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TUNISNEWS
11 ème année, N°4027 du 02.06.2011
archives : www.tunisnews.net

AFP: Jusqu'à 270 clandestins portés disparus au large de la Tunisie

AFP: Aucun cas de bactérie mortelle en Tunisie, assurent les autorités

Liberté et Equité: Monsieur Samir Feriani, de l’enlèvement au procès militaire - A quand le respect des droits minima ?

Le Parti desVerts pour le Progrès: Communiqué

An-NahdhaParty Statement on the Withdrawal of its Representatives in the High Committeefor the Achievement of the Aims of the Revolution from the Last Session

Mohamed Faouzi Bellalouna: Pour un nouveau Pacte Social et Républicain

Houcine Ghali: Quand Taieb Zahar, directeur de realites, prend le train de la revolution en marche

France Soir:"Dégage" élu mot de l'année 2011 par le Festival du mot

La Presse:Le Qatar décide le gel des avoirs et des biens du président déchu, de son épouse et de ses proches

Le Temps: Farhat Rajhi nommé président à la Cour de cassation

Gnet: Ennahdha dénonce "la décision unilatérale" de l’instance électorale

Le Temps: La saison des amours dans nos partis Parades, flirts, «alliances»

Le Temps :Thema Quel régime politique pour la Tunisie de demain ?

La Presse: Evacuation de plus de 700 clandestins

Kapitalis: Slim Amamou:«Le ministère de l’Intérieur est le problème de la Tunisie»,

W.M.C: Tunisie: Les dictateurs déchus et les receleurs... le cas des banques suisses

Tekiano:Tunisie : Ben Ali et l’Occident complices de la censure

Moncef Mahroug:Tunisie: La perturbation du système sécuritaire fera-t-elle exploser la criminalité?

Le Monde: Les fruits verts du "printemps arabe"

Le Figaro: Tourisme en Tunisie, redonner confiance

W.M.C: Orange Tunisie lance son Application Store


 
Jusqu'à 270 clandestins portés disparus au large de la Tunisie

De Daphné BENOIT (AFP) – Il y a 5 heures

TUNIS — Entre 200 et 270 migrants fuyant la Libye ont disparu jeudi au large des côtes tunisiennes et près de 600 autres ont pu être secourus, alors qu'ils tentaient de rejoindre l'Italie à bord d'une embarcation qui a fait naufrage, ont annoncé jeudi les autorités tunisiennes.

La garde maritime et l'armée tunisiennes étaient engagées depuis mercredi dans des opérations de secours pour ramener à terre ces réfugiés africains et asiatiques, qui tentaient de rejoindre l'île italienne de Lampedusa à bord d'un chalutier.

L'embarcation était tombé en panne mardi à 20 miles (36 km) des îles tunisiennes de Kerkennah (sud), mais de mauvaises conditions météo ont retardé les secours.

Le bateau de pêche surchargé a finalement chaviré sous le poids des passagers après des bousculades pour tenter de monter à bord des petits bateaux de sauvetage dépêchés par les autorités, selon l'agence officielle TAP.

Parmi les 570 personnes évacuées, sept blessés et eux femmes enceintes ont été emmenés à l'hôpital de Sfax (sud). Deux migrants sont décédés et leur corps a été transféré au service de médecine légale de la ville.

Quant aux autres rescapés, près de 200 ont été transférés dans la nuit de mercredi à jeudi vers le camp de réfugiés de Choucha (sud), situé à proximité de la la frontière tuniso-libyenne, à plus de 300 kilomètres de Sfax. Ils doivent être rejoints par les autres migrants ayant réchappé au naufrage.

Depuis la chute à la mi-janvier du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali et l'insurrection en Libye, l'Italie est confrontée à un afflux exceptionnel d'immigrants.

Des milliers de clandestins tunisiens, à la recherche d'un travail en Europe, et de réfugiés fuyant la guerre en Libye, affluent ces derniers mois sur la petite île de Lampedusa, située à mi-chemin entre la Sicile et la Tunisie.

Selon la protection civile italienne, quelque 40.000 migrants dont environ 20.000 immigrés tunisiens sont arrivés depuis le début de l'année sur les côtes italiennes.

Mais les naufrages de bateaux emportant ces clandestins, souvent surchargés, se produisent régulièrement ces derniers mois.

Le 6 avril, au moins 150 réfugiés somaliens et érythréens avaient trouvé la mort dans le naufrage de leur embarcation en provenance de Libye.

Mercredi, les forces armées maltaises ont secouru une embarcation avec 76 réfugiés fuyant la ville libyenne de Misrata, assiégée par les forces du colonel Mouammar Kadhafi.

Selon un bilan de l'ONU annoncé mardi, au moins 1.200 personnes ayant tenté de fuir par bateau les violences en Libye sont mortes ou portées disparues.

Au total, l'ONU estime que 893.000 personnes ont fui la Libye depuis le début de la révolte populaire contre le régime Kadhafi, en février dernier.
 

Aucun cas de bactérie mortelle en Tunisie, assurent les autorités

AFP / 02 juin 2011 18h58

TUNIS - La Tunisie, pays producteur de concombres, n'a recensé aucun cas suspect de contamination par la bactérie tueuse E.coli, a indiqué jeudi le ministère tunisien de la Santé publique.

Une commission a été constituée pour suivre l'évolution de la contamination bactérienne de légumes qui a provoqué des décès en Allemagne, et renforcer le contrôle des denrées alimentaires, précise le ministère cité par l'agence officielle TAP.

Les consommateurs tunisiens sont appelés à respecter des règles préventives, comme se laver les mains ou séparer les aliments crus des cuits.

Selon une source au ministère de l'Agriculture, la Tunisie produit entre 60.000 et 70.000 tonnes de concombres par an et n'importe pas ce légume, qui entre dans la composition de la très populaire salade tunisienne, accompagné de thon, de poivrons, de tomates et d'oignons.

La bactérie E.coli, à l'origine d'une épidémie partie d'Allemagne et qui s'étend actuellement en Europe, a déjà fait 17 morts. Elle provoque notamment de graves diarrhées et des troubles rénaux.

L'origine de cette épidémie reste pour l'heure inconnue.

La Commission européenne a levé mercredi soir la mise en garde lancée contre les concombres espagnols, un temps mis en cause.


Liberté et Equité

Organisation indépendante de droits humains

33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis

Tel/fax : 71 340 860

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Tunis, le 1er juin 2011

Monsieur Samir Feriani, de l’enlèvement au procès militaire

A quand le respect des droits minima ?


 

Monsieur Samir Feriani est sorti dimanche 29 mai 2011 à neuf heures du matin de son domicile sis à la cité des officiers à Khaznadar, et a pris la direction du marché où il comptait acheter un cadeau à sa mère à l’occasion de la fête des mères. Soudain une voiture l’a heurté d’après des témoins oculaires et selon les dires de son épouse et des membres de sa famille, elle l’a heurté sur le côté gauche où il était assis.

A bord de la voiture qui l’a heurté, il y avait quatre personnes de la Sûreté de l’Etat relevant de la lutte antiterroriste que monsieur Feriani connaissait pour leur avoir enseigné au centre de Mornag en tant que directeur du centre de formation spécialisé de l’Administration générale des services techniques, c’est ce qu’a affirmé sa famille.

Lors de cette collision calculée les quatre personnes sont descendues de la voiture et ont agressé monsieur Samir Feriani avec un instrument paralysant et l’ont conduit dans un lieu inconnu, idem pour son véhicule administratif qui contenait des documents importants.

Lorsque sa famille a pris contact avec le siège de l’Administration générale des services techniques, on a refusé de l’informer du lieu ou se trouve leur parent et lorsqu’ils ont insisté, le secrétaire privé du directeur général des services techniques les a informés qu’il était sans doute « sorti avec sa petite amie » !

Lundi 30 mai 2011, des radios nationales ont contacté l’épouse de monsieur Samir ainsi que le journal Elkhabir dans lequel Samir Feriani avait publié précédemment des articles sur des archives de la police politique et des symboles de la corruption d’alors au siège du ministère de l’Intérieur. La caserne de l’armée nationale de l’Aouina a contacté la famille de monsieur Samir et l’a informé que ce dernier était détenu chez eux et interrogé. Les militaires lui ont demandé de lui apporter ses affaires. Demain jeudi 1er juin 2011, monsieur Samir Feriani sera présenté au juge d’instruction militaire du Tribunal militaire permanent de Tunis.[…]


Pour le bureau exécutif de l’Organisation

Le Président

Maître Mohamemd Nouri

(traduction d’extraits ni revue ni corrigée par l’auteur de la version en arabe, LT)

 


Le Parti desVerts pour le Progrès
 
Tunis, le 2 juin 2011
 
Communiqué des Verts

 
Tout en renouvelantson ferme attachement à la liberté d’expression et à la défense et la promotiondu secteur des médias et de la situation matérielle et morale des journalistestunisiens, le Parti des Verts pour le Progrès met en garde contre les dériveset les dérapages exercés par quelques médias. Ces derniers tendent à porterprofondément préjudice à la déontologie et l’éthique de la profession, à altérerla noblesse du message informatif et à décevoir les revendications de l’opinionpublique et de toutes les forces démocratiques et progressistes nationales quiaspirent à voir naître en Tunisie une presse honnête, moderne et engagée apte àmette en exergue des préoccupations du citoyen tunisien qui vit une étapehistorique suite à la révolution du 14 janvier 2011.
 
Le Parti desVerts pour le Progrès condamne fermement les pratiques de certains médias quitendent à nuire à l’image de certaines personnalités nationales, à porter préjudiceà la dignité des individus et à alimenter la notion de régionalisme en divulguantdes informations fausses et erronées. Partant de sa pleine confiance en l’indépendancede la magistrature le PVP exhorte les médias de tout bord et leurs personnels às’engager à travailler avec objectivité et neutralité et à respecter l’intégritéet la dignité des personnes.
 
Le Parti desVerts pour le Progrès enregistre avec grand étonnement comment certains médiasosent délibérément diffuser de fausses informations au sujet du montant definancement des partis politiques ou de leur gestion financière et au sujet defaux chefs d’inculpations sans revenir à des sources fiables et avant même l’achèvementde la phase d’instruction par la magistrature. Les Verts considèrent ce genrede pratiques non seulement comme une grave violation à l’encontre du métier et deson éthique mais également comme étant capable d’influer sur le cours de lajustice.
 
Les informationsfictives publiées dernièrement par certains médias concernant le financement despartis et les dispositions juridiques fallacieux émis contre leurs leaders représententune violation flagrante contre la législation en cours et la déontologie dumétier et poussent les partis ainsi que leurs structures à poursuivrejuridiquement toute entité qui tenterait d’attaquer l’historique ou le militantismedes partisans et à dévoiler les basses conspirations qui se tissent contre lesicônes du parti.
 
Le Parti desVerts pour le Progrès certifie que la seule instance habilitée à avoir le bilandu financement légal et constitutionnel de notre parti est la Cours des Compteset affirme devant l’opinion publique nationale que certains partis, à l’égarddu PVP n’ont pas reçu l’intégralité de leurs subventions publiques qu’il s’agisseau niveau du financement public du parti ou celui de notre journal « LeTunisien ».
 
Le dérapage decertains médias nationaux et leur inclinaison à profaner la dignité des uns etdes autres et à diffuser intentionnellement de fausses informations ne sert àrien dans la réalisation des objectifs de la révolution tunisienne ni dans l’aboutissementdes revendications de la population tunisienne à la mise en place d’unedémocratie et d’un pluralisme réels encore moins à l’aspiration citoyenne à unepresse honnête et moderne loin de toute forme de campagne mensongère etdiffamatoire qui contribuera à semer le chaos et la confusion dont nous pouvonstous nous dépasser.
 
Le Parti desVerts pour le Progrès avertit que les graves dérapages et violations confirmentd’autant plus le penchant de certaines entités à l’éradication et à l’extirpationde l’Autre ce qui ne fait que menacer la sécurité du citoyen et la stabilité dupays.
 
Le Parti desVerts pour le Progrès
 
Par / Bureau politique
 
LeSecrétaire Général
 
Mongi Khammassi
 

 
 
An-Nahdha Party Statement on the Withdrawal of its Representatives in the High Committeefor the Achievement of the Aims of the Revolution from the Last Session

 
Inthe Name of God Most Beneficent, Most Merciful
 
 
Throughits decision to postpone the elections which were due to be held on 24 July,the High Electoral Commission has sparked a political crisis. This crisis hasled to:
 
1.The political class - the government, parties and institutions – appearing tobe breaking their pledges which had been met with wide approval when it wasannounced that the Constitution and all constitutional institutions were to besuspended and constitutive elections were to be held on 24 July. This decisionhas made Tunisians doubtful about the seriousness of the commitment to holdingelections which would represent the people's real sovereignty and end the currentunstable period of temporary rule.
 
2.The Electoral Commission's exceeding its powers and imposing its will on thepolitical class, the government and the people, its abandoning of the method ofconsensus and lack of consideration of the negative consequences of itsdecision for security, stability and investment in the country, thus questioningfurther the real motives behind this decision.
 
3.The desire of certain unelected bodies to impose their patronage over thepeople, and seeking through the Committee for the Achievement of the Aims ofthe Revolution to abandon the method of consensus-building on which it wasbuilt and instead seek to impose the preferences of some of its members, aswell as the Committee's president's abandoning neutrality.
 
Facingthis unjustified abandoning of the agreed date of 24 July, and its accompanyingcircumstances, Tunisians are right to ask whether or not this is to be the lastpostponement. This is particularly so since the decision to postpone theelections coincided with calls by bodies (of known tendencies) to abandonelections for an assembly to re-write the constitution. They are seekinginstead to replace them by unelected bodies and adopt other routes forrebuilding legitimacy that do not involve consulting the people.
 
We,an-Nahdha Movement, out of our national duty and after being forced to withdrawfrom the Monday 30 May session, suspend our participation in the High Committeefor the Achievement of the Aims of the Revolution until the adoption of adefinitive date for the elections. This decision is taken out of commitment toeffective participation in accelerating the election of legitimate institutionswhich would be the starting point for building a democratic system which wouldseek to achieve the revolution's political, economic and social aims. Webelieve that the country's interests today require the following:
 
1.Taking decisive and swift action to determine a consensual and definitive datefor the elections of the national constituent assembly after the ElectoralCommission imposed their postponement. We believe the date should take into considerationthe success of the school and university academic return, as well as thecountry's stability, security and investment. The date of 16 October wouldcause the loss of over one month of the academic year since a number ofteachers, lecturers and students will be directly involved in the elections,and a number of schools will be used as polling stations. Thus, the new datewhich is least damaging would be between 18 and 20 September.
 
2.The commitment of all parties and organisations and the government to the datethat will be announced, which cannot be unilaterally changed by anyone,including the Electoral Commission, in order to preserve credibility, nationalunity, security and stability.
 
3.Calling on the government to seek help from the United Nations' electionorganising and monitoring body, since Tunisia is a member of the UN.
 
4.That the Electoral Commission work to complete its mission in appointing localelection committees, polling stations, and election monitors, with completeneutrality and transparency so that everyone can follow the progress of the preparationsand deal with any obstacles promptly with no delay.
 
5.The Committee for the Achievement of the Aims of the Revolution's return to themethodology of consensus which it has abandoned, its rising above narrowconsiderations and working towards the success of the elections without seekingto interfere in the powers of the future constituent assembly, to become aguardian over the people or interfere in any other way.
 
 
TheMovement, while renewing its faithfulness to the revolution and its martyrs, callson the brave Tunisian people to unite to protect its revolution and worktowards achieving its principal political, economic and social aims.
 
"Andremain firm, all of you, on the rope of Allah, and be not divided"
 
Tunis,2 June 2011
 
Chairmanof an-Nahdha Movement
 
Rached Ghannouchi

Pour un nouveau Pacte Social et Républicain


L’U.G.T.T. vient de parapher un accord avec le Gouvernement provisoire le vendredi 22 avril, mettant fin à la « sous-traitance » dans le secteur public et prévoyant le recrutement d’une majeure partie des travailleurs (euses) concerné(e)s par l’état ; accord qualifié, à juste titre, « d’historique », par Monsieur Mongi Abderrahim, Secrétaire Général de la Fédération des Métiers et des Services, et par les quatre Membres de Bureau Exécutif qui l’ont signé.

 

Cet accord est le couronnement d’une lutte, bi-décennale, des Travailleur(e)s pour éradiquer cet « esclavage des temps modernes », dans cette Tunisie de la dictature. Le(la) lecteur(rice) peut être éclairé par un retour en arrière sur la génèse de ce phénomène.

Dans la foulée des privatisations et du désengagement de l’état de ses « missions marginales et non-essentielles » (Sic), ont été mises en place les structures juridiques et administratives de cette démarche. On a alors vu l’arrêt du recrutement, dans les administrations et entreprises de l’état, dans certains secteurs d’activité, et essentiellement dans ceux du gardiennage et du nettoyage, assorti d’une prolifération d’entreprises intruses, qui se sont spécialisées dans l’embauche d’une main d’œuvre de ce secteur, voulue taillable et corvéable à merci. On a alors vu, dans nombre d’administrations et entreprises de l’état, deux corps sociaux parallèles ; d’un côté les ouvrier(e)s déjà existant(e)s (que l’état n’a pu licencier !) protégé(e)s par leur statut de fonctionnaires ; et, de l’autre, les ouvrier(e)s de la « sous-traitance » , mal payé(e)s (et parfois pas du tout… je me souviens des collectes de solidarité, faites par des Collègues, pour préserver la dignité de ces gens qui travaillaient dans nos institutions, sans autre horizon que des vagues promesses de règlement de leurs arriérés de salaire, remontant à plusieurs mois…), sans couverture maladie et dont les cotisations sociales patronales n’étaient jamais payées. Il va sans dire que cet état de fait a causé une saleté et un délabrement, indescriptibles, dans nos institutions publiques du fait de cette dualité et de ce désengagement…et un malaise social et une colère citoyenne des membres permanents de ces institutions, révoltés de voir dans notre pays des travailleur(e)s subir le joug de ces « patrons » véreux. Il se trouvait, par ailleurs, que ces marchands de la sueur humaine, « néo-chefs d’entreprises », étaient issus des « milices » administratives de la dictature, de différents secteurs, récompensés pour services bien rendus…

Une première digression s’impose, à notre sens, pour éclaires les Collègues et les lecteur(rice)s, qui croient que cela n’arrive qu’aux autres…

Dans la loi de 1998 de l’enseignement supérieur (répercutant un rapport de la Banque Mondiale, honnie, et méritant d’être sujet d’un article, à elle seule !), la ‘’sous-traitance’’ a été aussi instituée dans le corps enseignant !! Dans un des articles de cette loi, parlant de « modules transversaux » d’enseignement, dans une institution universitaire donnée, il est stipulé que ce type de modules peut être pris en charge, par une autre institution, publique ou privée, tunisienne ou étrangère… La dictature ne faisait qu’attendre le moment propice pour appliquer cette loi honteuse à nos Institutions universitaires; ce moment, étant, peut-être, celui du délitement des Structures Universitaires et Syndicales dans nos institutions, objectif que la dictature poursuivait vaillamment… Il est aussi à noter, que cette sous-traitance des enseignants dans certaines filières « à problèmes », a pignon sur rue, dans d’autres contrées, à fortes tendances capitalistes…

Digression finie, de ce retour en arrière, permettez-nous de saluer la position honorable de la Centrale Syndicale, qui a modifié ses statuts pour pouvoir accueillir ces travailleur(e)s précaires, qui a soutenu leurs luttes pour leur dignité et contre la misère sociale, et combattu la prolifération de cette espèce de patrons-voyous… avec des résultats mitigés, ayant été elle-même, sous la chape de la dictature. Nous nous devons, ainsi, de saluer l’aboutissement de cette lutte de l’U.G.T.T., pour la dignité des Travailleur(e)s et contre la misère humaine…

Un autre accord, concernant l’organisation de la sous-traitance dans le secteur privé et les droits des travailleur(e)s concernés, est actuellement en cours de négociation par une commission tripartite, état-syndicat-patronat, et nous espérons qu’il fera à préserver la dignité des Citoyen(ne)s, des Travailleur(e)s et du Patronat.

Ceci nous amène dans cette contribution, à lancer un appel pour un nouveau pacte social, régissant les rapports entre les différents partenaires sociaux dans les secteurs, public et privé, dans cet ordre postrévolutionnaire., dont il est esquissé ci-dessous quelques pistes.

 

Re-anoblir le statut d’Usager.

Tout observateur du tissu économique et social du pays, sous la dictature, aura noté la naissance d’un Etat marchand, déviant gravement de sa mission de service public, dans le droit fil de la logique marchande des privatisations. On a ainsi constaté la marchandisation de tous les secteurs, y compris ceux vitaux pour les citoyens, de la Santé, de l’Education, de la Culture, des Media… et un phénomène d’alignement du secteur public sur le privé, sous prétexte de concurrence, avec un effet certain de nivellement par le bas. A titre d’exemple, la loi sur l’Enseignement Supérieur citée plus loin, prévoit des subventions de l’état aux universités privées, jusqu’à hauteur de 25% de leurs budgets, dans un contexte concomitant d’absence de moyens des institutions publiques, qui croulent sous le nombre grandissant d’étudiants… ou comment s’appauvrir pour enrichir le privé, mettre en place une Université à deux vitesses, et organiser le désengagement de l’état en bon…désordre.

Digression faite, cette contribution appelle à un prochain combat citoyen, celui de remettre l’Etat en Tunisie à sa place naturelle, i.e. au service des Citoyens, de le départir de sa logique marchande, et de faire que le Citoyen soit appréhendé par les administrations et entreprises publiques comme un usager des services publics, et non plus comme un client. L’Etat y aura pour obligation de transporter, de soigner, d’éduquer, d’informer, de protéger, et de « divertir » les citoyen(ne)s, dans les conditions, les meilleures…

L’état se devra, par ailleurs, d’inclure les compétences citoyennes, par la multiplication des structures de réflexion, autour des grands enjeux économiques et sociaux de la nation. Pour ce faire, il paraît opportun de mettre en place des ‘’Hauts Conseils’’, élus, représentatifs des intervenants sociaux et des forces vives de la nation, et dont les rapports serviraient à affiner la vision prospective et stratégique de l’état. Ces structures consultatives devront adopter une souplesse d’organisation, à même de ne pas accaparer ses membres, afin de leur permettre de mener à bien leurs activités, professionnelle, citoyenne, syndicale, politique.. dans les conditions habituelles. A titre d’exemples non exclusifs, les secteurs appelés à interpeller une telle vision stratégique, peuvent être ceux, de l’éducation, de la santé, de l’agriculture et pêche, de la recherche, des sciences et des nouvelles technologies, de l’industrie, des sports, du ‘’temps libre ’’…
 

Pour une Entreprise Citoyenne

Dans le secteur privé, et en marge de la relation organique entre le Capital, le Patronat, le « Managériat », et le Salariat, les relations entre ces différents acteurs devront être refondés, afin d’optimiser l’équilibre sociétal, seul à même d’assurer un développement économique durable, respectueux des citoyen(ne)s, des équilibres macro-économiques et des générations futures (légataires du pays à nos enfants, et non héritiers de nos parents… !)…

Certaines idées et propositions sont avancées dans cette contribution, pour ce faire, qui demandent toutefois à être plus affinées et précisées.

Une première idée a trait au concept de solidarité et de participation dans le mode d’organisation de nos entreprises. Il est ici bon d’en rappeler quelques trames… Un air à la mode dans les entreprises occidentales et multinationales est celui des stock-options, où le Capital de ces entreprises offre à leurs managers sous une forme plus ou moins sophistiquée d’intéressement, des actions de l’entreprise, selon des objectifs de résultats pré-définis. Ce rapport Capital-Manager est inspiré du concept de participation, relatif à celui des rapports Capital-Salariat, figurant dans nombre de programmes de mouvements politiques (de gauche !), au vingtième siècle, lorsque le Salariat comptait…

Cette contribution se propose de remettre au goût du jour certains de ses mécanismes, impliquant les salariés dans une participation aux structures de gestion de l’Entreprise et à une partie de son capital et ce, de manière corrélée avec la place de chacun(e) dans son organigramme managérial… Ce mode d’organisation devra préserver l’identité de l’entreprise et de ses propriétaires, tout en lui assignant l’obligation du grand respect de sa richesse humaine… Outre la réhabilitation du Travail et une plus grande implication des intervenants de l’entreprise, ainsi qu’une répartition juste des fruits de l’effort de chacun(e), une telle structuration permettrait, par son intéressement, une plus grande souplesse dans la gestion du travail et du personnel de l’entreprise, non attentatoire à ses droits, et une plus grande flexibilité volontaire de son temps de travail, entre production à ‘’flux tendu’’ et pause relative. Un tel concept pourrait s’appliquer, à titre illustratif, aux entreprises à caractère agricole ; regroupements éventuels de petites exploitations, afin d’atteindre une taille critique ; leur souplesse de gestion est alors une obligation, eu égard aux effets des « variations saisonnières » sur son rythme de travail et de production…

Il va sans dire que ce modèle, expérimental s’il en est, devra être bien expliqué aux citoyen(ne)s, et encouragé par l’état, par des incitations fiscales par exemple, et non pas être décidé de manière discrétionnaire.

Un autre secteur, méritant une certaine refonte, est celui de la sous-traitance en Tunisie des entreprises étrangères, régi par la loi, dite 72, qui se devront d’être, elles aussi, citoyennes. L’approche de l’état, quant à ce secteur, se devra ainsi d’être fondée sur les effets éventuels sur le pays, non plus seulement en matière d’employabilité mais aussi en celle axée sur la recherche-développement, le transfert de technologies et les activités à forte valeur ajoutée. L’état se devra aussi à veiller scrupuleusement aux mêmes droits, sociaux, salariaux, syndicaux… pour tous les salarié(e)s du pays ; et faire que les entreprises étrangères soient attirées par un milieu économique sain, par un certain mieux-disant humain et technologique, et non pas par un quelconque « moins-disant social ».

Pour finir, cette contribution appelle le pays à un refus clair du capitalisme sauvage et prône une croissance économique fondée sur le Travail et non sur le capital, où l’état a un rôle principal de régulation, surtout dans les secteurs stratégiques comme l’Education, la Santé, l’Agriculture… ; et sur un entreprenariat privé, responsable et citoyen, se basant sur des règles claires, dans un environnement économique sain.

Plaçons le pays, Camarades, clairement et irrémédiablement, aux antipodes du libéralisme sauvage qui a longtemps sévi en Tunisie, creusant les inégalités sociales et s’appuyant sur l’exploitation humaine et l’enrichissement illicite et indu d’une nouvelle caste de voyous-marchands de sueur. Jetons, Camarades, ce passé si récent, aux oubliettes et œuvrons à l’élévation du peuple, par la dignité, l’éducation et le travail.

 

Mohamed Faouzi Bellalouna

Universitaire, Syndicaliste

 

 


QUAND TAIEB ZAHAR, DIRECTEUR DE REALITES, PREND LE TRAIN DE LA REVOLUTION EN MARCHE

 
 
Houcine Ghali, Genève
 
Ainsi donc, sans crier gard et avec un culot qui donne la nausée, Taieb Zahar, directeur de l' hebdomadaire Rélalités, se meut maintenant en donneur de leçons dans la profession journalistique, lui qui est impliqué jusqu' au coup avec l' ancien pouvoir de Ben Ali. Ainsi donc, pour se mettre au diapason de la révolution, il s' est fendu d' un éditorial dans sa publication, il y a quelques semaines, et rapporté par Annick Cojean, dans le monde Magazine du 20 mai 2011 qui donne froid au dos et vous donne l' envie de dégueuler : " Il parait impératif, au moment où nous venons de dissoudre la police politique, de voir quels étaient les confrères qui étaient payés pour faire de la délation. Certains faisaient des rapports quotidiens en contrepartie d' avantages de toutes sortes. C' est à ce prix seulement qu' on parlera d' assainissement du secteur et qu' on pourra distinguer le bon grain de l' ivraie. C' est à ce prix enfin que nous distinguerons les vrais journalistes des mercenaires qui, profitant de cette révolution, tentent de se retrouver une nouvelle virginité. Nous exigeons la vérité ".
 
Extraordinaire mauvaise foi, incroyable mensonge, ahurissante hypocrisie! Moi qui ai connu le bonhomme durant les 12 années où j' étais correspondant de son hebdomadaire Rélalités à Genève, je jure sur l' honneur que tout le contenu de son édito cité plu haut s' applique entièrement sur sa personne et je vais le démontrer.
 
Il suffit de relire tous les numéros de Réalités depuis 1988 jusqu' à la veille du 14 janvier 2011 et vous constatez que cet hebdomadaire, en papier glacé s' il vous plait, accapare une grande partie de la publicité offerte par l' ATCE ( Agence tunisienne de communication extérieure ), qui , en tant que machine de propagande de la politique destourienne, veille à ne privilégier que les médias qui se mettent au service du pouvoir. Et effectivement, les journalistes de Réalités n' ont cessé d' encenser Ben Ali et sa politique, sans la moindre critique. Grâce à l' argent occtroyé par les pouvoirs publics, Taieb Zahar organisait et présidait de nombreux colloques internationaux dans les somptueux hôtels 5 étoiles de Gammarth pour vanter les programmes, projets et réalisations du gouvernement.
 
Mieux encore, le directeur de Réalités travaille main dans la main avec le ministère de l' Intérieur et j' ai eu l' occasion de le constater: En 1992, j' étais arrêté par la police politique à l' aéroport de Tunis-Carthage suite à un rapport concernant mes activités rédigé par un agent de la Mission de Tunisie à Genève.
 
Mon interrogatoire a duré trois jours, sans violence. J' habitais dans un hôtel de la Place et le troisième jour j' ai acheté Réalités que j' ai pris au bureau de l' agent qui m' interrogait. J' ai remarqué que, bien que je ne collabore plus avec son hebdomadaire depuis près d' une année, Taieb Zahar, pour donner de l' importance à sa publication, a gardé l' intitulé : Houcine Ghali, correspondant permanent de Réalités à Genève. En m' interrogeant sur mon activité à Genève, j' ai dit à l' agent qui m' interrogeait que je travaillais avec Réalités et je le lui ai montré sur l' hebdomadaire qui était en ma possession. Il arrête tout, se lève et a été chercher son supérieur qui se confondait en excuses et m' a dit : " Mais si Houcine, il fallait nous le dire, Réalités est des notres. Excusez-nous de vous avoir importuner et si vous avez besoin de quoi que ce soit, voici mon numéro de téléphonne ".
 
En 2005, un certain M. Jean -Pierre téléphona à Taieb Zahar pour lui proposer le dossier complet sur l' affaire Abderrahmanne Tlili. Ce dossier est accablant pour Tlili parce qu' il contient toutes les pièces officielles de la fortune que ce dernier a volée et planquée en Suisse: Comptes bancaires, immeubles, sociétés, permis de séjour fictif C, etc... et cette affaire concerne des dizaines de millions de francs suisses.
 
Taieb Zahar a promis à M. Jean-Pierre que l' affaire l' intéresse et qu' il le rappelle le plus vite possible. C' est qu' il devait consulter ses amis au ministère des l' Intérieur pour lui donner le feu vert. Effectivement, une semaine aprés, il débarqua à Genève, consulte le dossier et propose à M. Jean-Pierre de lui donner un résumer écrit de cinq pages sur l' affaire Tlili, qu' il va présenter à ses acolytes du ministère de l' Intérieur et puis l' aviser de la suite. Taieb Zahar rentre à Tunis le même jour. La police politique s' est suffit, pour ce moment là du résumé et a proposé au directeur de Réalités de tendre un piège à M. Jean-Pierre en l' invitant à Tunis pour finaliser l' affaire. Le Suisse était malin, il débarque à Tunis mais en ayant pris soin de faire parvenir en Tunisie le dossier concernant Abderrahmanne Tlili par une autre personne. A l ' aéroport de Tunis/Carthage, la police l' arrêta, le fouilla et n' ayant pas trouver le dossier, le lâcha.
 
Et c' est Taieb Zahar qui a monté tout cette affaire, lui qui dénonce maintenant " certains confrères qui faisaient des rapports quotidiens en contrepartie d' avantages de toutes sortes "!!
 
Et l' hôtel 5 étoiles Alhambra à Yasmine Hammamet que possède Taieb Zahar, comment as-t-il pu l' acquérir lui qui n' a qu' une pharmacie et cet hebdomadaire de Réalités qui ne vit qu' avec les retombées de la publicité? Aucune banque de la Place n' accorde un crédit de quelques milliards de millimes pour construire un hôtel 5 étoiles à Hammamet à quelqu' un qui n' a point d' hypothèques sérieuses. Alors, il n' y a point de doûte que Taieb Zahar a bénéficié des largesses des clans au pouvoir pour services rendus, quitte à ce qu' il perde son âme et empoisonne sa conscience.
 
C' est pourquoi, je demande à la Commission chargée de vérifier les fortunes douteuses amassées durant le règne de Ben Ali, d' interroger Taeib Zahar, car il n' y a aucun doûte qu' il a pris sa part de l' argent volé au peuple tunisien.
 
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"Dégage" élu mot de l'année 2011 par le Festival du mot


Brandie comme un étendard lors des révolutions dans les pays arabes du début de l'année, l'expression "dégage" a été choisie comme "mot de l'année" 2011 par le jury du 7e Festival du mot de La Charité-sur-Loire (Nièvre), ont annoncé mercredi les organisateurs.

Cette annonce marque l'ouverture de ce festival qui se tient du 1er au 5 juin.

Une très large majorité du jury, présidé par le linguiste Alain Rey et composé de journalistes, écrivains, sociologues ou encore sémiologues, a choisi le mot "dégage" au sein d'une liste de termes présélectionnés.
S'y côtoyaient également les termes "aggravation", "déclinisme", "girouette", "indignation", "ingérence", "laïcité", "mercato", "patrouilleur", "populisme", "ressortissant", "révolte", "succession", "syndrome", "tablette".

"Cet impératif a été brandi en Tunisie au début d'un mouvement d'insurrection populaire et pacifique, devenu une révolte puis une révolution. Dégage ! signifie à la fois partir, s'en aller, libérer ce qui est coincé, retenu ou encore déblayer, désherber, désencombrer", dit Alain Rey.

L'an dernier, la "dette" avait eu la faveur du jury, succédant à "parachute doré" (2009) et "bling-bling" en 2008.

Le poids des mots, leur pouvoir d'évocation sont depuis plusieurs années au coeur du festival qui réunit à La Charité-sur-Loire les amoureux des mots, ceux qui les manient et savent en jouer au cours d'ateliers, de conférences-débats ou d'expositions. Le programme est disponible sur le site www.festivaldumot.fr.

Le festival du mot est organisé par l'association Mot-et-MOTS qui a pour objectif la promotion et la défense du mot sous toutes ses formes artistiques et singulières. L'association encourage la diffusion de paroles venues d'ailleurs, les langues étrangères enrichissant la langue française et ses accents savoureux.

(Source : « France Soir» (Quotidien – France), le 1 Juin 2011)
 

En réponse aux commissions rogatoires adressées par la Tunisie
Le Qatar décide le gel des avoirs et des biens du président déchu, de son épouse et de ses proches


L'Etat du Qatar a émis une ordonnance judiciaire autorisant le gel des avoirs et des biens du président déchu, de son épouse et de ses proches par alliance, en réponse aux commissions rogatoires adressées par la Tunisie, a indiqué, mardi, M. Kadhem Zine El Abidine, représentant du ministère de la Justice.

Devant un auditoire de la presse nationale, il a ajouté que la Tunisie attend toujours une décision similaire du Royaume d'Arabie Saoudite qui accueille Zine El Abidine Ben Ali et sa famille, depuis le 14 janvier 2011, précisant que "les commissions rogatoires adressées par la Tunisie à l'Arabie saoudite sont parvenues aux services compétents du cabinet royal".

A cet égard, il s'est déclaré confiant que cet Etat frère donnera une suite favorable à la demande du gel des biens et avoirs volés et d'extradition de Ben Ali.

Une délégation du ministère, a-t-il expliqué, s'est rendue, récemment, au siège de l'Organisation de la police criminelle internationale «Interpol» et a réussi à convaincre le bureau des affaires juridiques que les affaires intentées par la Tunisie contre Ben Ali et ses acolytes sont d’intérêt public et dénuées de tout fondement politique.

Interpol, a-t-il expliqué, n'est pas habilitée à statuer sur les affaires à caractère politique ou racial, faisant remarquer que la police criminelle internationale a accepté d'inscrire des mandats d'amener internationaux contre 42 personnes sur sa liste rouge et de les communiquer aux Etats membres de l'Interpol, notamment le Canada où réside Belhassan Trabelsi, le frère de Leïla Ben Ali, et le Qatar où s’est réfugié Sakher Materi, gendre de Ben Ali.

De son côté, le colonel-major Mokhtar Ben Naceur, représentant du ministère de la Défense nationale, évoquant l'évolution de la situation sur la frontière tuniso-libyenne, a indiqué que trois obus sont tombés, le 28 mai 2011, dans une zone dépeuplée, au sud de Dhehiba, à la suite des affrontements entre les insurgés et les brigades pro-Kadhafi.

Il a, également, démenti l'information véhiculée par des médias à propos de l'incursion de Libyens armés dans le territoire tunisien.

Par ailleurs, le représentant du ministère de la Défense a fait état du retour au calme au camp de Choucha où des troubles avaient éclaté, récemment, soulignant que le ministre a mis l'accent, au cours de sa réunion, mardi, avec le chef du bureau de l'Afrique du Nord du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (Unhcr) que la Tunisie est un camp provisoire de réfugiés qui devront être évacués le plus vite possible.

Un programme de développement à forte employabilité pour les régions

Par ailleurs, le capitaine Mongi Kadhi, représentant du cabinet de l'Office national de la protection civile, relevant du ministère de l'Intérieur, a rappelé les efforts déployés par les forces de la Protection civile sur les frontières tuniso-libyennes, faisant remarquer qu'elles ont effectué 8.700 interventions, soit une moyenne de 102 interventions par jour et installé un système de secours dans le camp de Choucha.
Evoquant la participation de la Tunisie au Sommet du G8, le représentant du ministère des Finances Jamel Belhaj a expliqué que la Tunisie a présenté un plan économique nécessitant 25 milliards de dollars pour le quinquennat prochain, l'objectif étant de booster l'économie nationale et d'impulser le processus démocratique.

Il a ajouté que le gouvernement de transition prépare, actuellement, un programme de développement à forte employabilité, pour les régions.

A propos de la grève des agents de la douane, il a affirmé qu'il s'agit d'une grève illégale, dès lors que le ministère des Finances est en train d'étudier les revendications qui lui ont été soumises par le syndicat de base des agents de la douane.

Pour sa part, le représentant du ministère du Transport et de l'Equipement, Moufdi Mseddi, a évoqué la nomination du président-directeur général et du directeur général-adjoint de Tunisair, expliquant que leur mission consiste notamment à réduire les incidences économiques de la crise que traverse, actuellement, la compagnie et d'œuvrer à favoriser sa compétitivité.

De son côté, le représentant du ministère des Affaires sociales, Kamel Omrane, a fait état de la multiplication du nombre des grèves qui ont causé de lourdes pertes en journées de travail (277 journées).

Il a, dans ce sens, mis l'accent sur les efforts déployés par le ministère pour trouver des solutions aux revendications de la classe ouvrière, en collaboration avec l'Union générale tunisienne du travail (Ugtt).

Farhat Rajhi nommé président à la Cour de cassation


Le juge Farhat Rajhi vient d’être nommé président de la 20ème Chambre de la Cour de cassation, rapporte Business News.
Ce juge, ancien ministre de l’Intérieur, fait actuellement l’objet d’une grande polémique et d’une bataille juridique entre l’armée et le corps des magistrats et ce à la suite de propos diffamatoires.


Medias
88 autorisations de nouvelles publications

Le nombre de nouvelles publications ayant obtenu des récépissés a atteint jusqu'au mercredi 1er juin, 88 publications, annonce le ministère de l'Intérieur dans un communiqué rendu public, hier. Ces nouvelles publications se répartissent, notamment, entre quotidiens, hebdomadaires, bimensuels et mensuels.
Selon la même source, 88 demandes ne répondant pas aux conditions légales requises ont été rejetées et 14 autres sont actuellement en cours d'être examinées par les services compétents du ministère.

Gel de 3 millions de dinars appartenant à quatre partis

Le juge d’instruction près le tribunal de première instance de Tunis a décidé le gel de 3 millions de dinars appartenant à quatre partis d’opposition d’avant-la Révolution du 14 janvier :
- Les Verts
- MDS
- PLS
- PUP

(Source: « le Temps » (Quotidien – Tunis), le 2 Juin 2011)‏
http://www.letemps.com.tn/article-56385.html
 

Ennahdha dénonce "la décision unilatérale" de l’instance électorale


Publié le Mercredi 01 Juin 2011 à 15:12
Une délégation du mouvement Ennahdha composée de Rached Ghannouchi, son président, et d’Ali Laâridh et Noureddine Bhiri, membres de son bureau exécutif, s’est entretenue hier avec Béji Caïd Essebsi, Premier ministre, indique ce mercredi un communiqué d’Ennahdha.

Cette rencontre qui s’est déroulée en présence de Ridha Belhaj, secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, a été l’occasion pour évoquer "la situation générale dans le pays, à l’issue de la décision de l’instance supérieure indépendante des élections de reporter la date de l’élection de l’assemblée nationale constituante, d’une manière unilatérale et injustifiée".

Cheikh Rached Ghannouchi et ses accompagnateurs ont exprimé au Premier ministre "les craintes du mouvement et de la rue envers ces reports récurrents de l’échéance électorale, déplorant "la volonté délibérée de l’instance de prendre d’une manière unilatérale une décision grave pour le présent et l’avenir du pays, dépassant ainsi ses prérogatives". "Ce qui a touché le consensus qui constitue la seule base de légitimité dans le pays, après la suspension de la constitution", souligne le communiqué.

La délégation d’Ennahdha a renouvelé "son engagement à contribuer à la réussite de la transition démocratique, et son attachement à la consultation du peuple pour construire des institutions légitimes à travers des élections libres et transparentes dans les plus brefs délais, lesquelles élections constituent une issue pour faire face aux défis sécuritaires, économiques et sociaux auxquels se heurte le pays".

La délégation du mouvement "s’est engagée à ne ménager aucun effort pour protéger l’unité nationale, les objectifs de la révolution et assurer les conditions nécessaires à réussir les prochaines élections, dans un esprit de consensus, en plaçant l’intérêt du pays au dessus de toute autre considération".

La délégation d’Ennahdha a par ailleurs, rappelé "les obstacles qui se dressent contre la réalisation des objectifs de la révolution dans plusieurs domaines dont le développement des régions démunies, l’application de la loi d’amnistie générale, ainsi que le dossier des victimes du régime déchu, qui attendent de recouvrer leurs droits légitimes, afin qu’il soit mis fin à leur souffrance".

 
Communiqué

 
(Source : « gnet»,le 2 Juin 2011)

La saison des amours dans nos partis Parades, flirts, «alliances»:
POLYGAMIE POLITIQUE
 


Si la saison des amours s’est déjà achevée pour diverses espèces d’oiseaux migrateurs que nous accueillons tous les ans sur notre sol et qu’au sein de ces familles de volatiles, les couples formés durant le Printemps arabe en sont maintenant à élever leurs oisillons, dans nos partis politiques, les unions ne sont pas encore tout à fait scellées. On continue de se courtiser, de parader devant le ou les partenaires désirés ; certains ont franchi l’étape de l’approche amoureuse et de la séduction pour entamer un flirt en bonne et due forme.


D’autres formations sont plus discrètes sur leurs liaisons réciproques et préfèrent attendre pour porter leurs « alliances » au grand jour. En tout cas, très peu de « mariages » sont conclus et encore moins consommés, surtout que la date de l’hyménée nationale que l’on croyait définitivement fixée au 24 juillet prochain est à présent reportée au 16 octobre 2011. Et encore ! Pourvu que ce ne soit pas organisé un 3 septembre (anniversaire de Ben Ali) ou un 7 novembre (commémoration du fameux « Changement »de 1987). Il faut reconnaître, par ailleurs, que le haut comité chargé des élections de l’assemblée constituante aurait dû se rappeler que, sous nos latitudes, le mois d’octobre et l’automne d’une manière générale sont peu propices à l’organisation des noces et des grandes fêtes de familles. Et puis, avec un tel chambardement de nos calendriers (ou agendas, terme très à la mode ces derniers jours) festifs, comment les Tunisiens honoreront-ils leur propre adage railleur « mariage en été, divorce en hiver » ? Ce sont là, à notre sens, deux bons nouveaux arguments à opposer aux justifications avancées par Kamel Jendoubi and Co. pour différer la date des élections tant attendues. Toujours est-il que d’ici le jour J (J comme Jendoubi !), les 81 partis tunisiens autorisés ne chômeront certainement pas : ils poursuivront leur cour assidue autour du futur « conjoint politique ».
Ennahdha et le RCD, les plus courtisés

En effet, le mouvement des islamistes tunisiens a la cote depuis deux ou trois mois. Les pronostics lui accordent au moins 30 % des voix aux élections de la Constituante. Certains petits partis (« particules » ?) qui se savent incapables de réaliser le dixième de ce score sont actuellement en train de se rapprocher d’Ennahdha. Des nationalistes arabes de chez nous se sont tout récemment exprimés en faveur d’une telle coalition. Dans les cercles privés, ces militants panarabistes qui naguère dénonçaient les idéologies rétrogrades et l’intégrisme religieux se disent prêts aujourd’hui à faire front commun avec le mouvement de Rached Ghannouchi qu’ils considèrent désormais comme défenseur d’un Islam progressiste et anti-impérialiste. On parle aussi d’une énième idylle entre les partisans de Hamma Hammami et ceux d’Ennahdha. Ce nouveau flirt n’étonne plus les observateurs qui savent depuis belle lurette à quel point le PCOT est « proche » du parti de Ghannouchi. On dit également que le Parti Socialiste de Gauche dispute les faveurs d’Ennahdha au parti de Hamma Hammami. Pour nos islamistes, tous les prétendants sont manifestement les bienvenus sous la jebba de leur émir. Même les sans foi et surtout les sans voix ! La polygamie politique n’étant nullement prohibée, Ennahdha se laisse entourer d’à peu près une dizaine de soupirants les uns plus « chauds » que les autres ! Le RCD, parti pourtant dissous, connaît le même succès. Depuis deux mois, le PDP de Néjib Chebbi courtise assidûment les anciens membres du parti de Ben Ali. Le Mouvement Ettajdid n’a pas non plus laissé filer cette chance inouïe de renforcer ses rangs et de grignoter des voix supplémentaires très précieuses à l’heure du décompte final : cela fait près de deux mois que les dirigeants des deux partis ont sans la moindre condition ouvert leurs portes aux RCDistes ! Geste de gratitude sans doute à l’adresse des « amis » d’hier avec qui l’on partageait les sièges du Parlement, ceux du Conseil Constitutionnel, les confortables fauteuils du Palais présidentiel !
L’union fait la force et le divorce !

Nous venons d’apprendre par ailleurs qu’un pôle démocratique moderniste est en train de se former et qui réunit plusieurs partis dont Ettajdid justement. Décidément, le parti d’Ahmed Brahim fait preuve d’une impressionnante ubiquité. La nouvelle coalition à laquelle il vient d’adhérer compte provisoirement 7 formations politiques reconnues. Ses initiateurs affirment cependant que le Front sera bientôt renforcé par le ralliement d’au moins 6 autres partis et mouvements. L’union fait la force, dit-on toujours; mais on oublie constamment que parfois, l’union fait le divorce : le Front du 14 janvier a paraît-il déjà vécu ! A tout le moins, il doit avoir pris de nouvelles rides bien plus profondes que celles qu’il arborait à sa naissance ! Entre marxistes, nationalistes et baathistes des années 70 et 80, les relations n’ont jamais été au beau fixe pour plus d’une semaine ou d’un mois. De plus, ils rabâchent un discours ringard qui donne envie de se jeter dans les bras du pire sioniste ou du capitaliste le plus implacable. Ces derniers temps, ils défendent farouchement la dictature de Kadhafi et celle de Bachar Al Assad sous prétexte que les rebelles qui les combattent sont des mercenaires de l’impérialisme occidental. Ils estiment d’autre part, que le Yémen en est encore à l’âge des conflits tribaux et oublient que la Libye de Kadhafi n’a rien d’un Etat moderne. L’autre jour, un panarabiste convaincu, professeur de son métier, proposait de parler uniquement en arabe aux touristes étrangers que nous accueillons en Tunisie : comme quoi, nous leur rendrons ainsi la pareille puisque chez eux ils nous abordent dans leur langue nationale ! Ose-t-on après une telle logique s’allier à des fanatiques, à des intégristes de cette trempe ! On nous dira que ce sont là des divagations qui ne reflètent en rien les principes défendus par les Nassériens, les Yousséfistes et les Baathistes : peut-être, mais nous avons encore le souvenir tout frais d’une conférence de presse organisée par une coalition de nationalistes arabes tunisiens et pendant laquelle nous fûmes témoins de mascarades encore plus honteuses. Des Nassériens qui ne retiennent pas plus de deux ou trois mots de l’hymne panarabiste, et qui veulent créer et diriger un front nationaliste en Tunisie, ça ne doit pas constituer un bon motif de fierté pour les défenseurs invétérés de notre identité arabe !

Fidélité !

Mais il ne faudrait pas non plus gâcher le plaisir des adeptes de l’alliance, de la coalition, de l’union. Chacun a le droit de s’allier avec qui il veut. Les unions sont désormais libres, chez nous ! Des fois, elles le sont tellement qu’on se sent comme au milieu d’une immense partouze politique. Le plus important donc est de savoir de quel bébé ces unions vont accoucher ! Les optimistes voient déjà un beau nourrisson légèrement maigre mais qui saura survivre à son handicap. Les pessimistes, eux, s’attendent à entendre des vagissements de monstre dès avant le délai du 16 octobre 2011. Pendant que les uns et les autres spéculent sur les chances de « réaliser les objectifs de la Révolution », nous nous demandons pour notre part si les unions et alliances contractées entre nos nombreux partis politiques dureront aussi longtemps que les unions fidèles au sein des couples d’oiseaux migrateurs.

Badreddine BEN HENDA

(Source: « le Temps » (Quotidien – Tunis), le 2 Juin 2011)‏

http://www.letemps.com.tn/article-56381.html

 

Thema Quel régime politique pour la Tunisie de demain ?
 


Le réseau tunisien des droits des libertés et de la dignité a organisé avant-hier mardi 31 mai à l’hôtel Golden Tulip une rencontre sur le thème : Quel régime politique pour la Tunisie de demain.
Plusieurs juristes, intellectuels et présidents de partis ont assisté à cette rencontre, que ce soit en tant qu’intervenants ou en tant que participants afin d’enrichir le débat sur ce thème de l’heure qui préoccupe l’ensemble de la population toutes catégories sociales et toutes tendances confondues.


En effet, depuis l’aube de l’indépendance les responsables politiques qui se sont succédé dans les différentes fonctions, n’ont jamais eu l’idée de faire à un moment donné le bilan en quelque sorte, et par là même leur introspection pour voir ce qu’il y a à rectifier au bout de plusieurs années de pouvoir cela était dû à deux facteurs essentiels : une légitimité politique dénaturée et un peuple spolié de ses droits les plus élémentaires.

Sous Bourguiba, la légitimité était basée sur un certain charisme du leader politique qui a commencé par œuvrer à écarter tous les autres, pour finir en dictateur convaincu que le peuple lui devait cette vénération allant jusqu’à accepter avec « joie » sa désignation en tant que président à vie par les élus de la nation.

Celui qui lui a succédé par un coup d’Etat bien monté, s’est proclamé de la légitimité constitutionnelle. C’était par cette entourloupette qu’il a pu gruger tout un peuple, en faisant croire qu’il le sauvait de la catastrophe.

En réalité il ne faisait que remettre l’échéance de celle-ci à plus tard.
C’était une bombe à retardement qu’il a bien fignolée pour faire asseoir son pouvoir de dictateur déguisé en sauveur.
Sa bombe a eu l’effet inverse : elle s’est retournée contre lui.

Une bombe faite de dictature, de malversations, d’injustices et de spoliations de toute nature, lui a explosé à la figure.
Quel régime choisir désormais afin d’éviter tous ces dérapages et ces abus par les hommes du pouvoir ?
Une démocratie solidariste à la place d’une démocratie arithmétique, à l’occidentale

Pour le professeur Sadok Belaïd l’un des intervenants, il importe de ne pas reproduire intégralement les modèles de démocratie occidentale, qu’il appelle « démocratie arithmétique » c’est-à-dire qui se résout à un calcul de la majorité des voix. (50 +1)

La démocratie qu’il préconise est humaine, solidariste, à laquelle doivent participer tous les partis politiques et toutes les composantes sociales du pays.
Dans la conjoncture actuelle il faut que les partis politiques laissent plutôt le peuple choisir librement leurs représentants, et non pas user de manigances afin d’intervenir dans leurs choix.
Il faut élire une assemblée constituante qui soit représentative du peuple et élue par lui.

La Haute Instance n’a pas été à la hauteur de ses responsabilités. Elle est dans l’impasse autour d’une date.
Pour quel régime opter ?

Un régime mixte entre le présidentiel et le parlementaire et où les responsabilités sont ajustées entre l’exécutif et le législatif avec le respect du principe de la séparation des pouvoirs et des mécanismes de contrôle de l’un sur l’autre.

Des instances issues du peuple
Pour Hamma Hammami, il faut un régime parlementaire où il n’y a pas d’occasion à un pouvoir personnel.
Il importe de réorganiser les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire avec des instances issues du peuple.
L’indépendance judiciaire est nécessaire pour une bonne justice.

Les juges peuvent être élus également, du moins ceux qui sont à la tête des tribunaux judiciaires civil et pénal ainsi que le tribunal administratif et la Cour des comptes.
- Il faut donc une réorganisation de l’instance judiciaire et militaire
- Il faut également assurer le respect des libertés publiques.

En matière d’information il faut un noyau d’information élu par le peuple afin de garantir la liberté d’information.
Il faut également assurer l’égalité des sexes, la parité est un faux problème. Ce sont surtout les mentalités qui sont à changer.
Enfin la laïcité doit être conçue dans le sens de la liberté du culte au même titre que la liberté d’opinion ou d’expression.
Tenir compte de notre histoire et de notre identité arabo-musulmane

Ali Laaridh représentant d’Ennahdha est pour une modernité, qui ne renonce pas à l’identité arabo-musulmane de tous les Tunisiens.
Une modernité par laquelle on tient compte des expériences de notre histoire.

C’est la démocratie qui veillera à cette modernité avec un dialogue libre entre toutes les composantes sociales.
La démocratie en fait c’est le langage des urnes : c’est le peuple qui doit trancher.
Cela s’applique à tout régime, parlementaire ou présendentiel.

Cependant Ali Lâaridh est plutôt pour un régime mixte, avec un panachage en quelque sorte des mécanismes du régime présidentiel et ceux du régime parlementaire, de sorte à éviter un empiétement de l’exécutif sur le législatif, ou inversement.

Ethique de la responsabilité et éthique du principe
 
Le responsable du parti Al Mjd Abdelwahab Al Héni, il y a une éthique politique à respecter, que nous optons pour un régime présidentiel ou parlementraire.
Cela dit comme l’affirme Max Weber, il y a un éthique du principe et une éthique de la responsabilité.C’est celle-ci qui diffère d’une personne à l’autre.

C’est la raison pour laquelle, il importe de donner l’occasion au peuple pour choisir les gouvernants ayant une certaine éthique de la responsabilité qui tienne compte du consensus populaire de la politique à mener pour assurer les libertés et veiller au respect des droits des citoyens.
Ahmed NEMLAGHI
Décret sur le découpage électoral et création d'un commission pour statuer sur les inéligibilités à la Constituante

Le Conseil de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, la réforme politique et la transition démocratique réuni, mardi, au Bardo, a adopté le décret relatif au découpage électoral et à la répartition des sièges en fonction des circonscriptions dans les élections de la Constituante.

Cette réunion a permis d’examiner les statistiques des inscrits dans les listes électorales à l’étranger et qui ont été établies par la direction générale des Affaires consulaires au ministère des Affaires étrangères.
Quelque 218 sièges seront désignés au sein de l’Assemblée Nationale Constituante dont 19 seront réservés aux tunisiens à l’étranger. Le nombre des circonscriptions électorales a été fixé à 33 circonscriptions dont 27 en Tunisie et 6 à l’étranger.

Cette réunion a été marquée par la constitution de deux commissions : La première sera chargée de l’élaboration d’un nouveau texte du pacte républicain, alors que la deuxième aura pour mission d’établir les listes des candidats inéligibles à la Constituante, dont les responsables du RCD dissous et les personnes qui ont exhorté le président déchu à se porter candidat à l’élection présidentielle de 2014.
Certains membres du conseil de l’instance ont plaidé en faveur de la participation de la communauté tunisienne à l’étranger à ces élections, y compris les tunisiens établis en Amérique du Nord et du Sud, en Australie et au japon et dont le nombre n’excède pas 29 mille émigrés.

Ils ont, à cet effet, appelé à ne pas adopter la règle «un siège pour 60 mille habitants», instituée par le décret-loi relatif aux élections, proposant, à ce propos, d’inclure les membres de la communauté tunisienne dans ces régions du monde aux circonscriptions électorales en Europe et de les aider à accomplir leur devoir électoral.

Certains membres ont souligné la nécessité d’enquêter sur l’évolution de la situation des tunisiens établis en Libye et qui n’ont pas encore regagné le pays, depuis le déclenchement des événements dans ce pays voisin et dont le nombre s’élève, selon des statistiques, à 80 mille émigrés.

Certaines parties ont dénoncé les tentatives visant à discréditer la haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution et à entraver son fonctionnement, appelant à la nécessité de défendre cette instance qui, à leurs yeux, veille à instaurer un compromis entre les différentes composantes de la société civile, partis, organisations et structures nationales et représentants régionaux.
Il convient de noter que le Mouvement «Ennahdha» a boycotté, mardi, la réunion de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la Révolution.



(Source: « le Temps » (Quotidien – Tunis), le 2 Juin 2011)‏


http://www.letemps.com.tn/article-56382.html
 

Bateau libyen en difficulté au large de Kerkennah
Evacuation de plus de 700 clandestins


auvaises conditions météorologiques et ignorance des règles de la navigation et de la sécurité maritime ont été à l’origine de la panne d’un bateau de pêche transportant plus de 700 passagers en provenance de Libye et en direction de l’Italie. Coincé non loin de la plage de la ville de " Kraten " à Kerkennah, le bateau en difficulté a émis un appel de détresse aux autorités maritimes de Sfax. Parmi les passagers bon nombre de soldats pro-Gueddafi, des civils libyens et africains.
L’incident s’est produit mardi soir au large des îles de Kerkennah. Depuis, les efforts des unités de la Garde nationale, de l’Armée nationale et même des citoyens de la région se sont poursuivis pour évacuer les migrants clandestins dont la majorité sont des femmes et des enfants. Les opérations de sauvetage ont pris fin hier après –midi.
Dans un premier temps, les efforts se sont concentrés sur le ravitaillement en fournissant aux passagers de la nourriture, des couvertures et de l’assistance médicale. En revanche, les opérations d’évacuation qui n’ont commencé qu’hier matin, ont été très difficiles à cause des intempéries. Cela dit, le nombre important de clandestins bloqués à bord du chalutier en panne ont obligé les secouristes à donner la priorité aux enfants et aux femmes. Les opérations d’évacuation se sont poursuivies au moyen de petites embarcations qui ont rejoint un bateau de l’Armée nationale stationné dans les eaux plus profondes. Par ailleurs, plusieurs marins-pêcheurs de la région de Kerkennah ont apporté leur contribution en la matière en dépit des mauvaises conditions climatiques que connaît l’île ces derniers jours.
Rappelons que la Libye avait décidé, depuis mars dernier, de ne plus coopérer avec l'Union européenne dans sa lutte contre l'immigration clandestine. De plus, la situation actuelle en Libye rend difficile toute surveillance des frontières maritimes et amène les Libyenss à fuir la guerre.
Auteur : S.B.

(Source: «La Presse» (Quotidien – Tunis), le 2 Juin 2011)‏
http://www.lapresse.tn/01062011/30471/evacuation-de-plus-de-700-clandestins.html
 

«Le ministère de l’Intérieur est le problème de la Tunisie»,
estime Slim Amamou




En quatre mois, M. Amamou a travaillé avec deux ministres de l’Intérieur. Le premier, Farhat Rajhi, est un «ministre bien intentionné», mais «il n’a pas les armes». La preuve: il «s’est fait attaquer dans son propre ministère par les agents; il s’est fait sortir par l’armée», affirme-t-il dans une interview à ‘‘Owni’’.

«On ne peut pas virer tous les pourris d’un seul coup»

Le second, Habib Essid, «a prouvé son efficacité». «Après les exactions de la police consécutives aux propos de Rajhi, il s’est excusé, pour la première fois dans l’histoire du ministère de l’Intérieur, et le lendemain matin, il n’y a eu aucun débordement», explique M. Amamou. Selon lui, M. Essid «a prouvé qu’il pouvait reprendre la main, notamment par le biais des hauts gradés.» Résultat: «Aujourd’hui, la situation est sous contrôle.» En plus du fait que l’actuel ministre de l’Intérieur a déjà fait un passage par la maison, ce qui a facilité son intégration, M. Essid, contrairement à son prédécesseur, a compris qu’«on ne peut pas virer tous les pourris d’un seul coup» et qu’il «va falloir composer avec la situation».

Le corps de la sécurité reste cependant «hermétique». «On ne sait pas. On n’arrive déjà pas à faire la différence entre la vraie police et la fausse», explique l’ex-secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports. La preuve: «Des manifestants se sont fait tabasser par de faux policiers sous les yeux de vrais agents qui ne sont pas intervenus.»

Par ailleurs, personne ne connait le nombre de services de sécurité. M. Amamou ose même une comparaison: «Ils se sont réorganisés d’une manière très étrange, comme une cellule terroriste de type Al-Qaida».
Le célèbre blogueur, qui a été arrêté pendant la révolution et a goûté aux méthodes plutôt frustes des services de sécurité tunisiens, fait une description avisée de ces services. Son témoignage est assez intéressant: «Apparemment, le seul lien qui les unit, c’est le téléphone portable, avec lequel ils entretiennent un rapport très particulier. Pendant l’interrogatoire, lors de mon arrestation, ils allumaient leur téléphone au moment de s’en servir, et l’éteignaient quand ils avaient fini. Quand ils en avaient besoin, ils recevaient le nom et le numéro de l’agent qu’ils cherchaient à joindre. Vous imaginez à quel point ce système est décentralisé et archaïque? Pendant mon interrogatoire, les fonctionnaires avaient un pseudonyme, et moi aussi. A partir de là, même en parcourant les archives, on ne peut rien recouper.»
Un système basé sur le renseignement humain
 
Preuve que ce système est archaïque et «ne marche pas»: les policiers qui l’ont interrogé ne savaient presque rien de sa vie. «Ils sont très forts quand il s’agit de torture psychologique, mais très inefficaces dans le renseignement, notamment sur Internet. Je m’en étais rendu compte après ma première arrestation, en mai 2010. Lors des interrogatoires, ils voulaient savoir comment je connaissais telle ou telle personne. Et quand je leur disais que j’étais en relation avec des gens sans jamais les avoir rencontrés, ils étaient surpris. Leur système est basé presque exclusivement sur le renseignement humain.»
Quant à l’unité chargée, sous Ben Ali, de surveiller le web, et dont on a longtemps souligné la redoutable efficacité, elle n’a pas plus d’efficacité, aux yeux de M. Amamou. Car ses «méthodes sont les mêmes». La preuve: «Le 6 janvier, quand j’ai été arrêté pour la seconde fois, ils m’ont demandé le mot de passe de mon adresse mail. Il a fallu qu’ils me tabassent pour l’obtenir, mais c’est comme ça que ça fonctionne. Ce n’est absolument pas sophistiqué. Ils font de l’open source intelligence; ils surveillent les salafistes, mais la base de leur travail se résume à l’identification de la personne qu’ils veulent interroger.»
La description que l’ancien secrétaire d’Etat fait des services de sécurité tunisiens souligne, s’il en est encore besoin, la nécessaire réforme de ces services, qui ne sauraient continuer à fonctionner selon les méthodes anciennes, au risque de reproduire les pratiques que l’on souhaite ne plus voir dans notre pays, notamment l’extorsion de soi-disant aveux sous la torture.

Tunisie: Les dictateurs déchus et les receleurs... le cas des banques suisses


L’Association Tunisienne pour la Transparence Financière organisera une conférence internationale sur la fuite des capitaux, le droit international, les dictateurs déchus et les receleurs –Le cas des banques Suisses.
Cette conférence, qui se tiendra le samedi 11 juin à Tunis, sera animée par Jean Ziegler, vice-président du Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme des Nations unies.
Jean ZIEGLER
• Citoyen de la République de Genève.
• Vice-président du Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme des Nations unies depuis 2009.
• Membre du comité du tribunal Russell sur la Palestine.
• Rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation du conseil des droits de l’homme de l’ONU de 2000 à 2008.
• Député de Genève au Parlement fédéral suisse jusqu’en 1999.
• Professeur de sociologie à l'université de Genève jusqu'en 2002, à l'université Paris I Sorbonne.
• Avocat au barreau de Genève.
• Docteur honoris causa de: l'Université de Mons (Université libre de Bruxelles), l'Université Paris VIII, l'Université de Savoie, l’Université de Liège.
• Chevalier de l’Ordre national des Arts et des Lettres de la République
 
(Source : « webmanagercenter» , le 2 Juin 2011)
http://www.webmanagercenter.com/management/article.php?id=106624
 

Tunisie : Ben Ali et l’Occident complices de la censure


Tous les instruments qui ont été employés pour filtrer les sites web en Tunisie proviennent des pays dits démocratiques. L'Occident a ainsi prêté main forte à la dictature de l'ancien régime, moyennant finances.


La conférence de presse tenue au siège de l'Agence Tunisienne d'Internet le mardi 31 mai sur la censure des sites web a, au-delà du volet juridique permis de soulever quelques points saillants inhérents à la question. Et le moins que l'on puisse dire c'est que les intervenants n'on pas débité des sornettes! « La Tunisie n'est pas le seul pays concerné par la restriction d'accès, l'Angleterre, l'Allemagne et l'Australie ont fait l'objet de plusieurs pratiques de filtrage semblables à celles que nous avons vécues sous l'ère de Ben Ali » assène M. Moez Chakchouk, PDG de l'ATI. Et l'ingénieur poursuit : «A cet égard, la levée de la censure dans nos contrée a précédé celle de l'Allemagne et de l'Australie qui ont été exécutées respectivement le 14 avril et le 12 mai de l'année courante».
Dans le même ordre d'idées, le sémillant Pdg de l'ATI continue de cogiter à haute voix : «Aussi paradoxal que cela puisse paraitre, tous les instruments qui ont été employés pour filtrer les sites web en Tunisie proviennent des pays développés. Autant dire que des firmes d'ingénierie issues des démocraties dites authentiques ont prêté main forte à la dictature de l'ancien régime, moyennant finances. Alors qu'ils sont censés être catégoriquement contre la pratique de la censure quel que soit le motif de son application. Mais bon! Ce débat est une tout autre paire de manche...» soupire M. Moez Chakchouk. Le Pdg a relevé également que les décisions relatives à la fermeture des sites web provenaient directement du Palais de Carthage. Dument signées de la main du président-dictateur-général Ben Ali, en personne.
Le grain de sel de Néjib Belkadhi
Par ailleurs, Néjib Belkadhi n'a pas manqué de mettre son grain de sel en affirmant qu'il est hors de question d'accepter le retour progressif de la censure et de croiser les bras devant cet état de fait. «Sous l'ère de Ben Ali, les autorités ont commencé par couper l'accès aux sites Internet, ils ont fini ensuite par couper les têtes des Tunisiens. Je défie quiconque de ces avocats qui appellent aujourd'hui au filtrage des sites de charme, disant qu'il ne lui est jamais arrivé de se taper un de ces clips X qu'ils s'ingénient maintenant à faire disparaitre définitivement de la Toile» fulmine le responsable de la boite de communication Propaganda Production. «Ben Ali a dilapidé à tout va les caisses de l'Etat pour se maintenir au pouvoir. Le coût de la censure étant faramineux, nous n'allons pas laisser des avocats faire de même, au nom de la préservation des bonnes mœurs, maintenant que le peuple a arraché sa liberté» conclut-il.
L'ATI pas avertie
D'autre part, et en réponse aux propos de M. Moez Chakchouk indiquant que la séance du tribunal a été tenue sans que l'ATI ne soit avertie, l'avocat Monaem Turki a montré le constat de l'huissier de justice attestant qu'il s'est bel et bien rendu à l'ATI pour les mettre au courant du procès lancé à leur encontre. «Nous sommes fermés à l'heure de midi. De plus, il est illogique de demander la carte d'identité de la réceptionniste de l'agence pour témoigner de la réception de la convocation. Elle ne représente pas la personne morale de l'ATI» a répliqué M. Chakchouk aux allégations de l'avocat. Interrogé par Tekiano sur les mandataires de la plainte, M. Turki a rétorqué qu'il s'agit d'une initiative personnelle motivée par le souci de se plier aux règles de convenances et de la bienséance, qui forment l'essence même de notre identité arabo-musulmane.

(Source : « tekiano.com»,le 2 Juin 2011)
Tunisie: La perturbation du système sécuritaire fera-t-elle exploser la criminalité?

Par Moncef Mahroug

D’après le plus récent (mai 2011) rapport du bureau de la sécurité diplomatique du Département d’Etat américain, le taux de criminalité est jugé moyen (sur une échelle de quatre niveaux: critique, élevé, moyen et bas en Tunisie. D’après cette source, «le départ de Ben Ali a changé le paysage sécuritaire de façons qui restent à déterminer, alors que citoyens et employés du secteur public testent de nouvelles frontières. (…) Avec la liberté nouvelle acquise pour exprimer leurs griefs, des groupes aussi divers que les enseignants, étudiants, travailleurs d’usines, manœuvres, employés des télécoms, personnel d’hôtels et aéroports, et employés d’épiceries ont manifesté durant la période janvier-février».
Le rapport estime que malgré les manifestations et «incidents isolés de pillage», les principales activités criminelles sont «le vol à la tire, vol à l’arraché, et autres délits mineurs dans les régions touristiques à fort trafic comme Tunis Medina et la zone du Marché central, ainsi que les médinas et d’autres grandes villes tunisiennes».
A priori rassurantes, ces données le paraissent moins quand elles sont confrontées et complétées avec d’autres. Ainsi, cela est le cas lorsqu’on prend en considération les informations et le classement de la Tunisie en matière de population carcérale –nombre et pourcentage rapportés à la population.
En effet, au classement du nombre de prisonniers, la Tunisie figure dans le top 10, avec 31.000 personnes, derrière le «leader» incontesté, en l’occurrence l’Afrique du Sud (160.026), l’Ethiopie (80.487), l’Egypte (64.378), le Rwanda (55.000), l’Algérie (54.000), le Kenya (46.662), le Nigeria (46.000) et la Tanzanie (40.111).
Mais la Tunisie est encore plus mal lotie (elle arrive en quatrième position) lorsqu’on rapporte la population carcérale à la population du pays. Chez nous, on compte 297 prisonniers pour 100.000 habitants, soit moins que le Rwanda (545), les Seychelles (381), et l’Afrique du Sud (319), et devant le Botswana (267), le Swaziland (219), la Libye (200), le Gabon (196) et la Namibie (194).
Une consolation toutefois: les Tunisiennes sont absentes du classement de la population carcérale féminine africaine, car leur nombre est si faible qu’il n’atteint pas le taux de 1% relevé au Liberia, dernier de cette liste. Une liste en tête de laquelle se trouvent l’Ile Maurice (6,5%), le Cap Vert (5%), le Kenya (4,5%), la Sierra Leone (4,3%), l’Ouganda (4,2%), le Botswana (4,1%), Madagascar (3,9%), l’Egypte (3,7%), etc.
Mais qu’en sera-t-il à l’avenir? La criminalité ne va-t-elle pas exploser et, avec elle, la population carcérale –fortement réduite par les évasions enregistrées depuis janvier 2011? Ne couvrant que les quatre mois ayant suivi la chute du régime de Ben Ali, le rapport du bureau de la sécurité diplomatique du Département d’Etat américain ne répond pas à cette question. Toutefois, il laisse la porte ouverte à toutes les éventualités, en constatant que «les forts contrôles internes et les réseaux d’intelligence humaine qui ont tenu en échec la criminalité et d’autres éléments ont été affectés (par le changement intervenu en Tunisie, ndlr)» de manière qui reste à déterminer.

(Source : « webmanagercenter» , le 2 Juin 2011)
Les fruits verts du "printemps arabe"

LE MONDE DES LIVRES | 02.06.11 | 11h10 • Mis à jour le 02.06.11 | 11h10


Inespérée, euphorisante révolution ! "C'est l'heure où chacun goûte l'orgueil de soi", note l'universitaire Abdelwahab Meddeb, promenant ses pas sur l'avenue Habib-Bourguiba, au lendemain de la chute du régime du président Zine El-Abidine Ben Ali. Chacun en goûte, oui. Même (surtout ?) ceux qui ne l'ont pas faite. La révolution, bonne fille, ne s'en offusque pas. Pour s'être tus durant les années sombres, les habitants de Tunisie ont des excuses. Les autres ? Certains, intellectuels vivant en France, ont participé aux voyages officiels, à l'époque récente de la belle entente entre l'Elysée et le Palais de Carthage. D'autres encore, qui n'avaient rien écrit et rien dit contre le régime Ben Ali, se rattrapent. "Orgueil de soi" ou amnésie ? A Tunis, aujourd'hui, on en rit.

La Tunisie et l'Egypte hier, la Libye demain, et, après-demain peut-être, sait-on jamais ? la Syrie, le Yémen ou Bahreïn, ont eu ou auront leurs héros tardifs. Mais aussi, forcément, leurs vrais commentateurs et leurs faux spécialistes. C'est qu'il faut publier - vite ! La mode du "fast-book" impose son agenda. La Tunisie et la "révolution du jasmin" battent les records d'édition : en France, sept livres viennent de paraître en avalanche.
Car c'est par elle, la petite Tunisie, souvent décrite comme "un pays-femme, au regard de la virilité nationaliste de ses voisins", relève le psychanalyste Fethi Benslama, par elle donc, et, plus précisément, comme le souligne le romancier Tahar Ben Jelloun, "par le feu", celui de l'immolation du jeune Mohamed Bouazizi, le 17 décembre, à Sidi-Bouzid, que commence le "printemps arabe".
Avant de quitter Tunis le 13 janvier, à la veille (pas de chance) de la fuite du président Ben Ali, le journaliste Olivier Piot a passé quelques jours dans l'intérieur du pays. Pleine de lyrisme, mais aussi, hélas, d'erreurs et d'approximations, sa trop rapide chronologie des "dix jours qui ébranlèrent le monde arabe" (sic) est loin de "fournir les clés" de compréhension promises. Bouazizi est "le nom d'une vieille tribu, qui vit sur le flanc sud de la région" de Sidi-Bouzid, assure le reporter. Le martyr du 17 décembre, mort le 4 janvier, a été "enterré à quelque vingt kilomètres, chez les siens, dans sa tribu, les Horchane", rétorque Abdelwahab Meddeb dans son Printemps de Tunis. Peu importe la tribu, à vrai dire ! "La signification du nom de Bouazizi aurait-elle pourvu la scène originaire de la révolution tunisienne d'une charge symbolique puissante ?", s'interroge Fethi Benslama, rappelant qu'en langue arabe, bou désigne le père, et aziz ce qui est "cher, noble, considéré, précieux, sans prix".

Quant à l'histoire de la révolution du 14 janvier, qui fut, selon la formule de l'universitaire Anissa El Materi Hached, "un second jour d'indépendance pour la Tunisie", elle reste à écrire. Il faudra pour cela du temps - bien plus que l'étroit timing des livres pondus à chaud, à la vitesse de la Toile.

C'est "en hommage à Mohamed Bouazizi" qu'est dédié le livre de témoignages et de photos Dégage, la révolution tunisienne. De loin le plus réussi. Ses auteurs, Viviane et Mohamed-Salah Bettaïeb, ont eu l'intelligence d'être humbles. Ils ont choisi de s'effacer devant leur(s) sujet(s) : une petite centaine de Tunisiens, anonymes ou people, à qui ils ont posé trois questions - "Comment avez-vous vécu vingt-trois ans sous Ben Ali ? Comment avez-vous vécu les vingt-neuf jours de la révolution ? Comment voyez-vous l'avenir ?" On croise le récit - un peu trop brut de décoffrage, parfois - de laïques affichés et d'anciens prisonniers islamistes, ayant subi la torture, de Franco-Tunisiens (Bertrand Delanoë, Monique Ben Guiga, etc.), de figures de proue du militantisme démocratique (Souhayr Belhassen, Kamel Jendoubi, Khemais Chammari, etc.), de jeunes blogueurs et de vénérables chercheurs. Les réponses-récits sont entrecoupés de notes historiques sur la Tunisie (la Constitution de 1959, l'histoire du syndicat UGTT, le patrimoine archéologique, etc.) et, surtout, de photos - plus de cinq cents au total, qui disent, mieux que les mots, l'effervescence de ces moments de liberté inouïs.

"La Tunisie a été la preuve que c'était possible", reconnaît l'opposant égyptien Abdel Rahman Youssef, lors d'un entretien avec l'écrivain et ancien journaliste du Monde Robert Solé - dont Le Pharaon renversé est édité en même temps que L'Egypte de Tahrir, cosigné par Claude Guibal (correspondante de Libération) et Tangi Salaün (correspondant du Figaro et de L'Express). Les manifestations du 25 janvier - qui ont abouti au départ du président Hosni Moubarak, le 11 février - "ont été décidées avant les événements de Tunisie", insiste Robert Solé, lui-même né au Caire. Son livre, chronologie détaillée et rigoureusement sourcée des "dix-huit jours qui ont changé l'Egypte", est le pendant de celui de ses confrères, écrit comme un reportage au long cours, avec arrêt-séquence sur certains thèmes (les islamistes, la "maison" Moubarak, les Coptes, l'armée, etc.). Ces hors-d'oeuvre journalistiques ouvrent l'appétit - et tant mieux ! puisque vient de paraître, en guise de plat de résistance, un solide et roboratif ouvrage collectif, L'Egypte au présent, rassemblant les analyses de quarante chercheurs et universitaires. Le livre était sous presse quand la "révolution du peuple" a éclaté.

Tout - ou presque - y est fouillé, mesuré, commenté, de l'histoire politique à l'éclosion de la société civile, de la démographie aux cyber-dissidents. Cette exploration minutieuse de l'Egypte d'aujourd'hui, si longtemps baptisée Umm Al-Dunya (littéralement : "la Mère du monde"), tombe à pic. Elle donne une idée des défis auxquels va être confronté "le régime démocratique qui, espérons-le, constituera l'aboutissement du processus en cours", notent Vincent Battesti et François Ireton, qui ont codirigé le livre.

Ecrit, lui aussi, bien avant les premiers coups de semonce du "printemps arabe", La Compagnie des Tripolitaines, court roman de Kamel Ben Hameda, natif de Tripoli vivant aux Pays-Bas, offre une image presque surannée de la Libye des années 1960. A l'opposé, la biographie de Mouammar Kadhafi, Anatomie d'un tyran, oeuvre du Libanais Alexandre Najjar, est une compilation journalistique vivement menée, riche en anecdotes, mais qui laisse sur sa faim. N'est pas John Reed ou George Orwell qui veut...

Catherine Simon

(Source : « Le Monde » (Quotidien – France), le 3 Juin 2011)
Tourisme en Tunisie, redonner confiance

Envoyé spécial consacre un reportage au sujet dans ses Carnets de voyage


Carnet de voyage d'Envoyé spécial

À voir le 02/06/2011 à 20h35 sur
Le 02/06/2011 à 11:11 par Gilles Boussaingault (TV Magazine)

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Envoyé spécial a enquêté sur les difficultés du tourisme en Tunisie après la « révolution du jasmin », qui a bouleversé l'économie du pays. Si le calme est revenu, il est encore difficile de redonner confiance aux visiteurs...
La révolution qui a chassé Ben Ali du pouvoir, en Tunisie, est porteuse d'espoir pour un peuple épris de démocratie. Seulement voilà : plages et hôtels sont désertés par des vacanciers qui se méfient des violences ayant secoué le pays. « La plupart des entreprises du secteur touristique ont perdu entre 40 % et 60 % de leur chiffre d'affaires, estime Hosni Djemmali. Un chiffre énorme, alors que nous sommes en pleine saison. »

Cet entrepreneur franco-tunisien, fondateur du groupe hôtelier Sangho, en Tunisie et au Maroc, et créateur du tour-opérateur Tunisie Contact, à Paris, se désole aussi de la campagne de pub lancée par le ministre du tourisme Mehdi Houas. Celle-ci montre un homme accroupi sur un terrain de golf, avec une légende indiquant : « On dit que, en Tunisie, les balles fusent ».

Cette publicité audacieuse choque d'ailleurs de nombreux Tunisiens, qui y voient leur pays montré sous un aspect négatif. « Franchement, ça ne fait pas rêver et ça ne donne pas envie de venir », reprend Hosni Djemmali, qui regrette que les entrepreneurs du secteur n'ait pas été consultés. Alors quelles solutions ? La baisse des prix, bien sûr. Mais, là encore, pour l'homme d'affaires, cette stratégie n'en est pas une. « Diminuer les tarifs ne redonnera pas confiance aux touristes. Certains établissements ont fait l'expérience d'offrir deux chambres pour le prix d'une. Cela a été un échec. De plus, les prix ne sont déjà pas très élevés. On peut passer une semaine dans un superbe hôtel pour environ 800 ? en plein été. »

Pour cet acteur du tourisme depuis 1969, il faut vraiment rassurer les vacanciers sur l'absence de danger. Il organisera très bientôt un séjour auquel il conviera journalistes et agents de voyages, afin de leur prouver que le pays est sûr. Son but est de chasser des mémoires les images vues dans les journaux télévisés. « Je suis persuadé que l'an prochain sera une superbe année. Les gens auront oublié les événements et redécouvriront une Tunisie démocratique où il fait bon vivre, parmi des Tunisiens libres. »

(Source : « Le Figaro » (Quotidien – France), le 2 Juin 2011)
Orange Tunisie lance son Application Store
Orange Tunisie a lancé, mardi 31 mai 2011, le premier Application Store 100% tunisien. En effet Orange App Shop a été conçu et mis en œuvre exclusivement par du savoir-faire Tunisien. Orange a retenu YouVas, un partenaire local, pour la mise en œuvre de son App Shop. YouVas est un concepteur de solutions innovantes permettant la mise en place et le développement des applications mobiles, en particulier pour les marchés télécoms émergents.

webmanagercenter.com - 01 Juin 2011 15:48:00


Pour le lancement de son store, Orange souhaite promouvoir les applications locales et assurer aux développeurs une bonne visibilité. Orange s’engage à garantir 70% des revenus aux développeurs et à leur consacrer 50% de l’espace publicitaire de son store pour leur promotion.
Les clients de l’opérateur pourront découvrir en exclusivité sur le réseau 3G+ d’Orange le meilleur du savoir-faire tunisien réalisé par des start-up des grandes marques tunisiennes, des étudiants et des jeunes développeurs et profiter toutes les semaines des nouveautés Orange.
Orange met à disposition de ses clients pour le lancement de son App Shop plusieurs applications développées par les étudiants dans la cadre de projets de fin d’études au sein du Orange Devlopper Center dont Orange Viewer, Citations, Orange Services, Orange Info Plus et plus que 20 applications locales. Bien entendu, Orange Tunisie propose des applications issues du réseau international d’Orange comme Roland Garros 2011, Jardins de Versailles, ou Coach Forme.
Outre la distribution de leur application en Tunisie, les développeurs tunisiens peuvent soumettre directement leurs applications en vue de les distribuer sur l'Orange App Shop grâce au service Orange Partner Connect du Groupe Orange accessible sur www.orangepartner.com - www.orangepartner.com. Orange Partner Connect vise à offrir aux développeurs un moyen à la fois direct, rapide et transparent pour commercialiser leurs applications et de les monétiser sur les systèmes d'exploitation Android et Java. Orange Partner Connect offre aux développeurs 70% des revenus et assure le référencement et la publication de leurs applications dans l'Orange App Shop qui est aujourd’hui présent sur plus que 2.7 millions de mobiles.
L’Orange App Shop est accessible via le portail mobile Appshop.orange.tn.
Dès le 12 mai 2011, Orange Tunisie a invité les développeurs à déposer leurs applications mobiles sur l’App Shop. Cette boutique en ligne sur téléphone mobile se veut une vitrine du savoir-faire des développeurs tunisiens d’applications, et constitue un nouvel élément du programme lancé par l’opérateur en octobre 2010.
La direction d’Orange Tunisie estime que la promotion de l’ingénierie tunisienne sur l’échelle internationale à travers la création de services à valeur ajoutée est à même de permettre l’émergence d’une nouvelle économie avec un fort potentiel d’employabilité.
Le Programme Développeurs d’Orange Tunisie vise à encourager la création d’applications mobiles tunisiennes via:
- l’ouverture en décembre 2010 d’Orange DevCenter, un centre d'expertise et de développement équipé et dédié aux développeurs…;
- des ateliers de formations à Tunis, Sousse, Sfax et Bizerte ont réunis plus de 800 jeunes qui ont pu découvrir l’univers des contenus pour Smartphones et des écosystèmes…;
- des partenariats avec les grandes écoles (INSAT, ENIT, SUPCOM, ENSI, ENIG, ENISO, ISET). Plus de 450 étudiants ont pu bénéficier d’une formation de pointe en matière de Développement d’applications mobiles grâce à un module d’étude diplômant intégré dans le cursus universitaire… 11 élèves ingénieurs ont été sélectionnés avec des projets de fin d’étude très prometteurs. Ils bénéficient d’un encadrement d’experts spécialisés au sein du DevCenter d’Orange Tunisie. D’autres PFE seront sélectionnés cet été;
- concours pour les 100 meilleurs développeurs: Orange Tunisie prend en charge les frais de souscription au programme de développement Smartphone, le suivi du référencement, ainsi que la promotion du projet.

(Communiqué)

(Source : « webmanagercenter» , le 2 Juin 2011)