TUNISNEWS
5 ème année,
N°
1709 du 23.01.2005
قدس برس: انتقادات حقوقية: القضاء في تونس يفتقر إلى الاستقلال والصحافة تخضع للسلطات
الحياة: بن بلة يؤيد عفواً شاملاً في الجزائر
رشيد خشانة: الفقر والارهاب توفيق المديني: العلاقات السورية الروسية - المصالح قبل الإيديولوجيا الهادي بريك: مائة مصباح من مشكاة النبوة الحلقة الثانية والخمسون عبد الله البكوش: مقامة البكاكيش امحمد العلوي: دور التصوف في تنظيم الحق الديني بالمغرب توفيق المديني: وجه الرأسمالية الجديد - من مفارقات العولمة.. إخفاقات في التنميةوحروب في بلدان عالم الجنوب
Jaafar Karker: Communiqué sur l'état de santé de Salah Karker
CCTE: M. Ouerghemi a besoin d'avocats
M. Abdallah ZOUARI entame une grève de la faim à partir de ce dimanche 23 Janvier 2005 Appel à signatures de soutien aux familles de Zarzis Dr. Moncef Marzouki: La sécurité du point de vue des droits de l’homme
Libération du 12 décembre 2002: Salah Karker, 3327 jours sans réponse
Extraits du livre « Notre ami Ben Ali »: Salah Karker, un réfugié politique très surveillé Pour afficher les caractères arabes suivre la démarche suivante : Affichage / Codage / Arabe ( Windows ) To read arabic text click on the View then Encoding then Arabic (Windows). |
Nous avons reçu ce 23 Janvier 2005 à 21:18:59 (heure de Paris) le communiqué suivant de la part de M. Jaafar Karker, le fils aîné de M. Salah Karker :
Communiqué sur l'état de santé de Salah Karker
« Salah, Karker, assigné à résidence en France depuis plus de 11 ans a été victime d’une attaque cérébrale le 15 janvier 2005. Il est actuellement au service des soins intensifs à l’hôpital de Digne les Bains.
D’après les médecins, l’hémorragie cérébrale aurait été provoquée par une crise hypertensive dont l’origine est indéterminée.
L’état actuel de M Karker nécessite son maintien en soins intensifs dans un état de sommeil profond qui ne permet aucune visite extérieure.
Le pronostic des médecins reste réservé dû à la complication de l’accident par une infection pulmonaire. Depuis le mercredi 19 Janvier l’état de M Karker est stationnaire.
Les médecins ne prévoient pas d’amorcer le réveil avant que l’état respiratoire ne se soit amélioré. Ceci serait dans le meilleur des cas vers la fin de la semaine prochaine.
La famille Karker remercie toutes les personnes qui ont exprimé leur soutien par téléphone ou dans les forums sur Internet et leur demande de continuer à prier pour un prompt rétablissement.»
Jaafar Karker
M. Abdallah ZOUARI entame une grève de la faim
à partir de ce dimanche 23 Janvier 2005
ZARZIS le 22 Janvier 2005
Monsieur :
Permettez moi de vous mettre au courant des transgressions permanentes des droits les plus élémentaires de la citoyenneté tel que vivre sous le même toit avec ma femme et mes enfants comme si treize ans d’emprisonnement dans des conditions infernales ne leur sont pas suffisantes pour satisfaire leurs penchants rancuniers et revanchards aux dépens d’un homme qui n’a de crime que son attachement à ses droits légitimes tels que sont indiqués non seulement dans La déclaration des droits de l’homme et autres conventions internationales mais aussi dans la Constitution tunisienne.
L’administration a décidé de m’assigner à résidence dans un petit village au Sud tunisien et à 500 km de la capitale et n’a pas hésité à consacrer des gros moyens pour parvenir à dessein puisqu’elle a chargé au moins 9 policiers en civil de me guetter jour et nuit et me poursuivre partout où je me déplace.
L’administration a pris cette décision bien qu’elle connaisse mieux que tant d’autres que mon vrai lieu de résidence ne se trouve pas au Sud mais bien à Tunis car c’est là où je résidais avant mon arrestation et où résidait ma famille avant ma mise en liberté, là aussi où mes enfants poursuivent leurs études secondaires et universitaires. Pis encore, on m’a privé même de leur rendre visite pour quelques jours.
Ainsi, on m’a interdit de fêter l’Aid avec ma famille et de la rejoindre pendant les vacances scolaires hivernales. J’ai adressé plus d’une dizaine de télégrammes à toutes les autorités sécuritaires et politiques mais toujours on me réserve une réponse négative. Ma vieille mère, ma femme, ma fille ont adressé, à leur tours des télégrammes au Président de la république lui suppliant d’intervenir pour que cesse cette volonté de briser la vie de toute une famille. Mais en vain.
Ainsi je me suis trouve obligé de faire valoir mes droits les plus élémentaires et mettre fin à ce drame en recourant à d’autres méthodes, sachant que j’ai déposé une plainte auprès de la cour administrative depuis plus de deux ans contre le Ministre de l’Intérieur pour abus de pouvoir mais elle est encore dans les bas casiers du greffier.
A vous:
A tout homme libre et respectueux croyant que Notre Tunisie, sous un régime patriotique et démocratique, peut accueillir, avec toutes leurs différences, tous ses enfants qui sillonnent les quatre coins de la planète en quête d’un refuge de la persécution qui dure depuis plus de quinze ans.
A tous les Tunisiens qui oeuvrent pour l’avènement d’un régime patriotique, démocratique et humain.
A tous les Tunisiens qui ont tellement honte de ce qui se passe chez nous.
A tous ceux qui s’intéressent aux droits de l’homme sans aucune distinction.
A tous mes confrères et toutes mes consoeurs
A tous les amis d’une Tunisie libre démocratique
A tous ceux qui combattent l’injustice, l’arbitraire et le non-sens partout où ils se trouvent.
A vous tous je m’adresse pour vous informer que j’entamerai une grève limitée de la faim à partir de ce dimanche 23 Janvier 2005 pour protester contre cette politique de rancune et de vengeance menée contre toute ma famille et pour réclamer toutes les droits de la citoyenneté tels que sont garantis dans toutes les conventions humanitaires internationales.
A vous tous j’adresse ce cri alarmant espérant une prise de position claire et nette pour dire : « basta à l’injustice, basta aux transgressions de droits de l’homme, basta à ces slogans creux qui assourdissent nos oreilles tant qu’une réalité vécu au quotidien ne cesse de se détériorer et d’empirer.
A vous tous je m’adresse espérant que vous oeuvriez, chacun selon ses capacités et ses aptitudes, à mettre terme à ce drame.
A vous tous je m’adresse et j’attends votre soutien qui me sera d’un grand réconfort pour continuer ma lutte pour vivre en homme libre jouissant de tous ses droits.
Amitiés
ZOUARI Abdallah
Tél: (00216)75685300
(00216)97290491
La khriba
4134 Chammakh
TUNISIE
Appel à signatures de soutien aux
familles de Zarzis
Pour : BOURGUIBA Abderrazak (19 ans), MAHROUG Hamza, (22 ans), BEL HAJJ IBRAHIM Ridha (38 ans), GUIZA, Abdelghaffar (22 ans), RACHED Omar (22 ans), MCHAREK, Aymen (22 ans), CHLENDI Omar (22 ans).
A l'initiative de Térésa Chopin, mère d'Omar Chlendi, un groupe de soutien se met en place pour la libération des « internautes de Zarzis ». Ces internautes ont été condamnés en Tunisie pour la plupart à treize ans d'emprisonnement sans aucune preuve et ont été torturés durant leurs interrogatoires et détention.
L'objet de ce groupe de soutien est de réaliser et
encourager toutes actions concrètes pour alerter et
sensibiliser les opinions publiques et responsables
politiques ou associatifs avec le but d'obtenir la
libération de l'ensemble des prisonniers.
A cette fin, il diffuse aujourd'hui la lettre adressée
au Premier ministre français, Jean Pierre Raffarin qui
sera en visite en Tunisie à la fin du mois de janvier
avec plusieurs membres de son gouvernement.
Voilà pourquoi et afin de soutenir Térésa Chopin, mère
d'Omar Chlendi, et l'ensemble des familles et proches
des internautes de Zarzis, nous demandons à chacune et
chacun de bien vouloir signer la présente lettre au mail
suivant :
contact@zarzis.org
(Pour suivre les actions du groupe de soutien :
http://www.zarzis.org/)
M. Le Premier ministre
Hôtel de Matignon
57, rue de Varenne
75700 Paris
Monsieur le Premier Ministre,
A l'occasion de votre déplacement en Tunisie à la fin du
mois de Janvier, je reviens, une fois de plus, vers vous
afin de vous alerter sur la situation dramatique et
injuste vécue par les « internautes de Zarzis », et je
vous demande de bien vouloir mettre en œuvre toutes les
actions possibles en particulier auprès du Président de
la République Tunisienne, Monsieur Ben Ali, afin que ces
jeunes injustement condamnés soient libérés.
La tenue du Sommet Mondial sur la Société de
l'Information en Tunisie en 2005, qui veut promouvoir
les principes fondamentaux de la liberté d'expression,
d'accès à l'information et de la liberté de la presse,
ne peut que renforcer cette demande de libération pour
des internautes dont le seul tort a été la fréquentation
de sites interdits censurés.
Les peines de 13 ans d'emprisonnement ayant été
confirmées en cassation le 8 décembre dernier mon fils a
tenté de se suicider par désespoir. Il est dans un état
de santé très dégradé et privé d'assistance médicale.
Ses camarades sont également dans un état de désespoir
total dû à leurs conditions de détention.
Voilà pourquoi, il est extrêmement urgent d'intervenir
autant par souci humanitaire que par souci de justice.
J'avais adressé une demande de grâce à M. BEN ALI, mais
cette demande est restée sans réponse jusqu'à
aujourd'hui.
Monsieur le Premier ministre, la France a toujours
défendu et respecté la liberté d'expression, la liberté
de la presse et le droit à l'information ! La citoyenne
française et la maman que je suis, peut-elle espérer que
le représentant de son pays mettra tout en œuvre pour
ouvrir les portes de la liberté à ces jeunes innocents ?
D'autres personnes, anonymes, familles d'autres détenus,
associations humanitaires ou non et divers organismes
qui ont suivi toute cette affaire et qui, comme moi,
sont convaincus de l'innocence de ces jeunes me
soutiennent et s'associent aujourd'hui à ce courrier en
le co-signant avec moi.
Je vous prie de recevoir, Monsieur le Premier ministre,
l'expression de mes sentiments les meilleurs.
Térésa Chopin
(Source : le site tunisien www.reveiltunisien.org, le 22 janvier 2005)
Lieux Saints — Intempéries sur la région de Mina
Les pèlerins tunisiens regagnent La Mecque dans les meilleures conditions
A la suite des fortes pluies qui se sont abattues sur la région de Mina, où les pèlerins poursuivent l’accomplissement de leurs rites, et qui ont provoqué la montée des eaux jusqu’à près de 35 cm, le Président Zine El Abidine Ben Ali a donné ses directives aux services de l’ambassade et du consultat tunisiens au Royaume d’Arabie Saoudite, ainsi qu’aux membres de la délégation tunisienne, guides et accompagnateurs, en vue de mobiliser tous les moyens de transport nécessaires pour assurer le transfert des pèlerins tunisiens de Mina vers La Mecque.
Les pèlerins tunisiens ont ainsi été acheminés vers La Mecque dans de très bonnes conditions et aucune perte en vie humaine n’est à déplorer. Ils se trouvent actuellement sur leur lieu de résidence, entourés de toute l’attention requise.
(Source : La Presse du 23 janvier 2005)
Taswira.com
Coïncidant avec le démarrage de la Coupe du Monde de
handball, un nouveau site, le premier en Afrique et dans
le monde arabe, offrant en temps réel les meilleures
photos du tournoi aux divers utilisateurs du Web sera
incessamment lancé.
Le nouveau site, tunisien à 100%, offrira après ce baptême, une multitude de photos et de reportages photos dans les divers domaines dictés par l’actualité.
(Source : Le Quotidien du 23 janvier 2005)
Moncef Marzouki *
Le 22 Janvier, le club ‘’ Démocraties ‘’ a organisé au sénat une journée de réflexion sur le thème de la sécurité. Durant cette journée ouverte par Daniel Vaillant ancien ministre de l’intérieur, des invités de toute discipline ont été invités à donner leur point de vue et à en débattre avec la salle. Moncef Marzouki a donné le point de vue des militants des droits de l’homme.
Je remercie le club ‘’Démocraties ‘’ de m’avoir invité à cette journée sur le thème général de la sécurité.
Vous me permettrez de l’aborder du seul point de vue où je peux apporter quelque chose à savoir mon statut de militant des droits de l’homme et ma longue expérience politique avec ce concept agité à tout va par un régime où le mot sécurité sert à occulter le mot liberté pour permettre au mot corruption de gangrener l’Etat et la société à l’abri du mot impunité.
Pour un militant des droits de l’homme, le cadre à la fois paradigmatique, conceptuel et pratique, est représenté par la Déclaration Universelle des droits de l’homme (DUDH).
Curieusement la déclaration semble ignorer le mot sécurité. Il n’existe nul part une référence au droit à la sécurité comptabilisé dans la liste des droits de l’homme. Mais il ne s’agit là que d’une fausse absence.
Les droits reconnus par la DUDH peuvent être classés en trois rubriques :
1- Les droits individuels : Droit à la vie ( article 3), à la liberté (4), à l’intégrité physique (5), à la personnalité juridique(6), à l’égalité devant la loi (7), à la justice (8), à la protection contre l’arbitraire(9), à un procès équitable (10), à la vie privée (12), à la libre circulation(13), à l’asile politique(14), à une nationalité (15), à fonder une famille(16), à la propriété(17.
2-Les droits politiques : Droit à la liberté de conscience (article 18), à la liberté d’opinion(19), à la liberté d’association(20), à la participation dans la vie publique (20), à un ordre international juste (28.
3-Les droits socio-économiques : Droit à la protection sociale (article 22), au travail (23), au repos (24), à la santé (25), à l’éducation (26), à la culture(27.
L’analyse fine de ces articles montre bien que l’ensemble des éléments qui font la sécurité dans le sens large et profond sont tous là.
Il est évident que ce qui fonde au niveau d’une personne son sentiment de sécurité est sa conviction que nul ne portera atteinte à son corps, qu’il est à l’abri de l’arbitraire, que ses biens sont protégés, qu’il peut exprimer sa foi et ses opinions sans crainte de représailles, et que l’environnement social répond à ses besoins en matière de travail, de culture, de participation et de loisir.
De la même façon une communauté de personnes sera d’autant plus en sécurité que ses membres jouissent de tous leurs droits. Les serial - Killers et autres psychopathes dont l’agressivité n’est pas induite par la violation de leurs droits, sont et resteront une cause marginale dans le complexe causal global de l’insécurité. Le raisonnement est valable à l’échelle macroscopique. Bien évidemment, guerres, révolutions, répressions et autres cataclysmes de violence et d’insécurité collective sont pour l’essentiel des réactions en cascade aux violations des droits de l’homme et/ ou des peuples.
*
Nous ne ferons pas dire au texte ce qu’il ne dit pas , mais nous sommes en droit de considérer comme un signe fort la répugnance du législateur à utiliser le mot alors que tous les droits semblent n’avoir qu’un seul objectif : l’assurer .
Il faut lire ici très attentivement le préambule de la DUDH et réfléchir sur la phrase suivante
‘’ Considérant qu’il est essentiel que les Droits de l’homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint en suprême recours à la révolte contre la tyrannie et l’oppression ‘’
La notion de sécurité et même de sécurité préventive sont bien là mais les concepts ont un tout autre sens que celui qui leur est donné par les sécuritaires. Pour le législateur universel seule la jouissance des droits de l’homme est à même d’enrayer le cycle de la violence et donc d’assurer la vraie sécurité de tous. Cette varie sécurité qu’on pourrait appeler aussi la sécurité structurelle est la résultante de tous un réseau de facteurs qui la promeut, qui la protège et qui la restaure aisément si elle bute sur un accroc ou subit un accident.
Le législateur universel va plus loin. Lisons de façon très attentive les dernières lignes de la DUDH : ‘’ dans l’exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n’est soumis qu’aux limitations établies par la loi exclusivement en vue en vue d’assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d’autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l’ordre public et du bien –être général dans une société démocratique ‘’.
Le choix est donc très tranché de n’assujettir la jouissance de tous les droits, y compris à la sécurité structurelle doit être souligné qu’aux justes exigences de la loi, de la morale et de l’intérêt public. La précision est importante à souligner car dans les dictatures et notamment dans celle qui occupe mon pays, l’insécurité par absence de sécurité structurelle est la grande
Excuse pour suspendre les libertés quand elles existent où en renvoyer la jouissance aux calendes grecques quand elles sont réclamées par les démocrates.
*
Ceci nous amène à poser une question subsidiaire rarement posée : A qui s’adresse le législateur universel par sa Déclaration ?
Lue à ‘’ l’endroit ‘’ la DUDH décrit des objectifs idéaux que toute l’humanité est appelée à réaliser par une mobilisation intense.
Lue en négatif – en mettant systématiquement ‘’ toute personne n’a pas le droit à la liberté, à la dignité etc. ‘’ elle décrit la réalité quotidienne d’une humanité dont la moitié vit avec deux Euro par jour, et un cinquième avec seulement un Euro. Si l’on considère maintenant la répartition des droits, non seulement reconnus, mais pleinement exercés, on se rend compte que ces droits sont des privilèges dont profite une minorité (sur l’échelle du monde ou d’un pays ) et auxquels aspire une majorité qui n’y a pas encore accès. La sécurité doit donc être considérée comme faisant partie de ces privilèges tel que la santé ou le loisir auxquels n’ont accès qu’une frange de humains habitant cette planète.
Ici la DUDH s’adresse donc en premier lieu à l’écrasante majorité des hommes et des femmes ne jouissant pas de leurs droits, pour leur apporter soutien et reconnaissance.
Soumettons maintenant le texte à l’épreuve du miroir. Nous serons surpris de voir que nous sommes en face de ce que l’on pourrait appeler la Déclaration Universelle des devoirs de l’homme.
Considérons par exemple le droit à la liberté d’expression tel qu’il est stipulé par l’article 19. Vous seul, personne physique ou morale, pouvez m’empêcher de m’exprimer librement. Seul, l’individu ou Etat, en refusant de vous laisser vous exprimer librement, peuvent porter atteinte à votre droit à la liberté d’expression. Votre droit à vous exprimer implique automatiquement mon devoir à vous laisser vous exprimer librement et vice et versa. Droit et devoir en la matière ne sont donc pas des entités différentes mais les deux facettes du même phénomène.
La règle veut que les droits de l’homme brillent par leur absence non par leur présence, qu’ils existent plus par leurs violations que par leurs accomplissements. Les droits de l’homme sont liés à leur négation comme l’ombre à la personne marchant au soleil. On ne les aurait jamais inventés si leurs violations n’étaient si massives…n’était leur mode d’existence le plus commun. Or ces violations sont le plus souvent le résultat d’un manquement à un devoir de l’homme. Ces manquements sont le fait de personnes, de groupes ou d’Etats, et c’est à eux que s’adresse le législateur universel pour les rappeler à l’ordre.
Dans le cadre de ce paradigme, il est bien évident que la responsabilité première de l’insécurité doit être cherchée dans la nature du droit violé et du devoir non accompli par un acteur social ou politique. Cette responsabilité première se déplace de la victime aux causes et aux responsables de ces causes.
Dans nos pays l’origine profonde de l’insécurité de l’Etat, du citoyen et de la société réside dans la dictature. C’est une règle générale que le discours et la pratique sécuritaire des dictatures ne sont que les cris et comportements hypocrites des pyromanes se prétendant les pompiers du feu allumé et entretenu par elles.
La dictature est le système politique qui organise l’insécurité et en vit. D’où l’absurdité de demander à de tels régimes de lutter contre ce qui est le fait et leur donne leur raison d’être.
Quid maintenant de l’insécurité dans une démocratie ? Il est évident que même dans le pays le plus évolué politiquement et économiquement, il existe des poches d’insécurité traduisant l’existence et l’étendue de poches oubliées par les devoirs de l’homme.
Dans un monde interconnecté les sociétés démocratiques sont directement branchées sur les grandes poches d’insécurité internationale, là ou les devoirs de l’homme ne sont pas assumés et tous ses devoirs massivement violés.
L’occident se plaint de l’immigration sauvage et du terrorisme , prétend leur faire face en construisant toutes sortes de murs d’Hadrien , mais oublie que ce n’est pas en combattant les symptômes qu’on guérit les maladies , mais en s’attaquant à leurs causes .
Je suis assez amusé par l’idée que le traitement de la question du développement de la démocratie et du développement dans les pays du sud continue à être considérée en Occident comme une question de politique étrangère alors que c’est depuis belle lurette une question essentiellement de politique interne.
****
Salah Karker, 3327 jours sans réponse
Réfugié politique, il attend les justifications de son assignation.
Digne-les-Bains
(Alpes-de-Haute-Provence) envoyé spécial.
Extérieurement, Salah Karker ressemble à un homme normal. Il porte un petit bonnet, petite barbiche, air de lutin, oeil vif, plaisanterie facile, son appétit est correct et son cerveau en état de fonctionner. Mais, en fait, Karker n'est plus un homme normal. Voilà un peu plus de neuf ans que cette drôle de transformation lui est arrivée.
Un matin d'octobre 1993, celui qui se croyait en
sécurité en France, réfugié politique tunisien, a vu
débarquer chez lui des policiers. Il était expulsé en
urgence par le ministre de l'Intérieur d'alors,
Charles Pasqua, au motif de son «soutien actif à un
mouvement terroriste», en l'occurrence le mouvement
islamiste Ennahda, qu'il a fondé en 1971 en Tunisie.
3 800 euros par mois. Comme il était réfugié
politique, on pouvait difficilement l'expulser. On l'a
donc assigné à résidence. A Ouessant, à Brest, en
Haute-Loire et enfin, depuis le 4 octobre 1995, à
Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence). Il s'y
trouve toujours.
Assigné depuis plus de neuf ans. Un record. A 3 800 euros la pension mensuelle dans l'hôtel, selon la ligue des droits de l'homme, l'affaire a coûté plus d'un million d'euros en argent public, si l'on ajoute les fonctionnaires de police mobilisés les trois premières années. «C'est payé par un contribuable. Français ou Tunisien ? Il faut encore creuser», assure-t-il. Les ministres passent, la droite, la gauche, sa situation n'évolue pas. C'est donc, selon lui, que ça vient de plus haut : «Un accord confidentiel entre les deux palais», l'Elysée et Carthage, siège du pouvoir tunisien. «Ça dépasse ma petite cervelle. Ce sont des rapports de force qui me broient comme une pâte.»
Economiste, universitaire, ancien syndicaliste, il se
reconnaît opposant politique au dictateur Ben Ali,
mais condamne le terrorisme et prône désormais un
autre islamisme. «Il faut laïciser le mouvement
islamiste, estime-t-il. Islamiste, je n'aime pas le
mot. Je suis tunisien, musulman pratiquant, démocrate,
prônant la séparation de l'Etat et de la religion.» Il
a condamné Ben Laden publiquement. Son mouvement,
Ennahda, a fini par l'exclure, en octobre.
Chat et souris. Mais en France Karker, 54 ans, attend
toujours qu'on lui reproche quelque chose. Il a beau
demander, on ne lui répond pas. L'administration est
un chat ; lui, la souris. «Je mets au défi quiconque
d'apporter le minimum de preuves que j'ai soutenu un
mouvement terroriste. S'ils ont des preuves, il faut
les présenter ! Si j'ai fait des erreurs, je préfère
être en prison.» Son avocat, Me Jean-Daniel
Dechezelles, décrit l'absurdité : «Si on abroge
maintenant, on reconnaît implicitement qu'on
l'assignait abusivement depuis plus de neuf ans. C'est
un scandale juridique, un non-sens politique et un
coût extravagant pour le contribuable.»
Discret. Pour s'en sortir, Karker a tenté plusieurs
choses : une nuit en Haute-Loire, il a marché pendant
35 km, les flics derrière lui. Ça n'a pas servi. Il a
fait la grève de la faim, 30 jours, en 1997, à Digne.
Ça n'a pas marché. Il est parti rejoindre sa famille à
Eaubonne (Val-d'Oise), en 1998. On l'a arrêté. «Oui,
je suis en infraction, contre une injustice sur
laquelle je n'ai pas d'explication.» Le tribunal
correctionnel de Pontoise lui a collé six mois de
prison avec sursis. Sans plus d'explication.
Après, «on» lui a fait savoir qu'«on» était au courant
qu'il allait parfois voir sa famille et qu'«on» ne s'y
opposait pas, s'il restait discret. Donc, il retrouve
parfois sa femme et ses six enfants, âgés de 11 à 24
ans. Sinon, il est à Digne. Dans sa chambre, il
pianote sur l'Internet, sa bouée de sauvetage. Il a
créé un site où il parle de politique tunisienne.
C'est comme ça qu'il reste debout : «Ils ont voulu
m'écraser politiquement. Ils n'ont pas réussi.»
Il a intenté des recours devant diverses juridictions.
Sans succès. Sa situation a beau être révoltante, elle
est légale. Il n'y a pas de limite de temps à
l'arbitraire. Danielle Mitterrand, José Bové, sont
venus le soutenir. Sans succès. La Ligue des droits de
l'homme, présente à ses côtés, le compare à «une
chèvre attachée à un piquet» et pose une simple
question : si on lui reproche quelque chose, qu'on le
juge, sinon, qu'on le libère. Amnesty International a
dénoncé sa situation. En vain. Karker a demandé une
levée progressive de la mesure. Pourquoi ne
l'assigne-t-on pas plus près de sa famille ? Pas de
réponse. Il propose «le dialogue, sans engagement
préalable». Rien.
Mort. De 1981 à 1984 en Tunisie, il a été condamné à dix ans de prison pour appartenance à un mouvement islamiste non reconnu. Bourguiba l'a gracié. Pour le condamner à mort, en 1987, pour complot. Karker a fui en France. On ne lui a fait aucune difficulté pour le statut de réfugié politique. Il l'a toujours. Mais à quoi bon ? Il est prisonnier dans une chambre d'hôtel. «Avant d'être une humiliation pour moi, c'est une humiliation pour les principes en vigueur dans ce pays.» «K» comme Karker, «K» comme Kafka, qui gouverne sa vie, depuis 3 327 jours.
(Source : Libération du 12 décembre 2002)
Extraits du livre « Notre ami Ben Ali » de Nicolas Beau (journaliste au Canard enchaîné)
Et de Jean-Pierre Tuquoi (Journaliste au monde), publié en octobre 1999.
Le poids qui pèse sur les épaules de Salah Karker est lourd. Aux yeux du régime tunisien, cette détention arbitraire, une des plus longues de l'histoire de la Ve République, est le symbole de l'appui des autorités françaises à la lutte contre l'intégrisme, ce mal absolu. Les rapports annuels d'Amnesty International se sont inquiétés de son sort, Après tout, Salah Karker n'a jamais fait l'objet d'une mise en examen en France. Il n'a jamais eu la possibilité de s'expliquer devant une autorité judiciaire.
Dans sa réponse adressée à l'organisation des droits de l'homme en 1999, le ministère de l'Intérieur a confirmé la mesure qui frappait le malheureux Tunisien. Tout en ajoutant que les " conditions matérielles " dans lesquelles se trouvait Salah Karker étaient " tout à fait satisfaisantes. " Étrange remarque, qui n'est pas de nature à mettre un terme à cette affaire. Le contentieux est porté désormais devant la commission des droits de l'homme de l'ONU.
Arrivé en France en 1987 après avoir été condamné à mort par contumace (1), le dirigeant islamiste obtient, un an plus tard, le statut de réfugié politique. Pendant quelques années, cet homme d'affaires avisé vit du commerce des dattes avec le Maghreb. L'un de ses associés n'est autre qu'Ahmed Simozrag, un avocat algérien proche d'Abassi Madani, le patron du Front islamique de salut (FIS). La manne financière saoudienne n'est pas très loin. Ainsi découvre-t-on Karker, ces années-là, animant une assemblée générale d'actionnaires cherchant à acquérir un hôtel trois étoiles dans le quartier Montparnasse à Paris, estimé à neuf millions de francs. Parfois, les agents de la DST ou des Renseignements généraux, qui l'ont placé sur écoute, le convoquent pour une conversation à bâtons rompus sur la situation algérienne ou la guerre du Golfe.
À l'époque, l'autre leader d'Ennahdha, Rachid Ghannouchi, a eu moins de chance. Ce prophète désarmé a quitté son pays après les élections de 1989 et a gagné l'Algérie.
Deux ans plus tard, il est prié par la Sécurité militaire algérienne, lasse de voir la mouvance islamiste étendre son influence, de quitter le pays. Les Français refusent de l'accueillir .Pour deux raisons au moins: les Tunisiens ne supporteraient pas qu'après avoir hébergé Karker, la France donne refuge à un autre dirigeant d'Ennahdha ; ensuite, Ghannouchi aura été un des rares islamistes à prendre, durant la guerre du Golfe, des positions farouchement pro-irakiennes. Depuis le refus français, le leader islamiste vit paisiblement dans un cottage des environs de Londres.
Tout se gâte pour Karker lors de la nomination de Charles Pasqua comme ministre de l'Intérieur en 1993. En Algérie, où la situation se tend, trois agents consulaires français sont enlevés dans des conditions mystérieuses. Les Tunisiens bombardent la France de rapports de police sur les complots supposés du mouvement Ennahdha. La psychose d'attentats dans l'Hexagone commence à gagner les services français.
En septembre 1993, Charles Pasqua, qui ne passe pas pour un adversaire du régime, s'envole pour Tunis. Un mois plus tard, il décide d'assigner Karker à résidence. Dans la foulée, la police organise l'opération " Chrysanthème " : quatre-vingts islamistes algériens, dont Simozrag, sont arrêtés. Ce dernier sera expulsé à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, où il réside encore à ce jour .
Voilà Karker trimballé de l'île d'Ouessant à Brest, de la Haute-Loire à Digne. Le départ de Charles Pasqua en 1995 ne change rien à son sort, L'élection à la présidence de Jacques Chirac, l'homme qui vante le " miracle tunisien ", va renforcer l'entente franco-tunisienne. Plus surprenante en revanche est la position du gouvernement de Lionel Jospin. Aussi bien à Matignon qu'au Quai d'Orsay, les entourages ministériels se montrent fort critiques sur l'état des libertés en Tunisie, Même Jean-Pierre Chevènement, qui n'a pourtant pas pour l'intégrisme beaucoup d'indulgence, paraît plus nuancé dans son soutien aux Tunisiens. En mai 1997, le président du Mouvement des citoyens (MDC), qui n'était pas encore ministre, écrivait dans un supplément du Nouvel Ajrique-Asie à la gloire du régime tunisien: " Les relations franco-tunisiennes peuvent préfigurer ce que doivent devenir les relations entre les deux rives de la Méditerranée. " Mais lors de son congrès de 1999, les dirigeants du MDC ont préféré ne pas inviter un représentant du RCD, le parti au pouvoir à Tunis.
" C'est plus par une espèce d'inertie administrative que par volonté politique, admet un fonctionnaire place Beauvau, qu'on laisse Karker assigné à résidence à Digne. " Sur place, les policiers locaux ont renoncé à lui demander de signer le registre du commissariat. Las de cette vie absurde et des quinze kilomètres de marche qu'il effectue quotidiennement, Salah Karker décide en mars 1998 de rejoindre sa famille restée dans la région parisienne. Mal lui en a pris: une dizaine de policiers, qui avaient pris place dans trois voitures, sont venus le cueillir à l'entrée de l'école de son plus jeune enfant. Karker a écopé de six mois de prison avec sursis pour ne pas avoir respecté l'assignation à résidence.
Mais cet isolement ne semble pas être suffisant aux yeux des Tunisiens. En septembre 1997, six semaines avant le voyage de Ben Ali en France, un livre intitulé : Karim, mon frère ex-intégriste et terroriste est publié à Paris. L'auteur en est une Tunisienne, Samia Labidi, qui n'est autre que la belle-sreur de Salah Karker. " À travers ce témoignage, je raconte l'histoire tragique et exemplaire de mon frère Karim, écrit-elle. Comme bien d'autres, il fut le soldat et la victime d'un gigantesque réseau dont le but est la déstabilisation des États et le diktat imposé à tous d'un dogme unique: c'est l'intégrisme terroriste musulman. Manipulation, propagande, financement d'organisations mafieuses, meurtres, telles sont les armes des chefs qui l'animent (2). " En fait, son récit est surtout une attaque en règle contre Karker, qu'elle décrit " l'œil noir ", " agrippé aux murs et aux esprits comme une sangsue ". " Son projet final, écrit-elle, consistait à nous transformer en soldats dociles de la machine de guerre prévue pour la future croisade islamiste. " Le jeune frère Karim est imprégné, sous l'influence de cet horrible Karker, " de l'imagerie de la guerre sainte ", laquelle suscite en lui une " féerie macabre ", le persuadant que " les Occidentaux œuvraient sans cesse afin d'avilir les musulmans, de les opprimer et de leur voler leurs biens ".
Ce coup éditorial aura eu trois résultats: une vente fort médiocre, un procès gagné pour diffamation, en première instance, par Salah Karker contre sa belle-sœur (3) et une détermination intacte chez le leader islamiste: " J'ai payé un très grand prix, je ne crains plus personne. " Est-ce l'influence du climat alpin ? Les idées de ce militant radical ont apparemment évolué: " Au début des années quatre-vingt, nous, islamistes, n'étions pas très sensibles aux questions des droits de l'homme, concède-t-il, mais avec le temps, nous changeons. .." Et d'ajouter, en baissant la voix : " Au moins, en apparence(4)."
1. Voir supra, chapitre 1,
2. Samia LABlDI, Karim. mon frère ex-intégriste et terroriste, Flammarion. Paris 1997.
3. L'affaire devait passer en appel à l'automne 1999, En première instance, l'essentiel de la défense de Samia Labidi reposa sur des procès-verbaux des jugements en Tunisie où Karker avait été cité, ainsi que sur des rapports délivrés par le ministère de l'Intérieur tunisien, Un certain nombre n'étaient même pas traduits de l'arabe,
4. Entretien avec l'un des auteurs, 1999.
Sur le web : http://membres.lycos.fr/notreamibenali/table421.htm
Quelques repères sur l’avenir d’ Al Qaïda (1)
Par François Burgat (*)
L’actualité dément
régulièrement l’efficacité d’une réponse seulement
répressive aux attaques du 11 septembre 2001. Qu’en
est-il, en 2004, de cette série de violences armées
anti-américaines et anti-israéliennes en particulier,
anti-occidentales en général, commencée au début des
années 1990, officialisée en 1996 par le plus médiatisé
de ses acteurs (2) et que les attentats du 11.09.2001
ont inscrite sur le fronton des guerres de ce siècle ?
La prise en compte de la durabilité des «réseaux
terroristes islamiques» ne suffit pas à interpréter leur
existence dans un cadre scientifique et permet encore
moins d’en tirer des conclusions de nature prospective.
Les bribes d’information collectées par les acteurs de
la riposte sécuritaire (militaire, policière et
judiciaire) sont à n’en point douter utiles. Mais elles
ne peuvent ni borner le champ de l’analyse ni en fournir
les cadres, quantitatifs et – surtout – conceptuels.
Sans négliger l’importance des considérations
sécuritaires, l’analyse doit y intégrer la complexité
des représentations culturelles et religieuses. Elle
doit, d’autre part et peut-être plus encore, dépasser le
culturalisme et l’unilatéralisme de l’approche dominante
et restaurer la trivialité profane et universelle du
politique.
Les «démocraties» et autres «défenseurs de la liberté»
ou «de la tolérance» se sont-ils vraiment trouvés
confrontés, dans le XXème siècle finissant, à une menace
«intégriste» d’abord, «terroriste» ensuite, venue du
monde musulman, ou bien l’«Occident impérial» (les
Etats-Unis ayant vite rejoint et dépassé l’Europe
coloniale et la Russie) peine-t-il d’abord à prendre
l’exacte mesure de «la résurgence en politique du
référentiel de la culture islamique» et, depuis peu, du
développement d’une «contre-violence armée» en réaction
à l’unilatéralisme et à l’iniquité de ses politiques ?
L’administration américaine et ses soutiens étatiques
occidentaux et arabes sont-ils seulement l’objet de la
haine «de la démocratie» et «de la liberté» qui
animerait leurs agresseurs «basculés» un par un dans
«l’islam radical» ou bien sont-ils en train de rendre
des comptes, au prix de la mort de milliers d’innocents,
pour des milliers d’autres victimes, tout aussi
innocentes, de politiques parfaitement irresponsables ?
Le piège analytique ne réside pas en effet dans
l’appréciation («optimiste» ou «pessimiste»(3) des
performances respectives des «islamistes» et de ceux qui
les combattent. Il se cache dans les catégories
construites pour représenter la confrontation. Il est
dans la distribution à bien des égards pernicieuse des
appellations et des rôles – «agresseurs» contre
«agressés», «intégristes» contre «démocrates»,
«terrorisme» contre «défense des valeurs» (voire, dans
le cas de l’administration américaine, «exportation de
la démocratie») – que les bastions médiatiques d’une
pensée chaque jour un peu moins plurielle ont réussi à
imposer. Dans cette impasse où spécialistes en
terrorisme mais également «philosophes», voire
«psychologues» nous égarent, les agresseurs sont donc
des «intégristes islamistes», l’agressé s’appelle «le
camp des démocraties» et le «terrorisme» est le mode
d’action des premiers contre les seconds, l’unique
horizon de leur philosophie et de leur agenda
politiques. L’Occident n’est plus un monde complexe,
ambivalent et capable d’erreurs mais seulement
l’incarnation des «valeurs» (et, au cœur d’entre elles,
la «liberté») dont ses obscurantistes ennemis visent à
le priver. Comme si les bombes ne se contentaient pas de
tuer ceux qui ont la malchance de se trouver sur leur
chemin, relayées par les ondes radiophoniques elles
semblent bien capables d’engendrer, à des milliers de
kilomètres à la ronde, des millions d’autres victimes,
sourdes à tout entendement et aveugles à toute réalité.
Le terrorisme…
La disqualification des résistances ou des oppositions à
un ordre politique national ou régional, autoritaire ou
illégitime, en les qualifiant de terroristes a été le
fait de toutes les générations et de toutes les
idéologies. Les nazis y recoururent pour discréditer les
Résistants français. Ces mêmes Résistants, à peine dix
ans plus tard, tombèrent pourtant dans le même piège en
refusant longtemps de considérer les révolutionnaires
algériens du FLN autrement que comme des «poseurs de
bombes». Trente ans plus tard, les représentants de ce
FLN sont pour leur part parvenus à criminaliser, selon
la même vieille recette, toute forme de résistance à
leur indéboulonnable dictature. Last but not least, les
leaders de l’Etat hébreu sollicitent aujourd’hui la
condamnation universelle du «terrorisme palestinien»,
oubliant qu’ils occupent militairement un territoire
aussi illégitimement que les Allemands occupaient la
France ou les Français l’Algérie, et, en tout état de
cause, en parfaite violation des résolutions de cette
ONU qui fonde la légalité internationale de leur Etat.
Ils évitent accessoirement de rappeler que, dans un
contexte juridique au demeurant fort différent, ils
firent exploser l’hôtel King David et ses 96 occupants
pour… «libérer la terre d’Israël» de la présence
britannique.
La bombe qui fit 168 morts en pulvérisant, en avril
1995, le siège de l’administration fédérale de l’Etat
d’Oklahoma, celles qui prétendent libérer la Corse de
l’«occupation française» ou le Pays basque de
l’«oppression espagnole» entrent-elles pour autant dans
cette catégorie-là ? C’est moins sûr. La violence du
citoyen d’un pays démocratique qui entend contourner le
désaveu par les urnes de son projet politique en
recourant au langage de la violence aveugle ne saurait
être assimilée à celle du citoyen en butte à une
occupation militaire étrangère ou à un ordre politique
tyrannique. La disqualification des résistances à
l’ordre international des années 1990 passe sans
surprise par le déni, de la part de l’agressé, de tout
agenda politique cohérent chez l’agresseur. Peu importe
que ces griefs aient été formulés en des termes
parfaitement universels(4). Le dénonciateur de
l’occupation de l’Arabie saoudite et de son
asservissement à la super puissance mondiale ne saurait
être qu’un «terroriste», le terroriste étant lui-même un
«fou». Il est irrationnel, seulement adepte de la
violence «aveugle» et forcément hostile à toute valeur
positive et universelle, tout particulièrement celle de
«liberté». On interdit ainsi de reconnaître la moindre
relation de causalité entre les actes du «terroriste» et
l’implication éventuelle de l’«agressé», voire sa
responsabilité. Exit ainsi l’hypothèse d’une possible
contre-violence de l’«agresseur» à une possible violence
initiale de l’«agressé». Pour que le concept de
terrorisme conserve sa force et pour qu’il soit possible
d’identifier et d’éradiquer le cas échéant par la force
une catégorie très spécifique de recours à la violence
collective contre des civils, il convient d’en faire un
usage très sélectif et de ne pas s’en servir pour
occulter sa propre violence. A défaut, on risque
d’enfermer les relations internationales dans le cercle
de la violence et de la contre-violence dont on prétend
précisément sortir. La seconde méthode utilisée pour
disqualifier une résistance consiste à criminaliser non
seulement le mode d’action de ses artisans mais
également leur vocabulaire politique. Terroristes, les
agresseurs sont donc également des intégristes qui ont
«basculé dans l’islam radical».
… et «l’intégrisme»
En 1996 à Charm al-Cheikh, Boris Eltsine, qui était
alors en train de lancer l’une des dernières guerres
coloniales du siècle contre les nationalistes
Tchétchènes, les chefs des administrations américaine et
israélienne et celui de l’Autorité palestinienne, tous
alors en lutte contre le Hamas qui peinait à démontrer
la formidable hypocrisie des accords d’Oslo, Hosni
Moubarak et ses homologues autoritaires de toute
l’Afrique du Nord, en butte à la contestation de leur
autoritarisme par une puissante opposition, communièrent
dans une identique condamnation : celle du «terrorisme
islamique».
Le second trompe-l’œil de la représentation dominante du
«terrorisme islamique» réside dans le recours
inconscient ou parfaitement volontaire à
l’illégitimation du lexique politique des «agresseurs».
Il existe indiscutablement dans le monde musulman une
catégorie d’acteurs qui tombent dans le piège de
l’enfermement culturel et religieux. Pensant détenir le
monopole de la représentation du bien, ils sont
convaincus de ce fait qu’il n’est point de salut hors de
leur système de croyances et de signes et entendent bien
l’imposer à leur environnement. Il ne fait pas de doute
que des formes d’enfermement culturel sévissent dans
certaines strates des courants islamistes, qu’ils soient
partisans de l’action armée ou non. L’«intégrisme» ou le
«fondamentalisme» sont donc autant de concepts utiles.
Encore faut-il prendre le temps de noter d’abord que
cette disposition intellectuelle regrettable, qu’il est
tout à fait légitime de dénoncer dans le camp des
«agresseurs», exerce tout autant ses ravages dans le
camp des «agressés». La référence indiscriminée à
«l’intégrisme musulman» comme unique explication de
l’hostilité anti-occidentale devient par ailleurs
scientifiquement fragile et politiquement dangereuse
lorsqu’on l’extrapole à un phénomène beaucoup plus
répandu, infiniment plus banal et moins pathologique que
l’«intégrisme» d’une minorité. Il s’agit cette fois de
la volonté de millions d’hommes et de femmes, capables
un peu partout de former des majorités électorales, de
s’affranchir, fût-ce de mille et une manières très
différentes, de ce qu’ils perçoivent comme une pesante
hégémonie symbolique et culturelle héritée de l’histoire
coloniale. Lorsque le regard extérieur emprunte un
raccourci tel qu’il amalgame «Talibans et Erbakan» dans
un même opprobre irrationnel(5), toute opposition aux
régimes autoritaires arabes, toute résistance
palestinienne à l’occupation israélienne et toute
tentative de réaction aux méthodes de la politique
étrangère américaine se trouvent illégitimées du seul
fait de l’«islamité» du vocabulaire de leurs acteurs. Le
sommet de Charm al-Cheikh en 1996 a constitué
l’expression archétypique de ce trompe-l’œil sémantique.
… contre «la démocratie» et
la «liberté» ?
«Oussama n’a que faire de la Palestine», «Oussama se
fiche de l’Irak», nous répètent à l’envi les
spécialistes du wahabisme lorsqu’ils nous «expliquent»
le terrorisme islamique. Il n’en veut qu’à notre
démocratie, à nos libertés, à nos valeurs.
Pour ne rien dire de la lente déchéance de leurs
parents, punis par centaines de milliers parce que le
tyran qui les martyrisait impunément depuis vingt ans
avait cessé de plaire à l’administration américaine,
cinq cent mille enfants irakiens, morts une première
fois d’un impitoyable embargo économique, semblent
aujourd’hui condamnés à périr à nouveau. Immolés (même
si selon les termes de Madeleine Albright , la
secrétaire d’Etat américaine d’alors, cela «en valait la
peine» eu égard à l’importance des objectifs que pensait
alors poursuivre son administration – déclaration faite
en 1996 dans l'émission 60 minutes), ils sont en quelque
sorte rayés une seconde fois de la carte politique de ce
monde par les exégètes médiatiques les plus autorisés du
«terrorisme» et de l’«islam radical». Leur décès n’a
aucun poids politique ; il n’est susceptible de prendre
rang dans aucune explication «géopolitique», ni de
générer la moindre mobilisation ou la moindre
résistance. Oussama et la génération Al-Qaïda n’ont rien
à voir non plus avec la forfaiture française et
occidentale face au coup d’Etat militaire de 1991 en
Algérie, rien à voir donc avec les milliers de disparus
aux mains des escadrons de la mort, rien à voir avec les
milliers de torturés dans les prisons égyptiennes,
algériennes, tunisiennes et marocaines – dans des pays
auxquels notre coopération sans faille permet de se
maintenir à l’abri de tout embargo, voire de la moindre
pression politique du «camp de la démocratie»(6). En
octobre 2000, le destroyer américain USS Cole fut frappé
par une attaque-suicide en rade d’Aden. Il s’apprêtait à
poursuivre sa route vers l’Irak pour aller y parfaire
cet embargo dont on sait maintenant, mais un peu tard,
qu’il a été aussi parfaitement inutile que terriblement
meurtrier. Lors des obsèques des 17 marins morts dans
l’attentat, le prédécesseur du président Bush leur
rendit hommage en soulignant qu’ils étaient à ses yeux
«liés par un même engagement au service de la liberté».
Le président Clinton rappela que «l’Amérique ne
cesserait de lutter pour la paix et la stabilité au
Proche-Orient et dans le monde». Il stigmatisa pour
finir l’intolérante devise qu’il prêtait aux agresseurs
intégristes : «it’s their way or no way !»(7). Sans
doute ne pouvait-il pas imaginer que ce serait, à très
peu de chose près, cette terrible formule-là («avec nous
ou contre nous») qu’emploierait quelques mois plus tard
son successeur pour lancer les Etats-Unis et une grande
partie du monde sur les chemins hasardeux de sa grande
«croisade» contre «la terreur».
(*)
François Burgat est chercheur au CNRS (IREMAM, MMSH,
Aix-en-Provence)
Notes :
1. Ces quelques réflexions doivent se lire comme le
préalable à une démarche plus large, plus documentée,
consacrée à la place du réseau Al Qaïda dans le
phénomène islamiste contemporain. Elles n’ont dans les
pages suivantes que la valeur d’hypothèses
introductrices.
2. Date à laquelle Oussama Ben-Laden lance son «Appel
(…) à ses frères musulmans du monde entier et de la
péninsule Arabique en particulier».
3. La première erreur que commettent les acteurs ou les
adeptes du «War against terror», des deux côtés de
l’Atlantique, est souvent d’ordre quantitatif. Elle
réside dans une double surévaluation : celle de la
portée des victoires de leur camp et celle de l’ampleur
réelle de cette menace... dont leurs succès (et les
ressources électorales ou autres qu’ils leur procurent)
ont tant besoin. L’administration américaine a montré
qu’elle savait jouer constamment sur ce double registre.
Il faut donc contourner d’abord le piège du
wishful-thinking où tombent ceux qui nous annoncent,
sans se lasser, «la déroute des islamistes» en général
et la «débâcle d’Al-Qaïda» en particulier, tout en
désignant dans le même temps, plus ou moins
explicitement, un terroriste potentiel en chaque
musulman.
4. Par exemple : «Même le poulet... si un individu armé
entre sur son territoire et veut s’en prendre à sa
maison, il le combat. Et c’est un poulet. Nous, nous ne
réclamons rien d’autre que les droits de toute créature
vivante, sans parler des créatures humaines ou des
musulmans» (Oussam Ben Laden, extrait de l’interview à
G. Fullet et Peter Arnett en 1998).
5. Du nom du leader turc fondateur de la formation qui
est aujourd’hui au pouvoir en Turquie.
6. Dans La dictature confisquée, Jean-Michel Foulquier,
diplomate français, a comparé la relation des Etats-Unis
avec l’Arabie saoudite au lien d’affaire qui unit un
souteneur et une prostituée («tu payes et je te
protège»). Cette problématique peut bien évidemment être
étendue à un certain nombre d’autres Etats de la région,
dont l’Egypte d’Al-Dhawahiri. En 1990, entre les deux
tours d’une élection législative si grossièrement
manipulée que presque toute l’opposition avait préféré
la boycotter, alors que les prisons égyptiennes étaient
bourrées avec le même entrain que les urnes, que la
torture y battait son plein, que la loi adoptée en 1981
(et reconduite inlassablement jusqu’à ce jour) entrait
dans sa neuvième année et que le président Moubarak
songeait déjà à la première des réformes
constitutionnelles successives qui lui permettrait
d’être «réélu» indéfiniment, le président du Sénat
français vint lui remettre solennellement le prix Louise
Michel au titre de «son action au service de la
démocratie et des droits de l’Homme». La dérive
répressive ubuesque du successeur du président Bourguiba
a toujours passé avec un égal brio l’épreuve de la
reconnaissance occidentale, française en particulier, le
président Chirac ayant décerné à plusieurs reprises à
son pays le label d’«expérience exemplaire de
modernisation». En 1995, les élections algériennes à la
présidence de la République furent considérées par les
mêmes comme «satisfaisantes sur le plan de la
démocratie». Plus près de nous, un silence médiatique
total règne sur la flambée répressive qui s’est abattue
sur le Maroc, comme au temps des pires années de plomb.
7. «The idea of common humanity and unity amidst
diversity, so purely embodied by those we mourn today,
must surely confound the minds of the hate-filled
terrorists who killed them. (…) They envy our strength
without understanding the values that give us strength,
for, for them, it is their way or no way : their
interpretation, twisted though it may be, of a beautiful
religious tradition ; their political views ; their
racial and ethnic views -- their way or no way».
(Source: La revue française “Confluences Méditerranée”, N° 49, printemps 2004)
مائة مصباح من مشكاة النبوة
الحلقة الثانية والخمسون
أخرج مسلم عن أبي
هريرة أنه عليه السلام قال " صنفان من أهل النار لم أرهما :
قوم معهم سياط كأذناب البقر يضربون بها الناس ونساء كاسيات
عاريات مائلات مميلات رؤوسهن كأسمنة البخت المائلة لا يدخلن
الجنة ولا يجدن ريحها وإن ريحها ليوجد من مسيرة كذا وكذا "
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موضوعه : الظلم والفساد مؤذنان بخراب العمران :
ربما تجد في بعض الروايات أن الصنفين " من أمتي " بدل " من أهل النار" .
أما قوله " لم أرهما " فهي نفي للماضي أي في عصره لا ينفي وجود ذلك بعده عليه السلام وهي من نبوءاته . والحديث فيه من التغليظ الشديد ما ترى مما يفيد بأن أرباب الظلم وربات الفساد من الامة أتوا من أسباب الخراب والتدمير ما أغضب الرحمان الحليم سبحانه فلم يكتف بالقول بأنهم من أهل النار في بداية الحديث بل عرج على ذلك تأكيدا في آخره بأنهم لا يدخلون الجنة بل لا يجدون ريحها لفرط البون الشاسع بينهم وبينها وهو ترهيب حقيق بزلزلة القلوب التي مازالت تنبض حياة .
لوكان إبن خلدون حيا لقال : الظلم والفساد مؤذن بخراب العمران :
سطر عليه الرحمة قاعدة كبيرة عظيمة من قواعد الاجتماع فقال " الظلم مؤذن بخراب العمران " ولو كان بيننا اليوم لعدل قولته بإضافة الفساد إلى الظلم . وقد تقول الظلم يشمل كل مظاهر الفساد حتى أنه سبحانه عد الظالم لنفسه ممن أورث الكتاب ومن المصطفين من عباده ووعده بالجنة إلىجانب المقتصد والسابق بالخيرات وذلك صحيح على وجه الاجمال أما عند التفصيل كما يفعل هذا الحديث فإن الظلم مقصود به إيقاع الضر بالاخر حيفا وجورا لا عدلا وقسطا سواء كان ذلك بالاسراف في العقوبة وهو ظلم " وإن عاقبتم فعاقبوا بمثل ما عوقبتم به " أو كان تعديا على الانفس والاموال والاعراض المحرمة دونما أدنى جريرة سوى تشفيا ونكاية وتشهيا أما الفساد وخاصة الاخلاقي منه كما يقصد هذا الحديث فهو عادة ما يتخذ له مسرحا خبيثا الشهوات الجنسية العارمة المضطرمة تخبيبا وتهييجا في الملا لعل المجتمع بأسره ينخرط في الاوحال القذرة . فالظلم إذن في بناء هذا الحديث هو التعدي على الحقوق البدنية والنفسية للانسان البرئ أما الفساد فهو التعدي على الحقوق العرضية نسبة إلى الاعراض وما يليها من القيم الاخلاقية المكرمة للانسان فإذا ما فقد الانسان الكرامة في بدنه بالضرب وفي نفسه بالاهانة المترتبة على الضرب ثم فقد الحرية في حفظ عرضه الشخصي والجمعي لنفسه ولبني جنسه فلم يبق له سوى ماله ولكن ذلك ليس سوى نظريا أما عمليا فإن من فقد بالظلم وإشاعة الفساد الحرية والكرامة في بدنه ونفسه وعرضه فإن ماله كلا مباح خصب للظالمين وللمفسدين ولو بقي له مال بعد ذهاب النفس والعرض فإنه يتحول إلى وحش كاسر لا يحرص سوى على تبديد ماله في أرضاء شهوته فيتحول هو بدوره إلى ظالم وفاسد ثم إلىمفسد .
السبب الاول في خراب عمراننا اليوم هو: الاستبداد الحكومي العربي المنظم :
السياسة في زماننا لم تعد مجرد مجال من مجالات الحياة تعنى بمحيطها وتنسج حبال العلاقة مع غيرها كالاقتصاد والاجتماع والثقافة بل توسعت وتضخمت وتمددت حتى تغولت فهيمنت على سائر الحياة الانسانية فوق الارض فإذا أضفت إلى ذلك أن الدولة العربية خاصة حيث تنعدم أو تكاد مناخات الحرية والكرامة ورثت عن الاحتلال الغربي في منتصف القرن الميلادي المنصرم كيانا هزيلا ضعيفا عبر نخب لا تختلف عن المحتل سوى في كونها ترطن لسانا غير لسانه ومراسم طقوسية دينية ميتة جامدة غير مراسمه فلم تأل خبالا في بناء دولة الحداثة المغشوشة دولة التجزئة والالتحاق بركب الامم المتحضرة والمتقدمة ومن شروط ذلك إحكام القبضة الامنية وتأميم كل شئ يتحرك فوق الارض لسلطانها حتى زينة بيت نوم العروسين حيث لابد لصورة الزعيم القائد الملهم أن تدنس الجدران فكان التغريب الثقافي والتعليمي والتربوي والاعلامي من جهة وكان توسيع دائرة الظلم السياسي الملتهم لسائر دوائر الحياة من جهة أخرى دافعا للشعوب إلى الاحتجاج والثورة .. كانت النتيجة دعوة المحتل الغربي القديم ورهن مصير البلاد بين يديه بغرض حماية الدولة الجديدة من عدم الاستقرار وعندها إجتمع على المواطن المسكين نصيبه من قوات الحماية والقمع : عون إما بالزي الرسمي أو المدني يضرب بشرته في الشارع وفي المخفر وزميله من الاستخبارات الاجنبية يضرب بعصا أخرى لاتراها أنت وليس اليوم من حكومة عربية من حكوماتنا إلا وأضخم ميزانية فيها لهي ميزانية وزارة الامن ولو كشفت لك الايام يوما عن عدد وأسماء وعلاقات ومهام الفرق الامنية المختصة المدربة في الغرب بكلابها وأدوات تعذيبها والاموال المنفقة عليها لصعقت حقا .
السبب الثاني في خراب عمراننا اليوم : الفساد الاخلاقي الحكومي المنظم :
قد تعاجلني بالقول بأن تنظيم الحكومة للاستبداد حفظا للامن وضربا على أيدي الشغب أمر مفهوم أما أن يكون الفساد الاخلاقي هو الاخر سياسة حكومية منظمة فهو تجن ولو سقت مثالا واحدا عن ذلك وهو تبني كثير من الحكومات العربية اليوم لخطة تجفيف منابع التدين لما كفيتك لان الفساد الاخلاقي الذي تئن تحت وطأته شعوبنا اليوم لا تحميه وترعاه وتنظر له وتسوقه بعصا الارهاب وطعم الصيد اليوم سوى الوزارات الحكومية فقل لي بربك لمن تخضع السياسات المعتمدة في المجال الاعلامي المرئي والمسموع والمكتوب في بلداننا المؤممة لحرياتنا المؤممة هي بدورها للمصالح الغربية لا بل قل لي بربك كم من زعيم ملهم اليوم من قادتنا لم تتعلق به قضية أخلاقية واحدة على الاقل فاح ريحها الخبيث من قصر هجره أهل العلم والنصيحة بعدما فتحت لهم السجون أفواها فاغرة وأصبح قبلة أهل الفساد وبؤرة التخطيط للافساد بإسم تكريم الفنانين والتقريب بين الاديان والاخوة الانسانية حتى أن قدوة شبابنا اليوم رجالا ونساء ليس سوى هذا الامريكي المخنث العابث بفطرته عبث الاطفال بأكوام الرمال جاكسون وما حل بأرض إلا كان الملك المبجل المفدى فيها كأنه نبي مرسل إلى قوم مؤمنين به قبل بعثته وبإسم الفن اليوم تستباح كل القيم وتنتهك كل الاعراض ولا هم لشبابنا سوى اللهث وراء الشهرة والمال ولو ببيع الحياء رخيصا مهراقا على أرصفة الخجل والحاصل أن الراعي الاول لذلك الفساد الاخلاقي الحائم حول جسد المرأة واللذة المحرمة ليس هو سوى الحكومات العربية .
الظلم السياسي والافساد الاخلاقي عنصران متكاملان في خطة عربية ماكرة :
لاتحسبن أن الظلم إقتضته ظروف وأن للفساد ظروفه المختلفة فألتقيا صدفة بل هما عمادا خطة عربية شاملة متكاملة تعمل على تحطيم القوة الدفاعية للامة فتستسلم قيميا عبر الكرع من معاطن الدعارة حتى الثمل ثم تستسلم نتيجة لذلك سياسيا عبر خنوع الارادة وذلك مبغى أرباب الظلم العربي والغربي وربات الفساد والافساد الاخلاقي .
فالخلاصة هي إذن أنه عليه السلام رحمة بالامة ورأفة بالناس يحذر من أسباب إنهيار العمران البشري ويرسم خطة إبتلاع الامة أمامنا لمقاومتها وإلا ساقنا أرباب الظلم وربات الفساد معهم إلى النار طوعا أو كرها فلا تحقر نفسك فالنهضة بيدك.
الهادي بريك / ألمانيا
مقامة البكاكيش
بقلم: عبد الله البكوش
كنت إلى وقت قريب أظن أن طول الإقامة في أوروبا المنافي وما
توفره من عليل الهواء الصافي ولذيذ الغذاء الكافي قد أثرت
فقط في بعض العناصر النهضوية من ناحية روحهم النضالية
ومؤهلاتهم البدنية. فعملت في الأولى فاترية حتى جعلتهم لا
يفرقون بين الجلاد والضحية وأصابتهم في الثانية بما يشبه
الطاعون فتراكمت الدهون وبرزت البطون. كنت أظن أن هذا حد
الباس حتى طالعت ما جادت ! به قريحة الدكتور الترّاس في الرد
على مقالنا السابق من الجواهر وحبات الماس فعلمت أن الأخلاق
أيضا قد فعل فيها فعله الوسواس الخناس، وأن الترهل لم يوفر
المادة الشخمة التي في الرأس. وقد اخترت بعد تردد أن أرد
بهذا الزجل بعد أصبح الامر جدا أشبه بالهزل
لفت نظري في هذا الرد الخالي من الود نداء الدكتور إلى كبراء
النهضة في الخارج وفي الثغور أن يلجموا هذا الدعي المدعو
البكوش ويضعوا حدا لهرائه ولا أدري هل أن النمري في ندائه
يعلم أن الدعي معناها في العربية هو الزنيم الذي ينسب إلى
غير أبائه؟؟؟؟ إن كان الدكتور لا يعلم معنى ما خطه قلمه
الموتور فتلك والله قاسمة الظهور. وقد تسوء بالبعض النية
فيقولون أن ذلك شأنه في كل ما تخطه أنامله الذهبية
أما إن كان يعلم فالمصيبة أعظم و لا يحب الله الجهر بالسوء
من القول إلا من ظلم. ولقد كانت والدتي –رحمها الله- التي
قذفها ظلما أوفر منه شرفا وكرما فانظر أخي هداك السلام إلى
عجب الكلام! تنتقد أحدهم في نظرته إلى السياسة فيرد عليك
بأنك ابن حرام. وفي كل الحالات فقد أصبح النمري مدينا لي
بثمانين من الجلدات حد( القذف) إن استطعت استخلصتها منه في
الحياة وإلا ادخرتها حسنات لوالدتي يوم تبعث من الممات. وذلك
عقاب قاذفي المحصنات الغافلات في محكم الآيات. والذين يرمون
المحصنات ثم لم ياتوا باربعة شهداء فاجلدوهم ثمانين جلدة ولا
تقبلوا لهم شهادة ابدا واولئك هم الفاسقون ان الذين يرمون
المحصنات الغافلات المؤمنات لعنوا في الدنيا والاخرة ولهم
عذاب عظيم صدق الله العظيم وكل قدير وقدرو ويمين البكوش في
صدرو
أما عن بقية الإدعاءات التي ساقها الدكتور فسأمر عليها سريع
المرور لأنها من التهافت والقصور بحيث لا تحتاج لنقضها غير
سطور وقد تمنيت أن يكفيني ذلك من دفعته الحمية الجاهلية
وخانه حسن النية فجاءت نصيحته على صفحات تونس نيوز
أشبه بـ الحزة الباجية:
1-أني خصصته بكلماتي إلى النهضويين الأحباب وقد جانب النمري
في ذلك الصواب، إذ ظن أنه من بلغ من الأهمية أن أخصص لهجائه
صفحات ثمانية. إنما سقناه كمثل لمسلك سياسي أخنع وقد قيل:
إذا أشار العاقل إلى السماء تعلق نظر الأحمق بالإصبع. وإني
أنصح الدكتور أن يفارق ما أصابه من غرور فأن يكبر المرء في
عين نفسه من أعظم الشرور وقاصمات الظهور. وليعلن أن شأنه
عندي لا يبلغ أن أخصص له نقدي
2- أنني أدافع عن القيادة وقد اثبت بادعائه هذا قصور النظر
وزيادة. مع أني أرى القيادة المسكينة أحوج ما تكون إلى من
يدفع عنها بعد أن حرمها أبناؤها السكينة. ومع مثل الدكتور
أصدقاء لا يحتاج المرء إلى أعداء. فالقيادة النهضوية باتت
مثل قصير المطية بعد أن تحول الرمي إلى ساحتها وفرش النمري
حصيرتها وأصبح جزاء الطاغية شديد البأس - في رأي النمري- :
لا يشكر الله من لا يشكر الناس. أما القيادة فهي متنفذة
متصلبة تعمل على إشاعة اليأس وإن أردت فزد أنها عديمة
الإحساس.
3- أني أسعى بالنميمة لطرد الدكتور من جنة النهضة العظيمة.
ورغم أني أرى النهضة تزيد بغياب أمثال الدكتور العتيد ومن
لكلامه يعيد فلا شأن لي إن بقي فيها يأكل غلتها ويسب ملتها
أم غادرها إلى ضرتها. وليس هذا الادعاء إلا سلاح الجبناء.
فبعد أن عجز أخونا على الرد ولم يجد منه بد لجأ إلى اتهام
النوايا وهي عفانا الله رزية الرزايا.
4- أنني وأمثالي نتخذ من قضية المساجين رأس مال نعوذ بالله
من شر المآل : فليأخذها مني الدكتور صريحة أن دفاعه عن
المساجين أشبه شيء بـ: الطريحة بعد سنوات الظلم والقهر
تريدهم أن يخرجوا بيد فارغة والأخرى قفر وهل بعد الإيمان إلا
الكفر. فهلا أعنتهم بالسكوت وتركت لهم –على الأقل- الخيار
بين حياة الذل وكريم الموت. فالقوم بلغوا من صفاء الروح
والقريحة ما يجعلهم أغنياء عن هكذا فضيحة تتنكر في ثياب
النصيحة.
5- التسامح والتخلي عن الحقوق وفي هذه يصر الدكتور على
الباطل بما يقربه من العقوق. فهلا صرح لنا بمن وكّله للحديث
باسمنا وباسمه أم هو يتدخل فيما لا يعنيه من تلقاء نفسه .
مع أننا أشرنا إلى إعلاء الرحمن من قيمة الغفران ولكنه العفو
الذي يرد الحقوق وليس الاستسلام والتنازل الذي يزيد الجفاء
والشقوق. وقديما قيل إنما العفو عند المقدرة ونسأل من الله
المغفرة. وليس القابض على الجمر كمن يتخذ المسألة موضوع
سمر.
6- ختاما، لم يفصل الدكتور عن ادعاء النبوة إلا لماما. فقطع
بأنه يعلم من أنا علم اليقين وقد سلك في ذلك مسلك المنجمين
وسيدفعه غيه أن يصيب قوما بجهالة فيصبح على ما فعل من
النادمين. فإن كان الله - كما يقول- استأثر بعلم الغيب فما
أدراه هو أم كشفت عنه الحجب؟؟
توجه السلطة السياسية للطرق الصوفية كحليف استراتيجي في هذه المرحلة هو قرار ذو أهمية خاصة
التصوف المغربي ابتعد عن التجريد الفقهي والكلامي والفلسفي ولم ينشغل بالسياسة
امحمد العلوي
لعبت مؤسسة الزوايا دورا هاما في تاريخ
المغرب منذ بداية ظهور (الرباطات) في الفترة الوسيطية من
تاريخه. وعلي الرغم من هذه الأهمية التاريخية التي حظيت بها
الزوايا المغربية، غير أنها لم يتم وضعها في سياق تاريخي
يمكن من فهم التطورات التي أصبح يعيشها التصوف في مغرب القرن
الواحد والعشرين.
ان التحولات التي يعرفها الحقل الديني المغربي اليوم، تطرح
مجموعة من التساؤلات الجادة حول طبيعة تمثل السلطة له،
وأسباب التحولات العميقة التي أصبح يعرفها هذا الحقل حيث فسح
المجال واسعاً أمام الفكر الصوفي بتعيين الوزير المسؤول عن
القطاع الديني من أهل التصوف.
هذا الأخير قام بمجموعة من التدابير المهمة؛ وسواء كانت هذه
التدابير بمبادرة منه أو كان فيها منفذا لسياسة السلطة
العليا في البلاد، إلا أن هذه التدابير تنم عن توجه جديد في
التفكير والتدبير الديني بمغرب العهد الجديد.
يمكن قراءة مظاهر هذا التوجه الجديد في تدبير الحقل الديني
في المغرب علي مستوي الأشكال الثلاثة للممارسة الدينية في
المغرب، العالمة والحركية والصوفية:
ففي مستوي المظهر العالم لهذه الممارسة، نجد محاولة إعادة
هيكلة مؤسسة العلماء، وتوجها نحو إعادة الاعتبار لها باتخاذ
مجموعة من التدابير الخاصة بتحديد الجهات المختصة بالفتوي،
وتدابير أخري خاصة بتنظيم المساجد والاهتمام بتدبير شؤون
العاملين عليها.
وفي مستوي المظهر الحركي، فأهم ما يميز العهد الجديد ، هو
دخول الحركات الإسلامية إلي الساحة السياسية، ومحاولة إعادة
ترتيب الأوراق معها، بتدعيم التيارات المؤمنة بخيار المشاركة
وتحييد التيارات المتشددة (سياسيا)، وإقصاء التيارات
الراديكالية الإقصائية.
أما في مستوي مظهرها الصوفي، فان هذه التدابير تبرز محاولات
في تصويف المجتمع وإخراج الفكر الصوفي من قوقعته إلي التواصل
المباشر مع المجتمع ومحاولة إدخاله في سيرورة تأطير المجتمع
طالما أنه قام بذلك لمدة طويلة وبالتالي فهو الأكثر خبرة في
هذا المضمار ويتوفر علي آليات وقنوات تلائم المجتمع وتركيبته
وتنسجم مع هويته.
فإذا كانت التدابير الخاصة بالمظهر العالم أو بالمظهر الحركي
للإسلام بالمغرب هي تدابير مهمة علي اعتبار أنها تقوم بإحداث
قفزات نوعية في مستوي التصالح والتواصل مع فئات واسعة من
المجتمع، إلا أن أهم التدابير التي قد يكون لها أثر في هذا
المستوي هي التدابير الخاصة بالمظهر الصوفي السلوكي للممارسة
الدينية للمجتمع المغربي.
فالتصوف في المغرب مثل أحد أهم مقومات تاريخ المغرب المجتمعي
الدينية والروحية والثقافية والاجتماعية وحتي الاقتصادية
والسياسية. إذ يمكن اعتباره أحد أهم عناصر التراث المغربي
الإسلامي التي كان لها تأثير عميق في مجري الحياة اليومية
للمغاربة عبر تاريخهم منذ العصر الوسيط.
وإذا كانت بدايات التصوف في المغرب بسيطة، تمثلت في ممارسات
زهدية قام بها بعض النساك والمتعبدين كما تخبر بذلك مختلف
التراجم وكتب الأخبار فان التصوف في المغرب قد انتشر في
المجتمع المغربي الحضري والقروي، شاملا بذلك أوساط المثقفين
العامة والخاصة.
هذا الانتشار خول للزاوية إمكانيات هائلة، حيث أصبحت مؤسسة
اجتماعية وسياسية قوية وفاعلة، وقد استطاع بعض المتصوفة أن
يفرضوا وجودهم في المجتمع بشكل دفع الدولة المغربية، علي
اختلاف السلط السياسية التي مرت بها (موحدية، مرينية،
وطاسية...)، إلي التعامل معهم باستعمال استراتيجية مواجهة أو
تحالف أو احتواء. غير أن الدولة لم تتمكن من تجاوز مؤسسة
الزوايا علي مر تاريخ هذه الأخيرة، وذلك لأنها كانت مؤسسة
تلقائية تعبر عن مجموعة من المتطلبات الاجتماعية والاقتصادية
والروحية للمجتمع.
ان هذه القوة التي بلغتها مؤسسة الزوايا في المغرب، ومكانتها
الاجتماعية والسياسية في الماضي، وتفعيل الفكر الصوفي في
القرن الواحد والعشرين من طرف الدولة المغربية في مواجهة
تحديات العولمة وقضايا التحديث السياسي والاجتماعي
والاقتصادي والثقافي...، هذه كلها قضايا تستوقف الباحث،
وتستفزه ليحاول فهم هذه الظاهرة وفهم أسباب التحولات التي
تمر بها اليوم. ويمكن القول ان الرجوع إلي تاريخ هذه المؤسسة
ومنه استجلاء خصائصها سيكون مهما لفهم أسباب لجوء السلطة
السياسية اليوم إليها لتفعيل دواليبها من أجل الوصول إلي
تحقيق استراتيجيات رسمت منذ أواخر تسعينات القرن الماضي.
تاريخ التصوف والزوايا في المغرب
لقد ميز بعض الباحثين في التاريخ المغربي بين ثلاث مراحل
أساسية مر بها التصوف في المغرب؛ فهناك من يقسمها إلي:
المخاض، التصدر والانطلاق ثم مرحلة التنظيم والهيكلة، كما أن
هناك من يقسمها بتسميات أخري دالة علي نفس المراحل وهي:
مرحلة الزهد، مرحلة ظهور التصوف، مرحلة ظهور الطوائف
الصوفية.
وحيث ان التحليل التاريخي يختلف شيئا ما عن التحليل السياسي
فانه سيتم اعتماد التقسيم التاريخي الذي قدمه المؤرخون
المغاربة لكن مع إبراز الأدوار السياسية والتأثير الاجتماعي
السياسي في تاريخ التصوف المغربي. وهكذا سيتم تقسيم المراحل
الثلاثة إلي: مرحلة المخاض وتأسيس الدولة، مرحلة ظهور التصوف
ودخول اللعبة السياسية، ثم مرحلة التنظيم ودعم الشرفاوية.
مرحلة المخاض وتأسيس الدولة
لقد امتدت هذه المرحلة منذ أواخر عهد الفتح الإسلامي لشمال
إفريقيا واستمرت خلال مرحلة الحكم المرابطية، وهي المرحلة
التي تميزت بغلبة الجانب الجهادي الزهدي عبر انتشار الرباطات
الجهادية.
وقد كانت نتيجة ذلك المباشرة علي الذهنية السائدة، هو ظهور
نوع من التمازج بين الفقه والأفكار الجنينية التي بدأت
بالظهور في المغرب حول التصوف والناتجة عن حياة الرباط
المعتمدة علي الزهد والانعزالية ومفاهيم الجهاد والتضحية من
أجل نشر الدين.
لقد كان نشر الإسلام ومدافعة الكفار وتوحيد الدولة في هذه
الفترة، هي الهواجس الغالبة علي الذهنية السياسية للمجتمع،
فكان الانزواء في الرباط التعليمي لتعليم الدين ونشره وجهاد
الكفار ، هو السبب الرئيسي الذي أدي إلي ظهور توجه لدي فقهاء
المرحلة، وهم زهاد الرباطات وشيوخها، تمثل في ضرورة انشاء
دولة قامت علي أكتاف تلاميذ الرباط، وهي دولة المرابطين التي
دشنت ميلاد فكرة الدولة الموحدة في المغرب والتي ساهمت في
الخروج من أزمة التشتت والضعف التي كان يعيشها الغرب
الإسلامي بشكل عام.
وقد عرفت هذه المرحلة ظهور أفكار أبي حامد الغزالي خاصة فيما
يتعلق بطبيعة أفكاره التي كان لها طابع خاص فيما يتعلق
بطبيعة تمثل العلاقة بين السلطة السياسية والسلطة المعرفية
وقد كان لهذه الأفكار صدي واسع وتأثير كبير علي الحياة
السياسية وطبيعة الممارسة الدينية للمجتمع. وكانت هذه
المرحلة هي مرحلة البدايات في ما يمكن تسميته بتصوف أهل
المغرب.
مرحلة ظهور التصوف ودخول اللعبة
السياسية
ان مجموعة من المؤشرات كعدد تراجم الصلحاء الذين عاشوا خاصة
في فترة الموحدين التي فاقت في كتاب التشوف المئة والخمسين
ترجمة تمكن من اعتبار هذه المرحلة مرحلة انفجار فعلي بالنسبة
لظاهرة الولاية (بالمغرب) ، كرد فعل ساد المجتمع المغربي علي
ارتباط الفقهاء وأهل العلم بالسلطة المرابطية التي بدأت تعيش
أزمة وجود ومشروعية في الفترة السابقة علي سقوطها.
وقد جاءت هذه المرحلة مواكبة لقيام الدولة الموحدية، وعرفت
بروز أهم مؤسسي التصوف بالمغرب. وقد تكاثرت خلال هذه المرحلة
الربط التعبدية في مختلف مناطق المغرب، وخلال هذه المرحلة
يلاحظ المؤرخون ظهور نوع من التنظيم التلقائي المعتمد علي
التضامن والتكافل مما يسمح بالقول بأنها مرحلة ظهور التصوف
بالمفهوم الاصطلاحي، وبداية الإرهاصات المتعلقة بالتأسيس
لمرتكزات التصوف في المغرب.
وقد بدأت خلال هذه الفترة مرحلة من الاضطهاد للمتصوفة
المغاربة والأندلسيين من طرف السلطة الموحدية، بسبب تخوفها
من منافسة رمزية مؤسس الفكرة الموحدية أي المهدي، والذي يمكن
اعتباره نموذجا للمزج الذي عرفه المتصوفة بين التصوف والعلم.
وقد يمكن القول بأن نهاية هذه المرحلة يتمثل في المنافسة
التي أصبح يقوم بها المتصوفة تجاه السلطة بسبب تنامي قوتهم
الرمزية وتزايد قوتهم الاجتماعية بشكل هدد السلطة السياسية
الموحدية والمرينية بعدها.
فقد أصبح التصوف خلال العصر الموحدي قوة جذب اجتماعية مؤثرة،
وحصل أقطابه وشيوخه علي مصداقية روحية وأخلاقية وحضور
اجتماعي فعال . وقد كان انخراط ممثليه من شيوخ وصلحاء في
الحركية المجتمعية مثار قلق بالنسبة للسلطة السياسية، وذلك
راجع لطبيعة تحركه في صلب المجتمع التي تميزت بعدم التسيس
وبقوة الارتباطات الاجتماعية داخل وخارج المنظومة الجديدة،
وكان هذان العاملان سببا في قدرة المتصوفة علي الاستقلال عن
السلطة السياسية، وفي نفس الوقت القدرة علي مواجهتها انطلاقا
من قدرتها علي تحريك المجتمع.
لقد كانت الزوايا باعتبارها مؤسسات دينية واجتماعية حاضرة
بشكل قوي ومتميز في المجتمع المغربي خاصة في العهد المريني،
وقد كانت قادرة علي استقطاب المغاربة وتعبئتهم خاصة في
الظروف الصعبة، واستطاعت ملء الفراغ الذي كان يتركه عادة ضعف
الدولة المركزية بالمغرب وهو الدور الذي استمرت الزاوية في
الاضطلاع به لفترة طويلة بعد ذلك. وقد أدي هذا الوضع في
العهد المريني إلي انتهاج السلطة المرينية لاستراتيجية
الأشراف مقابل الصلحاء وهي الاستراتيجية التي ستنقلب عليها
عند تحالف هذين القطبين الأساسيين في الحياة الدينية
المغربية.
مرحلة التنظيم ودعم الشرفاوية
بدأت هذه المرحلة مع تصاعد نجم الشرفاء بتحالف القوة الروحية
للشرفانية مع القوة الاجتماعية للزاوية. وقد شكلت هذه
المرحلة فترة المرور من طور التنظيم الطوعي التلقائي إلي
التنظيم الإرادي المحكم للأتباع ، حيث أنه في هذه المرحلة
يمكن الحديث عن التنظيم الهيكلي للزاوية والطريقة بالشكل
الذي سمح للزاوية باستثمار قوتها الروحية والاجتماعية في
تحريك الساحة السياسية ويبرز ذلك جليا عند الرجوع إلي
التقلبات السياسية التي عرفها المغرب في العصر الحديث مع
السعديين والعلويين.
ومن أهم ما تجدر الإشارة إليه في ما يتعلق بهذه التنظيمات
المستحدثة أنها اعتمدت علي المرجعية القبلية منذ البدايات
مما أدي إلي نوع من التسرب التدريجي لمنطق الولاية داخل
الحركة القبلية التقليدية، وما يمكن ملاحظته هو أن هذه
التنظيمات الجديدة، قد أعادت إلي الواجهة فاعلية النمط
القبلي، لكن بمنطق جديد مثلته مركزية الولي الشيخ (أو الصالح
المحلي) تحت حماية مظلة الشريف (المتحكم في سلطة المخزن).
وهذا يخول لمن يراقب التطورات الخاصة بالزاوية أن يستنتج أن
حركية العلاقة مع الدولة نفسها سوف تتغير سواء بالنسبة
للولاية أو القبيلة . ومن هنا تكمن أهمية هذه المرحلة في
تاريخ المغرب والتي عرفت نوعا من التأرجح بين المنافسة
والتحالف بين هاتين القوتين (أي الدولة والزاوية) بسبب تعدد
استراتيجيات كل واحدة منهما تجاه الأخري، حسب قوة الطرف
الآخر وحسب الظروف التي تمر منها البلاد.
لقد عرف القرن العشرون دخول الاستعمار إلي بلاد المغرب،
وتغلغل الأفكار السلفية الوهابية المناهضة لفكر التصوف
والمعادية للطرقية، وانتشار الفكر الحركي كتعبير عن تطور
الفكر التنظيمي في المجتمعات الإسلامية عامة والمجتمع
المغربي بشكل خاص، وكمحاولة للمزج بين التفكير العملي
الواقعي المعاصر وبين التشبث بالمبادئ الأصيلة للمجتمع
المغربي الإسلامي وهو ما كان نتيجة للمفارقة الصارخة التي
كانت تعيشها الذهنية المغربية الإسلامية (ولا تزال) بين
المعطيات الناجمة عن الاحتكاك بالغرب وبين التشبث بأمجاد
الماضي مع نبذ خرافاته و ضلالاته البدعية .
في حين أن القرن الواحد والعشرين في المغرب عرف تطورا مهما
في ما يتعلق بتدبير السياسة الدينية بالمغرب وهو تنصيب أحد
المتصوفة (من مريدي الزاوية البوتشيشية المغربية) علي رأس
إحدي وزارات السيادة في المغرب وهي وزارة الأوقاف والشؤون
الإسلامية لتدبير الشأن الديني في المغرب وتنفيذ السياسة
الدينية المرسومة من طرف النظام المغربي في بداية الألفية
الثالثة.
هذا القرار لم يكن اعتباطيا فالنظام السياسي المغربي الحالي
تميز، عبر تاريخه، بتحركات مدروسة بشكل يضمن توازنا سياسيا
بين فاعلي الساحة السياسية والدينية، وهو ما يطرح العديد من
التساؤلات حول الأسباب الكامنة خلفه هل هو عودة إلي التحالف
من جديد مع الزاوية الشريك السابق؟ أم هو استباق للأحداث؟ أم
هو صناعة لحقل ديني سياسي جديد مختلف عن ما عرفه المغرب في
القرن السابق؟ هذه التساؤلات تدفعنا إلي البحث في خصائص
وأدوار الزوايا المغربية بشكل عام والزاوية البوتشيشية بشكل
خاص.
خصائص التصوف المغربي
ان تاريخ التصوف المغربي يبرز بأن متصوفة المغرب كانوا
يتميزون بمنهج خاص في التربية والسلوك، يقوم علي أساس الزهد
والورع والاجتهاد في العبادة علي منهج السلف، بعيدا عن لغة
الأحوال والمقامات كما أنهم لم ينقطعوا عن ممارستهم للحياة
الاجتماعية العادية، وكانوا يسلكون طريق التذوق والارتقاء في
مقامات أهل الطريقة وعدم المبالاة بظهور الكرامات أو حصول
الشهرة ويسعون إلي التستر علي كراماتهم وأحوالهم، معتمدين في
طريقهم التربوي علي التفرغ الكلي للمجاهدة ولقاء الأولياء
والسياحة في الأرض لكن دون انعزال عن المجتمع.
من خلال هذه الأسس التي يقوم عليها التصوف المغربي يمكن
استجلاء مجموعة من الخصائص أولها شمولية هذا التصوف، والثاني
ابتعاده عن التجريد الفقهي والكلامي والفلسفي، والثالث عدم
اشتغاله بالسياسة، وارتباطه بالجماعة والمجتمع.
الشمولية في التصوف المغربي
منذ انطلاق التصوف في المغرب تحددت طريقه في اتجاه سني اعتمد
علي تعاليم المدرسة الجنيدية في صيغتها الغزالية. وقد تدعم
هذا التوجه في الفترات اللاحقة وعبر تطور الفكر الصوفي
المحلي في سلوكه لاتجاه سني أخلاقي كان هو أهم معالم التصوف
في المغرب الأقصي، ويمكن تفسير أهم خصائص هذا الاتجاه في
كونه اتجاها زهديا عمليا بعيداً كل البعد عن المؤثرات
الفلسفية، بحيث لا يهتم أصحابه كثيرا بالقضايا النظرية بل
ينشغلون أساسا بأنواع المجاهدات وآداب السلوك.
وعلي هذا فقد جمع التصوف المغربي بين مجموعة من العناصر
متميزا بجمعها عن التصوف المشرقي، وتمثلت هذه العناصر في ما
يتعلق بالفاعلية داخل المجتمع في العلم والجهاد وفي ما يتعلق
بالحياة اليومية للصوفي في التجرد والكسب.
العلم: لقد كان متصوفة المغرب الأقصي يهتمون بشكل كبير
بالفقه والعلوم الشرعية، ويمكن استجلاء هذا المعطي من خلال
ما توفره لنا التراجم الخاصة بأقطاب التصوف والتي تحدد أنهم
كانوا من كبار العلماء. وهذا الارتباط بالعلم ولد لدي متصوفة
المغرب ربطا قويا بين العلم الشرعي والتصوف المغربي أبعده عن
التأثيرات الإشراقية التي اعترت التصوف في مناطق أخري من
العالم الإسلامي.
ومما تجدر الإشارة إليه فان متصوفة المغرب قد اهتموا إلي
جانب الممارسة الصوفية بنشر الإسلام وتعليم مبادئه خاصة في
المناطق النائية التي يتعذر علي الفقهاء الوصول إليها، ويرجع
سبب قدرتهم تلك إلي سياحتهم في الأرض وبلوغهم إلي تلك
المناطق البعيدة التي تتميز بالانعزال عن الدنيا ، لكنهم في
نفس الوقت حافظوا علي ارتباطهم بالمجتمع من خلال محاولة نشر
الدين وتعليم مبادئه لسكان البوادي والمناطق البعيدة عن
المراكز العلمية.
وقد اعتمد المتصوفة في هذا الصدد مجموعة من الوسائل اتسمت
بطابع جماعي في العمل، كاعتمادهم علي انشاء الرباطات والعمل
علي تعميرها بالتلاميذ والمريدين، والذكر الجماعي، وإحياء
المناسبات الإسلامية، وعقد المواسم في أماكن ذات القداسة
الخاصة وتشجيع الحج، وهذه كلها ممارسات ترنو إلي خلق نوع من
التخليق الجماعي وإلي توحيد الهواجس الفكرية والروحية
للمجتمع.
الجهاد: من أوجه العمل التي ميزت المتصوفة في المغرب هي
المشاركة في الجهاد في الأندلس في فترة الجهاد الهجومي في
العصر الوسيط، وأيضا محاولة الدفاع عن رقعة الدولة في فترة
الجهاد الدفاعي ضد الأطماع الأوروبية في المغرب الأقصي.
وهذه المشاركة نابعة من طبيعة موقع المغرب الذي يعتبر ثغرا
من ثغور المسلمين، أي منطقة حدودية تشرف علي دار الحرب، وهذا
ما جعله في احتكاك دائم مع الكافر و المعاهد الذي شكل خطرا
علي أرض الإسلام. والملاحظ من كل هذا، أن الزوايا هي مرحلة
متقدمة، في هذا المجال، للربط الجهادية التي أنشأها الفاتحون
والمجاهدون المحليون في المغرب علي مناطق التماس مع العدو ،
بهدف دفعه أو بهدف آخر وهو نشر الإسلام.
وهكذا كان التصوف بالمغرب مرتبطا بشكل كبير بمفاهيم الجهاد
ومناهضة الظلم، مما خوله الدخول في الحياة الاجتماعية علي
أساس هذه المعاني، التي كانت تعطيهم صفة مقدسة لدي العامة،
سمحت بجعلهم مرجعا للاحتماء في حال غياب أو ضعف الدولة
المركزية.
التجرد والكسب: في مستوي المنهج الذي اعتمده صوفية المغرب في
الحياة اليومية، ففي الوقت الذي ركزت فيه بعض التوجهات علي
الزهد في الحياة والاعتماد علي الغير في كسب العيش تميز
التوجه الغالب في متصوفة المغرب بكونهم انصرفوا للعمل
والتكسب والاعتماد علي النفس في العيش. ولكن في نفس الوقت
اعتمدت المدرسة المغربية في التصوف علي نهج التجرد بمعناه
القائم علي الزهد في المادة والتخلي الطوعي عنها، وهدفهم في
ذلك هو تحقيق التفرغ النفسي المطلوب من أجل سلوك الطريق.
وهذه الميزة جعلت مكانتهم تزداد في المجتمع من حيث كونهم
زاهدين في الدنيا ومستغنين عن غيرهم في الانفاق علي أنفسهم،
وهو الشيء الذي كان يخلق لهم نوعا من الاستقلالية التي حرم
منها العديد من الفاعلين السياسيين في المجتمع كالقبائل التي
كانت مرتبطة بالعطايا التي تأتيهم من المخزن ومن الزاوية في
بعض الأحيان في أوقات الجدب والجفاف. وعلي هذا الأساس كانت
العطايا المقدمة من الأطراف المختلفة للزوايا باسم الشيخ
تعتبر محاولة في استجلاب البركة والخير والدعاء من الشيخ
لتلافي الجفاف والقحط والضائقة.
خصائص السلوك الفكري والسياسي
للتصوف المغربي
اعتمد التصوف المغربي علي سلوك فكري وسياسي منسجم مع تصورات
التجرد والزهد اللذين طبعا معالمه ونهجه السلوكي، ويمكن
القول أن التصوف المغربي عرف بعدا عن التجريد في المستوي
الفكري وتجردا في المستوي السياسي، وهذا السلوك راجع لكونه
بقي بعيداً كل البعد عن المؤثرات الفلسفية، ومكتفيا بمكانته
الاجتماعية عن الطموحات السياسية.
وعلي هذا فقد تميز التصوف المغربي بخاصيتين أساسيتين هما
البعد عن التجريد الفقهي والكلامي والفلسفي، علي الصعيد
الفكري، والابتعاد عن الانشغال بالسياسة والارتباط بالمجتمع
علي الصعيد السلوكي الاجتماعي.
البعد عن التجريد الفقهي والكلامي والفلسفي: ان الجمع بين
العلم والعمل في التصوف المغربي كانت له نتيجة مهمة تمثلت في
نفوره من النزعة الفروعية للفقه علي الرغم من كون عدد مهم من
الصوفية كانوا من الفقهاء الأعلام. كما تميز المتصوفة
المغاربة بالإعراض عن الجدل والتنظير الكلامي والمناقشات
العقدية.
وقد كانت من بين أهداف الزاوية الحفاظ علي سنية الطريقة
الصوفية بإبعادها عن الفلسفة وعلم الكلام، واقتصارها علي
العلم المؤدي إلي العمل في إطار التوجه السني المعتمد علي
تعاليم المدرسة الجنيدية في صيغتها الغزالية.
عدم الاشتغال بالسياسة والارتباط بالمجتمع: لم يبرز متصوفة
المغرب طموحات جدية ومباشرة في الفعل السياسي من طرف كبار
الصوفية المغاربة، وتتبع المحاولات التي تمت في فترات متفرقة
من التاريخ الحديث للمغرب يبرز أنها ارتبطت أساسا بمحاولة
الخروج من أزمة السلطة بمحاولة ملء الفراغ السياسي أو رد
الظلم أو المساهمة في تنظيم المجتمع.
ويبدو أن سبب هذه السلوكات من طرف المتصوفة المغاربة راجع
إلي اشتغالهم أساسا بالتجربة الروحية الأخلاقية الارتقائية،
التي كانت ترتكز بالنسبة للمغرب علي الارتباط بمفهوم الجهاد،
وهو المفهوم الذي يحيل علي مفاهيم أخري قد تؤدي إلي هذه
النتائج، تمثلت هذه المفاهيم في جهاد النفس، وجهاد العدو،
وجهاد الظلم، وهي كلها تقع علي مرتبة واحدة، بحيث تكون
الظروف المحيطة هي التي تحدد الأولوية فيها.
هذا الارتباط بهموم المجتمع ناتج لدي صوفية المغرب من طبيعة
نهجهم في الممارسات الدينية، فاعتمادهم علي التصوف الجماعي
عبر الذكر الجماعي والتركيز علي الزيارات وإحياء المناسبات
الدينية المختلفة خلق لديهم نوعا من الارتباط بالمجتمع، بحيث
لم يسمح التصوف في المغرب بظهور مجموعات مستقلة ومنعزلة عن
المجتمع، وهذا ما أدي إلي جعل كل الشيوخ قبلة لجميع أنواع
المريدين دون تمييز. وهذا ركز قوة إضافية لدي متصوفة المغرب
الأقصي تمثلت في كونهم ارتبطوا أساسا بالممارسات والقيم أكثر
من ارتباطهم بالشيوخ، وبمعني آخر ساهم هذا السلوك في منع
إشكالية التعصب للشيوخ والصراع بين الزوايا علي هذا الأساس.
خصائص الزاوية البوتشيشية
إذا كانت طبيعة التصوف المغربي علي هذه الشاكلة فان السؤال
الذي يطرح الآن هو السبب في اختيار الزاوية البوتشيشية
بالضبط دون غيرها من الزوايا المغربية لتحمل عبء المساهمة في
تدبير الشأن الديني في المغرب.
لقد اعتبر أحد الباحثين الجزائريين الزاوية البوتشيشية من
أحدث الطرق، وذلك بسبب اعتمادها منذ بداية القرن العشرين علي
أساليب دعائية عصرية في التواصل، حيث اعتمدت هذه الزاوية
أساليب النشر في الصحافة للخوض في الأمور الدينية
والاجتماعية. ويبدو أن ذلك راجع إلي محاولتها في تلك الفترة
استمالة فئة المتعلمين وذلك لمواجهة الاطماع الاستعمارية
التي بدأت منذ نهاية القرن التاسع عشر. وقد عرف عن هذه
الزاوية محاربة البدع والعمل علي إرشاد الناس للدين ونشر
العلم.
لكن هذا النهج لم يستمر في هذه الزاوية بسبب الاستعمار وتوجه
جل التنظيمات الاجتماعية إلي التركيز علي المقاومة ورفض
الاحتلال، كما أنه وقع نفور شديد من طرف المجتمع من الزوايا
بسبب قضية تعاون بعض شيوخ الزوايا مع الاستعمار؛ غير أنه
بتولي الشيخ الحالي زالت كل العراقيل الموروثة عن عهد
الحماية وهذا ما ساعده علي توسيع نفوذ الطريقة باعتماد
الأساليب التي كان ينهجها مؤسس الطريقة الأول (الشيخ سيدي
أحمد بن عليوة).
فقد ركز شيخ الزاوية سيدي حمزة بالخصوص علي توجيه دعوته إلي
الشباب المتعلم قصد الانتساب إلي الطريقة البوتشيشية، ويبدو
أن الشيخ بهذا النهج استهدف ضمان الاستمرارية والانتشار، في
الوقت الذي بقيت فيه بقية الزوايا مقتصرة في استقطابها علي
المريدين الأميين.
ان استراتيجية الزاوية المرتكزة علي التواصل مع نخبة المجتمع
سمح لها بانتشار كبير في مستوي الفئة المتعلمة والمثقفة في
المجتمع وهو انتشار لفت أنظار العديد من المراقبين الذين
سجلوا وجود تحرك للفكر الصوفي ليس فقط في مستوي المغرب وانما
في مستوي العالم، وهذا ما يبدو أنه أثار انتباه السلطة
السياسية التي رأت في هذا الحليف القديم مشروع حليف جديد قد
يحل مجموعة من الإشكاليات التي لا تزال عالقة علي مخـــتلف
الأصعدة في المجتمع المغربي.
خاتمة
ان ترسخ الفكر والممارسة الصوفية وقدمها في المغرب، وتواصلها
عبر قرون مع السلطة السياسية، وارتباطها بالمنظومة الشرفانية
وتبجيلها لهذه المنظومة هي كلها عناصر تؤكد علي أن توجه
السلطة السياسية إلي الطرق الصوفية كحليف استراتيجي في هذه
المرحلة هو قرار ذو أهمية خاصة.
ويمكن القول أن هذا التوجه كان مدروسا بشكل محكم لأن أهداف
الدولة في السنوات المقبلة تتلاءم بشكل كبير مع الخصائص التي
تتميز بها الزاوية في المغرب. فالنظام السياسي يضع نصب عينيه
تنمية سياسية واقتصادية واجتماعية للخروج من الأزمة التي
يعيشها المغرب بشكل عام.
والزاوية في هذا تحقق له أهدافه فأمن البلاد مضمون بانتشار
الفكر الصوفي الأخلاقي السني، لأنه ينبذ التطرف والعنف
ويتميز بخاصية السلم والتسامح . وبتركيز الزاوية علي أخلاق
التكافل والتضامن قد تؤدي إلي تمكين النظام من تحقيق تنمية
اجتماعية واقتصادية. أما الاستقرار فالتصوف علي طريقة حب آل
البيت وطاعتهم، والتركيز علي أخلاق قبول الآخر لدي الزاوية
هو الحل الأمثل لضمان استقرار قد يساهم في توحيد المجتمع
ووحدة السلطة.
ويمكن رؤية معالم هذا التوجه في رسالة وجهها الملك محمد
السادس إلي المشاركين في اللقاء الاول من لقاءات سيدي شيكر
العالمية للمنتسبين إلي التصوف الذي افتتحت أشغاله بمراكش
يوم الجمعة 10/9/2004 يقول في بعض فقراته: لقد استوعب أبناء
هذا البلد الطيب، منذ اعتناقهم للإسلام أن جوهر الدين هو
تزكيــــة النفـــس وتطهيرها من الأنانية والحقد والتعصب،
وتحلـــيها بمكارم الاخلاق، والتسامي عن الشهوات المذلة
للقلب والروح والعقل، بضبط النفس ومراقبة سلوكها اليومي،
ابتغاء للاكتمال الروحي المصطلح عليه بـ(التصوف).
والمتأمل في تاريخ صوفية المغرب ، يجد في سلوكهم وتعابيرهم،
سواء لدي الصفوة أو علي مستوي عامة الناس، ما يجده عند غيرهم
من صوفية البلاد الأخري، من رسوخ كبير في الأذواق والرقائق
وفهم القرآن.. وإذا كانت مناحي تأثيرهم التربوي والاجتماعي
تند عن الاحصاء فان ثلاثة أمور جليلة جديرة بالاشارة في هذا
المقام، أولها مساندة الامامة الشرعية في القيام بأعبائها،
مع الحفاظ علي الوحدة المذهبية المالكية والعقيدة الأشعرية
والانفتاح ، وثانيها تحرير النفوس من حب الرئاسة المغرضة،
وترويضها علي الشكر لله ، ونبذ أنواع الأنانية والطغيان
وثالثها تخريج ثلة من الرواد الذين لم تتناقض في أذهانهم
النوازع الكونية مع التحلي بالروح الوطنية الخالصة.
(المصدر: صحيفة القدس العربي الصادرة يوم 20 جانفي 2005)
توفيق المديني