex-Union soviétique. Il est vrai que le travail d’informations et de diffusion des idées « démocratiques » en direction de l’ex-bloc soviétique n’a jamais été dénué d’arrière-pensées et de calculs politiques de la part de l’Occident. En se faisant le chantre de la démocratie et le défenseur des droits de l’homme bafoués par les régimes autoritaires de l’Europe soviétisée, l’Occident avait surtout en vue de faire s’écrouler l’empire soviétique et de lui soustraire les zones d’influence qu’il avait occupées après la seconde guerre mondiale. Cependant, l’Occident ne voyait pas, malgré tout, d’un mauvais œil l’émergence de sociétés démocratiques dans les pays qui étaient alors en effervescence contre l’emprise du communisme, à condition toutefois que ces sociétés et ces régimes qui allaient naître de ces bouleversements et connaitre une aube nouvelle sortent définitivement de l’orbite soviétique pour basculer définitivement dans son escarcelle. Une fois ce but atteint, l’Occident n’aura rien à craindre de la démocratisation de ces sociétés d’autant plus qu’elles sont de culture et de valeurs chrétiennes, et pourraient non seulement cohabiter en paix avec leurs analogues situées à l’Ouest de l’Europe, mais travailler également de concert au développement et à l’ « universalité » de la civilisation chrétienne censée être à la pointe du mouvement du progrès des idées et des techniques de l’humanité.

En effet, pendant près de quarante ans, les médias occidentaux ont mené des campagnes d’informations en direction des pays de l’Est. En particulier les radios occidentales avaient joué un rôle fondamental de contre-information à l’occasion des évènements majeurs survenus dans le bloc soviétique depuis les années 50. En dépit du brouillage de leurs émissions, elles avaient constitué l’un des rares vecteurs culturels en proposant une certaine ouverture à des sociétés que les régimes communistes entendaient protéger de « toute contamination occidentale.

Lorsqu’il s’agit des sociétés arabes, comme c’est la cas aujourd’hui en Tunisie et en Egypte, où les peuples lèvent l’étendard de la révolte contre des régimes répressifs et violeurs des libertés fondamentales de leurs peuples, les médias occidentaux qui se targuent d’indépendance et d’ « objectivité » n’hésitent pourtant pas à donner une couverture médiatique des évènements d’Egypte fort spécieuse en mettant tout d’abord en avant la menace que représenterait pour ce pays les Frères Musulmans ou « l’intégrisme musulman », qui pourrait s’engouffrer dans la brèche ainsi ouverte par des millions de manifestants pour s’emparer du pouvoir. Ce faisant, ils insinuent à leurs lecteurs et auditeurs que le régime contesté est bien moins dangereux pour l’Occident qu’un régime islamiste de type iranien. Reflétant les points de vue de leurs gouvernements, ces médias tendent à occulter les aspirations de millions d’égyptiens, toutes obédiences confondues, à la démocratie, au droit, à la justice sociale et à la liberté de pensée et d’expression. Tout en faisant mine de promouvoir partout la démocratie là où règnent des régimes d’arbitraire, comme l’est la quasi-totalité des pays arabes, l’Occident travaille en fait secrètement à perpétuer ces régimes et à empêcher que s’instaure une véritable démocratie. On peut dire qu’en parole l’Occident est pour l’ouverture « démocratique « de ces régimes, manière de donner le change et d’induire les imaginaires en erreur, mais qu’en pratique il répugne à ce que cette ouverture véritable prenne corps. Ce qui était souhaitable et légitime pour l’Europe centrale et d’autres pays éloignés d’Israël, ne l’est pas pour les Arabes en général, et l’Egypte en particulier, dont le régime s’avère être l’ allié et le garant essentiel de la « sécurité d’Israël » et en même temps source de malheur et d’insécurité pour le peuple d’Egypte et de Palestine. Telles sont les vérités les plus triviales de cette discrimination, de cette politique de deux poids deux mesures, et de ce racisme aussi bien manifeste que latent, qu’applique l’Occident de manière différentielle et selon ses propres intérêts…

Israël à la rescousse du régime Moubarak

L’exemple de l’Egypte insurgée en est la preuve tangible. La lecture de cette dépêche, choisie au hasard de l’actualité, illustre encore mieux les collusions évidentes entre ces régimes et l’impérialisme occidental : « Alors que des milliers de personnes continuent de manifester sur la Place A-Tahrir au Caire et de scander des slogans appelant à la démission du président Moubarak, des avions de combat tournent dans les cieux cairotes. Des forces blindées ainsi que des camions avec des hommes de troupes font aussi route vers ce secteur. Des chars de fabrication américaine ont déjà été déployés dans la capitale égyptienne. » D’autres sources concordantes vont plus loin et indiquent que les Israéliens, « ennemis des Arabes », accourent de toutes parts pour secourir le régime de Moubarak menacé de destitution par « son » peuple . Les témoignages livrés par deux exilés égyptiens, Omar Afifi, ancien colonel de la police, et de Loï Dib, militant des Droits de l’Homme, sur la chaine Al-Jazeera en date du 31 janvier, confirment les connivences instaurées entre ces régimes foncièrement anti – nationaux et l’Occident. Les deux témoins cités ont déclaré détenir des preuves irréfutables démontrant que « 3 avions israéliens en provenance de Chypre, ont atterri tôt ce matin du dimanche 30 janvier, entre 4h et 5h matin à l’aéroport militaire du Caire » où ils ont déchargé des armes meurtrières, dont en particulier « des pistolets télescopiques sophistiqués, de fabrication israélienne munis d’un système optique spécialement conçus pour des « snippers » ; des pistolets pour balles explosives à guidage laser ; des caisses de munitions ; des conteneurs de bouteilles de gaz lacrymogène étouffant, internationalement interdits d’usage… ». Les mêmes témoins, qui semblent détenir des sources fiables, ont rappelé sur la chaine Al-Jazeera que le chef des renseignements militaire (« mukhabarate » , le général Omar Suleiman, nommé à la hâte « Vice-Président » par Moubarak, avait toujours passé plus de temps à Tel-Aviv en compagnie des stratèges de l’armée sioniste qu’avec ses pairs et subordonnés au Caire….

Source : « ALGERIE-FOCUS » Le 02-02-2011

New government working for "liberal Tunisia," foreign minister says


 

The provisional government installed in Tunisia after the ouster of president Zine el-Abidine Ben Ali is committed to 'liberal' values, Tunisian Foreign Minister Ahmed Ouneies said Wednesday, on his maiden trip abroad.

Several European Union foreign ministers on Monday expressed concern that the wave of popular protests in the Arab world - which has spread to Egypt and Yemen after Tunisia - might pave the way for the rise to power of anti-Western, Islamist movements.

Ouneies sought to allay those fears during his visit with EU foreign affairs chief Catherine Ashton in Brussels.

'We are going back to the essence of Tunisia: An Arab, Islamic, Mediterranean Tunisia, but (also) a liberal Tunisia, politically, economically and from a human point of view,' he said in a news conference.

Ouneies was brought into the government after a reshuffle in late January, in which Ben Ali loyalists, including his predecessor Kamel Morjane, were purged.

The new minister referred to the former president - who fled the country on January 14 - as 'a despot.'

Countering suggestions that the EU was slow to react to the events in Tunisia, Ouneies said that when the new government was formed Ashton 'was the first to call to tell us that she understood and that she supported us.'

The EU has offered aid and technical expertise to pave the way for democratic elections. It has also frozen the assets held in the bloc by Ben Ali, his wife and other associates who stand accused of having siphoned off millions from state accounts

Source: “monstersandcritics” Le 02-02-2011

Have the people of Tunisia changed the face of the Middle East?


 

Last month an unemployed young man set himself on fire in Tunisia, and the flames appear to have engulfed a region. Officials wouldn't let Mohamed Bouazizi sell vegetables without a licence, and his desperate act triggered an upsising that toppled the government of President Zine al-Abidine Ben Ali. Since then we've seen a dramatic chain reaction, as people across the Arab World have protested against what they see as authoritarian and oppressive rule. Events have been moving at breathtaking speed. Just in the last twenty four hours King Abdullah of Jordan sacked his government, the president of Egypt Hosni Mubarak announced he will not stand again for the presidency, and the president of Yemen, Ali Abdullah Saleh, says he will not seek to extend his presidential term or pass power to his son.

All this has happened as a wave of protests sweeps through the region. We've seen demonstrations in Algeria, Jordan, Yemen, Sudan, Lebanon and Egypt. Will this mark the end of authoritarian rule in the Middle East? Can democracy blossom in the wake of these popular revolts?

Last night the world was listening in to President Hosni Mubarak's statement to the Egyptian people. He said he's not going to be a candidate in September's presidential election, and promised a series of reforms to meet "the legitimate demands of the people." He spoke about "political, economic and social reforms, providing job opportunities, fighting poverty and achieving social justice."

The BBC went out onto Tahrir square in Cairo after the speech. One demonstrator said it was good that he wouldn't be a candidate in the next election:

He's saying we need this six, seven months for a new parliament, new constitution, everything, then we can change. But I say we cool it off now. We can't just leave everything for chaos to happen -- if this happens we have a lot of people that could take over and a lot of chaos that could happen.

But this protester said they won't quit unless Mubarak goes:

I want to say one word to our president: we don't leave the square, we leave the square after he's leaving our country.

Writer Anthony L Hall finds this is a dangerous attitude. He says Mubarak has come up with a reasonable compromise:

What's another nine months after 30 years after all... Frankly, I fear these wannabe revolutionaries have become so intoxicated with their own "people power" that they seem every bit as dictatorial now as they've accused Mubarak of being.

But blogger As'ad calls for all out resistance:

As soon as I saw the defiant tone and substance of Mubarak's speech, I realized that he is not speaking for himself but for the US/Israeli sponsors. The Egyptian protesters now need the equivalent of the storming of the Bastille.

Is invoking the French Revolution over the top? Or are we really seeing the end of an era in the Arab World? It's certainly catching on. Now the Sudanese are wondering if their nation will be next, as students protest against the government they blame for rising prices and years of repression.

The forecast is looking stormy, with a "Day of Rage" planned on Thursday in Yemen and Friday in Syria It's all been organised on social networks, and although facebook is banned in Syria, people are using proxy servers to get around this.

Ibrahim Sharqieh, deputy director of Brookings Doha Center, says that people across the region have drawn inspiration from the successes in Tunisia:

This power is stimulating the emergence of a "can do" attitude in the Arab world, which is breaking the barrier of fear that has long suppressed popular expression. Arab autocrats should learn the lesson: Preemptive and serious political reform is the only real means for survival.

Are Arab leaders learning to listen to the demands of the people? Will we see the end of autocratic rule in the Arab World? Can a transition to democracy tackle the myriad problems in the region?

Source: “BBC News” Le 02-02-2011

Tunisia Islamist Leader Does Not Support an Islamic State


 

Islamist leader Rachid Ghanouchi has been in Tunisia's spotlight since returning to the North African country after more than two decades in exile.

In the past, Tunisian authorities have cracked down hard on political Islam. Many are wondering what role it will play as Tunisia tries to build a multiparty democracy.

Ghanouchi is quick to stress his brand of religious politics is open, moderate and tolerant. It is something he has stressed repeatedly, including in an interview with VOA.

Ghanouchi says his party, Ennahda, wants a democratic republic and does not search to install an Islamic republic.

He said that the ideology of Ennadha has matured since the 1980s and Islam and democracy go toghether.

Ghanouchi's party means renaissance in Arabic. And Tunisia is also undergoing a rebirth, of sorts, as it shakes off its autocratic past.

During a brief window of openness after former Tunisian president Zine el Abidine Ben Ali took power in the late 1980s, Ennadha was Tunisia's most powerful opposition party. It captured 17 percent of the vote in 1989 legislative elections. Then Mr. Ben Ali cracked down, sending many Islamists to prison. Others, like Ennahdha's Ghanouchi, went into exile.

On the streets of Tunis, some describe years of official harassment against Muslim fundamentalists.

One young man, who sports the beard of a devout Muslim, said he was rejected from civil service jobs he had applied for despite scoring well in tests.

Both Ben Ali and Tunisia's post-independence leader Habib Bourguiba had little tolerance for political Islam, as they shaped a staunchly secular, westernized nation.

Today, says Fatma Karray, executive editor for the Tunisian newspaper Chourour, Tunisians are being reintroduced to Ennadha.

Karray says just how much support Ennadha has here will be clear in the coming months, as the country prepares for democratic elections. Right now, she says, it's hard to say.

Businessman Boujemaa Bedhaif, a devout Muslim, believes Tunisians will eventually embrace political Islam.

Bedhaif says Islamists must have a place in politics - the Koran is the Destour for Muslims, referring to Tunisia's founding party.

But other Tunisians, like Ismael Skheir, see Ennadha as a minor political player.

Skheir says that in a multiparty democracy there should be a place for Ennadha, but a limited one.

The dominant face of the recent protests in Tunisia and in other Arab countries is not a religious one. Even in Egypt, now being rocked by massive anti-government demonstrations, the long established and popular Muslim Brotherhood was late to join the movement. It is now part of a loose opposition coalition with westernized Egyptian ex-diplomat, Mohammed El Baradei, at its helm.

However big a force political Islam will become in Tunisia and elsewhere in the Arab world is anybody's guess. But analyst Mansouria Mokhefi, of the Paris-based French Institute of International Relations, believes the West needs to deal with its reality.

Mokhefi says Western nations need to prepare for future democracies in the Arab world in which Islamic parties will play a role. After all, she says, Islam is part of the Arab identity.

Source: “voanews” Le 02-02-2011