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TUNISNEWS
 8 ème année, N°  2832 du 24.02.2008
 archives : www.tunisnews.net

Pétition pour dénoncer les agressions contre les militantes Fatma Ksila et Samia Abbou
Pétition: Tunisie - Justice pour Naoufel Sassi
Omeyya Seddik: Petite synthèse sur la situation en Tunisie
Slim Bagga: Infos
Slim Bagga: Ben Ali: Mon nom est complot
Houcine Ghali: Les eculubrations du parti vert pour le progres
Ridha Kefi: Tunisie - Les islamistes font-ils encore peur ?
Bakchich : Sarkozy ne veut plus serrer les mains des ennemis d’Israël
IcWales: Tunisia cash withdrawals fraud: new victim steps forward
Le Temps: Trafic de drogue :Saisie de 150 kilos de Hachich
La Presse: Entretiens sur la musique - Ali Saïdane : «Populaires, dites-vous…?»
Ashraf Zayd: Discours sur le « Discours » Ou La philosophie par les nuls
Khil we Lil: Censure, autocensure et dissidence


 

 

Tunisie : Pétition pour dénoncer les agressions contre les militantes Fatma Ksila et Samia Abbou

Deux militantes des droits humains, Mme Fatma KSILA, Secrétaire générale du CRLDHT (Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie) et Mme Samia ABBOU, membre de l’ALTT (Association de Lutte contre la Torture en Tunisie), viennent d’être sauvagement agressées par des sbires de la police politique de Sousse.

Venues enquêter auprès des familles de prisonniers politiques impliqués dans l’affaire dite de « Soliman », elles ont été victimes de bousculades, de coups répétés et d’insultes ordurières.

En vérité, il s’agit au pays du C.S.P (code du statut personnel), de pratiques courantes contre tous les militantes et militants démocrates.

Voilà un régime qui ne manque pas une occasion pour « défendre les droits des femmes », qui aligne ses ministres femmes comme autant d’arguments de "féminisme" et qui ne cesse d’attenter à ces mêmes droits avec une brutalité et une obscénité sans nom dès lors qu’il s’agit de défenderesses des droits humains ou de militantes politiques.

  • Nous avons tous en mémoire les montages pornographiques immondes contre certaines militantes.
  • Nous n’oublions pas non plus le sort inqualifiable réservé aux magistrates de l’AMT (Association des Magistrats Tunisiens), aux épouses et aux sœurs des prisonniers politiques et, tout récemment, le déchaînement de la presse de caniveau contre Souhayr Bellhassen, présidente de la FIDH.
  • L’agression contre Fatma KSILA et Samia ABBOU fait partie de cette politique de la terreur réservée aux militantes femmes, qui constitue un volet de la répression permanente de tous les militants de la liberté.
  • Nous, citoyens tunisiens résidents en France, tenons à exprimer notre solidarité avec Fatma et Samia et à dire l’indignation et le dégoût que nous inspirent de telles pratiques.
  • Au-delà de la simple indignation nous nous considérons mobilisés pour envisager différentes formes d’action afin de dénoncer et informer tous les milieux démocratiques des ignominies au quotidien perpétrés dans notre pays.

Premiers signataires : (Pour signer la pétition envoyer un mail à rita@ras.eu.org)

Abdelwahab Hammami

Abir Ghali

Abir Kréfa

Adel Thabet

Adnane Ben Youssef

Bahija Ouezini

Béchir Abid

Fatima Ouassak

Habib Ouerda

Hédi Jilani

Hichem Abdessamad

Houda Zekri

Imed Daimi

Iyed Dahmani

Kamel Ghali

Kamel Jendoubi

Khemais Ksila

Lotfi Hammami

Mohamed Ben Saïd

Mohamed Bhar

Mohieddine Cherbib

Moncef Guedouar

Nejib Baccouchi

Omeyya Seddik

Ramzi Oueslati

Sofiene Makhloufi

Tarek Ben Hiba

Tarek Maatoug
 

Pétition

Tunisie - Justice pour Naoufel Sassi

Un énième procès se déroule en Tunisie dont les audiences ont été ouvertes le 4 janvier 2008. Il concerne trente tunisiens arrêtés en 2006 qui ont tous ont été victimes d’actes de torture et parfois d’abus sexuels, constatés et documentés, dans les centres de détention de la police et/ou dans les prisons tunisiennes.

Parmi eux, M. Naoufel Ben Slimane Sassi, 45 ans, père de quatre enfants, expert en gestion financière et en fiscalité a été arrêté devant son cabinet dans le centre de Tunis le mercredi 14 juin 2006. Il a été détenu au secret pendant trois semaines. Sans nouvelles de lui, son épouse a déposé le 21 juin 2006 une plainte pour enlèvement auprès du procureur de la République enregistrée sous le n° 7028436/2006.

Par la suite, au mois de juillet 2006 M. Sassi est réapparu à la prison de Tunis, soumis à une détention préventive dont la régularité du point de vue de la procédure a nécessité une falsification du procès verbal d’arrestation. Son procès s’est ouvert le 4 janvier 2008, un an et demi après son arrestation[1].


Mr Naoufel Sassi a payé très cher ses opinions. En 1990, il a été jugé pour « appartenance à une organisation non autorisée » et a passé dix mois de prison après avoir subi de longues séances de torture. En 1993 il est de nouveau arrêté, incarcéré au secret et torturé pendant quarante jours sans aucun jugement. Depuis sa libération, il a été privé pendant plus de six ans de facto du droit au travail, au passeport, à la sécurité sociale, et contraint à un régime très lourd de contrôle administratif.
Dans cette nouvelle affaire, il est poursuivi pour six chefs d’inculpation sur le fondement des articles 11 à 21 de la loi n° 2003-75 du 10 décembre 2003 à propos de laquelle Amnesty international déclare : « (…) la situation des droits humains en Tunisie s'est manifestement détériorée depuis l'introduction de la Loi antiterroriste de 2003. Ce texte contient une définition vague du terrorisme, qui a été utilisée par les forces de sécurité pour viser les défenseurs des droits humains, les critiques pacifiques et les opposants du gouvernement, dans une tentative d'étouffer toute critique indépendante. Des actes de torture et d'autres mauvais traitements sont toujours signalés, notamment dans les prisons. Des centaines de prisonniers politiques détenus en lien avec des activités terroristes présumées, notamment des prisonniers d'opinion, subissent toujours des conditions carcérales constituant un traitement ou châtiment cruel, inhumain et dégradant, voire une forme de torture »[2].
Il s’avère, suite à vérification, que des parties entières du dossier d'accusation de l'affaire en cours proviennent du dossier d'instruction du procès de 1990 pour lequel M. Sassi a déjà été condamné et a purgé une peine : Les interrogatoires, les chefs d'inculpation et les différents témoignages sont identiques. Cela ressemble tout simplement à une opération de "copier/coller", par conséquent M. Sassi serait jugé deux fois pour les mêmes "faits" !

Nous soussignés :

1/ Déclarons être profondément préoccupés par son sort et par celui de toutes les victimes de pratiques judiciaires et policières illégales du point de vue de toutes les lois et conventions protégeant les droits humains et les droits des personnes justiciables.

2/ Sommes attentifs au déroulement de ce procès et sommes disponibles pour soutenir toute initiative visant à la défense des droits de Monsieur Sassi et à la dénonciation des graves atteintes aux droits fondamentaux dont trop de personnes sont l’objet en Tunisie. 

Premiers signataires :

Abdallah Samir – Réalisateur, France

Acerbo Maurizio – Député, Italie

Aigon Odile – Fonctionnaire territoriale, France   

 

Aknin Luce – Etudiante, France

 

Alouani Hafida – Etudiante, France

 

Amici Sesa – Députée, Italie

Andalouci Siham – Correctrice, France

 

Angelini Corinne – Maire adjointe, professeure de comptabilité, France

 

Arab Chadia – Enseignante, France

Arnoux Philippe – Enseignant, France

 

Attina Dominique – Artisan italien, France

 

Audette Emma – Journaliste, France

 

Autexier Samuel  - Secrétaire de rédaction, France

 

Azais Serge – Paysan, France

Bechara Soha – Ancienne prisonnière du camp de Khiam, libanaise, Suisse

 

Bénard Gilles – Restaurateur, France

 

Ben Hiba Tarek - Conseiller régional, France

Ben Kirane Zakaria  - Ingénieur marocain, France

 

Ben Sadia Hamida  - Chef de projet, France

 

Ben Said Mohamed - Médecin tunisien, France

Ben Yedder Nadhir – Avocat, Tunisie

 

Ben Youssef Adnane - Ingénieur Tunisien, France

 

Benezech Geneviève – Pharmacienne, France

 

Berrabah Rabah- Educateur spécialisé, France

 

Bertrand Reynald - Monteur-réalisateur, France

 

Bettaieb Riadh – Association Solidarité Tunisienne, France

 

Bhar Mohamed - Artiste musicien tunisien, France

 

Bianchi Sergio – Editeur, Italie

Blakey Maria - Artiste australienne, France

 

Borvo Nicole – Sénatrice, France

 

Bouamaied Ksila - Coordinatrice dans une association, tunisienne, France

 

Bouchardeau François – Editeur, France

 

Bouchardeau Hélène – Etudiante, France

 

Bouchardeau Johanna - Assistante d'édition autrichienne, France

 

Boughanmi Ezzeddine - Enseignant Tunisien, France

Boumediene-Thierry Alima – Sénatrice, France

Bouteldja Naima – Journaliste, Grande-Bretagne

Brafman Jean - Conseiller régional, France

 

Braouezech Patrick – Député, France

Bras Claire – Professeur, Française

 

Bret Robert – Sénateur, France

Burgio Alberto – Député, Italie

Busch Néli - Paysanne allemande, France

 

Bussoni Ilaria – Rédactrice d'édition, Italie

 

Cacciari Paolo – Député, Italie

Caruso Francesco – Député, Italie

Chaari Fethia – Traductrice, France

Chahal Nahla - Anthropologue et éditorialiste libanaise, France

Chammari Khemaïs - Expert-Consultant, Tunisie

Chammari Taoufik – Cadre, Tunisie

Charara Walid – Chercheur, Liban

Cheneviere Cédric – Apiculteur, France

 

Cherbib Mouhieddine - Employé Tuniso-français, France

 

Chourabi Sofiène – Journaliste, Tunisie

 

Chrii Mohammed Rachid – Fonctionnaire, Maroc

 

Cogodi Luigi – Député, Italie

Combesque Marie Agnes – Cadre, France

 

Copans Sylvain - Ingénieur du son, France

 

Cordeiro Albano - Chercheur-retraité, France

 

Cossic Adrian - Cadre administratif espagnol, France

 

Cours-Salies Pierre - Professeur des universités, France

Dahmani Iyed – Informaticien tunisien, France

 

Daimi Imed - Ingénieur tunisien, France

 

Daumas Lucile - Documentaliste française, Maroc

 

Deiana Elettra – Députée, Italie

Demessine Michelle – Sénatrice, France

De Oliveira Rosa - Sans profession, France

 

Derouiche Imène – Militante associative tunisienne, Canada

 

Di Salvo Paola, Cercle ARCI, Italie

 

Djoufelkit Youssef  - Educateur, France

 

Dogot Delphine - Juriste belge, France

 

Dreano Bernard - Inspecteur du travail, France

 

Duntze Nicolas – Paysan, France

 

Duqué Marc – Retraité, France

 

Duranti Donatella – Députée, Italie

El Babili Mohamed – Informaticien, France

 

El Baz  Ali - Coordinateur d'association marocain, France

 

El Morabiti Laaroussi - Syndicaliste marocain, Espagne

 

Fabing Bernadette – Cadre, France

 

Farina Daniele – Député, Italie

Fath Jacques - PCF, France

Flautre Hélène – Députée Européenne, France

 

Folena Pietro – Député, Italie

Fournier Pierre - Retraité d'hôpital, France

Fraysse Jacqueline – Députée, France

Frias Mercedes – Députée, Italie

Gaillot Jacques – Evêque, Partenia

Gantin Karine – Cedetim, France

 

Ghali Kamel – Poète, écrivain tunisien, France

 

Girard Youssef – Etudiant, France

Gonthier-Maurin Brigitte – Sénatrice, France

 

Graceffo Germana – Juriste, Italie

 

Guadagno Luxuria Vladimir – Députée, Italie

Guedouar Moncef – Entrepreneur tunisien, France

Guérin Françoise – Lingère, France

 

Haji Youssef - Directeur d'ONG Franco-Marocain, Palestine

Hajji Lotfi – Journaliste, Tunisie

 

Hammami Lotfi - Doctorant tunisien, France

 

Hammoudou Mohamed – Ingénieur, Maroc

 

Henry Marion – Jardinière, France

 

Iacomino Salvatore – Député, Italie

Id Yassine Rachid – Etudiant, France

Iznasni Nordine – Mouvement de l'Immigration et des Banlieues (MIB), France

Jani Jamel - Association des droits de la personne au Maghreb, Canada

 

Jaziri Houcine - Gérant tunisien, France

 

Jendoubi Kamel – Président du Réseau Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme

Jeribi Maya – Secrétaire Générale du Parti Démocratique Progressiste, Tunisie

Julinet Stéphane – Juriste, Française

 

Kakpo Nathalie – Sociologue française, Grande-Bretagne

Korhili Kasser - Coordonnateur de formation, France

 

Ksila Khémais - Secrétaire Général de la L.T .D.H, aide de bibliotheque tunisien, France

 

Lakehal-Brafman Adjera – Animatrice, France

 

Le Masson Richard – Paysan, France

 

Lemaire Gilles – Ancien Secrétaire Général des Verts, France

Leoni Carlo – Député, Italie

Lombardi Angela – Députée, Italie

Louchene Karim - Educateur de jeunes enfants, France

 

Mainguet Anne-Marie – ACAT, France

Makri Yamin – Editeur, France

 

Manai Ahmed - Retraité tunisien, France

 

Mantovani Ramon – Député, Italie

Marchesi David - Retraité britannique, France

 

Marrucchelli Fernanda - Cadre associatif italienne, France

 

Martinez olivier - Confédération Paysanne du Gard, agriculteur, France

 

Martin Jeanine – Fonctionnaire, France

 

Marzouki Moncef - Médecin tunisien, France

 

Mascia Graziella – Députée, Italie

Maury Karine – Vendeuse, France

 

Maury Céline – Conseillère f, France

Mespoulet Vincent – Enseignant, France

 

Mohamadi Alal Lhassane – Enseignant- retraité, Maroc

 

Moraguès José Luis - Maître de conférences, France

 

Morain Suzanne - Militante, France

Moumne Morad – Etudiant, France

Muller Rainer – Gérant, France

 

Ollivier Marc – Retraité, France

 

Passerieux Antoinette – Linguiste, France

 

Perugia Mariacristina – Députée, Italie

Pinto  Alfonso – Doctorant, Italie

 

Pontiac Mickaël – Educateur, France

 

Porquet Cécile - Service assistant française, Etats-Unis d'Amérique

 

Poyet Marie-Ange – Réalisatrice, France

 

Rekaby Abdel-Amir – Ecrivain irakien, France

Sabench Jean ardouane – Agriculteur, France

 

Sassi Mondher - Professeur de philosophie, Tunisie

 

Schwan Francis - Militant pour les D.H., Belgique

Seddik Ady – Etudiant, France

Seddik Modhaffar - Commerçant, France

 

Seddik Omeyya - Cousin de Naoufel Sassi, tunisien, France

 

Seddik Teym - Etudiant, France

Seddik Youssef – Ecrivain tunisien, France

 

Sibony Michèle – Enseignante, France

 

Siniscalchi Sabrina – Députée, Italie

Sissani Fatima – Journaliste, France

 

Smeriglio Massimiliano – Député, Italie

Sommer-Houdeville Thomas – Doctorant, France

 

Taleb Lenda – Traductrice, France
 

Taleb Nassima – Phytologue, France
 

Tari Ali - Educateur spécialisé, France

 

Tayah Latifa - Responsable de programme ONG, France

Thabet Adel – Informaticien, France

 

Tixier Guillaume – Formateur, France

 

Tomassini Antonia – Historienne, rédactrice parlementaire, Italie

Toscane Luiza – Militante, France

Trifi Mokhtar – Avocat, Tunisie

Tromparent Florence - Hôtesse de l'air, France

 

Vanhove Myriam – Assistante, France

 

Zarka Pierre – Observatoire des Mouvements de la Société, France

Zebib Dounia – Enseignante, France

 

Zulueta Tana – Députée, Italie
 


 

[1] Pour des détails quant à cette affaire, consulter : http://naoufelsassi.blogspot.com/

[2] Voir le communiqué de presse "Tunisie. Annonce sur les droits humains, à l'occasion des vingt années de pouvoir du président Ben Ali" du 2 novembre 2007 http://www.amnesty.org/fr/for-media/press-releases/tunisia-human-rights-briefing-20th-anniversary-president-ben-alis-rule

Omeyya Seddik
zonegrise@yahoo.fr
00 33 (0)6 87 75 74 84


Lire, signer et faire signer la pétition "Justice pour Naoufel Sassi" ICI

Visiter le blog "Justice pour Naoufel Sassi" ICI
 

 


 
Urgent - Tunisie

Les principales infos d'actualité :
 

- Recrudescence des procès prétendument liés à des entreprises terroristes concernant des centaines de tunisiennes et de tunisiens, procédures à chaque fois condamnées par toutes les ong de défense des droits humains

- Confirmation en appel d'une condamnation à mort dans l'affaire dite de "Soliman", seule parmi la vague de procès en cours portant sur des faits réels survenus dans des conditions confuses. Précédent grave car exécution possible suite à un procès dont le déroulement scandalise tous les observateurs nationaux et internationaux

- Tabassage en règle de deux militantes des droits humains procédant à une enquête auprés de familles de détenus.

- Candidature précoce aux élections présidentielles d'une figure connue de l'opposition démocratique. Me Nejib Chebbi s'attaque de front au système de la présidence à vie, de la "gouvernance" par la répression policière, par le clientélisme et la prédation.

- Une pétition de soutien à un opposant pousuivi dans une parodie de procès (audience le 25 février) recueille des centaines de signatures parmi lesquelles une trentaine de parlementaires italiens et français.


Je vous adresse ci-dessous une synthèse sommaire de la situation prévalant en ce moment en Tunisie. Elle est suivie du texte d'une pétition ayant mobilisé un grand nombre de personnalités dont beaucoup de parlementaires. Ces infos sont à utiliser librement, si vous pensez que c'est utile, et de la manière qui vous semble la meilleure.

O. S.
 
 

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Petite synthèse sur la situation en Tunisie

Pour toutes précisions, informations complémentaires, références ou contacts :
00 33 (0)6 87 75 74 84 ou zonegrise@yahoo.fr
La situation en Tunisie ces derniers temps est des plus inquiétantes. Outre une conjoncture socio-économique explosive illustrée notamment par une révolte populaire dans le sud-ouest du pays contre la cherté de la vie et contre une politique déterminant un taux de chômage très fort, le nombre de grèves non contrôlées par la centrale syndicale unique est en très forte augmentation.
Face à cela le régime autoritaire du général Ben Ali investit principalement dans le sécuritaire et le répressif. Un appareil policier et judiciaire hypertrophié lui sert, à l’intérieur du pays de principal instrument de gestion du mécontentement par la peur, au niveau international il lui sert à recueillir le soutien des Etats-Unis et de l’Europe en se positionnant comme un agent zélé de la Guerre Globale contre le Terrorisme.
Pour justifier ce statut et pour diffuser la terreur dans sa population, le pouvoir multiplie les poursuites, les arrestations et les procès en lien avec une loi antiterroriste promulguée en décembre 2003. Ce type de procès, dont l’écrasante majorité est construite à partir
de dossiers complètement vides, concerne maintenant des milliers de Tunisiens et de Tunisiennes. Ceux-ci sont en règle générale soumis à la torture et à toutes sortes de mauvais traitements et sont souvent condamnés à des peines très lourdes. La plupart des ONG de défense des droits humains, nationales et internationales, se sont alarmées de cette situation et ont condamné à chaque fois les procédures en question. Le procès qui fait l’objet de la pétition et de la mobilisation rapportées ci-dessous est l’une de ces mascarades.Ces derniers jours, un autre procès s’est déroulé à propos de la seule affaire (parmi des centaines) où des faits matériels constatés sont reprochés aux prévenus. Il s’agit de l’Affaire dite de « Soliman », du nom de la ville prés de laquelle des fusillades ont opposé des jeunes islamistes aux forces de l’ordre. Ce procès s’est tenu en présence de nombreux observateurs nationaux et internationaux qui, tous, ont dénoncé les violations systématiques de la procédure et des droits de la défense. Ce procès s’est conclu par une condamnation à mort confirmée en appel, plusieurs condamnations à la prison à vie et à des peines très lourdes d’emprisonnement.
La répression brutale et les mauvais traitements peuvent toucher tout le monde. La semaine passée deux femmes, mesdames Ksila et Abbou déléguées par une association de défense des droits humains et par une association de lutte contre la torture, sont allées recueillir des témoignages de familles de prévenus en vue de l’élaboration d’un rapport sur la situation judiciaire en Tunisie. Elles ont été rouées de coups par la police politique et se sont vues confisquer tout leur matériel d’enquête.
Plus largement, le pays vit une situation de blocage qui dure depuis des années. Le pouvoir de M. Zine el-Abidine Ben Ali, qui a accédé à la présidence suite à un putsch contre Habib Bourguiba le 7 novembre 1987 soutenu en sous-main par les Etats-Unis d’Amérique et par l’Italie. Il s’est construit un appareil policier énorme et omniprésent ; il a mis en place un système de clientélisme et de prédation financière et économique qui permet à quelques familles du sérail de contrôler la plus grande partie des ressources et des flux financiers du pays ; il a instauré un état d’exception permanent et non déclaré qui étouffe toute expression de contestation et qui diffuse une terreur dans la population.
Monsieur Zine el-Abidine Ben Ali a imposé un changement de la Constitution afin de pouvoir se présenter sans limite aux élections présidentielles, sachant que toutes celles qui ont précédé étaient des parodies où les résultats étaient connus d’avance (96% a été le score le moins bon du Président). Des élections présidentielles doivent avoir lieu en octobre 2009, et il semble qu’une bonne partie de l’opposition démocratique habituellement très divisée, ait l’intention de s’opposer à ce que ce soit une réédition des échéances passées. D’ores et déjà, Monsieur Ahmed Nejib Chebbi, une figure connue de l’opposition, ancien dirigeant du Parti Démocratique Progressiste, a déclaré sa candidature soutenus par des personnalités politiques, associatives et syndicales diverses. Il compte pendant les deux ans qui nous séparent de l’échéance électorale mener une campagne populaire large afin d’établir qu’il est possible de s’opposer frontalement au pouvoir en place et de défendre une alternative crédible et populaire. A suivre…
La pétition ci-dessous concerne un procès parmi tant d'autres. Il est assez représentatif de la manière dont la justice est administrée en Tunisie. Il se trouve par ailleurs qu'y est impliquée une personne très chère à l'auteur de ces lignes.
 
Omeyya Seddik

 

Béchir Tekkari sur France24

 

Entretien en arabe avec le ministre tunisien de la justice et des droits de l'homme Béchir Tekkari

L'entretien est diffusé en arabe le samedi à 18h13 et le dimanche à 19h40.

 

Déjà passé en français et en anglais jeudi 22h45 et ce vendredi 9h45..

 

Regarder en Direct

 


 

Infos

 

1/ Que ne ferait-on pas pour l'héritier?

 

Comme chacun sait, le petit Mohamed Zine El Abidine Ben Ali, est un bambin à la santé fragile. nous avons récemment appris que le couple royal envisage de s'installer dans l'ancienne résidence de Bourguiba à Mornag, lieu plus adapté à sa santé.

En effet, malgré les milliards dépensés aux frais du contribuable, le Palais de Sidi Bou Saïd n'est pas convenant. Outre, les fondations qui ne tiennent pas, et dont "L'Audace" avait à l'époque rendu compte de la fragilité du terrain, il y a un gros problème d'humidité. d'où la décision de déménager de Mornag, toujours aux frais du contribuable.

Mais qu'importe pour Ben Ali toutes cette dilapidation de l'argent public. L'Etat, c'est lui; et la santé de l'héritier avant tout.

Prompt rétablissement à cette famille à la santé fragile...

 

2/ Souha Arafat: une lettre assassine

 

La veuve du leader palestinien n'a toujours pas fini de régler ses comptes avec le couple présidentiel tunisien, qui l'avait jeté en pâture, confisqué ses affaires et jusqu'à l'ordinateur portable que Ben Ali avait lui-même offert à sa petite fille.

Elle ne rate ainsi aucune occasion d'accomplir des gestes publics calculés pour donner des infos sur le comportement de la Pharaone Leïla 1 et sur les pratiques d'un autre âge, à Carthage.

Récemment, donc, Souha Arafat a adressé une lettre au couple Bouebdelli, promoteur du Lycée Louis Pasteur, contraint à la fermeture. Dans cette lettre, elle dit ne jamais avoir été d'accord avec la fermeture de cet établissement lorsque décision avait été prise de créer, en association avec Leïla, une autre école privé, le lycée international de Carthage.

En d'autres termes, c'est Leïla qui est responsable de tout. Et son amoureux de Général n'a fait que faciliter cette injustice...

 

3/ Fiasco

 

D'ailleurs, contrairement à ce qu'escomptait la Pharaone Leïla 1 de Tunis, cette école de Carthage est un fiasco total. Malgré les moyens mis en oeuvre et à disposition, malgré la timidité du Quai d'Orsay pour défendre des promoteurs binationaux qui ont des années durant défendu la prancophonie et prodigué un enseignement de qualité, les nantis tunisiens n'ont pas suivi pour inscrire leurs enfants tel que l 'espérait Leïla Ben Ali. On parle déjà de la fermeture de ce lycée parachuté.

Tant de milliards partis en fumée, sans compter les 1, 8 millions de dinars offerts par décret de la présidence de la République à une initiative "privée".

Leïla gère en effet une école privée comme un salon de coiffure ou un Hammam: On ouvre comme on veut, on ferme selon les humeurs et les recettes. Mais peut-on lui en vouloir quand elle en est encore à apprendre l'alphabet?

 

Par: Slim Bagga


 

Ben Ali: Mon nom est complot

par Slim Bagga

 

Un proverbe bien de chez nous, Tunisiens, veut qu'un fils s'adressa un jour à son paternel en ces termes: "Oh, mon père, quand deviendrons-nous des gens respectables et honorables?" Et le père de répondre: "Lorsque les vieux du quartier, qui nous connaissent fort bien, auront disparu". Sages paroles qui s'adaptent parfaitement aux familles Ben Ali-Trabelsi qui règnent sur la Tunisie d'une main de fer sur le plan politique, et comme des mafieux de la pire engeance pour ce qui est de tout le reste...

 

Dans mon article paru sur Tunisnews lundi dernier, j'avais prévenu le Général et promis un article quotidien s'il ne tenait en laisse ses chiens. Et voilà que le 21 février, un torchon à sa solde du nom de "Biladi" s'attaque de nouveau à "L'Audace" et moi-même. Alors, allons-y: tous ceux qui me connaissent savent que je tiens ma parole, et que j'ai si peu de considération pour cette mafia que je n'hésiterais jamais à en dévoiler les frasques ni lui rappeler de quels bas fonds elle est issue.

 

Commençons par les Trabelsi. Un ami de passage à Paris me rappelait à juste titre récemment: "Le peuple tunisien n'a rien compris à cette famille. Il est vrai qu'il montre depuis quelque temps son exaspération devant certaines de ses pratiques, mais que pouvait-on espérer d'un Moncef Trabelsi, qui ramassait par terre les mégots de cigarettes et qui, 20 ans plus tard, brasse des milliards accumulés grâce au racket, au vol, aux détournements et à la contrebande? Que pouvait-on attendre d'un Imed Trabelsi, voyou, né de nulle part (en tout cas on ne sait d'où)  et qui grâce  au feu vert de sa  vraie mère Leïla, à l'obséquiosité de ministres de la République, de Pdg d'entreprises et de l'Administration, se permet de circuler dans une grosse cylindrée immatriculée "IT", non assurée,  probablement volée  comme tantr d'autres en Europe, et  qui malmène des  familles entières et les honnêtes gens sans histoire?"  Tout cela pour plaire à Leïla.  Le Général  est fou amoureux de cette dernière, et  quand on aime on ne compte pas. En l'occurrence, pour ce Général-policier sans envergure, c'est tout un peuple qui ne compte plus, dès lors que ce que la Pharaone veut, Ben Ali le veut...

 

Et Ben Ali lui-même, maintenant. Voilà un homme qui n'a réussi qu'une chose en 20 ans de règne tyrannique; donner d'un petit pays autrefois respecté grâce à la modération de son peuple et à l'aura de Bourguiba une image carrément aux antipodes: celle d'un Etat quotidiennement épinglé par les Organisations de défense des droits de l'homme, et celle de son chef , la risée de ses pairs dans le monde...

 

On a beau chercher une seule caractéristique propre à Zinochet, qui soit à la hauteur des espérances. Niet! Nada! On n'y décèle qu'un piètre agent de renseignement, un dictateur qui ferait retourner dans leurs tombes Staline, Idi Amin  et Bokassa réunis. Sinon comment expliquer que du complot de Gafsa en 1980, à l'attentat contre la synagogue de Djerba en 2002 et jusqu'à l'affaire des salafistes de Soliman en décembre 2006, celui qu'on présente comme un rempart contre la violence n'y avait vu que du feu ou n'avait rien vu venir.

 

Ceci expliquant cela, voilà pourquoi l'encensement quotidien à travers la presse pour vanter les mérites du "lider minimo" tunisien. Car un homme qui a autant de vertus n'a pas besoin d'autant d'étalage. Sauf s'il veut rivaliser avec un certain Kim Il Jong...

 

La   vérité est que Ben Ali est l'homme de deux caractéristiques: le complot, et la fuite devant ses adversaires politiques dont il règle le compte par presse de caniveau interposée, et non par des arguments les yeux dans les yeux.

 

Pour exceller dans la conduite la plus répréhensible à l'image d'un pays, il sait y faire...

 

Rappelons-nous: en 1974, au lendemain de l'Union avortée avec la Libye, celui qui n'était encore que le Commandant Ben Ali, patron de la Sécurité militaire dut être limogé sur instruction de Bourguiba, sur l'insistance aussi de Wassila Ben Ammar et  du ministre de la Défense de l'époque, feu Hédi Khefacha. Et pour cause, dans la liste des ministres composant le gouvernement de l'Union, figurait "l'inconnu" Ben Ali en tant que ministre de la Sécurité sur proposition... du Colonel Kaddafi. C'est dire s'il n'y avait pas anguille sous roche.

 

Ben Ali sera donc muté en tant qu'attaché militaire à l'ambassade de Tunisie à Rabat, Rabat où précisément l'hôtel Hilton se souviendra toujours de ses frasques, et où de nombreux restaurants huppés se souviendront de ses notes impayées...

 

Il en fut de même au lendemain de son limogeage suite au complot de Gafsa. Envoyé en tant qu'ambassadeur auprès d'un autre Général de triste mémoire, Jaruzelsky, il brilla par ses beuveries en public. Pour un espion, futur président de surcroît, avouons qu'il y a de quoi avoir honte.  Alors lorsqu'il fait traiter ses opposants de traitres ou d'ivrognes, cela ne rappellerait-il une célèbre théorie: la projection du coupable?

 

Cher collègue, au nom des traitres à la Patrie, n'est ce pas parce qu'ils ne vous ont pas suivi dans ce que vous savez le mieux faire, que Khemais Chammari, Mokhtar Trifi, Moncef Marzouki, Sihem Bensedrine, Néjib Chebbi, Omar S'Habou, Ahmed Bennour ou moi-même (et j'en oublie) sommes traités d'agents de l'étranger, du Mossad, d'El qaïda, bref de ce qui devrait figurer dans votre propre CV?

 

Voilà un aperçu hebdomadaire sur ce que je me ferais un plaisir de publier chaque fois que vos chiens s'en prennent à moi. Et c'est loin d'être fini. En attendant de publier certaines photos non truquées dont le peuple tunisien se régalera à leur découverte.

Alors, Un Général averti, en vaudra-t-il deux?

 

Slim Bagga



 

LES ECULUBRATIONS DU PARTI VERT POUR LE PROGRES

Ainsi donc, c'est Mongi Khammassi, secrétaire du Pari Vert pou le Progrès, ce parti installé par le pouvoir destourien pour faire partie de la vitrine oppositionnelle aidée et choyée par le gouvernement, qui vient donner des leçons de droiture politique à Néjib Chabbi du PDP ! Quelle hypocrisie et quel exemple minable de la soumission des partis d'opposition croupion qui passent leur temps à glorifier le pouvoir de Ben Ali et à harceler les véritables opposants.

Et c'est Mongi Khammassi qui décide que le moment n'est pas venu pour parler de se porter candidat à l'élection du président de la République, comme si la campagne n'a pas déjà commencé depuis belle lurette avec les centaines de demandes d'associations et de personnalités à l'actuel pensionnaire du palais de Carthage pour y rester encore pour cinq ans.
Et que propose le secrétaire général du Parti des Verts pour le Progrès ? Rien d'autre que la collaboration avec le pouvoir politique en place et les institutions étatiques en émettant des critiques, au nom des réalisations obtenues, et non en cherchant l'alternance. En somme, c'est suivre à la lettre sa propre conduite politique et c'est appeler à ne point mettre en cause la présidence à vie de Ben Ali en Tunisie.
Partout dans le monde, regardez le cas de la France, on peut se déclarer candidat plus d'une année à l'avance. Ou est le problème dans tout celà ? Quant à dire que Chebbi s'est porté candidat pour glaner de l'argent auprès des ambassades, c'est tout simplement difammatoire à l'égard d'un leader de l'opposition radicale. Il n'a qu'à lire el Mawqeh pour réaliser que le PDP s'occupe beaucoup plus que le pouvoir des problèmes concrets du peuple et défend les intérêts des opprimés, des réprimés et des exploitrés.
Comment peut - on parler de démocratie, de liberté d'opinion et de droits humains en Tunisie et en même temps s'acharner sur les citoyens, les traîner dans la boue, les traiter de tous les noms, les attaquer vilement lorsqu'il essaient de mettre en pratique ce que leur permettent la Constitution du pays et la Charte des Nations - Unies ?
Houcine Ghali, Genève


vendredi 22 février 2008


 

Tunisie
Les islamistes font-ils encore peur ?

Ridha KEFI
La question du titre mérite d’être posée, alors que dans certains cercles intellectuels et politiques laïques, on ne cesse de tirer sur la sonnette d’alarme : l’islamisme politique est de retour. Qu’en est-il vraiment dans notre pays ? Une ébauche d’analyse…
Malmenés par le cours erratique de l’Histoire, qui ne suit pas toujours, on le sait, celui des belles idées libertaires, désorientés par la chute des anciennes certitudes révolutionnaires (Trotski, Mao, Khodja, ou, plus près de nous, Nasser, Michel Aflaq…), lassés par l’attente d’un Grand Soir qui tarde décidément à pointer à l’horizon des luttes sociales et politiques, certains militants de la gauche post-soixante-huitarde et/ou nationaliste arabe, se sont recyclés, forts de leurs sciences dialecticiennes, dans ce qu’on pourrait appeler, sans ironie aucune, la «prospective catastrophiste».
En oiseaux de mauvais augure, ces sexagénaires, qui ne se reconnaissent plus dans le regain de religiosité de leurs rejetons, ne cessent de tirer sur la sonnette d’alarme : les islamistes sont aux portes de nos villes et villages. Telles des cohortes de nouveaux barbares, barbants et barbus, ils se tiennent en embuscade, prêts à lancer l’assaut final pour nous «soulager» de ce qui reste de nos menues libertés, de nos fragiles idéaux progressistes et de notre chère laïcité gagnée de haute lutte.
Les laïques face au «péril vert» ou le marketing de la peur
Pour démontrer que le péril islamiste est imminent, ces prospecteurs trop avisés citent pour «preuves»:
- les femmes voilées de plus en plus nombreuses dans les lieux publics ;
- les mosquées pleines à craquer, et pas seulement pour la grande prière du vendredi;
- la hausse d’audience des chaînes religieuses du Golfe, affirmation que contredisent, soit dit en passant, les statistiques d’audience télévisée publiées régulièrement par Sigma Conseil ;
- le succès populaire de la radio religieuse Zitouna, lancée récemment par un promoteur privé;
- la profusion, dans les foyers, des séances de «sulamiyya» et de «hizb al-latif» (psalmodies et chants religieux) et, dans la rue, des hommes aux yeux cerclés de khôl, à la manière des musulmans d’Orient ;
- et, last but not least, la multiplication des fatwas ou de menaces à l’encontre d’intellectuels (et intellectuelles) laïques, telle notre collaboratrice et universitaire Saloua Charfi, émanant souvent d’obscures cyber-islamistes basés en Europe.
«Tunisie. Peur sur la laïcité», titrait en couverture, il y a deux semaine, notre confrère ‘‘Jeune Afrique’’ (N° 2456, du 3 au 9 février 2008). Et nous sommes censés trembler de la tête aux pieds et, surtout, nous préparer au pire : la République islamique de Tunisie est en marche. Brrr !
Non vraiment, soyons sérieux ! Que ces chers laïcs aient enfin trouvé un combat à la mesure de leurs utopies libertaires est à la limite touchant : il faut bien que vieillesse passe. Mais de là à se donner pour mission d’effrayer leurs concitoyens en appelant, en toute circonstance, au loup… islamiste, comme si le pouvoir dans le pays était à prendre, cela ne saurait figurer dans le cahier des charges.
Retour du religieux ou montée de l’islam politique
Nous admettons que la religiosité soit en nette progression dans notre pays. C’est là une réalité incontestable. Mais ce retour du religieux, qui s’explique par des causes sociologiques et politiques profondes, ne signifie nullement, à moins d’user d’amalgames aussi faciles que dangereux, une montée de l’islamisme politique.
Ce phénomène n’est d’ailleurs pas spécifique à la Tunisie ou au monde islamique. On l’observe partout ailleurs, notamment aux Etats-Unis et en Europe, où les dirigeants politiques, tout en défendant les traditions laïques de leur pays, ne se gênent plus de jouer sur cette corde sensible en affichant leur religiosité ou en cherchant à s’attirer les faveurs de quelque prédicateur influent. N’est-ce pas Bush ? N’est-ce pas Sarkozy ?
Par ailleurs, parler de défense et de préservation de la laïcité en Tunisie est un non sens absolu, car la Constitution tunisienne stipule clairement que l’islam est la religion de l’Etat. Mieux : la séparation entre le politique et le religieux n’a jamais été effective, même du temps de la présidence de Habib Bourguiba. Ce dernier, dont on connaît les convictions laïques voire athées, n’a jamais voulu (ou pu) réaliser cette séparation, qui était pourtant le socle même de sa culture humaniste européenne. On se souvient du Combattant Suprême faisant le pèlerinage de La Mecque ou présidant en personne les cérémonies religieuses, vêtu de la jebba traditionnelle, à la Mosquée Zitouna ou à celle de Kairouan.
Conscient de l’importance du facteur religieux dans la formation (et la préservation) de l’identité et de la conscience nationales, le président Zine El Abidine Ben Ali n’a pas voulu rompre avec cette tradition. Au contraire : il l’a consolidée.
De même, et au grand dam des laïques, la religion a toujours été, en Tunisie, une affaire d’Etat. Qu’il s’agisse de la formation des imams et des prédicateurs, de la gestion des mosquées, mausolées et écoles coraniques, de l’observation du culte (désignation du début et de la fin de ramadan, organisation du rite du pèlerinage…) ou même de la promotion de l’apprentissage du Coran, l’Etat n’a jamais abandonné ses prérogatives. Celles-ci ont d’ailleurs été renforcées, à partir de la fin des années 1980, afin de limiter l’influence des mouvements islamistes qui grandissait dans les lieux de culte.
Aussi, appeler aujourd’hui à la séparation du religieux et du politique équivaut-t-il à demander à l’Etat d’abandonner le terrain de la religion aux… islamistes. Ce qui aurait des conséquences catastrophiques. De même, interpréter l’engagement grandissant de l’Etat sur le terrain du religieux – que traduisent l’autorisation de la radio islamique Zitouna, la formation de prédicateurs et prédicatrices, la multiplication (sous contrôle) des écoles coraniques et l’application plus souple de la fameuse circulaire 108, qui interdit le port du voile dans les établissements scolaires et les administrations publiques… – comme un recul devant la poussée islamiste ou comme une dérive islamiste de l’Etat lui-même, est une analyse de courte vue. Car il ne s’agit pas de combattre l’Islam en tant que tel, mais plutôt de contrôler la pratique religieuse, de la canaliser et d’éviter qu’elle ne débouche sur des comportements extrémistes.
Aussi, vue sous cet angle, la politique actuelle du gouvernement, qui allie le soutien à la propagation de la pratique religieuse à un contrôle rigoureux des lieux de culte, est-elle la seule viable aujourd’hui dans un monde islamique aux prises avec les soubresauts d’une grave crise identitaire et/ou historique.
Les islamistes affaiblis et discrédités
Reste le mouvement islamiste tunisien, Ennahdha, qui n’a jamais été autorisé: que pèse-t-il au juste aujourd’hui ? Depuis les coups qui lui ont été assénés au début des années 1990-1991, le démantèlement de ses cellules, les procès intentés à ses principaux dirigeants, dont beaucoup croupissent encore en prison, alors que d’autres, qui ont pu fuir à temps le pays, vivent toujours en exil, ce mouvement est aujourd’hui complètement désarticulé. Et pour cause: échaudés par la déroute de Rached Ghannouchi et ses adeptes, les éléments les plus extrémistes ont choisi de rejoindre les groupes de résistance sur les fronts du jihad mondial, de Bosnie en Afghanistan. Beaucoup de ces jihadistes sont morts au combat. D’autres ont été arrêtés en Afghanistan, au Pakistan et en Irak et croupissent en prison, à Guantanamo et ailleurs.
Ce qui est resté du mouvement, ce qu’on appelle son aile politique, s’est divisé en deux : d’un côté, les dirigeants de Tunis, qui ont passé de nombreuses années en prison, et qui, après leur libération, continuent de faire l’objet d’une surveillance rapprochée. Empêchés de se réorganiser, ces derniers ne semblent pas en mesure de peser sur l’échiquier politique national, d’autant que leur alliance récente avec certaines franges de la gauche laïque leur vaut beaucoup de critiques parmi leurs propres troupes.
Il y a aussi les dirigeants en exil qui, eux-mêmes, semblent divisés en deux clans: d’un côté, les fidèles à l’émir du mouvement, et de l’autre, ceux qui ne ménagent pas leurs critiques à l’endroit de ce dernier qu’ils accusent de couler des jours tranquilles dans son exil doré londonien, alors que le mouvement est dans un état de déliquescence avancé. C’est de ce mouvement là, fortement affaibli et divisé, et dont l’influence dans le pays est désormais très limitée, que l’on cherche à nous faire peur aujourd’hui. En fait, les Tunisiens, qu’ils soient des musulmans pratiquants ou non, ont rejeté depuis longtemps l’islamisme politique. Les dérives violentes de ce mouvement, dont ils ont eu de tragiques illustrations, en Algérie, en Afghanistan, en Irak, et ailleurs, l’ont définitivement discrédité à leurs yeux.
 
(Source: L'Expression (Hebdomadaire - Tunis) n° 19 du 22 février 2008 )


 

 

Sarkozy ne veut plus serrer les mains des ennemis d’Israël

par Jacques-Marie Bourget

 

Durant le dîner du Crif, il y a quelques jours, Nicolas Sarkozy a aussi prononcé une formule choc : « Je m’engage à ne jamais serrer la main de quiconque ne reconnaîtrait pas Israël ». Cette déclaration n’est pas passée inaperçue au Moyen-Orient, ni chez les marchands de canon qui prospectent les pays arabes.

 

Le discours de Nicolas Sarkozy devant les tablées du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) prend la forme d’un piège à retardement. C’est d’abord Bakchich qui réveille les laïcs en leurs signalant que le Président de la République, outre le devoir de mémoire envers les 11 000 enfants juifs morts en déportation, a programmé l’arrivée des religieux dans l’enceinte de l’école communale. En déclarant : « Nos enfants ont aussi le droit de rencontrer, à un moment de leur formation intellectuelle et humaine, des religieux engagés qui les ouvrent… ».

 

L’effet flash des paroles de notre fou de Dieu nous a-t-il aveuglé ? Une autre pépite restait encore cachée entre les mots du mari de Carla. Et ces syllabes, le monde arabo-musulman, pour parler global façon Claude Guéant (le secrétaire général de l’Elysée), les a tout de suite captées. L’enchère est intervenue quand Nicolas Sarkozy a déclaré : « Je m’engage à ne jamais serrer la main de quiconque ne reconnaîtrait pas Israël ». Et toc.

 

« Comment le président va-t-il nous rendre visite ? » dit-on à Tunis

 

Prononcées au Bois de Boulogne devant les fidèles du Crif et leur invités où l’on trouvait tout le gouvernement, sauf Dominique Bussereau (coincé dans un aiguillage du ciel), une bonne partie de l’opposition et même la déléguée de la Palestine, cette promesse n’engage que celui qui la formule.

 

Mais à Tunis, c’est la panique. Avec une question clé : « Comment le président Français va-t-il faire pour nous rendre visite (bientôt), sans serrer la main de notre leader bien aimé, le président Ben Ali ? » Outre l’Egypte et la Jordanie, aucun pays arabe, avec à sa tête la Ligue, ne reconnaît Israël !

 

Quand Sarko a embrassé Boutef à Alger, c’était étreindre un homme qui ne reconnaît pas Israël. Donc pas de baiser à venir pour Ben Ali… Pourtant, après Khadafi et depuis le 1 janvier, avant son show avec embrassades à Ryad, lieu géométrique d’un très ferme refus d’Israël, le locataire de l’Elysée a notamment serré la main de Musharraf, celle du Sultan de Brunei, puis celle encore de Fouad Siniora, président du Conseil du Liban. Autant de représentants de pays qui tournent le dos à Israël.

 

Difficile, avec cette nouvelle politique, de vendre des Rafales et des centrale nucléaires, disent dans l’ombre nos marchands de canons, très frileux sur la bientraitance des Arabes quand ils sont riches. Difficile de vendre ? Essayez Tsahal.

 

(Source : « Bakchich » (Satirique – France), le 23 février 2008)

Lien : http://www.bakchich.info/article2768.html

 

 


 

 

 

Tunisia cash withdrawals fraud: new victim steps forward

by Jackie Bow, South Wales Echo

 

A MUM of two has fallen victim to cash card fraudsters.