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TUNISNEWS
10 ème année, N° 3662 du 02.06.2010
 archives : www.tunisnews.net 
Taoufik Ben Brik: "La dette"  A Ben Ali, qui m’a promu ennemi public numéro 1...
Tunisia Watch: Tunisie : Deux nouvelles Radios pour des proches de Ben Ali
AP: Turquie: les députés demandent le réexamen des liens avec Israël
Le Point: Israël-Turquie : des relations au plus bas
Swissinfo: Le raid israélien et ses retombées au Moyen-Orient
Alain Gresh: Israël, l’impunité jusqu’à quand ?
Abdel Wahab Hani: Le Conseil des droits de l’homme s’indigne des attaques israéliennes contre la flottille humanitaire et décide d’une mission d’enquête
Taïeb Moalla: Attaques israéliennes « L’extrême prudence » de Québec
AFP: Cuba: transfèrement de détenus vers des prisons proches de leurs familles

  
"La dette"
A Ben Ali, qui m’a promu ennemi public numéro 1...

par Taoufik Ben Brik
Je suis un homme très endetté…, très embêté. Parce que "fauché " Comment rembourser mes créanciers ? Je leur dois ma chemise, mes lacets et le peu de peau qui me reste. Je ferai comme quand j’étais môme, quand j’étais puni et qu’on m’enfermait; j’écrivais. J’écrirai. Bouabana, le peintre maudit, payait avec ses toiles. Picasso aussi. Moi, avec les mots. Qui a dit : "mon âme toute entière est un cri et mon œuvre toute entière est l’interprétation de ce cri". Je suis un cri. C’est pour ça que je crois avec Stephen Haggard qu’il n’y a que l’amitié qui peut nous consoler, nous les gais inconsolables.
C’est pourquoi je crois
L’amitié plus grande que la vie
Plus longue que l’amour,
Et qu’elle réchauffe l’esprit
Une fois le corps devenu froid.

Pour William Bourdon l’enfant naturel de la Boètie, Hélène Flautre la survolante, François Gèse mon inconditionnel, Jean-François Juliard ma découverte, Daniel Mermet ma voix, Azza my little big woman, ma sœur Najet ma Black Mumba, Saida ma nourricière, Fethi mon Lucas Brasi, Jalel mon Spartacus, Slah Hnid l’Allemand, Khaled Ben M’Barek, Kamel Jendoubi, Kamel Laâbidi, Sidi El Hédi, Arnaud Viviant mon Blues, Oum Zied ma mère, Slim Boukhdhir, Moncef Marzouki mon mentor, Haythem Manaâ le brave, Khemais Chammari mon Kissenger, Lumumba, mon beau frère Khemais, Rania ma petite, Khadija et Ali, mes petits hommes; pour eux, tous, je crie A M I T I E.
Jacques Chirac, Robert Menard, le Monde d’Edwy Plenel, Florence Aubenas, Chawki Tabib et Sihem Bensedrine m’ont manqué terriblement. Ce fût un temps. Les temps de la Faim et des Titans. C’est à ces hommes parmi les hommes que je me mets debout tel un soldat devant un général. Ne sont-ils pas pétris eux aussi de la même terre que moi et n’ont-ils pas laissé la même trace rouge sur les pierres. Ce sont mes gouttes de sang qui jalonnent mon chemin. Ils m’ont appris que tout homme digne d’être appelé fils de l’homme se doit de monter à son Golgotha. Ils n’ont cessé de me tyranniser et de me cingler avec le mot Montée. Sans eux, je serai un pou parmi les poux.
Que serais-je sans les autres ?
Les autres mon paradis
Ma miche de pain
Ma gourde d’eau
Mes poumons qui respirent quand j’arrête de respirer
Ma liberté quand je suis embastillé
Ma plume quand la mienne est brisée,
Ma parole quand je suis muet
Mes yeux quand le jour n’arrive plus,
Mes oreilles pour m’indiquer d’où vient le bruissement de l’Echappée…
Merci à Mes frères inaperçus, mes codétenus, tous analphabètes mais poètes : Rabii, Hassib, Labnin, Rabeh, Tarek et les autres qui ont réduit mes 180 jours de détention à une balade romantique :
Ya Zaâra, à la fraise sculptée
Trésor, ta cerise me fait souffrir
Mets ta lèvre sur ton bijou
Et laisse Dieu me damner
Pour ces vers lointains, je récidive. En prison, j’avais uniquement besoin de quelqu’un avec qui rire. C’est comme ça que nous étions : tout le temps pliés en deux.
Reconnaissance de dette à ceux qui ont fait l’affaire Ben Brik – 2009-2010 : Nouvelobs.Com, Mediapart, Rue89, Courrier International, l’Humanité, El Watan et Kalima. Ce sont eux qui ont hébergé mes missives-coupables tout le long de la campagne électorale.
A Christohe Gueugneau, Pierre Puchot, Edwy Plenel, Pierre Cherriau, Philippe Thureau – Dangin, Hassen Zerrouky, Pierre Haski. A Christophe Ayad et Jean Pierre Tuquoi qui n’ont pas réussi à me dégoter un "Rebonds" ou un "Horizon".
Reconnaissance de dette à El Jazira, ce pays pour ceux qui n’ont pas de pays. A Tunisnews, El Mawquif, Takriz, Tunisie Reveille-toi. Good morning Vietnam.
Merci à mes compagnons de Zéro heure. Devant le poste de police d’El Manar II, le jour de ma "reddition", 29 octobre, j’ai été accompagné par mes guerriers, les sages de la ville, mes chamans, tel un bandit d’honneur qui se rend. Il y avait Néjib Chebbi, Rachid Khechana, Am Ali Ben Salem, Ayachi Hammami, Mohamed Abbou, Jalloul Azzouna, Radhia Nasraoui, Mahmoud Dhaouadi, Sihem Bensedrine, Oum Zied, mes frères Jalel et Fethi et ma sœur Saida. Slim Boukhdhir a raté le rendez-vous. La nuit, la police secrète l’a "tabassé" à mort. Un autre grand absent : Hamma Hammami. Il est en cavale.
A mes avocats qui ont plaidé ma "culpabilité": le bâtonnier Bechir Essid, le bâtonnier Abdessatar Ben Moussa, Taieb Jallali et ses enfants, Naceur Laâouini, Chawki Tabib, Raouf Ayadi, Abderrazek Kilani, Chokri Belaid, Mokhtar Trif, Anouar Kousri, Cherni, Faouzi Jaballah, Bochra Bel Hadj Hamida, Mohamed Nouri, Najet Laabidi, Saida Garag, Houcine Bardi, Léa Forestier, Ayachi, Abbou, Radhia, Chebbi et les quarante autres robes dont j’ai oublié la couleur.
A tous ces drôles de sigles : RSF, CPJ, FIDH, HRW, LTDH, CNLT, SJT, FIJ, Pen Club, IFEX, ATFD, la Fondation Samir Kassir, FTCR, CRDHLT, Amnesty International , OMCT, Liberté et Equité , Nations Unis, Parlement européen…
A Souhyr Belhassen, Eric Godchtein, Michèle Rieu, Jalel Matri, Karine Gantin, Malika Zediri, Marie Christine VergiatTarek Belhiba, Omar Mestiri, Gilles Perault, Lotfi Hajji, Zeineb Farhat, Mohieddine Cherbib, Tahar Ben Hassine, Soasig Dollet, Nizar Ammami, Adel Ghezala, Fahem Boukadous, Zouheir Makhlouf, Khalti Rachida, Ahlem Belhaj, Nefissa, Fatma, Rym M, Khalti Khalwia, Halima, Akram… A ceux que j’oublie, aux cousins, aux copains, aux voisins, aux gros bras et petites mains qui ont tissé ma toile.
A Oumeya Seddik pour avoir traduit mon texte: Le poète et le tyran.
Reste la constellation. Restent ceux qui ont fait que je sois une image planétaire, 180 jours et plus durant. Je veux parler de mon bouclier médiatique. Les journalistes. La confrérie des hors la loi. A William Bourdon qui m’a demandé : "pourquoi se démènent-ils tant pour toi ?" J’ai répondu : "je suis leur frère d’armes. Je suis tombé sur le champ de bataille. Ils ne peuvent pas me laisser aux mains de l’ennemi. Je suis leur prince Koubatzov. Jessie James en quelque sorte".
La France tout d’abord où j’ai dans chaque mirador une sentinelle-ami. Au Nouvel Observateur, au Courrier International, au Monde, à Libé, au canard Enchainé, à l’AFP, à l’Humanité, au JDD, au Parisien, à Marianne, à Charlie Hebdo, à Siné Hebdo, à l’Express, au Figaro, aux Inrrockuptibles, à Regards, aux échos, à Mediapart, à Rue89, à la Croix, à Bakchiche...
A France2, France 3, TV5, France 24, Canal+, TF1, ARTE. RFI, FRANCE info, France Inter, France Culture, Europe 1, RTL, Radio Monte Carlo, Radio Orient.
Reconnaissance de dette à Philippe Val, Jérome Bony , Regis de F3, Laurent lejop, Florence beaugé, Julia Ficatier, Rosa Missaoui, Frederic Martel, Karim Sarroub, Sébastiem, Rémy Sulmon , Sylvie de F24, Emmanuelle Cosse, Gérard Biard, Slim Bagga, Nadijia Bouzergane…
La France est la base d’où sont partis mes escadrons. L’entrée, cette fois-ci, de la presse américaine a été foudroyante. Je croyais que mon frère Jalel bluffait, lorsqu’il me rapportait chaque semaine que le New York Times, le Los Angeles Times et le Washington Post écrivait sur l’affaire TBB. La presse américaine, c’est mon général cinq étoiles. Patton en personne. Même Obama, le président de tous les présidents en frémirait.
Il y a eu aussi la presse allemande, le Frankfurter, le Berliner et tous les Zeitung de la Prusse. Les Suisses aussi n’ont pas démérités : le Courrier, Info-sud, le Temps, la Tribune de Genève, 24 h…
La Belgique reste aux mains du légendaire Baoudoin Loos. Contre l’oubli, mon oubli. El Pais, la Stampa, The Independant étaient là.
L’Algérie de Omar Belhouchet, Dilem et Chawki Ammari, le Maroc d’ALI Lmrabet , le Liban d’Eskander Habach n’ont pas cessé de harceler les arrières de Ben Ali.
Mais le véritable coup de berger, je le dois à El Jazira. Durant mes 180 jours de détention, le monde ne ratait pas le feuilleton Ben Brik.
Pour l’histoire, mon histoire n’aurait jamais éclaté s’il n’y avait pas le coup de gueule de Bertrand Delanoé, maire de Paris, et le "j’accuse" de Bernard Kouchner. Ca leur a couté cher. Tunis fait toujours la gueule à Paris. Il règne encore un froid polaire entre les deux capitales.
Reconnaissance de dette à l’Elysée d’avoir reçu mon avocat William Bourdon.
Reconnaissance de dette à l’ambassadeur des Etats Unis, de Belgique et d’Allemagne qui éclairaient leurs gouvernements sans diplomatie.
Reconnaissance de dette à Obama et Hillary Clinton pour avoir toisé sans ménagement Notre Zine local. Ils ne sont pas allés de main morte. Une première. Pourvu que ça dure.
A Noel Mamère qui m’a compris, à Daniel Cohen Bendit qui a trimé, à Martine Aubry qui m’a salué, à Marie Georges Buffet qui a hissé la "bandierra rossa" mes amitiés.
A Alain Kérivin mon frère ainé.
Reconnaissance de dette à Jean Daniel pour avoir misé sur moi.
A Rachid Taha et Isabelle Adjani qui ont parrainé mon "Ben Brik, le léopard, le salopard".
Jamais Ben Ali n’a connu une campagne médiatique aussi cruelle. Elle dépasse de loin, dans sa cruauté, celle de 2000.
Ce n’est qu’un au revoir. A l’orée, une nouvelle bataille :
Guerrier ne prête pas le flanc
Sois aux aguets
Les balles sont réelles
Charge et replie-toi
La poudre est à ton chevet
Face à la mort, prend rendez-vous

TAOUFIK BEN BRIK
(Source: NouvelObs.com le 31 mai 2010)
Tunisie : Deux nouvelles Radios pour des proches de Ben Ali


Deux nouvelles radios seront lancées respectivement par Tunisia Broadcasting SA, une société créée par Cyrine Ben Ali Mabrouk en association avec les groupes Bayahi et Chakib Nouira, et par Maghreb Productions & Communications, une société de production multimédia et de communication, créée par Mourad Gueddiche et Naoufel Ben Rayana. Rapporte le site Kapitalis.
C’est en fin 2003 que la première radio privée – Mosaïque FM (MFM), a vu le jour. Limitée dans un premier au Grand Tunis, sa zone de diffusion et étendue en 2005 au Cap Bon. Deux autres paliers sont franchis avec la création de Jawhara FM (2005) puis celle de Zitouna FM (2007).
Tout comme Mosaïque FM et Jawhara FM, une particularité propre aux radio privée tunisienne fait que tous les projet agréées sont pilotés par des membres de la famille présidentielle ou de la proche cour qui les entourait.
 
(Source: "Tunisia Watch" le  | 29/05/2010 | 29:02 )

Turquie: les députés demandent le réexamen des liens avec Israël

02/06/10 15:11
ANKARA (AP) — Le Parlement turc a demandé mercredi au gouvernement le réexamen des liens politiques, militaires et économiques du pays avec Israël.
Dans une déclaration approuvée à main levée, les députés ont également estimé qu'Israël devait présenter des excuses officielles pour l'assaut de lundi contre la flottille pour Gaza, qui a fait neuf morts, verser des compensations aux familles des victimes et poursuivre les responsables en justice.
"Cette attaque est une violation ouverte des règles des Nations unies et du droit international", a affirmé le vice-président du Parlement, Guldal Mumcu, en lisant une déclaration. "La Turquie devrait rechercher la justice contre Israël via les autorités nationales et internationales légales." AP

FLOTTILLE POUR GAZA INTERCEPTÉE
Israël-Turquie : des relations au plus bas

 

Pauline de Saint Remy

L'assaut de l'armée israélienne sur une flottille d'aide humanitaire destinée à Gaza, dont le navire amiral était composé en majorité de citoyens turcs, a donné un brusque coup d'arrêt dans les relations entre la Turquie et l'État hébreu. Des relations longtemps privilégiées, mais qui n'ont cessé de se dégrader depuis fin 2008 et les opérations israéliennes à Gaza.

Les faits. Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a qualifié l'assaut de "massacre sanglant", avant de dénoncer un "acte de terrorisme d'État". Dans une conversation téléphonique avec Barack Obama, il a déclaré ensuite qu'Israël était en passe de "perdre" son ami turc, "son seul ami dans la région". Les quelque 20.000 juifs résidant en Turquie ont déjà manifesté des signes d'inquiétude, alors que l'ambassadeur turc en Israël a été rappelé. Autre signe de forte tension, les familles du personnel diplomatique israélien à Ankara ont, elles aussi, été rapatriées. Après la colère, les menaces : le ministère de la Justice turc a annoncé mercredi qu'il réfléchissait à lancer des poursuites judiciaires contre Israël. Le chef de la diplomatie turc, Ahmet Davutoglu, a déclaré de son côté : "La Turquie reverra ses relations avec Israël si ses citoyens détenus après le raid meurtrier (...) ne sont pas libérés d'ici mercredi soir."

La fin d'une longue période de coopération ? Le rapprochement des deux États s'est fait notamment à partir du début des années 1990, et particulièrement après les accords d'Oslo, en 1993, avec pour point culminant la signature de 2 accords de coopération militaire en 1996. "À l'époque, la région vivait toujours dans la perspective d'un processus de paix, et l'administration Clinton exerçait une pression pour le rapprochement entre Israël et la Turquie, qui sont deux de ses piliers traditionnels dans la région", explique Didier Billion, chercheur à l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris). Un rapprochement qui était donc dans l'intérêt de tous, selon lui : "Israël était isolé et cherchait des alliances, les Turcs étaient dans une phase compliquée de leurs relations avec l'UE et cherchaient également des points d'appui." La coopération entre les deux pays fut donc militaire, économique et surtout diplomatique. La Turquie exerçait jusqu'à récemment un rôle important de médiateur, notamment avec la Syrie. Si les opérations israéliennes sur Gaza, fin 2008, marquèrent un tournant évident dans la relation des deux pays, la tension était déjà là.

Des signes annonciateurs. Plusieurs incidents diplomatiques ont émaillé les relations entre les deux pays ces dernières années. Entre autres, des déclarations du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, qui est au pouvoir depuis mars 2003, très sévères à l'égard d'Israël, ont contribué à la montée en puissance de la tension. Mais les Turcs ne sont pas en reste : le 17 mai dernier, la signature d'un accord sur le nucléaire entre la Turquie, le Brésil et l'Iran a été qualifiée "d'imposture" par le Premier ministre, Benyamin Netanyahou. Quelques mois plus tôt, en janvier 2010, le vice-ministre israélien des Affaires étrangères, Danny Ayalon, a été à l'origine d'une querelle diplomatique qui s'est soldée par l'envoi d'une lettre d'excuse au Premier ministre turc. On lui reprochait d'avoir humilié l'ambassadeur turc en Israël. Enfin, plus spectaculaire, le coup d'éclat du Premier ministre turc, Erdogan, à Davos, qui avait claqué la porte du sommet, face à un Shimon Pérès médusé, ce qui lui avait valu d'être accueilli en héros dans son pays et encensé dans le reste du monde musulman

Le rôle d'Erdogan et les ambitions diplomatiques de la Turquie. Le réchauffement des relations, depuis quelques années, entre la Turquie et les pays arabes ou musulmans dans la région, notamment la Syrie, a été un premier facteur de tension entre les deux alliés. "Depuis 2003, la Turquie a multiplié les initiatives dans la région, et on ne peut que constater que la dégradation de ses relations avec Israël a été concomitante", constate Didier Billion. "Mais les critiques envers l'État israélien ne datent pas seulement de l'arrivée au pouvoir du Premier ministre actuel, Recep Tayyip Erdogan, contrairement à ce que l'on pourrait croire, ajoute-t-il. Les anciens gouvernements qui ne prônaient pas un islam politique étaient aussi capables de montrer leur solidarité envers la Palestine." D'autre part, le pays est porté par une opinion publique largement pro-palestinienne. "En fait, la Turquie fait de la politique, tout simplement : elle veut se faire reconnaître comme une puissance émergente dans la région. Et la question palestinienne est au coeur de cette démarche. Et, pour cela, elle déploie un plan structuré, réfléchi."

Les États-Unis continueront à jouer sur les deux tableaux. Alliés historiques des deux pays, les États-Unis ne devraient pas avoir à choisir entre l'un ou l'autre pays, selon Didier Billion. "Obama sait pertinemment que la Turquie est un appui nécessaire pour les États-Unis dans la région. D'ailleurs, la situation est tendue, mais je pense qu'il n'y aura pas de véritable rupture diplomatique entre Israël et la Turquie. Les accords militaires seront sans doute vidés de leur substance, mais pas dénoncés publiquement."

(Source: Le Point.fr Publié le 02/06/2010 à 17:28 )


Le raid israélien et ses retombées au Moyen-Orient


02 juin 2010 - 18:53
 
Les premiers signes de l’impact du raid maritime israélien apparaissent. La Turquie s’éloigne encore de l’allié israélien, tout comme l’Egypte, renforçant l’axe Damas- Téhéran. Regards d’experts suisses sur un Moyen-Orient en mouvement.

L’image de commandos d’élite israéliens assaillis par des militants pro-palestiniens armés de bâtons et de couteaux résume l’impasse d’Israël face aux réalités changeantes du Moyen-Orient.

«Les équilibres régionaux sont en train d’être modifiés et l’affaire de la flottille humanitaire risque d’accélérer ce mouvement», affirme Yves Besson, ancien diplomate suisse au Moyen-Orient. Une analyse que partage le chercheur et consultant Pascal de Crousaz, grand connaisseur également de la région.

Un nouveau champion
Après ce raid sanglant contre une flottille à forte composante turque, Ankara ne peut que poursuivre son repositionnement stratégique vers l’Asie centrale et en direction de ses voisins syriens et iraniens. Avec l’affaire de la flottille, Ankara se pose même en nouveau champion du monde arabe et musulman.

«Israël est en train de perdre un allié de longue date, constate Pascal de Crousaz. Mais le gouvernement ne semble pas pleinement réaliser l’importance de cette perte. Il suffit de penser au scénario d’une attaque israélienne contre les installations nucléaires iraniennes. L’une des voies d’accès les plus sûrs était justement celle qui passe par la Turquie.»

Comme le relèvent tant Pascal de Crousaz qu’Yves Besson, le raid maritime israélien fragilise un autre allié des Occidentaux et d’Israël: l’Egypte, qui n’a pu que desserrer le blocus de la bande de Gaza qu’elle maintenait avec Israël en rouvrant partiellement lundi le terminal de Rafah.

«Ces derniers mois, l’Egypte, en mauvais terme avec le Hamas avait renforcé le blocus de Gaza. Si la réouverture du terminal de Rafah devait perdurer ces prochaines semaines, ce serait également un changement important», souligne Pascal de Crousaz


Des alliés fragilisés
Et d’ajouter: «L’Egypte est entrée dans une phase délicate avec les présidentielles de 2011 et la question de la succession d’Hosni Moubarak. Le pouvoir égyptien va donc chercher à ménager son opinion publique devenue très anti-israélienne.»

Et ça n’est pas tout, selon Pascal de Crousaz: «Cette opération fragilise toujours plus ceux qui croient encore en un accord négocié avec Israël. Or Mahmoud Abbas (président de l’Autorité palestinienne) et son Premier ministre avaient déjà toute les peine du monde à contenir la colère et la frustration des Palestiniens et à éviter le déclenchement d’une nouvelle Intifada.»

Les Occidentaux n’y trouvent guère leur compte non plus. «Jusqu’à récemment, les Etats-Unis et l’Europe pensaient qu’il fallait rassurer et sécuriser Israël pour l’amener à faire des concessions en vue d’un accord de paix. Mais le raid de lundi confirme que cette approche n’a produit que des échecs», constate Yves Besson.

Et ce avant de rappeler un contexte hautement volatile: «Dans leur volonté de se désengager de l’Irak et de régler la question afghane comme dans le dossier du nucléaire iranien, les Etats-Unis n’avaient vraiment pas besoin de ça.»


Un plan de paix à prendre ou à laisser
Pascal de Crousaz estime pourtant que l’impact du raid israélien et les impasses qu’il met à jour pourraient renforcer une option évoquée ces derniers temps. «En concertation avec les pays impliqués formellement dans le processus de paix (Russie, Union européenne, ONU), mais aussi avec les pays arabes alliés, les Etats-Unis pourraient bien convoquer - après les élections de mi-mandat - une conférence internationale où serait présenté un plan de paix à prendre ou à laisser, un plan dont les contours sont connus depuis le plan Clinton, le plan de paix de la Ligue arabe et l’Accord de Genève.»

Déjà mal engagée, l’approche actuelle toujours défendue par Washington et l’Autorité palestinienne – des négociations indirectes entre Israéliens et Palestiniens – risque de voler en éclat dès le 25 septembre prochain, à la fin des 10 mois de gel partiel des constructions de nouvelles colonies consenti par Benyamin Netanyahou.

Une stratégie dépassée
Reste à comprendre pourquoi Israël semble s’ingénier à saper ses propres intérêts à long terme. «Le gouvernement israélien a certainement mal préparé et mal évalué l’impact de cette opération maritime, estime Pascal de Crousaz. Mais au sein de la coalition au pouvoir se trouvent des gens qui pensent qu’Israël doit continuer à maximiser ses capacités de dissuasion et ne compter que sur sa force, sans trop prêter attention aux réactions de l’opinion publique internationale. Une posture ancienne particulièrement dominante dans l’actuel gouvernement.»

Pour Yves Besson, cette posture qui constitue l’un des fondements de la politique étrangère d’Israël depuis sa création en 1948 est aujourd’hui obsolète. «Israël en reste aux paradigmes qui fonctionnaient dans la région durant la Guerre froide. Soit d’être un point d’appui des Etats-Unis dans une région hautement stratégique. Le dernier président américain à penser en ces termes était Georges W. Bush. »

«Mais aujourd’hui, ajoute l’ancien diplomate, baser la sécurité intérieure et extérieure de l’Etat d’Israël sur un usage massif de la force sans se soucier de son impact humain et médiatique ne joue plus.»

Et ce y compris au regard du droit dans un monde qui voit monter en puissance la justice internationale. «Ravager le Liban en 2006 et Gaza en 2009, tout comme cette intervention dans les eaux internationales, sans compter le blocus lui-même sont des violations du droit de la guerre, rappelle Yves Besson. Ignorer le droit ou l’interpréter à sa façon, ignorer les résolutions des Nations unies passe de plus en plus mal auprès des opinions publiques dans la région, comme dans le reste du monde.»

Frédéric Burnand, Genève, swissinfo.ch
(Source:swissinfo.ch le 2 juin 2010)

Le Conseil des droits de l’homme s’indigne des attaques israéliennes contre la flottille humanitaire et décide d’une mission d’enquête

Réactions à chaud depuis le Palais des Nations à Genève

Suivi du texte anglais de la Résolution A/HRC/14/L.1

“The Grave Attacks by Israeli Forces against the Humanitarian Boat Convoy”


 

Par Abdel Wahab Hani

32 Pour, 3 Contre (Etats-Unis, Pays-Bas et Italie), 9 Abstentions (la majorité des pays de l’Union européenne, le Japon, la Corée et le Burkina) et 2 pays n’ont pas pris part au vote (Madagascar et Zambie). La Bosnie-Herzégovine, la Norvège et la Slovénie sauvent l’honneur des démocraties occidentales, en défendant la Résolution et en votant Pour sans aucune hésitation. Les pays d’Amérique Latine marquent leur identité profondément démocratique et leur solidarité indéfectible avec les causes justes et s’éloignent, chemin faisant des standards occidentaux des deux poids-deux mesures. La Chine et la Russie apportent un soutien de poids à la Résolution, La France et la Grande Bretagne s’abstiennent. Isolés, les Etats-Unis sont le seul membre permanent du Conseil de Sécurité à s’opposer malgré leur condamnation de la flagrante violation de leur encombrant allié sioniste. Seuls les Pays-Bas et l’Italie les suivent, confirmant ainsi la fascisation de ces deux pays, observée depuis un certain temps.

Saisi d’un projet de résolution, présentée par le Pakistan au nom de l’Organisation de la Conférence Islamique et du Soudan au nom du groupe Arabe, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies s’est indigné cet après-midi des « graves attaques des forces israéliennes contre un convoi humanitaire maritime » et a décidé de la mise en place d’une mission d’établissement des faits, similaire dirigée par le Juge Goldstone.

Une première dans les travaux du Conseil, les pays arabes et musulmans ont inscrit une question d’urgence au point 1 de l’ordre du jour, à l’ouverture de la 14e session ordinaire du Conseil avant-hier lundi 31 mai. Ce point réservé aux « questions d’organisation et de procédure » est souvent expéditif et purement technique. Cette évolution donne de plus en plus de vigueur aux travaux du Conseil qui s’impose désormais comme le forum incontournable de la Communauté internationale en matière des droits humains, 3e pilier des Nations Unies avec la Paix et la Sécurité internationales (Conseil de Sécurité) et le Développement économique et social (Conseil économique et social).

Après des débats très nourris et un énorme travail dans les coulisses, le Conseil s’est prononcé, à une très large majorité, cet après-midi, mercredi 2 juin.

La résolution sans équivoque condamne dans des termes des plus vigoureux les « graves attaques israéliennes contre la flottille humanitaire ».

Le procès-verbal de séance publié par le Secrétariat du Conseil des droits de l’homme résume la teneur de cette résolution historique, instituant par ailleurs une mission internationale d’établissement des faits, semblable à celle de l’Honorable Juge Richard Goldstone et son célèbre rapport.

« Le Conseil condamne dans les termes les plus vifs l'attaque inacceptable lancée par les forces israéliennes contre la flottille d'aide humanitaire, au cours de laquelle de nombreux civils innocents de différents pays ont été tués ou blessés. Le Conseil déplore vivement la mort de civils innocents et appelle Israël à coopérer avec le Comité international de la Croix-Rouge pour rechercher et fournir des renseignements sur l'endroit où se trouvent les personnes détenues ou blessées et sur leur état. Le Conseil exige que la puissance occupante, Israël, libère immédiatement tous les hommes détenus, restitue le matériel et facilite leur retour dans leurs pays dans des conditions de sécurité. Il engage en outre Israël à lever sans délai le siège imposé à Gaza et aux territoires occupés et à garantir la fourniture sans entraves d'aide humanitaire, y compris de carburant et de soins médicaux, à la bande de Gaza occupée.

Le Conseil se félicite des déclarations faites par le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies et la Haut-Commissaire aux droits de l'homme dans lesquelles ceux-ci ont condamné les attaques israéliennes. Le Conseil demande que soient pleinement établies les responsabilités et que des enquêtes véritablement indépendantes soient menées à cet égard. Le Conseil décide d'envoyer une mission internationale indépendante d'établissement des faits pour enquêter sur les violations du droit international auxquelles ont donné lieu les attaques israéliennes contre la flottille d'aide humanitaire. Il décide enfin d'autoriser le Président du Conseil à désigner les membres de la mission d'établissement des faits. »

Cette Résolution a été approuvée par 32 pays et rejetés par les 3 inconditionnels d’Israël, 9 abstentions et 2 non participations au vote, dont voici le résumé :

Détail du vote :

32 voix pour, 3 contre, 9 abstentions, 2 non participation au vote :

Pour : Afrique du Sud, Angola, Arabie saoudite, Argentine, Bahreïn, Bangladesh, Bolivie, Bosnie-Herzégovine, Brésil, Chili, Chine, Cuba, Djibouti, Égypte, Fédération de Russie, Gabon, Ghana, Inde, Indonésie, Jordanie, Kirghizistan, Maurice, Mexique, Nicaragua, Nigéria, Norvège, Pakistan, Philippines, Qatar, Sénégal, Slovénie et Uruguay.

Contre : Etats-Unis d’Amérique, Pays-Bas, Italie

Abstentions : France, Belgique, Burkina Faso, Hongrie, Japon, Slovaquie, Ukraine, Royaume Unie, République de Corée

N’ont pas participé au vote : Madagascar, Zambie

 

Une lecture rapide dans ce vote nous permet de dégager les points suivants :

-Uns très large majorité approuve la Résolution, 32 pour sur 47 pays membres, avec seulement 3 contre. Le camp des inconditionnels de l’Etat hébreux se réduit;

-Un comportement digne de la délégation palestinienne conduite par notre ami Son Excellence l’Ambassadeur  Ibrahim Khraishi , Vice-ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, qui s’est comporté en représentant du peuple palestinien et non de l’autorité palestinienne ou du Fatah. Ce comportement hautement responsable et digne renfoncera certainement les chances de la réconciliation nationale ;

-Une magnifique prestation de l’Ambassadeur de Turquie, notre ami Son Excellence Ahmet Üzümcü qui a tenu à prendre la parole à titre prioritaire et  qui a défendu la mission civile d’aide humanitaire à bord d’une flottille battant pavillon turque. Cette défense d’un Ambassadeur à une action citoyenne privée de ses concitoyens marque une énorme évolution dans la diplomatie turque qui se comporte en représentante de la Nation turque et non de son seul gouvernement. Dans des termes très fermes, l’Ambassadeur des ottomans a tracé les pourtours de la réaction du Conseil : « Les responsabilités doivent être établies afin que les personnes responsables répondent de leurs actes. Israël doit immédiatement mettre fin au blocus imposé à Gaza, notamment sur le carburant et le matériel médical» ;

-L’ambassadeur Aharon Leshno-Yaar de l’occupation coloniale sioniste n’a réussi à convaincre personne, même ses alliés inconditionnels et a du revoir son discours a bout de 24 heures de débat, pour se présenter cet après-midi avec mesquinerie et tentatives d’engagement en cherchant à désamorcer la crise avec la communauté internationale et en multipliant les engagements de détente de son gouvernement ;

-Un bon comportement des groupes arabe, islamique et non-aligné, qui ont œuvré efficacement pour assurer le plein succès à la Résolution. L’expérience de la gestion de la mission d’enquête puis du rapport Goldstone a peris au groupe arabe, dirigé à l’époque par Son Excellence Si Abdelwahèb Jemal, notre Ambassadeur auprès des Nations Unies à Genève a été très utile pour mieux souder le groupe et éviter les marchandages tous-terrains de certaines capitales

-L’isolement des Etats-Unis d’Amérique, comme seul membre du Conseil de Sécurité des Nations Unies qui reste prisonnier de l’inconditionnalité du soutien à l’Etat hébreux par tout temps. Notant cependant un changement du discours de la délégation américaine, de plus en plus critique à l’égard de leur encombrant allié sioniste ;

-Comme lors du vote d rapport de l’honorable juge Richard Goldstone sur les possibles crimes de guerre et crimes contre l’humanité commises lors de l’opération ‘Plomb durci’ engagé par Tsahal contre la Bande de Gaza, deux pays membres du Conseil de Sécurité ont voté Pour, à savoir la Chine et la Fédération de Russie, alors que la France et le Royaume Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord se sont abstenues. Si l’abstention de la France est en deçà de ce que l’ancien ‘Pays des Lumières’ se doit en cohérence avec sa propre histoire, ses propres valeurs et son propre avenir, indissociablement lié au monde arabe, le vote britannique est à suivre de prêt, de ce fait qu’il se dissocie du vote américain, comme lors du rapport Goldstone. Les diplomates et les défenseurs arabes doivent suivre ce vote de très près, à Genève au Conseil des droits de l’homme, mais aussi à New York à l’Assemblée générale et au Conseil de Sécurité. L’heure du soutien inconditionnel britannique aux agissements d’Israël semble révolue. Cette évolution du vote britannique est porteuse d’espoir ;

-L’éclatement des divisions au sein de l’Union européenne qui n’arrive plus à tenir une position commune sur les sujets touchant à l’occupation coloniale et les discriminations de tout ordre imposées par Israël à peuple palestinien ;

-Le vote digne et hautement symbolique de certains pays européen, petits par leurs tailles et grands par leurs valeurs, à savoir la Bosnie-Herzégovine, de la Norvège et de la Slovénie, en faveur de la résolution, illustre la limite des blocs régionaux et ouvre de nouvelles perspectives aux défenseurs des causes JUSTES pour s’assurer du plus large soutien possible , condition nécessaire pour remporter la bataille contre les criminels de guerre et les auteurs des crimes contre l’humanité qui asservissent tout un peuple sous le regard complaisant des puissants ;

-La confirmation de la dérive italienne et néerlandaise qui s’observe depuis le renforcement des droits populistes alliées des mouvements d’extrême droite dans ces deux pays. Ce qui illustre la parfaite collusion et alliance entre les gouvernements d’extrême droite en Europe et l’occupation coloniale et criminelle israélienne ; l’extrême droite apparaît le principal soutien d’Israël ;

-Un fléchissement, limité mais dommageable, dans le soutien africain aux causes arabes. Ainsi l’abstention du Burkina et l’absence du vote de Madagascar et de la Zambie doit être analysée par les diplomates et les défenseurs arabes et une stratégie plus active doit être mis en place à destination de l’Afrique pour renouer les liens de solidarité du mouvement anticoloniale et anti-apartheid qui nous ont uni et nous unissent toujours avec nos frères africains ;

-Le rôle des organisations de la société civile est de plus en plus déterminant. Notant cependant la présence de plus en plus arrogante des inconditionnels d’Israël, comme la très active organisation parapluie, pompeusement appelé UN Watch plus virulente et plus haineuse que le discours des diplomates de l’Etat hébreux eux-mêmes, dans un parfait partage d e rôle. Cependant, nous regrettons l’absence quasi-totale des organisations arabes de défense des droits humains et l’une des très rares voix arabes au sein du Conseil des droits d l’homme des Nations Unies, à savoir la Commission arabe des droits humains, a été réduite au silence pendant un an du 17 juillet 20109 au 27 juillet 2010, sur une plainte d’un gouvernement arabe, à savoir l’Algérie. Les gouvernements arabes doivent revoir leur relation tendue et conflictuelle avec les organisations indépendantes de la société civile, pour leur permettre d’assumer leur rôle pleinement, y compris sur les questions fondamentales qui touchent les droits nationaux du peuple palestinien frère. La diplomatie d’aujourd’hui est triangulaire : Gouvernements, Société civil et Médias ;

-Signalons enfin une participation digne de la délégation tunisienne, conduite par Son Excellence Si Abdelwahèb Jemal, notre Représentant permanent auprès des Nations Unies à Genève qui a été le premier observateur (la Tunisie étant Observateur du Conseil qui compte 47 membres) à avoir pris la parole et à dénoncer la lâche agression du convoi humanitaire maritime. La réactivité exemplaire de la nouvelle diplomatie tunisienne, la position du Chef de l’Etat et du Gouvernement, les communiqués des deux Chambres du Parlement (Députés et Conseillers) et la manifestation unitaire des forces politiques nationales renforcent le sentiment d’une réaction digne sur le plan local, malgré les tentatives de récupération politicienne et la marginalisation de la présence des leaders de l’opposition dans le cortège de la manifestation de Tunis. L’essentiel était là et le gouvernement et les forces vives, politiques et associatives de la Société tunisienne ont apporté leur réprobation de la barbarie israélienne et leur soutien à nos frères palestiniens martyrs. Nous aurons aimé voir des réactions populaires plus généralisées dans l’ensemble du pays, le gouvernent et messieurs les Wollats / Gouverneurs  de la République doivent faciliter l’expression pacifique des tunisiennes et des tunisiens ;

 

Perspectives d’action formulées à chaud :

-Fixer l’objectif, aujourd’hui réaliste et à notre portée, de la Levée immédiate du Blocus criminel qui frappe Gaza ;

-Ne pas oublier les souffrances de nos frères plestiniens en Cisjordanie, victime des menaces des transferts de déportation de leurs terres ancèstrales, ainsi que Al-Quds Al-Sharif et ses habitants, menacés d'une politique délibérée de purification religieuse et de judéasition sioniste voulant massacrer son identité et son histoire et exterminer sa population par tous les moyens;

 

-Redoubler d’effort pour convoquer une réunion des Etats partis aux Conventions de Genève, régissant le Droit Humanitaire International;

-Mettre en œuvre les conclusions des missions d’enquête du Professeur John Dugart et de l’Honorable Juge Richard Goldstone , de l’ensemble des documents et preuves de Nations Unis, du Bureau International du travail, de l’Organisation mondiale de la Santé et de toute autre source, ainsi que répertorier toutes les violations israéliennes en vu de les déposer auprès du Procureur de la Cour pénale internationale pour poursuivre l’occupant pour ses crimes de guerre et crimes contre l’humanité. A ce titre notre pays doit travailler de concert avec l’Autorité palestinienne, la Ligue arabe et les Nations Unies pour mieux utilise les archives y afférentes de l’OLP, du Fatah et de feu le Zaïm Yasser Arafat, laissé à Tunis, tout en veillant à les protéger des risques de détérioration accidentelle ou criminelle ;

-Activer les efforts de rédaction d’un texte international visant à protéger les acteurs humanitaires, projet initié par la Commission arabe des droits humains et défendu porté depuis des années par le Bureau international de l’Action Humanitaire ;

-Mieux resserrer les liens avec nos amis turcs, sur le plan gouvernemental, diplomatique, politique et associatif. A ce titre notre Diplomatie doit resserrer les liens avec sa consœur turque. Nous suggérons que Son Excellence Si Haj Klei notre nouvel Ambassadeur en Turquie s’active dans ce sens et que Son Excellence l’Ambassadeur de Turquie en Tunisie soit reçu avec les honneurs au Ministère des Affaires étrangères, au Palais du Gouvernement et au Palais de la Présidence de la République, pour sceller une alliance tuniso-turque au service de la Paix et de la justice dans le monde. Tunisiens et Turques ont des siècles d’histoire politique commune à mettre en ouvre au service de ce noble objectif ;

-Mieux doter la diplomatie tunisienne multilatérale, notamment à Genève et à New York, en ressources humaines et financières, pour mieux porter les valeurs ancestrales de notre pays et assumer pleinement ses devoirs, spécifiquement vis-à-vis du peuple palestinien frère, sur la base de l’initiative courageuse et toujours d’actualité de feu le Zaïb Habib Bourguiba. La diplomatie tunisienne doit affirmer ses fondements historiques, ses initiatives et son rôle pionnier, ainsi que de faciliter le travail et la présence des organisations de la société civile tunisienne et arabe indépendante aux travaux de organes Onusiens ;

 

Palais des Nations, Genève

02 juin 2010

 

Âïd / Retornado, Bi Idhni Alla, Ahabba Al Mouhibboun Wa Kariha Al Karihoun

 

Abdel Wahab Hani

 

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PS : Ci-joint le Texte anglais de la Résolution, comme amendé verbalement en salle,

 

Conseil des droits de l’homme des Nations Unies,

Résolution A/RHC/14/L.1 : « Les graves attaques de forces israéliennes contre un convoi humanitaire maritime »

Adoptée le 2 juin 2010, à 14h50,

 

Human Rights Council

Fourteenth session

Agenda item 1

Organizational and procedural matters

                         Pakistan (on behalf of the Organization of Islamic Conference), Palestine*, Sudan * (on behalf of the Group of Arab States): draft resolution (*Non member states of the Human Rights Council)

                   14/… The Grave Attacks by Israeli Forces against the Humanitarian Boat Convoy

       The Human Rights Council,

       Guided by the purposes and the principles of the United Nations Charter, as well as by the provisions of the Universal Declaration for Human Rights,

       Taking into consideration the provisions of the Fourth Geneva Convention for the Protection of Civilian Persons in Times of War of 12 August 1949,

       Emphasizing the importance of the safety and well-being of all civilians including humanitarian personnel,

       Expressing grave concern also at the deepening humanitarian crisis in occupied Gaza ,

       Emphasizing the need to ensure sustained and regular flow of goods and people into occupied Gaza and welcoming the initiatives aimed at creating and opening humanitarian corridors and other mechanisms for the sustained delivery of humanitarian aid;

       1.             Condemns in the strongest terms the outrageous attack by the Israeli forces against the humanitarian flotilla of ships which resulted in the killing and injuring of many innocent civilians from different countries;

       2.             Deeply deplores the loss of life of innocent civilians and expresses its deepest sympathy and condolences to the victims and their families;

       3.             Calls upon the occupying Power Israel to fully cooperate with the International Committee of the Red Cross (ICRC) to seek and provide information on the whereabouts status and condition of the detained and injured persons

       4.             Demands the occupying Power Israel to immediately release all detained men and material and facilitate their safe return to their homelands.

       4bis.        Calls upon the occupying Power Israel to immediately lift the siege on occupied Gaza and other occupied Territories;

       5.             Calls upon the occupying Power Israel to ensure the unimpeded provision of humanitarian assistance, including of food, fuel and medical treatment to the occupied Gaza strip;

       6.             Welcomes the statements of the Secretary-General and the United Nations High Commissioner for Human Rights condemning the Israeli attacks and calls for the full accountability and credible independent inquiries into these attacks.

       7.             Decides to dispatch an independent international fact finding mission to investigate violations of international law, including international humanitarian and human rights law, resulting from the Israeli attacks on the flotilla of ships carrying humanitarian assistance.

       7bis.        Decides to authorize the President of the Council to appoint members of this independent international fact finding mission, who should report to the Council on their findings in its 15th session.

       8.             Decides to remain seized of this matter.

                                      


Israël, l’impunité jusqu’à quand ?

lundi 31 mai 2010, par Alain Gresh
L’assaut donné le 31 mai à l’aube par l’armée israélienne contre la flottille de bateaux transportant une aide humanitaire à Gaza aurait fait une vingtaine de morts. Cette attaque s’est déroulée dans les eaux internationales. Elle a suscité de nombreuses condamnations, y compris de pays européens et du gouvernement français. Bernard Kouchner a déclaré que « rien ne saurait justifier l’emploi d’une telle violence, que nous condamnons ». Plusieurs pays, dont la Suède, l’Espagne, la Turquie et la France ont convoqué l’ambassadeur israélien. La Grèce a suspendu des manœuvres aériennes avec Israël et annulé une visite du chef de l’armée de l’air israélienne.
Bien sûr, ces condamnations sont les bienvenues. Même s’il reste quelques personnes qui osent trouver des justifications à l’action israélienne. Ainsi, le porte-parole de l’UMP, l’ineffable Frédéric Lefebvre, a fait savoir, selon l’AFP, que son parti « regrette » les morts, mais dénonce les « provocations » de « ceux qui se disent les amis des Palestiniens ».
La veille de cette action militaire, faisant preuve d’une prescience qui fait partie de ses innombrables qualités, Bernard-Henri Lévy déclarait à Tel-Aviv : « Je n’ai jamais vu une armée aussi démocratique, qui se pose tellement de questions morales. » (Haaretz.com, 31 mai). Il est vrai que, lors de la guerre de Gaza, notre philosophe s’était pavané sur un char israélien pour entrer dans le territoire. Réagissant à l’attaque aujourd’hui, Lévy l’a qualifiée, selon l’AFP, de « stupide » car risquant de ternir l’image d’Israël. Pas un mot de condamnation, pas un mot de regret pour les tués...
La seule question qui se pose maintenant est de savoir quel prix le gouvernement israélien devra payer pour ce crime. Car, depuis des années, les Nations unies ont adopté des dizaines de résolutions (« Résolutions de l’ONU non respectées par Israël », Le Monde diplomatique, février 2009), l’Union européenne a voté d’innombrables textes qui demandent à Israël de se conformer au droit international, ou tout simplement au droit humanitaire, en levant, par exemple, le blocus de Gaza. Ces textes ne sont jamais suivis du moindre effet. Au contraire, l’Union européenne et les Etats-Unis récompensent Israël.
C’est ce qu’a prouvé l’admission d’Israël dans l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), la semaine dernière, et la visite en France du premier ministre israélien Nétanyahou pour assister à l’intronisation de son pays. Comme le précisait un communiqué de l’Association France-Palestine Solidarité (AFPS) du 30 avril, « Israël à l’OCDE ? Un mauvais coup contre la paix ! », cette adhésion valait acceptation de l’inclusion de la Cisjordanie et du Golan dans le « périmètre » israélien. Le fait qu’Israël se permette quelques jours plus tard d’attaquer la flottille de la paix confirme que cet Etat voit dans ces bonnes manières un feu vert pour toutes ses actions.
Cela avait déjà été le cas en décembre 2008. C’était alors l’Union européenne qui avait décidé le « rehaussement » des relations bilatérales avec Israël, donnant à cet Etat des privilèges dont ne disposaient jusque-là que quelques grandes puissances. Les chars israéliens pouvaient quelques jours plus tard partir à l’assaut du territoire de Gaza et commettre, en toute impunité, des « crimes de guerre », voire des « crimes contre l’humanité ».
Richard Falk, envoyé spécial des Nations unies pour les territoires occupés, écrivait, dans Le Monde diplomatique (mars 2009) un texte intitulé : « Nécessaire inculpation des responsables de l’agression contre Gaza ». Quelques mois plus tard, la commission des Nations unies présidée par le juge sud-africain Richard Goldstone remettait ses conclusions. Elles étaient accablantes pour Israël, même si elles n’épargnaient pas le Hamas. Le texte confirmait que c’était bien l’armée israélienne qui avait rompu le cessez-le-feu et mettait en lumière les crimes commis. Ce texte confirmait de nombreux rapports déjà publiés par Amnesty International et Human Rights Watch.
Ces textes n’ont débouché sur aucune sanction contre le gouvernement israélien. Un des arguments avancés pour justifier cette passivité est que les faits incriminés seraient l’objet d’enquêtes sérieuses en Israël, ce que dément de manière argumentée la juriste Sharon Weill, dans Le Monde diplomatique (septembre 2009) : « De Gaza à Madrid, l’assassinat ciblé de Salah Shehadeh ».
On assiste d’ailleurs en Israël à une offensive sans précédent contre les organisations de défense des droits humains, qu’elles soient internationales ou israéliennes, considérées désormais comme une menace stratégique pour l’Etat, juste après la menace de l’Iran, du Hamas et du Hezbollah. Une véritable entreprise de délégitimation se déploie contre ces organisations à travers des groupes soutenus par le gouvernement et l’extrême droite comme NGO Monitor, menée parallèlement à une guerre de propagande pour justifier l’injustifiable (lire Dominique Vidal, « Plus le mensonge est gros... », Le Monde diplomatique, février 2009). Est-il vraiment étonnant que des soldats israéliens considèrent les militants venus apporter du ravitaillement à Gaza comme des « terroristes » et les traitent comme tels ?
L’impunité durera-t-elle ou certains gouvernements oseront-ils prendre des mesures concrètes pour sanctionner Israël, pour faire comprendre à son gouvernement (et aussi à son peuple) que cette politique a un prix, que la répression a un prix, que l’occupation a un prix ?
Dans le cadre de l’Union européenne, Paris pourrait suggérer à ses partenaires de suspendre l’accord d’association en vertu de l’article 2, qui affirme explicitement qu’Israël doit protéger les droits humains (lire Isabelle Avran, « Atermoiements de l’Union européenne face à Israël », La valise diplomatique, 25 juin 2009).
La France pourrait déjà, seule, sans attendre l’accord de ses partenaires européens, prendre trois mesures :
- d’abord, et ce serait seulement se conformer au droit et aux décisions de l’Union européenne, lancer une campagne pour tracer l’origine des produits israéliens exportés en France et interdire (pas seulement taxer) les produits des colonies ;
- ensuite, affirmer que l’installation de colons dans les territoires occupés n’est pas acceptable et que ceux-ci devraient donc être soumis à une demande de visa s’ils désirent se rendre en France – une mesure facile à mettre en œuvre à partir des adresses des individus désirant visiter notre pays ;
- enfin, proclamer que des citoyens français qui effectuent leur service militaire en Israël ne sont pas autorisés à servir dans les territoires occupés. Leur participation aux actions d’une armée d’occupation pourrait entraîner des poursuites judiciaires.
Bernard Kouchner a annoncé qu’il n’y avait pas de citoyens français parmi les personnes tuées sur les bateaux. Mais sait-il s’il y a des citoyens français parmi ceux qui sont responsables de ce crime ?
(Source: "Nouvelles d´Orient" le blog du journal "Le Monde Diplomatique" le 31 mai 2010)
 

Attaques israéliennes
« L’extrême prudence » de Québec

 
 
Taïeb Moalla
 
Le gouvernement du Québec a refusé, hier, de débattre de trois motions sans préavis – dont une qu’il a lui-même déposée – portant sur la récente attaque militaire ­d’Israël, en eaux internationales, contre des navires humanitaires.
 
La première motion péquiste demandait que « l’Assemblée nationale condamne l’attaque menée par des commandos israéliens » et appuyait l’exigence onusienne de « tenir une enquête impartiale, crédible, transparente » sur le sujet.
 
Pour qu’une motion sans préavis soit débattue ou mise au vote, le consentement de tous les députés présents en Chambre est nécessaire. Or, le gouvernement n’a pas voulu accorder son feu vert. « Contra­diction évidente de la motion », a décelé Henri-François Gautrin, leader parlementaire adjoint du gouvernement.
 
Ce dernier a eu la même réaction lorsque le député de Québec solidaire, Amir Khadir, a versé sa propre motion réclamant que Québec « appuie la campagne de boycott » contre Israël.
 
« Grande neutralité »
 
Le ministre des Relations internationales, Pierre Arcand, a ensuite déposé une motion pour que le Parlement appuie la demande d’enquête de l’ONU et qu’il « regrette profondément la perte de vies humaines et les blessés ». Encore une fois, aucun débat n’était envisagé.
 
« Notre position, c’est que nous puissions adopter cette motion sans débat, ce qui est en général l’habitude dans un certain nombre de motions sans préavis », a ajouté M. Gautrin.
En entrevue au Journal, le ministre Arcand a rappelé la position de « grande neutralité » du Québec, qui est « en cohérence avec ce qui se fait au Canada », dès qu’il s’agit du dossier sensible du Proche-Orient.
 
« Il faut être extrêmement prudent. Il y a des versions très contradictoires de ce qui s’est passé (l’attaque d’Israël) il y a à peine 24 heures, a-t-il réitéré. Si ça avait été si important pour l’opposition, elle avait la période des questions pour en parler. »
 
Nullement convaincu, M. Khadir a vu dans cette posture une soumission au « chantage honteux du lobby de la droite et de l’armée israélienne » symbolisé, selon lui, par le Congrès juif canadien. La péquiste Louise Beaudoin a avoué que son parti était prêt à accepter la motion gouvernementale, « mais avec débat où chacun aurait pu marquer ses nuances ».
 
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(Source: "Le Journal de Québec" le 2 juin 2010)
 

Cuba: transfèrement de détenus vers des prisons proches de leurs familles
 
AFP / 02 juin 2010 00h00

LA HAVANE - Le gouvernement cubain a commencé mardi le transfèrement de prisonniers politiques vers des prisons situées près de leurs familles, après une médiation de l'Eglise catholique qui espère les voir libérer, selon des sources de l'opposition et des familles de détenus.
"Jusqu'à maintenant (il y a eu) trois transfèrements sur 17 possibles. Le processus a commencé, ils vont le mener entre aujourd'hui et demain", a déclaré à l'AFP Elizardo Sanchez, président de la Commission cubaine des droits de l'Homme (CCDHRN), une organisation illégale mais tolérée par le pouvoir.
Le pouvoir communiste cubain est sous pression depuis la mort fin février du prisonnier politique Orlando Zapata, 42 ans, après une grève de la faim. Ce décès controversé, déploré par les Etats-Unis et l'Union européenne, a été suivi par le jeûne de protestation de Guillermo Farinas qui réclame la libération d'au moins dix détenus politiques souffrants.
Selon Elizardo Sanchez, les prisonniers Felix Navarro et Antonio Diaz, condamnés respectivement à 25 et 20 ans de prison, détenus dans la province de Ciego de Avila, dans le centre de l'île communiste, ont été transférés dans les prisons de Matanzas et La Havane, dans l'ouest.
Diosdado Gonzalez, condamné à 20 ans de prison, est quant à lui été transféré de Pinar del Rio (ouest) vers sa province natale de Matanzas.
Ces trois hommes font partie d'un groupe de 53 dissidents arrêtés et condamnés en 2003 à des peines de 6 à 28 ans de prison, et sont considérés comme des prisonniers de conscience par l'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty international.
"L'affaire est sans importance parce que c'est un transfèrement d'une prison de haute sécurité vers une prison similaire, même si plus proche de chez soi. Mais le (vrai) sujet c'est leur liberté. Si cela précède des libérations, ce serait bien, mais c'est encore prématuré", a déclaré Elizardo Sanchez.
L'épouse de Diosdado Gonzalez, Alejandrina Garcia, a dit à l'AFP avoir été informée du transfèrement par d'autres détenus. "Cela me réjouit, parce que s'ils le mettent dans la prison d'ici, il me faut seulement 20 km pour aller le voir, mais là où mon mari doit être c'est chez lui, libre, avec sa famille".
"Pour moi, c'est un bon geste de la part du gouvernement, vu que cela fait de nombreuses années qu'ils sont hors de leurs provinces, sans tenir compte qu'ils purgent une condamnation injuste, mais c'est un pas en avant", a dit à l'AFP Gisela Sanchez, la femme d'Antonio Diaz.
Dans le cadre d'un processus de négociations, l'Eglise catholique cubaine et la dissidence attendaient ces derniers jours avec espoir mais prudence que les autorités commencent à transférer des détenus politiques dans leur province d'origine.
Si ces transfèrements étaient confirmés officiellement, il s'agirait d'un premier geste en faveur des prisonniers de la part du président Raul Castro, qui a rencontré pendant quatre heures le 19 mai le cardinal Jaime Ortega et le dirigeant de la Conférence épiscopale, Dionisio Garcia.
Selon la dissidence, sur les 200 prisonniers politiques que compte le pays, 17 sont incarcérés loin de leur lieu de résidence, et 25 ont des problèmes de santé. Les autorités affirment que ces détenus sont des mercenaires à la solde des Etats-Unis qui imposent depuis 48 ans un embargo à l'île.
Felix Navarro est un professeur de 56 ans qui militait au sein du Mouvement Tous unis, Diosdado Gonzalez un agriculteur de 45 ans qui dirigeait une section locale du Parti Paix, Démocratie et Liberté, et Antonio Diaz, un électricien de 47 ans du Mouvement chrétien de Libération d'Oswaldo Paya. Tous ces groupes sont illégaux.
 

 

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