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TUNISNEWS
6 ème année,
N° 2075 du 26.01.2006
C.R.L.D.H. Tunisie: Acharnement sans merci contre le
collectif du « 18 octobre »
FDTL: Communiqué suite à l´interdiction
d´une réunion d´opposants à Tunis
AP: Incidents à l'occasion de l'interdiction d'une réunion
d'opposants à Tunis
AFP: Tunisie: des opposants accusent la
police de violences, démenti des autorités
Abdel Wahab Hani: La police empêche le Collectif du 18 octobre
de célèbrer le 26 janvier 1978
Reuters: Tunisie - Les postiers
mécontents se mettent en grève
AFP: Les postiers tunisiens en grève pour les salaires
Le Temps: Grève dans les services
postaux
Le Temps :(UGET): Le Congrès de réconciliation en juillet 2006
AFP: Dix-sept perquisitions dans les
milieux islamistes à Bruxelles
Khaled Traouli: Inquietude !
Sonia: Tunisie insoumise
Nejib : L'Ire et l´ inconstance
Dadi Kom: Objectifs politiquement
modifiés
La Presse: Tunisie-Etats-Unis - Coopération judiciaire
La Presse: Médias - La radio culturelle
: Un espace pour la création
Le Temps: Alia Babou, Pionnière du journalisme radiophonique
La Presse :Mohamed Tounsi (Tunis 1789 -
Le Caire 1839) :Un homme exceptionnel au service de sa patrie
AFP: La corruption et le processus de paix moribond ont eu
raison du Fatah
AFP: Caricatures de Mahomet: les
diplomates norvégiens conviés au profil bas
AFP: La Malaisie prône la création d'un marché commun
islamique
|
C.R.L.D.H. Tunisie
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme
en Tunisie
membre du Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme
________________________________________________________________
COMMUNIQUÉ
Acharnement sans merci contre le
collectif du « 18 octobre »
Fidèle à ses méthodes brutales d’un autre âge, la police politique tunisienne
a de nouveau violemment agressé, mardi 24 janvier, plusieurs leaders du
Mouvement du 18 octobre.
« Le Collectif 18 octobre pour les droits et les libertés » organisait une
réunion privée au siège du Forum démocratique pour le travail et les libertés
(FDTL) présidé par le docteur Mustapha Ben Jaafar, lorsqu’il s'est vu
interdire arbitrairement l'accès au local situé au 4 rue d’Angleterre à Tunis.
Ses membres ont été lâchement violentés en pleine rue, en particulier Ayachi
Hammami, Lotfi Hajji et Hamma Hammami, qui ont été transportés à l'hôpital le
plus proche où les médecins leur ont prescrit trois jours de repos (ITT). Le
même sort a été réservé à M. Abdel Hamid Segaier (étudiant), de passage à
proximité du local.
En même temps de nombreux policiers civils ont empêché l'accès au siège du
Parti Démocratique Progressiste, dirigé par Me Ahmed Néjib Chebbi qui a fait
l’objet ces derniers jours d’une hideuse campagne de diffamation orchestrée
par les chiens de garde enragés du régime.
C'est la 2ème réunion, en l'espace de quelques jours, que les sbires du
pouvoir totalitaire interdisent « sur ordre venant d’en haut ». Une 1ère
réunion organisée par le comité de soutien au mouvement du 18 octobre qui
devait avoir lieu au siège du PDP dans la ville de Sfax le 22 janvier dernier
a été annulée dans les mêmes conditions.
Ces actes de terrorisme d’Etat s’abattent systématiquement sur les membres des
partis d'opposition véritable et les organisations des droits Humains
réellement autonomes, reconnus ou interdits. C'est le cas de la ligue
tunisienne pour la défense des droits de l'Homme (LTDH) avec ses différentes
sections ou le Conseil national pour les Libertés en Tunisie. Ces faits
interviennent après une longue série d'intimidations, de harcèlement et
d'interdictions qui ont pris pour cibles des opposants politiques et des
dirigeants associatifs oeuvrant au sein du « Collectif 18 octobre pour les
libertés et les droits ». Une campagne calomnieuse et injurieuse a été menée
par une presse aux ordres qui porte atteinte à l'intégrité et à l'honneur des
militantes et militants (lire les communiqués du CRLDHT du 21/12/05 et du
29/12/05).
Un nouveau pas dans la politique de l'arbitraire a été franchi le vendredi 20
janvier lorsque les autorités policières, sur ordre du ministère de
l'intérieur ont procédé à la saisie du numéro 342 de l'hebdomadaire politique
« Al Mawqif » en retirant de tous les kiosques du pays l'ensemble des
exemplaires mis en vente, et ce pour avoir révélé l’intention des autorités
d’augmenter le prix du pain, laissant présager une nouvelle « révolte du pain
».
Le CRLDHT dénonce avec force et indignation cette politique répressive qui nie
aux citoyens leurs droits élémentaires d’association et de réunion et
s’acharne dans l’illégalité et l’impunité sur l’ensemble de la société civile
tunisienne et en particulier sur les leaders du Collectif du 18 octobre pour
les droits et les libertés dans la vaine intention de faire taire le nouvel
espoir qu’elle a créé en Tunisie.
Le comité exprime son soutien infaillible aux militants du Collectif du 18
octobre et leur promet la poursuite du combat pour les droits et les libertés
en Tunisie.
Le CRLDHT lance par la même occasion un appel aux différentes ONG nationales,
régionales et internationales et à tous les amis du peuple tunisien pour
dénoncer cet arbitraire qui s’abat sur toute la société tunisienne et pour
soutenir la lutte des tunisiens pour leur dignité.
Paris, le 26 janvier 2006
--
Comité pour le Respect des Libertés et des
Droits de l'Homme en Tunisie
CRLDHT
21ter rue Voltaire
75011 PARIS - FRANCE
Tel/Fax : +33(0)1.43.72.97.34.
contact@crldht.org
www.crldht.org
FDTL
COMMUNIQUE SUITE A L’INTERDICTION
D’UNE REUNION
D’OPPOSANTS A TUNIS
jeudi 26 janvier 2006.
La réunion du comité du 18 octobre pour les libertés, prévue pour le 24
janvier, a été empêchée par le pouvoir de se tenir au siège du FDTL. Le
local du Forum a été encerclé par un grand nombre de policiers en civil qui
ont bloqué son accès aux participants malgré l’intervention du Dr Mustapha
Benjâafar sorti pour accueillir ses invités.
Des personnalités dont Hamma Hammami, porte parole du PCOT et Lotfi Hajji,
président du syndicat des journalistes tunisiens, ont été bousculées et
amenées brutalement à se disperser. Maître Ayachi Hammami, indépendant,
président du comité de soutien à Mohamed Abbou , a été brutalement agressé.
Abdelhamid Sghaier, étudiant a subi le même sort.
Incapables de tirer la leçon de la déconvenue du Sommet mondial de
l’information dont les conditions de préparation et de déroulement, en
novembre 2005, ont provoqué la réprobation générale de l’opinion
internationale, les autorités tunisiennes persévèrent dans leur politique du
tout sécuritaire et la concrétisation de l’Etat de non droit.
Dés sa naissance en 1994, le FDTL et ses dirigeants ont été l’objet de
persécutions diverses. La légalisation du parti en 2002 n’a pas
fondamentalement changé la situation. Ses dirigeants, notamment dans les
régions de Zarzis, Sousse, Monastir, Kairouan, Elkef et Jendouba, sont
régulièrement victimes de harcèlement de la part de la police politique, de
vexations et de différentes formes de discriminations. Son local est sous
surveillance permanente. Son téléphone est sous écoute, et ses
communications avec l’étranger sont souvent, comme c’est le cas depuis deux
mois, interrompues ; son site électronique comme son mail sont inaccessibles...
Les incidents de ce 24 janvier apportent une nouvelle preuve que
légalisation n’est pas reconnaissance, et que la différence entre partis
légalisés et partis illégaux est faible.
Le FDTL rejette la responsabilité totale de ces graves incidents sur le
ministère de l’intérieur. Légalisé, mais privé de financement public et
interdit de communications, - télévision, radio et espaces publics -, il
élève la plus vive protestation contre cette escalade qui vise à l’étouffer
complètement en le privant du droit élémentaire d’organiser des réunions
dans ses locaux et d’y accueillir librement les personnes qui veulent s’y
rendre.
Il continuera à lutter pour les libertés et la démocratie, à refuser de
s’intégrer au faux pluralisme et de se soumettre à la règle humiliante et
indigne : reconnaissance contre allégeance.
Le FDTL condamne la campagne de dénigrement et de calomnie menée contre le
comité et ses membres, particulièrement Maitre Néjib Chebbi et Khémais
Chamari. Il réaffirme sa détermination à militer pour le rassemblement des
forces nationales qui aspirent au changement démocratique et à agir dans ce
sens au sein du comité du 18 octobre pour les droits et libertés.
Mustapha Benjâafar
Secrétaire Général
(Source : le site du FDTL, le 26 janvier 2006)
URL :
http://www.fdtl.org/article.php3?id_article=128
Incidents à l'occasion de
l'interdiction d'une réunion d'opposants à Tunis
par Bouazza ben Bouazza
Associated Press, le 25.01.2006 à 19h24
TUNIS (AP) -- Une réunion d'opposants, prévue mardi soir à
Tunis, a été empêchée par les forces de l'ordre, intervention qui a donné
lieu à de "graves" incidents entre plusieurs participants et la police, a
annoncé mercredi le Dr Mustapha Ben Jaâfar, chef du Forum démocratique pour
les libertés et le travail (FDLT, opposition légale).
Lors d'une conférence de presse, à laquelle assistait un
diplomate américain, le dirigeant du FDLT a précisé qu'un grand nombre
d'agents de la police politique avaient encerclé le siège du FDLT où devait
avoir lieu cette rencontre des membres du "Collectif du 18 octobre" formé à
la suite de la grève de la faim observée pendant plus d'un mois par
plusieurs figures de l'opposition, dont le chef du Parti démocratique
progressiste (PDP), Néjib Chebbi et deux avocats islamistes.
Le Dr Ben Jaâfar a fait état de "violences subies par plusieurs
opposants", dont l'avocat Ayachi Hammami, président du comité de soutien à
l'avocat dissident emprisonné Mohamed Abbou, ainsi que Hamma Hammami,
porte-parole du Parti ouvrier communiste tunisien (POCT, non reconnu) et
Lotfi Hajji, président du syndicat des journalistes tunisiens (SJT, non
reconnu).
La raison invoquée pour l'interdiction de cette réunion était la
présence de représentants de partis et d'associations non reconnus
légalement, selon le chef du FDLT.
Le "Collectif du 18 octobre" réclame plus de libertés en Tunisie,
d'organisation, d'_expression et d'association, ainsi que l'amnistie
générale pour les "prisonniers politiques".
Les autorités nient l'existence de tels détenus, avançant
notamment que les quelque 400 membres du mouvement islamiste Ennahdha (interdit)
ont été condamnés pour des délits de droit commun.
Selon une source officielle, le FDLT tout comme le PDP "mènent
toutes leurs activités librement et sans la moindre entrave". Selon cette
même source, les allégations contraires seraient "totalement démagogiques".
Le Dr Ben Jaâfar a déploré l'approche sécuritaire qui prédomine
selon lui au sein du régime tunisien sur la gestion des affaires politiques.
"La solution sécuritaire est vaine, elle est même contre-productive", a-t-il
estimé. Avant d'affirmer garder "l'espoir que la leçon sera retenue (par le
pouvoir, NDLR) des échecs des expériences passées".
"Notre volonté est forte pour faire face à de telles situations.
Nous ne reculerons pas, au contraire, nous allons poursuivre notre lutte
avec calme et assurance", a renchéri Khémaïs Chammari, ancien vice-président
de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH).
Un autre opposant, Habib Marsit, s'est pour sa part fait l'écho
de la détermination du "Collectif du 18 octobre" à poursuivre la lutte sur
le terrain en vue de voir naître une "alternative démocratique".
Ces opposants entendent mettre en place un forum qui aura à
débattre de "toutes les questions fondamentales pour l'avenir du pays" et à
mettre sur la table les divergences entre ses membres, s'agissant notamment
de la question islamiste.
"A l'avenir, nous ne mettrons pas les islamistes derrière les
barreaux. La Tunisie est pour tous ses citoyens, sans distinction aucune", a
plaidé à ce sujet M. Ben Jaâfar.
Associated Press
Tunisie: des opposants accusent la
police de violences, démenti des autorités
AFP, le 25.01.2006 à 17h45
TUNIS, 25 jan (AFP) - Des opposants tunisiens ont accusé la police mercredi
d'avoir molesté certains d'entre eux pour empêcher la tenue d'une réunion
au siège d'un parti politique légal, accusation démentie par les autorités.
"De nombreux policiers ont empêché par des violences verbales et physiques
l'accès au local du Forum démocratique pour le travail et les libertés" (FDLT,
opposition légale) où devait se tenir, mardi, une réunion d'opposants, a
déclaré à la presse le secrétaire général de ce parti, Mustapha Ben Jaâfar.
La réunion avait été organisée par le "Collectif du 18 octobre pour les
droits et les libertés". Ce mouvement a été créé en décembre autour de huit
opposants qui avaient observé une grève de la faim de plus d'un mois, en
octobre et novembre 2005 à Tunis. Ils avaient mis un terme à leur mouvement
durant le Sommet mondial sur la société de l'information.
Trois des ex-grévistes ont été "violemment agressés", a affirmé M. Ben
Jaâfar, citant l'avocat de gauche, Ayachi Hammami, le chef du Parti
communiste des ouvriers tunisiens (interdit), Hamma Hammami et un
journaliste, Lotfi Hajji.
Les autorités tunisiennes ont réfuté ces déclarations les qualifiant de "totalement
démagogiques et sans aucun fondement" et affirmant qu'elles étaient
destinées à faire "de la publicité à leurs auteurs".
M. Ben Jaâfar a également dénoncé une "campagne de diffamation à l'encontre
de certains membres du Collectif", tels que le secrétaire général du Parti
démocrate progressiste (PDP, légal), l'avocat Ahmed Nejib Chebbi et un
ancien député, Khémaies Chammari.
URGENT
La police empêche le Collectif du
18 octobre de célèbrer le 26 janvier 1978
Aujourd'hui, une délégation du "Collectif du 18 octobre pour les
Droits et les Libertés" s'est rendue au cimetière du Jallaz
à Tunis pour se recueillir sur les tombes des victimes de la sanglante
répression du 26 janvier 1978.
"Comme d'habitude une horde de voyous de la police de Ben Ali nous en
a empéchés. Et avec la même agressivité, ces voyous nous ont éparpillés"
résume Fathi Jerbi, membre du collectif.
Le 26 janvier 1978:
Le 26 janvier 1978, "Le Jeudi noir" est resté dans les mémoires
comme un acte de bravoure et de sacrifice pour défendre les intérêts
vitaux des travailleuses et des travailleurs et les aspirations de tout un
peuple pour la liberté. La grève a très vite dégénérée en émeute
brutalement réprimée avec plus d'une centaine de victimes et des centaines
de blessés dans les rangs de la population. Le film de feu Brahim Babay,
Laylat Assanawat al-Achr (La nuit de la décennie) immortalise
cette mémoire.
Ce jour-là, un jeudi, ironie de l'histoire, comme aujourd'hui, était
décrété jour de grève générale par la glorieuse Union générale
tunisienne du travail (UGTT) sous la direction de feu Habib Achour,
compagnon de la libération et vieux militant du Destour et du Syndicalisme
tunisien et non le Sénateur aéro-porté du même nom, membre de la milice du
parti au sein du Barreau et de délégué omni-présent de l'agrégat des
GONGOS régnantes (fausses ONG vivant comme des Ministères aux dépens du
citoyen).
On était sous le Président Bourguiba et non sous la règne du Ministre de
l'Intérieur Ben Ali. Feu Habib Achour fut condamné à 10 ans de prison
ferme par une cour spéciale, puis grâcié une année après, parce que
l'autoritarisme de Bourguiba s'accomodait de la notion de pardon, grande
différence avec le règne absolu de son plus minable ministre de
l'intérieur. Mohamed Salah al-Jabri, grand romancier osa alors évoquer les
interdits dans son oeuvre magistrale Laylat Assanouat al-Achr". Feu Brahim
Babay fît mettre en scène l'un des rares film d'auteur en Tunisie...
C'était une autre Tunisie.
Le général de brigade au coeur de a répression:
Après un séjour mouvementé au Maroc comme Attaché militaire à l'Ambassade
de Tunisie à Rabat, où il n' pas laissé bon souvenir ni d ebonnes traces,
l'officier de la sécrurité militaire Ben Ali est donc bombardé Directeur
de la Sûreté Nationale. La répression s'abat. A peine nommé, le général de
brigade fait recours aux militaires et organise la répression des
syndicalistes et donne ordre à la troupe de tirer sur les manifestants
lors du jeudi noir. Le premier flic de Tunisie reprend la sécurité en main,
réorganise la police militaire, le police politique, installe plus tard
des postes de police dans chaque université. La Tunisie bascule alors
progressivement dans le catégorie des Etats policiers et franchit
nettement le pas lors du premier "coup d'Etat médical" de l'histoire de la
planète Terre, un certain 7 novembre 1987.
Lien historique entre le Collectif du 26 janvier et le Collectif
du 18 octobre:
Le "Collectif du 18 octobre" s'inscrit dans la droite ligne du
"Collectif du 26 janvier". Collectif ad-hoc mis en place par des
militants tunisiens de différentes familles philosophiques et politiques
pour réclamer la libération des prisonniers politiques et leur
rétablissement dans leurs droits ainsi que la cessation des harclélements
et la réhabilitation de la glorieuse Union générale tunisienne du travail
(UGTT). Le Collectif a réussi sa mission avant sa dissolution par
l'aboutissement de ses revendications.
Ce lien entre les luttes civiques politiques du Collectif du 18 octobre et
les luttes syndicales du Collectif du 26 janvier s'inscrit dans la
continuité de la jonction entre le Mouvement de la société civile
autonome, le Mouvement démocratique et le Mouvement syndical. Dynamique
bellement amorcée par le Mouvement du 18 octobre. En témoigne
l'implication massive de la base syndicale dans les comités régionaux de
soutien au Mouvement.
Cette jonction a représenté un moment à la fois rare et fort des luttes
civiques, politiques et syndicales sous la dictature du général de brigade.
Ce qui a a soulevé tant d'espoir au sein de la population et restera dans
l'histoire, non comme un Moment commensal mais comme une Etape importante d'accumuluation
et de capitalisation des longues années de luttes.
L'implication des anciens du Collectif du 16 janvier dans le Collectif du
18 octobre, plus de 27 ans ans après, permet d'évaluer la vigueur et la
vitalité de la dissidence. Cela reflète aussi la continuité des luttes
et est de nature à en appeler la mémoire.
De 1978 à 2005, beaucoup de choses ont changé mais la fibre militante et
l'idéal de liberté sont restés les mêmes. Certes, le colonel est passé
général de brigade et toujours premier flic de Tunisie, mais le moral des
militants est toujours d'acier...
Comme l'ancestral "Collectif du 26 janvier" a aboutit, le Collectif du 18
octobre aboutira. Que le veuille ou non le général, son épouse la générale,
leurs cours respectives, leurs milices, les naïfs, les faibles d'esprit,
les mauvais calculateurs et les sceptiques...
Boulogne-Billancourt, le 26 janvier 2006
Abdel Wahab Hani
AFP, mercredi 25 janvier 2006
TUNIS - Une partie des salariés de la Poste tunisienne, 85% selon leur
syndicat et 28% selon les autorités, ont fait grève mercredi pour demander
des augmentations de salaires et une amélioration de leur condition sociale.
A l'appel de la Fédération des postes et télécommunications, les agents de
l'Office tunisien de la poste ont observé un grève légale d'un seul jour
pour protester contre la non application d'accords conclus entre leur
direction et le gouvernement. Ces accords concernent la hausse des salaires
et primes, ainsi que l'amélioration des services sociaux.
La grève a été suivie par tous les services de la poste dans l'ensemble du
pays à près de 85% des effectifs estimés à près de neuf mille agents, a
indiqué à l'AFP Hédi Smida, dirigeant du syndicat.
Les grévistes dont plusieurs dizaines s'étaient rassemblées devant les
locaux de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT, centrale syndicale)
ont réclamé l'ouverture de négociations "sérieuses", a-t-il indiqué.
Les autorités de tutelle ont indiqué que la grève a été "très peu suivie"
(28%) affirmant que les négociations, qui "n'ont jamais été interrompues",
se poursuivaient.
De source officielle, on a souligné que les rapports entre l'UGTT et le
gouvernement sont "excellents" et que "l'Etat tunisien est attaché à la
promotion des droits des travailleurs", y compris les droits syndicaux
"garantis par la loi".
La Fédération des postes et télécommunications a menacé d'appeler de nouveau
à la grève en cas de non satisfaction des revendications des personnels de
la poste.
Elle avait appelé le 5 janvier à une grève du personnel de Tunisie-Télécom
pour protester contre les conditions de cession de 35% du capital de
l'entreprise mis en vente par l'Etat tunisien.
AFP
Tunisie - Les postiers mécontents se
mettent en grève
Reuters, le 25.01.2006 à 15h08
TUNIS, 25 janvier (Reuters) - Quelque 2.000 postiers mécontents de leur
salaire et de leurs conditions de travail se sont rassemblés mercredi à
Tunis pour exiger du gouvernement qu'il tienne compte de leurs doléances.
Plus des quatre cinquièmes des 8.000 employés de la poste tunisienne ont
également participé à une grève de 24 heures visant à appuyer leurs
revendications salariales, a annoncé le syndicat des employés de la poste et
des télécommunications.
Les manifestants, massés devant le siège de la fédération syndicale dans la
capitale, agitaient des banderoles proclamant "Nos revendications sont
légitimes" et "Nous voulons des négociations sérieuses".
Le syndicat a prévenu que de nouveaux arrêts de travail pourraient avoir
lieu en cas de refus des pouvoirs publics de négocier sérieusement.
Les manifestations de rue sont inhabituelles en Tunisie, où le pouvoir
montre très peu de tolérance à l'égard de toute contestation.
Grève dans les
services postaux
Les raisons d'un débrayage
Les services postaux représentent des artères vitales de la société, surtout,
durant les fins de mois
Depuis la grève de Tunisie-Télécom, le public attendait la réaction du
secteur des services postaux. En effet, ces deux secteurs ont toujours eu
des liens solides, ils conservent d’ailleurs la même structure de
représentation syndicale.
L'origine des différends, entre l'administration et la fédération syndicale,
est le procès verbal de janvier 2005, qui a été différemment interprété par
les deux parties. Le litige a pour objet l'introduction de la sous-traitance
dans le secteur des postes et les dotations allouées au fonds social du
secteur.
Le Temps a contacté les parties concernées pour relever leurs points de vue
:
Sons de cloche:
Hadj Klaï, PDG de l'Office National des Postes:
"Tous les services postaux ont été assurés, à temps, partout à travers la
République"
D'abord, je tiens à signaler que l’administration a toujours œuvré pour le
dialogue, nous avons été le premier secteur à entamer les négociations
sociales, depuis le 8 novembre 2005. Nous avons tenu 11 réunions pour
débattre des différents problèmes posés par la fédération syndicale. Nous
avons proposé les solutions possibles. D’ailleurs, pas plus tard que samedi
dernier et, lors de la dernière réunion de conciliation au niveau du
ministère des Affaires Sociales, nous avons émis des propositions concernant
la généralisation aux grands rassemblements des conventions avec les
restaurants. Nous avons émis aussi des propositions sur le développement du
portefeuille des prêts sociaux accordés au profit des agents. Nous avons cru
qu’un procès-verbal d’accord était possible, mais il parait qu’ils tenaient
à la grève plus qu’à autre chose. Ils ont maintenu leur mot d’ordre de grève.
Heureusement que les agents de la poste sont conscients, ainsi, tous les
bureaux ont ouvert leurs portes, tous les services ont été assurés sur tout
le territoire de la république. Tout le courrier a été acheminé. Les
intérêts des citoyens ont été sauvegardés. La poste a donc dit « non » à la
grève, elle est consciente qu’elle représente une artère vitale pour la
société et elle a assumé ce rôle, en une journée de pointe. Toutefois, nous
demeurons toujours ouverts au dialogue responsable et constructif.
Mohamed Belhaj, secrétaire général de la
fédération nationale des postes de l'UGTT: "Nous déplorons le manquement de
l'administration à ses engagements de janvier 2005."
"Les problèmes, que nous rencontrons dans le secteur, résident
essentiellement dans le manquement de l’administration à ses engagements
pris dans le procès verbal de janvier 2005, qui a été conjointement signé
par les secteurs des postes et des télécommunications. Le principal acquis
était le renforcement des dotations du fonds social de chaque entreprise et
l’extension de son champ d’action à d’autres volets tels la généralisation
des tickets de restaurant et le relèvement des plafonds des prêts sociaux.
Nous nous sommes entendus avec l’administration à ce que la concertation
soit de mise, nous demandons à être considérés comme partenaire à part
entière et nous exigeons d’être concertés dans tous les problèmes qui
touchent le secteur. Or, et à l’encontre de l’accord passé, l’administration
a conclu un nouveau contrat de sous-traitance, pour l’acheminement du
courrier postal, elle n’a pas respecté ses engagements quant à l’extension
des services du fonds social. L’Office National des Postes a un budget
excédentaire, il n’y a donc pas de justification valable à leur manquement.
La décision de la grève a été prise par les structures du secteur, elles en
ont assuré la réussite. Les contractuels ont certes travaillé, ils ont
assuré le service minimum de façade, mais Le taux du suivi de la grève
dépasse 80%. Nous demeurons toutefois persuadés que le dialogue constructif
et responsable est la voie indiquée pour trouver les solutions
acceptables."
Mourad SELLAMI
(Source : « Le Temps » du 26 janvier 2006)
Université: Union Générale des Etudiants
Tunisiens (UGET)
Le Congrès de réconciliation en juillet
2006
· Les partisans de Zaâtour et ceux de
Tlili prépareront ensemble la tenue du 25ème congrès de l'organisation
estudiantine
Deux volets ont été examinés par le bureau exécutif de l'Union Générale des
Etudiants Tunisiens (UGET) lors de sa réunion, samedi dernier sous la
présidence du secrétaire général Ezzeddine Zaâtour. Le premier concerne les
préparatifs du 25ème congrès de l'organisation estudiantine qui, selon des
sources proches de la direction de l'UGET, se tiendra, probablement, en
juillet prochain.
Le deuxième volet concerne la célébration des événements du 5 février 1972,
qui se sont déroulés à la Faculté de Droit et des Sciences Economiques de
Tunis. Ce jour-là, les étudiants rassemblés à l'enceinte de la faculté, ont
été empêchés par les forces de l'ordre de tenir leur congrès dont les travaux
ont été interrompus l'été 1971 à Korba.
Dissidents
En ce qui concerne le congrès, la commission administrative de l'organisation
estudiantine se réunira en principe ce dimanche et se penchera sur les
préparatifs matériels et organisationnels et surtout sur l'opération de
renouvellement des structures de base et celles des distributions des cartes
d'adhésion. Ces opérations seront conduites conjointement avec les partisans
de Jamel Tlili chef de fil des dissidents qui ont boycotté les travaux du
dernier congrès qui s'est tenu en juillet 2003 et qui, surtout après la
scission opérée au sein du bureau exécutif le 25 mai 2002, ont tenu leur
propre congrès en élisant Tlili au poste de secrétaire général.
Invités
Ce congrès sera, donc, placé sous le signe de la réconciliation. Une
réconciliation dont le processus a été amorcé en décembre dernier quand
Zaâtour et Tlili ont publié un communiqué commun appelant à la constitution de
listes communes pour les élections des représentants des étudiants aux
conseils scientifiques des établissements universitaires. Donc les deux frères
" ennemis " d'hier vont mettre la main dans la main pour préparer ce 25ème
congrès et faire de telle sorte que l'organisation estudiantine retrouvera son
unité et son rayonnement d'antan.
Pour ce qui est de la célébration du 5 février 71, la Direction de l'UGET
compte organiser des conférences et inviter les anciens de l'UGET, notamment
ceux qui ont vécu ces événements.
Néjib SASSI
(Source : « Le Temps » du 26 janvier 2006)
Dix-sept perquisitions dans les milieux
islamistes à Bruxelles
AFP, le 26.01.2006 à 12h37
BRUXELLES, 26 jan 2006 (AFP) - Dix-sept perquisitions ont été
effectuées jeudi matin dans huit communes de l'agglomération bruxelloise au
sein de la "mouvance islamique radicale", a annoncé le parquet fédéral belge.
Ces perquisitions, entamées à 05H00 du matin (04H00 GMT) par une
centaine d'enquêteurs, visaient notamment le siège du Centre islamique belge
(CIB), une association connue pour ses liens avec les milieux radicaux basée
dans la commune à forte population immigrée de Molenbeek, selon un communiqué.
Elles se sont déroulées "sans incident" et ont débouché sur
l'interpellation de deux personnes en séjour illégal dans les locaux du CIB,
a poursuivi la même source. Des documents et des ordinateurs ont par ailleurs
été saisis.
Les dirigeants du Centre islamique sont depuis plusieurs années
sous le coup d'une instruction pour "association de malfaiteurs", "menaces
écrites" et "provocation à commettre des crimes et des infractions" à la loi
réprimant le racisme et la xénophobie.
L'enquête vise des "faits de diffusion de propagande de type
islamiste radicale très virulente sur des sites internet, voire des faits de
menace", ajoute le parquet fédéral.
"Des propos encourageant à la haine raciale et à la guerre sainte"
étaient diffusés sur le site internet du centre, a écrit l'agence de presse
Belga.
Selon une source judiciaire belge, des propos menaçants avaient
également été proférés sur ce site à l'encontre du ministre français de
l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, au moment de la polémique en France sur le
voile islamique.
Le Centre islamique belge avait par ailleurs été fréquenté par
le Tunisien Abdessatar Dahmane, l'un des
deux faux journalistes ayant assassiné en septembre 2001 en Afghanistan le
chef de la résistance antitaliban, le commandant Ahmad Shah Massoud.
Les médias belges expliquent que c'est au CIB qu'a été célébré le
mariage de Dahmane et de Malika, une Belge née au Maroc qui ne s'est jamais
désolidarisée du geste de son mari. Ce mariage aurait été célébré par l'imam
du centre avant la célébration civile, ce qui est illégal en Belgique.
Le parquet fédéral a indiqué jeudi que le juge d'instruction
Daniel Fransen enquêtait sur un certain nombre de mariages célébrés
illégalement au centre islamique, ainsi que pour sur des faits de traite des
êtres humains et d'escroquerie.
"Il s'agit de la première concrétisation judiciaire du plan
d'action gouvernemental contre le radicalisme de mars 2005", a expliqué à la
presse la ministre de la Justice, Laurette Onkelinx, en soulignant qu'il ne "s'agissait
pas d'une opération antiterroriste".
"Le radicalisme sous toutes ses formes constitue le principal
adversaire idéologique de tout Etat de droit. En s'attaquant au radicalisme,
nous ne voulons pas stigmatiser une communauté ou une religion en particulier,
mais bien lutter contre ceux ou celles qui rejettent nos valeurs
démocratiques", a ajouté la ministre.
AFP
INQUIETUDE
!
Khaled TRAOULI
ktraouli@yahoo.fr
L’inquiétude est souvent définie par ce sentiment bizarre « d’une crainte
d’une anxiété due à l’incertitude ou à l’appréhension d’un événement », dans
notre cas c’est encore plus grave et plus…inquiétant … le non-événement ! Mais
l’inquiétude ne serait-elle- pas le début de la prise de conscience ?,
s’inquiéter ce n’est pas déjà agir ?
Notre inquiétude ne serait pas une « inquiétude négative » dans le sens où
elle fermente le désespoir et la résignation et la mort.., mais une «
inquiétude positive » qui pousse à la réflexion, à l’action, à l’espoir…
En effet depuis quelques temps, certains écrits, certains discours, certaines
manifestations, certaines décisions qui émanent des différentes branches ou
individus de l’opposition révèlent l’esquisse d’une nouvelle attitude vis à
vis du paysage politique actuel et de son évolution! Mais aussi, l’absence de
réactions à certains évènements, ou du moins sa faiblesse, sonne le signal
d’alarme et marque un éventuel retour à l’hibernation…un retour à la
marginalité…un retour à la mort !
C’est à travers la constatation de ce mutisme, et en recherchant le pourquoi
du non événement que s’inscrit l’approche suivante, une approche qui mélange
la mélancolie la crainte et surtout l’inquiétude !
La série noire
Je m’inquiète pour l’opposition et du processus de la dissidence si processus
il y’a ! Certains nuages commencent à envahir un espace déjà saturé.
Je m’inquiète de l’absence d’un projet futur de l’après SMSI, de l’absence
d’une continuation claire de la manifestation du 18 octobre, de ce qu’elle n’a
pas pu se métamorphiser en un projet de société sans toute fois épouser
l’étiquette d’un parti politique…
Je m’inquiète de l’éparpillement continue de l’opposition ! malgré l’essai à
moitié réussi du 18 octobre « c’est normal me répondiez-vous, c’est la
diversité des idées, la pluralité des approches », mais fallait-il être
dispersé lorsqu’on a besoin de l’unité ?, fallait-il recevoir des coups dans
le dos pour affirmer sa différence ?
Je m’inquiète de l’état de l’immobilisme qui semble s’éterniser après la fin
de la grève de la faim, réagir ce n’est pas se précipiter dans l’inconnu,
l’opposition sait qu’elle est en danger de mort si elle ne concrétise pas son
réveil. Préfère-elle ne pas voir le danger, parce que le danger la fait
exister !
Je m’inquiète de cette lassitude qui semble regagner certains discours et se
lit entre les lignes de certains écris, où un air de désespoir et d’abandon
commence à se sentir !. il y’a de quoi me diriez-vous, un régime qui ne
s’arrête devant rien, un peuple qui ne bouge pas et que la situation semble
lui convenir, et un acteur étranger absent ou « présent à la carte »…
Toutefois fallait-il se rappeler que la situation était toujours pareil, et
que la présence du SMSI n’était que conjoncturelle, et que le peuple attend
toujours un concrétisation forte de ses aspirations, et que peut-être la faute
incombe à notre désengagement qu’à son absence !
Je m’inquiète de l’illisibilité qui règne, du brouillard qui persiste, pour ne
pas dire confusion et cafouillage… qui avec qui.., qui fait quoi ? qui
représente qui ? quelle comité ? pour quel motif ? pour combien de temps ?
Je m’inquiète de l’esprit d’exclusion qui demeure intact vis à vis de
certaines voies, si différentes soient-elles, de certaines personnalités si
distinctes soient-elles, de certains partis politique si petits soient-ils.
Exclure c’est déjà minimiser les chances de rassembler, minimiser les facteurs
d’aboutir et de réussir !
Je m’inquiète de l’état d’attentisme qui fait perdre du temps et qui nous rend
tributaire de l’action adverse que de notre propre action. Le temps que passe
l’opposition à convaincre ses composantes, à ne pas heurter la sensibilité des
uns, le « goût » des autres, fait vider une initiative de sa chaleur initiale
de son esprit d’action et de sa volonté envahissante pour le changement ! Nous
comprenons le souci des uns d’aboutir à la synthèse, à la symbiose peut-être,
mais n’est-il pas plus urgent et plus important de passer à l’action des qu’un
minimum d’accord sur les principes s’établit, n’est-il pas plus laborieux et
plus percutant de penser le changement et le vivre avec une volonté d’acier,
que traîner le pied derrière une éphémère unité totale et parfaite ?
Je m’inquiète de la victimisation des esprits, jouer la victime ne serait-il
pas plus facile et moins contraignant ? mais à l’opposé ne reflète-t-il pas
une réalité concrète, dure et vécue, où il n’est plus permis que d’être
victime ?
Il me semble que nulle doute le climat et l’environnement sont plus que fermés,
que l’opposition est harcelée et provoquée de toute part, elle est victime de
l’arbitraire de l’hégémonie et de la dictature, mais… elle est aussi victime
d’elle même par son absence, par ses luttes internes et par sa manque de
confiance en elle même, en ses capacités de conduire un processus démocratique
de changement.
Le trou noir
La dictature se nourrit de deux mamelles, qui lui permettent une longue vie
pleine de repos et de pillage…
un peuple résigné, complaisant dans certains cas, par peur du gouverneur ou
par crainte du futur, faute de l’existence d’une alternative sérieuse et
solide…
et une opposition inexistante ou marginale dont le souci majeur se
sédimente soit autour du ramassage des miettes que la dictature accepte de
l’octroyer, soit pour les luttes intestinales pour un leadership furtif et
insignifiant !
L’opposition serait un passé vécu mais assumé, un présent diversifié mais
partagé et un futur porteur et commun.., et tant que l’opposition ne fait pas
la distinction entre son souhait ses désirs, et la réalité concrète qui
l’entoure.., tant qu’elle ne fuit pas l’amalgame entre une aspiration
personnelle légitime en soi pour réussir, et le projet politique de tout un
groupe pour répondre sérieusement et solidement à l’aspiration très avancée de
tout un peuple pour le changement… tant que l’opposition persiste et signe
pour aller éparpillée dispersée à la bataille, sans un véritable projet commun
pour le changement et la relève …, tant qu’elle sous estime le Ko qui règne
dans le pays et le degré important de l’attente de tout un peuple pour le
changement… tant qu’elle n’est pas confiante en sa force et non consciente du
danger de l’effritement qui la guette,…. Alors permettez-moi de ne pas rêver
et de demeurer dans mon inquiétude !
(Source : site du LIQAA: http://www. liqaa.net )
Sommaire du numéro 48 d'ELKHADRA.
www.elkhadra.org
LA DÉCONFITURE
Par
CHOKRI
http://www.elkhadra.org/deconfiture.htm
L'IRE ET L'INCONSTANCE
Par
NEJIB
http://www.elkhadra.org/ireconstance.htm
TUNISIE INSOUMISE
Par
SONIA .D
http://www.elkhadra.org/insoumise.htm
L’islam politique et humaniste : une éthique
Par
MOHAMED
http://www.elkhadra.org/polislam.htm
INTERNET OR NOT INTERNET
Par
ABD EL-RAHMAN
http://www.elkhadra.org/internetinternetinternet.htm
DÉBAT AU SUJET DES ONG
Par:
-DRIDI
-JANINE
-IMED
-AL ANSARI
-RACHED
-BIJU
http://www.elkhadra.org/debatausujetdesong.htm
Lettre d'un ami tunisien (ou vie ordinaire au
pays)
postée par BOREL JANINE
http://www.elkhadra.org/lettredunami.htm
L'IMPUISSANCE ET LA SOLITUDE
Par
MAHA
http://www.elkhadra.org/solimpui.htm
LTHD
Par
Biju.
Suivi de
La Ligue au cœur de la politique
Par Ahmed Smiai
http://www.elkhadra.org/bijusma.htm
Deux poids, deux mesures
Par
HOUSSINE
http://www.elkhadra.org/deuxpoids.htm
Mondialisation de la surveillance : Big
Brother est parmi nous
Envoi de JIHANE
http://www.elkhadra.org/mondialisation.htm
Apprendre des peuples de l’Amérique Latine
Par
HOUSSINE
http://www.elkhadra.org/apprendre.htm
Glossaire de la Dépossession
Par Paul de Rooij
http://www.elkhadra.org/glossaie.htm
*********************************************
Deux articles sortis de ce numéro.
L'IRE ET L'INCONSTANCE
Par NEJIB
Et notre réalité tunisienne ? elle est sans aucun doute essentielle, mais
pas pour nous absoudre de quoique ce soit , mais pour nous stimuler , pour
nous faire avancer , mais comme dirait ZIEGLER ( je conseille aux tireurs de
plans sur la comète et autres bâtisseurs d’empires à la sauce Barbie ,de
lire ce grand homme , je viens de lire un texte sur les idées de TALBI et de
DRIDI ,qui sans franchement me nommer , sur ma réponse à TALBI , bien
entendu , une réponse qui n’est que confusions et dérapages plus ou moins
contrôlés de contre façons théologiques et historiques , exercice de style
et de syntaxe plus qu’autre chose , vide de sens et de profondeur parce que
truffée de contradictions , d'errements et de contre sens .Pleine d’apologie
et de révérences qui dénotent un état d’esprit plus que racoleur.Pauvre.
Pour nous grandir , oui pour nous grandir , pour nous rendre plus vaste ,
pour nous faire frémir , il faut toujours de la rigueur , pour rédiger ce
qui pour nous doit absolument être , l’ordre du pain autant que l’ordre de
l’âme.
Quand on analyse l’épouvante sociale , culturelle et politique qui tient la
Tunisie et ses habitants à la gorge et aux tripes , il me semble que nous
sommes dix millions de tunisiens qui nous nous côtoyons sans nous connaître
,des individualités , des entités numérotés , foule impressionnante de
fantômes solitaires , nous sommes dénudés de tout lien véritable.Une seule
chose peut faire le lien entre nous , parce qu’elle est vivante en nous ,
timorée , intimidée, mais vivante quoiqu’en disent certains oiseaux de
mauvaises augures , ce sont nos racines et notre civilisation , un tout
homogène et défini. Je me demande souvent avec une sorte de terreur
incroyable et dérisoire devant l’hécatombe , une horreur impersonnelle ,
comment avec autant de facilité nous acceptons tous , l’injustice , la
dictature et ses violences , la mort consommée de nos institutions et cette
incommensurable misère de l’inégale répartition des bien et des maux , et
surtout par quel miracle , comment la structure sociale (plutôt son
apparence en Tunisie) dans son ensemble ne tombe pas en dissolution , les
tunisiens , misère de nous autres , nous ne portons pas de chaînes visibles
au premier abord , par quel maléfice nous, souffrants , mourants et
dépouillés , subissons-nous tout ce qui est ? Le garrot est dans l’esprit,
il est bien à l’intérieur, il est au cœur, la pensée est enchaînée, la
déchéance a empreint ses formes en nous, l’habitude et le renoncement nous
ont fixés à l’impuissance.La peur et sa source la dictature ont façonné les
tunisiens, ils sont en nous, ils sont devenus notre substance même, selon le
CHE , nous ne révoltons pas contre notre réalité , celle imposée par la
tyrannie parce que nous nous confondons avec elle.
Le rôle des courants, et des différences est plus que capital pour
pérenniser la démocratie tunisienne , et justement défaire tous les
extrémismes et les archaïsmes , je ne crois pas que la névrose libérale de
certains a une réalité propre , constitué , politique en Tunisie , le
libéralisme en tant que valeur économique existe naturellement dans tous les
courants du dit bloc démocratique identifié , mais en Tunisie , société
strictement arabo_muslmane le libéralisme en tant que tel est composé de
deux pôles indissociables , le pôle social et le pôle économique , tout se
joue sur cette harmonie et cet équilibre , liberté d’entreprendre ne veut
pas dire liberté de spéculer ect…..
L'apparent qui domine et détruit le pays aujourd'hui ,c'est l'arrogance
mafieuse de la mondialisation et du néolibéralisme , l'essentiel , dont je
parle, est dans la dynamique de survie de la Tunisie profonde et chez le
petit peuple , pour les névrosés du verbe , genre politologue de salle de
bain comme EL ANSARI, les courants politiques tunisiens et le pouvoir qui
viendra à remplacer la dictature de ben Ali sont des formations discursives
polémiques ,cela doit être pour la paix civile et la véritable
démocratisation de notre pays , et surtout de la péroraison de sa majorité
silencieuse ,c’est sain , c’est plus que sain , c’est vital. Le dogmatisme
idéologique aveugle sa plume , son sectarisme qu’il étale bêtement à tout
va, et qui n’est que phantasmes et jugement arbitraire , n’est nullement le
reflet d’un vécu dans la société tunisienne qui s’est forgé dans la dure
réalité du combat quotidien pour le pain ,et qui excelle dans la solidarité
et le stoïcisme le plus effréné , oui , de ma part , réagir contre le texte
de TALBI avec ce que je crois est vraiment un reflet du vécu , et tout
simplement et depuis des lustres , un projet d’agir sur lui ,c'est entre
autre une éducation , une __expression du libre arbitre qui m'a été
justement enseigné par TALBI et bien d'autres .C’est vraiment être aveugle
pour ne pas voir que la majorité silencieuse des tunisiens qui se reconnaît
dans ENNAHDA , CPR , PDP n’est pas extrémiste , ne se reconnaît pas dans la
charia , mais quelle est strictement arabo-musulmane , et que la petite
minorité nuisible qu’elle soit crypto-communiste ou crypto-libérale ,
salafiste ou fascisante et réactionnaire , aboie et pisse contre le vent ,
et qu'elle est faite du bois des dictatures.Ce qui me répugne chez certains
tunisiens qui avancent masqués (une TAQQIYA tunichienne) c'est leur façon de
hurler aux loups , d'exiger une garantie et un service après-vente sur le
devenir démocratique de la Tunisie , en excluant du fait démocratique, un
pan entier du corps électoral et de la société tunisienne.
Pour que l’action du bloc démocratique tunisien soit efficace , et cela dieu
merci les grands leaders l’ont bien compris , y compris les islamistes, je
ne parle pas ici des quelques caciques d’Ennahda encore une fois , ceux là
qui ont procédé par le sectarisme et l’exclusion , ils sont embourbés dans
leurs contradictions au même titre que les autres aliénés , la disparité ne
doit pas être signifiante entre les représentations imaginaires ( dans le
cas tunisien , c’est souvent des phantasmes) et les réalités de la vie
qu’elles soient nationales ou internationales, en Tunisie ce discours est
entendu dans le fond par la majorité silencieuse des tunisiens , nous voyons
peu à peu et pour preuve des attitudes nouvelles se cristalliser sur ces
évidences culturelles et historiques ( les crypto libéraux et les
réactionnaires tunisiens appellent cela , ce retour à la religiosité par
exemple , la décadence des tunisiens , tant de mépris est assez révélateur
de l’état d’esprit de ces imposteurs) , ces cristallisations modifient la
façon de voir des hommes politiques responsables et des démocrates tunisiens
de percevoir la société dont ils font partie , telle qu’elle est et essayer
d’être vigilants à ses angoisses , et à la tentation du pire , par le
discours et les convictions , pas par l’anathème et l’usurpation.Pour être
plus clair, un courant politique tunisien moderne ne peut plus être ni
dogmatique ni sectaire , les tunisiens ont dépassés le stade où ils étaient
les proies faciles de tous les apprentis sorciers et autres aliénés
opportunistes , ils refusent sans aucun doute l’horreur de la dictature ,
toute la dictature , au nom d’eux-mêmes et de leurs fondements historiques ,
sociaux et culturels qui n’ont absolument rien à voir avec la déchéance
extrémiste des prédicateurs wahhabites et autres salafs et talibans ,des
vrais ennemis de l’islam, de l'humain , que sont ces théocraties criminelles
du moyen orient , mais aussi avec toutes forme d’aliénation aux cryptes d’un
néocolonialisme , qui se drape et se masque derrière une dialectique pseudo
révolutionnaire et moderniste .
Les courants politiques tunisiens qui tiennent la plus grande part de la
légitimité politique représentative de ce pays , légitimité qui est toute
entière contenue dans le bloc démocratique rassemblé , qui est par la force
des choses et surtout la volonté de beaucoup de tunisiens ,un système
symbolique, organisé selon une logique propre aux attentes des tunisiens ,
et habité par une raison discursive cohérente, travaillent et donnent , pas
très souvent malheureusement, la preuve que l'exigence d'ouverture et de
tolérance est la seule nécessité stratégique qui peut avoir une chance de
défaire la dictature . Bien entendu le terme de système symbolique désigne
un ensemble de significations , de valeurs , d'idées , de concepts , de
croyances , de représentations totalement inscrits et répertoriés dans le
progrès et la modernité.Tout courant politique tunisien aujourd’hui et sans
aucun doute , assume une tâche , celle de signifier à sa manière le pays ,
d’expliquer dans l’abstrait , et dans le cadre des stratégies sociales
qu’ils sert, les problèmes qui se posent concrètement aux tunisiens.Le
courant est censé fournir l’arme théorique dont les tunisiens ont besoin
pour résoudre leurs problèmes pratiques ,chaque courant défend ses billes ,c’est
normal et les alliances suivent une logique somme toute légitime , entre les
courants qui vivent les mêmes problématiques ,avec des nuances de formes ;
et il faut se résigner à accepter une bonne fois pour toutes , que c’est à
eux ,aux tunisiens hors de la plaie Ben Ali , à ce peuple souverain de
définir son avenir et sa destinée en toute liberté et avec déterminisme , en
fait , c’est l’unique chose qu’on exige de ben Ali , et une fois débarrassé
de lui ,, les tunisiens exigeront aussi la même chose des autres et cette
fois ci j’espère que cela sera par les urnes , une fois débarrassé de ben
Ali les carottes devraient être totalement cuites , et ce n’est pas pour
vivre dans les choix conditionnés de certains appareils qui fonctionnent par
les usurpations et les interdits , et qui sous les habituels fallacieux
prétextes du danger intégriste , on nous enferme dans le politiquement
correct des chapelles et des alliances contre nature ,on installe encore des
limites et des miradors , à ce niveau là ,franchement , je ne vois pas
vraiment la différence d’avec l’autoritarisme de ben Ali et du RCD.
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TUNISIE INSOUMISE
Par SONIA .D
Dans les profondeurs de ma mémoire, la Tunisie à la chaleur du lait maternel,
aussi incroyable que cela puisse paraître pour d’autres, pour nous tunisiens,
peut-être parce que nous sommes un petit peuple, parce que nous sommes le
fruit adultérin de tant et tant d’HISTOIRES, cela coule de source, de toute
source de vie.
Les drames et les violences de ce que la réalité de ce pays au jour
d’aujourd’hui charrie , incessantes menaces de l’enfer sur terre , c’est
dans l’exil qu’ils m'ont été transmis , comme une offrande , je dois me
soumettre à leurs folie , vivre avec , ou les combattre , il s'agit presque
qu'avant que d'être , de choisir , choisir entre la dignité ou la soumission
, pas de nuance , les nuances sont faites pour les hommes libres.Je vis le
coupable besoin de toujours et à jamais les transgresser et l’indicible
douleur de ne pas pouvoir m’en affranchir , coupable parce que je sais que
mes actes , mes paroles , mes choix humains donneraient de la matière à
l’horreur de violer , torturer , et même tuer des tunisiens en Tunisie qui
n’ont avec moi que de simples rapports de filiation , à ma place , ils
seront maltraité et réduit en esclavage , mes grand parents , mes cousins ,
mes oncles , mes tantes et mes amis , ces méthodes maffieuses , je n’ai
aucune honte de le dire , ont une prise incroyable sur moi , tout se passe
hors de mon être selon le rythme d’un constant balancier, des fois quand
même la dignité se fait fièvre et je me saisis l’espace d’une folie du droit
de vivre ma vérité , tout en me demandant sans cesse si j’en avais la
légitimité , sous les huées chaotiques des centaines de sans voix , sans
souffle des emmurés.
ICI l’école républicaine , la rue républicaine et citoyenne et le
conditionnement emphatique de mon enfance ,et jusqu’à ce jour le ridicule de
ce leurre qui tient la France et 60 millions d’individus debout malgré tout
,cette devise qui fait pleurer…des fois de rire , disons jaune pour être
plus juste "liberté , égalité , fraternité », la marseillaise et tout la
paradoxe des parodies , quand je vois des nègres ou des arabes debout , au
garde à vous devant ces fantôme d'un empire ignoble , je me dis que je peux
ne pas totalement désespérer de la Tunisie , et que décidément la connerie
est la chose la mieux partagée du monde , et que les cons ne sont presque
jamais malheureux.
Ma vie binationale et amoureuse d’un amour animal et de reconnaissance du
ventre , et d’un autre plus fanatique , plus passionnel , plus juste parce
qu’il porte en lui la plus part de mes stigmates et de mes vérités , parce
qu’il porte en lui la stupide promesse d’être prête à mourir pour une vison
, pour un poème pour une terra incognita où gisent les miens aux autres
semblables et mes morts , à qui me rattache le nom , le mot le verbe et
surtout le faciès que d’aucun ,d’un côté comme de l’autre , que le temps ,
l’histoire , les rencontres , la cuisine , le chant la musique , l’opprobre
ne cessent de me le rappeler.ma vie , ça commence où , et surtout quand ? ,
ça finira où, quand et surtout pourquoi et pour qui ?
"Prés de toi je suis loin et loin de toi je suis toujours étranger disait la
chanson de NAJET», j'ai toujours vu mon père fermer les yeux en écoutant
cette chanson, pour refouler ses larmes à son for intérieur, là ou ça brûle
sa vie, là où ça fait le plus mal, je le sais c'est le même amour, la même
damnation que j'ai pour la Tunisie
-papa tu dors ?
-oui
-tu te moques de moi ?
-oui
-tu es où ? Tu penses à quoi?
-je pense vraiment que nous aurons une belle récolte de dattes cette année.
-Mais comment tu le sais ? Tu es à Paris ?
- je le sais, c'est pareil chaque fois qu'il pleut en Août.....
- tu ne vas pas dormir ?
-oh tu sais j'aurais toute la mort pour dormir.
La douce obsession d’une torpeur océane et d’une infinie douceur de vivre ,
la damnation , pourtant implorée d’une histoire faite de spoliations et
lése-libertés , la damnation de la beauté , du soleil , mais aussi violente
, liberticide , celle arbitraire des oppresseurs , tout cela s’excite dans
un mouchoir de poche , dans le souffle partagé et mes doits qui glissent sur
les rides de mon père , sur les plis de son âme , tout cela , tout le temps,
discuté et expliqué à mes amis français de souche , pour ne pas dire
français non tunisiens , bahi ? à tel point que j’étais devenu , moi avec
bien d’autres tunisiens binationaux , la nostalgie et le souvenir
involontaire , du moins une part importante , de beaucoup d’entre eux.Chaque
fois que je retrouve cette Tunisie éparpillée dans la mémoire , chaque fois
que physiquement je suis en elle , ma vie antérieure fait abstraction de ses
lourdeurs ,de ses laideurs , celles des légions de flics et de délateurs ,
celles des bakchichs et des corruptions , celle des statues , des portraits
et du lamentable culte de la personnalité , celle de la misère humaine et de
plus en plus matérielle qui jette des pans entier de la société dans le
renoncement , la révérence et même la prostitution , et surtout , pour
négocier avec cette terreur constante qui m’étreint , depuis mon réveil
jusqu’à mes rêves , la trouille en Tunisie c’est celle d’être enfermée ,
torturée , violée et même tuée , mais croyez moi ma terreur en France ,
celle qui a déchiré mon enfance et qui me taille encore et jusqu’à la fin de
ma mort , c’est celle d’être , sans cesse , en train de mourir , oui cette
horrible sensation constante d’être en train de mourir à l’intérieur , de
cramer , de me consumer , sans que personne autour , surtout mes proches ,
ne puissent même le soupçonner.La Tunisie reste douloureuse pour tout notre
petit monde , même si ce n’est jamais la même pour chacun d’entre nous , on
a tous une Tunisie mythique qu’on croit sublime , unique et universelle , un
jour il faudrait que LAZARE réveille les morts , un jour malgré tout pour
punir les monstres et expier nos errances , cette Tunisie là il faudra la
faire.Chacun de nous a une histoire avec elle , mais personne de nous n’en a
le même regard ni la même réalité , c'est peut-être cela notre chance
aussi.Et personne de nous ne doit supposer avoir tord ou raison , nos
fréquentes retrouvailles sont un défi au sectarisme partisan ou politique ,
nous avons tous compris et surtout digérés et admis que notre amour pour
notre pays et nos attaches ne nous font détenteur de rien , sinon de notre
propre mémoire.
Objectifs politiquement modifiés
par Dadi Kom
(reçu par mail)
Ayant suivi la dernière émission intitulée "De Washington", (lundi
16.01.2006) diffusée sur la chaîne Arabe satellitaire AL-JAZIRA, et animée
par le brillant Hafedh Mirazi, dont je salue la patience à l’occasion, j’ai
pu tirer quelques conclusions que j’estime intéressantes et d’autres plutôt
pénibles.
Commençons par ce qui semble intéressant : l’émission a invité trois
personnes arabes peu connues pour ne pas dire inconnues aux bataillons. Un
yéménite, une koweitienne et une tunisienne. Mirazi les présente comme
activistes pour la démocratie et les libertés dans leurs pays respectifs !
Un autre trait commun : Tous les trois sont invités à Washington par
l’AMERICAN ENTREPRISE INSTITUTE (A.E.I.), institution dirigée par les
théoriciens néoconservateurs dont l’influence sur l’administration
américaine n’est plus un secret.
En tant que tunisienne moi-même, je me contente de parler de cette invitée
tunisienne qui s’appelle Neïla CHARCHOUR-HACHICHA (traduction latérale de
son nom : Dotée de ROCAILLES et de MAUVAISES HERBES, je n’invente pas, mais
ça m’a fait rappeler le phénomène des organismes génétiquement modifiés).
N’est-ce pas bien le cas de notre invitée (faussement blonde) ? Je le crains
fort bien.
Mais qu’est-ce qu’elle dit entre autre ? Elle se plaint du manque de
libertés politiques dans son pays, et personne ne lui conteste ce souci,
mais quand elle traite son peuple d’ignorant parce qu’il ne comprend pas le
mot "autocrate" ! Dans ce cas elle aurait pu faire l’économie du trajet
Tunis - Washington et consulter un dictionnaire français-arabe où le mot
autocrate (du latin auto, soi-même et du grec "kratein" gouverner) et ainsi
trouver qu’en arabe existent bien plusieurs termes équivalents pour désigner
(despote, dictateur, tyran..).
Elle dit que "la Cause Palestinienne" est uniquement entre les mains des
palestiniens qui doivent la défendre, et qu’elle n’accepte pas ( !) de lier
le sort du peuple tunisien avec celui du peuple palestinien ( !!).
N’est-ce pas là une position autocratique de sa part, de parler au nom d’un
peuple, qui à ma connaissance ne lui a pas donné un mandat pour qu’elle
parle à sa place auprès des parrains américains ?
Revenons à ce prétendu "Parti des Libéraux Méditerranéens" dont on ne
connaît ni la date de sa création ni son projet politique et que les
autorités tunisiennes, selon l’invitée, n’autorise pas l’activité (Notons
que ces mêmes autorités lui ont comme même permis de répondre à l’invitation
américaine, c’est un peu louche, Non !), on se demande pourquoi
Méditerranéens !!
Si le projet de ce parti concerne tout le Bassin Méditerranéen, il fait donc
fausse route, parce qu’en ma connaissance la Rive Européenne du Bassin est
plutôt occupée par son projet grandiose à savoir la Grande Europe politique
et économique, déjà en grande partie réalisée. Cette Europe se mobilise
depuis toujours pour vivre harmonieusement son union, indépendamment de tout
sud-méditerranéen.
Donc ma petite dame un peu de modestie SVP. On n’a plus besoin de naviguer
sans atteindre les rives ! Ni de courir à la poursuite des mirages qui ne
finissent jamais de nous leurrer. Enfin je me permets de choisir entre deux
types de femmes qui se disent militantes : une politiquement "modifiée" à
savoir CHARCHOUR-HACHICHA et une autre grande dame compatriote Maître Radhia
NASRAOUI que je ne connais pas personnellement mais qui mérite tout le
respect, rien que pour son acharnement dans son pays et non pas chez les
yankees dont on connaît bien les calculs et les mauvais calculs !
Dadi (Paris)
(Source : www.reveiltunisien.org , le 25
janvier 2006)
URL :
http://www.reveiltunisien.org/article.php3?id_article=2060
Tunisie-Etats-Unis -
Coopération judiciaire
Echange d’expertises pour le
redressement des entreprises en difficulté
La Presse - L’expérience tunisienne en matière de redressement des entreprises
en difficultés intéresse les Américains. En effet, deux juges fédéraux
spécialisés en la matière, Samuel Bufford et Elizabeth Stong, viennent de
participer à un atelier, du 23 au 25 janvier, sur la pratique comparée et le
redressement des entreprises en difficultés à l’Institut supérieur de la
magistrature.
Au terme de leur séjour en Tunisie, les deux juges ont tenu une conférence de
presse au cours de laquelle ils ont souligné que l’expérience tunisienne est
intéressante pour les juges américains au même titre que l’est l’expérience
américaine pour les juges tunisiens.
Le thème des entreprises en difficulté, selon M. Marc Tejtel, conseiller
supérieur au ministère américain du Commerce, présent à la conférence de
presse, doit son importance aux défis nouveaux de la mondialisation dont les
enjeux sont aussi cruciaux pour les entreprises tunisiennes qu’américaines.
M. Tejtel a expliqué, en guise d’introduction, que les deux systèmes de
redressement tunisien et américain sont différents, mais partagent la même
finalité, soit celle de sauver les entreprises viables. Le système tunisien de
redressement comprend deux étapes: le règlement à l’amiable entre l’entreprise
et ses créanciers et en cas de non-accord, l’affaire est transmise à la
justice. Dans la législation américaine, il n’y a pas cette possibilité de
règlement à l’amiable. Les parties concernées par le redressement se mettent à
discuter sur incitation de la justice pour parvenir à une solution, soit de
redresser l’entreprise soit de la liquider. «En général ils parviennent à
trouver un accord, car s’ils essayent d’introduire la justice, cela pourrait
prendre beaucoup de temps et se traduire par des dépenses trop élevées. Si le
cas est désespérant, on passe directement à la liquidation de l’entreprise en
vue de redéployer son actif dans des créneaux nouveaux, plus porteurs…», a
expliqué M. Bufford en soulignant que certaines caractéristiques de la
législation tunisienne sont intéressantes «et nous allons les examiner pour
voir comment les exploiter dans un contexte américain.»
Après cette visite, des juges tunisiens se rendront aux Etats-Unis pour
prendre connaissance, sur place, des mécanismes de redressement des
entreprises en difficulté.
L.B.A.
(Source : La Presse du 25 Janvier 2006)
Médias - La radio culturelle
Un espace pour la création
• Conférence nationale, ce samedi 28 janvier,
avec la participation de près de 200 créateurs de tous bords
La Presse - Conférer une diversification et un enrichissement au paysage
médiatique en Tunisie est une constante du Changement, dans le cadre d’un
processus démocratique pluraliste sans cesse consolidé et d’une promotion
continue des libertés.
Le secteur audiovisuel, ouvert depuis quelques années aux initiatives privées,
bénéficie d’un intérêt présidentiel particulier avec la création de nouvelles
stations télévisées et radiophoniques qui ont réussi à servir d’espaces
d’_expression aux différentes sensibilités nationales.
Après la création de chaînes nationales et régionales d’information générale,
un nouveau-né est en chantier en la matière. Il s’agit du lancement prochain
de la radio culturelle qui viendra doter la scène médiatique d’une
configuration originale. Elle constitue le maillon et le genre attendu par de
larges couches des auditeurs.
En effet, la culture et l’information ont toujours été deux secteurs
intimement complémentaires que le Président Ben Ali a entourés chaque fois
d’une attention particulière et leur a accordé tout le soutien nécessaire pour
stimuler la créativité, l’innovation et conforter l’identité nationale et la
modernité de la Tunisie.
Annoncée le 7 novembre 2005, par le Président de la République, à l’occasion
de la célébration du 18e anniversaire du Changement, la création de la radio
culturelle a fait l’objet d’un suivi présidentiel lors de l’audience que le
Chef de l’Etat a accordée, le 20 décembre 2005, au ministre chargé de la
Communication et des Relations avec la Chambre des Députés et la Chambre des
Conseillers.
En effet, des directives présidentielles ont été données en vue de passer à la
phase de la conception, sachant que cette radio doit être un espace de
création où s’additionnent et s’enrichissent mutuellement les contributions
des intellectuels et des hommes de culture. L’objectif principal consiste à
mettre en place un mécanisme susceptible de diffuser à une échelle très large
la culture tunisienne et ses spécificités et faire connaître notre patrimoine
séculaire qui mérite amplement un canal aussi vaste et aussi porteur pour
marquer de son empreinte le mouvement culturel universel.
La conférence prévue pour ce samedi 28 janvier - et devant grouper près de 200
hommes de culture et communicateurs - servira à débroussailler les pistes et
les chemins de l’innovation culturelle et artistique dans la fidélité aux
traditions confirmées de reformisme et d’ouverture de notre pays.
Tant il est évident que la radio culturelle se doit d’être, dès les premières
heures de diffusion, un phare éclairant chaque pan de notre spécificité
culturelle, à tous les niveaux et dans tous les domaines où la création a son
mot à dire.
L.C.
Le programme de la conférence nationale sur la radio
culturelle (samedi 28 janvier 2006, au siège du Cepex)
- 9h00 : allocution d’ouverture prononcée par le ministre chargé de la
Communication et des Relations avec la Chambre des Députés et de la Chambre
des Conseillers.
- A partir de 9h30 : «Le concept de culture entre l’acception et la
signification», «La radio culturelle à travers les regards des créateurs et
des intellectuels» et «Les spécificités de la transmission du message et de
l’animation culturelle radiophoniques», trois conférences suivies d’un débat
général.
- L’après-midi, à partir de 14h30 : démarrage des travaux au sein d’ateliers
sur la littérature et le livre, le théâtre, le cinéma, la musique, les arts
plastiques, la culture et la société civile, les synergies entre la radio
culturelle et les radios régionales.
17h00 : clôture par le ministre de la Culture et de la Sauvegarde du
patrimoine.
(Source : La Presse du 25 Janvier 2006)
A Beït El Hikma
Hommage au grand réformateur tunisien, Cheïkh Salem Bouhajeb
Lors d'une conférence qui sera organisée le vendredi 27 janvier à Beït El
Hikma. Un vibrant hommage sera rendu à l'un des piliers du mouvement
réformiste tunisien, celui dont la portée des discours et des messages a
concouru à l'édification des fondements de la pensée scientifique.
Acteur de taille dans les événements qui ont marqué le pays dans la deuxième
moitié du 19ème siècle et le début du 20ème, Cheikh Salem a nourri au fil de
ses déplacements et ses visites à l'étranger aussi bien en Orient qu'en Europe
(Italie) ses idées novatrices qu'il a ensuite transmises à ses compatriotes
notamment en exerçant ses fonctions d'enseignant, d'orateur, de poète, de
Fakih...
Ses idées réformistes, celles qui plaident notamment pour une modernisation de
la pensée religieuse ont suscité un vif intérêt auprès des penseurs et des
historiens partisans d'une pensée moderniste.
(Source : « Le Temps » du 26 janvier 2006)
Figure illustre de la Tunisie moderne
Alia Babou, Pionnière du journalisme
radiophonique
Par Lilia Labidi
Alia Babou, figure illustre de la Tunisie moderne, est morte à 83 ans au
moment où nous célébrons le 50 ème anniversaire du Code de Statut Personnel.
Elle laisse un livre de la plus haute importance pour l'histoire sociale et
l'anthropologie (linguistique, philosophie, psychologie (elle écrit qu'elle
prend conscience de son Moi dès l'âge de 12 ans)) comme pour le mouvement des
femmes tant celui-ci est riche par les faits biographiques et historiques.
Parallèlement à l'éducation qu'elle avait reçue à l'école, il y avait eu
aussi celle acquise à Dar Maalama et lors des soirées familiales auprès de ses
parents. Avec son père, camarade de classe de H. Bourguiba, elle découvre
l'importance du journalisme écrit et radiophonique ainsi que l'avantage de
pratiquer une lecture comparative pour une information de qualité comme elle
avait appris auprès de son oncle Abdessalem, qui avait beaucoup compté pour
elle, l'importance des sciences et de la rationalité. De cette formation, elle
découvrira l'urgence de se battre contre le colonialisme et s'engage pour la
cause des femmes.
Son livre Itinéraire (Apollonia) Prix Didon d'Or 2002, a un style qui est
très proche de L'amour, la fantasia d'Assia Djebbar (JCLattès, 1985). Si
celui-ci est écrit en français, c'est parce que, comme pour beaucoup de femmes
de ces générations, la langue française est dit-elle, "la seule que je
connaisse à fond. Je fus de ceux et celles qui apprirent en premier lieu, à
l'école, qu'autrefois, notre pays s'appelait la Gaule et ses habitants les
gaulois..... L'on évoluait d'emblée dans un monde qui n'était pas le nôtre et
qui tendait petit à petit à nous faire oublier que nous étions des Tunisiens,
des arabes et des musulmans". (p. 10)
Ce livre témoigne aussi de sa psychologie. Tient-elle son désir pour les
voyages de son grand-père paternel? Elle visitera plus de 70 pays, contribuant
à la consacrer membre du Club des plus grands voyageurs animé par Trimèche et
dont elle rendra compte dans son livre. Celui-ci a plusieurs qualité et fait
penser à plusieurs endroits au programme qu'Al-Jazira consacre au journaliste
Egyptien, H. Heikel et à ce que Raouf H. Hamza appelle histoire citoyenne.
Autobiographique autant que chronique de la Tunisie moderne, celui-ci rend
compte de sa connaissance de la généalogie. Elle explore la lignée familiale
qui remonte à plusieurs générations - là où traditionnellement les historiens
ne mentionnent que les lignées masculines (Voir l'arbre généalogique établi
par Ali Chabbi qui retrace la lignée du poète Aboulkacem Chabbi en la faisant
remonter au XIV ème sicèle) et renouvelle cette tradition en y introduisant
les femmes sans distinction de classe -, comme il rend compte de l'histoire
des croisades et des guerres géopolitiques.
Son récit est aussi le parcours de la famille tunisienne moderne où les
femmes vont occuper de plus en plus au sein de la famille un rôle important
dans la gestion des budgets (elle était le comptable de sa mère dès l'âge de
huit ans), les choix en matière d'éducation des enfants, etc., sans pour
autant être coupée de la famille élargie ou de l'honneur fait à la solidarité.
Consciente du travail destructeur entrepris par l'oeuvre coloniale en matière
de déracinement culturel, guerre économique, discrimination entre tunisiens et
ouvriers français et européens en matière salariale, naturalisation, sur les
sujets victimes des traumatismes de guerre, etc., elle refuse de poursuivre
une scolarité dans un lycée où elle est traitée de "Sale arabe." D'ailleurs,
cette qualité, elle ne la perdra pas. Plus tard, même sous la Tunisie
indépendante, au ressentiment de ses concurrents face à ses succès, et sans
personne pour sauvegarder l'éthique, s'appuyant sur sa conception de
l'histoire de sa familiale où dit-elle, les Babou ont une paralysie à la nuque,
nous ne pouvons pas courber l'échine même si son père avait tenté de la
raisonner en lui enseignant que l'on ne pouvait braver un vent debout, elle
préfère quitter plutôt que de se laisser abattre et maintient qu'elle ne peut
rester là où sa dignité est bafouée. Ici, les voyages, via la lecture ou ses
déplacements au Djerid tunisien comme à travers le monde, prennent alors une
signification plus grande, celle d'une "rihla" ou voyage initiatique dans
l'espace/l'inconscient lui procure à chacun de ses déplacements, une plus
grande connaissance d'elle-même et d'autrui.
Enfin, sa participation au mouvement des femmes à partir de 1950, comprend
aussi plusieurs chapitres. Elle participera aux diverses manifestations, à la
grève de la faim à laquelle plusieurs dizaines de femmes avaient pris part à
la mosquée Zeitouna, aux multiples réunions de femmes comme elle a contribué à
cette geste par sa création artistique (poésie, chant, théâtre, etc.).
Généreuse d'esprit, elle évoque dans son itinéraire beaucoup de noms de femmes
qui ont pris part au mouvement et qui ont marqué sa personnalité. Habiba
Menchari; Zakia Fourati et sa soeur dites les filles Mahjoub; Chedlia
Bouzgarou; Sayda Sassi; Tawhida Ben Cheikh; Wassila Ben Ammar; Frida Agrebi;
Zbeida Beda; Khédija Rabeh, Oum Saad, Cherifa Faïch et Fatma Zaara Ben Hadj;
Khedija Tabbel; Essia Ghalleb; La Baya et les princesses Zakia et Aicha;
Mabrouka Ben Amor, Esma Belkhodja; Rafia Bornaz; Mme Hached; Halima Ben Amor;
Bchira Ben M'Rad; Mathilde Bourguiba; Zohra et Khalda, cousines de Chadlia
Bouzgarou; Habiba Zaouche; Fathia Mzali; Neïla Ben Ammar; Aicha Bellagha,
Badra Ben Moustapha, Nebiha Ben Miled et Mme Ben Jaballah sans oublier
d'évoquer les actions des héroïnes anonymes. Elle laisse aux historiennes et
historiens de comprendre pourquoi elle a préféré taire certains noms.
Outre ses émissions radiophoniques, elle lègue une série documentaire d'une
grande importance réalisée en 1996 avec la cinéaste Selma Baccar et
l'historien Farhat Dachraoui sur les figures féminines du monde islamique.
J'espère que nous saurons sauvegarder cet héritage et que nous saurons
témoigner de son humanisme aux futures générations.
(Source : « Le Temps » du 26 janvier 2006)
Un homme de chez nous appelé Mohamed Tounsi
(Tunis 1789 - Le Caire 1839)
Un homme exceptionnel au service de sa
patrie
Par Mahmoud BOUALI
Précurseur, prédécesseur, initiateur de Nachtigal(1), Barth et Fulgence
Freynel, au Bornou, au Baghirmi, au Kanem, au Ouardaï, au Darfour, comme aussi
de Bolognesi, Summer W. Baker-White, Speke, Stanley et Livingstone, aux
sources du Nil…
Né le 28 juin 1789, à Tunis, dans la maison de ses parents, Rue du Pacha,
ayant vécu, durant sa prime enfance, bien des moments agréables sous les
frondaisons du jardin ancestral d’El Aouina, tout près de Sidi Bou Saïd, de La
Marsa et de Carthage, Mohamed Tounsi vit donc le jour et grandit sous le règne
de Hammouda Pacha, ce souverain husseïnite, qui, dès son avènement et même
durant ses fonctions et ses responsabilités d’héritier présomptif (1777-1782)
prit conscience progressivement de la situation privilégiée, heureuse, propice
de notre pays entre l’Orient et l’Occident comme aussi de sa vocation multiple
— islamique, arabe, maghrébine, africaine, internationale ! — caractérisée par
l’esprit de tolérance, les sentiments d’amitié et même les élans de fraternité,
summum de la philanthropie!, à l’échelle planétaire.
Un homme de bonne volonté
Nous ne saurions trop le répéter : les hommes de bonne volonté, issus de notre
terroir, aux actions anonymes et salutaires, obscures et pures, méconnues des
contemporains, des compatriotes mêmes !, ignorés de la postérité… à évoquer à
ce propos, pourraient remplir des volumes !
Ce propos de Mohamed Tounsi, la chance, avouons-le, comme souvenir auparavant,
nous a mis sur «la trace de leurs vertus» et notre premier mouvement est animé,
dominé par de la gratitude pour ceux qui nous ont mis sur la voie à suivre
pour retrouver leurs exaltants souvenirs.
Cette fois donc, c’est vers deux savants français du milieu du XIXe siècle que
nous nous tournons : le Pr Jomard qui a présenté l’ouvrage de notre héros et
surtout le Dr Perron qui a été à l’origine de sa composition, de sa rédaction
et de sa traduction française.
Grâce à eux, il est possible aux générations montantes de faire la
connaissance de cet homme bien de chez nous qui fut à la fois explorateur,
administrateur, ethnographe, philologue et un «lien», oui surtout un lien
frémissant de sympathie et même d’affection que l’on se doit de mettre en
évidence entre la Tunisie et les pays frères du Maghreb, de l’Afrique
orientale, des sources du Nil à son delta égyptien.
Un homme de science d’une précocité exceptionnelle
A peine âgé de quatorze ans, ce Tunisois avait déjà connu son pays natal du
nord au sud, la Libye, l’Egypte et, presque sans délai, prit le risque de
traverser les déserts torrides, pour aller retrouver son père au Soudan. Il
parcourut, alors, de vastes étendues hostiles en compagnie de la caravane
périodique soudanaise avant de parvenir au Darfour et, enfin, au Ouadaï , où
vivait son père Omar Tounsi.
Après avoir exploré, dix ans durant, ces régions du Soudan que le monde
scientifique, alors, ne connaissait que très vaguement, Mohamed Tounsi, déjà
âgé de vingt-cinq ans, jouissant d’une jeunesse immensément enrichie
d’expériences soudanaises, revint au pays natal où régnait encore le fameux
Hammouda Pacha.
Il ne resta pas longtemps dans nos murs. Car bientôt repris irrésistiblement
par sa vocation scientifique interafricaine, il reprit le chemin du Caire.
Quelques mois à peine, après son arrivée, déjà célèbre dans les milieux
savants de l’Orient, il fut désigné par Mohammed Aly, le vice-roi d’Egypte,
pour faire partie de l’expédition de Morée en qualité de Ouahedh, en quelque
sorte aux fonctions d’aumômier de l’armée.
A l’Ecole de médecine d’Abou Zaâbal en tant qu’administrateur
A son retour en Egypte en 1832, il fut nommé réviseur et correcteur à l’Ecole
de médecine d’Abou Zaâbal, c’est-à-dire surveillant général de cette
institution scientifique. «Son érudition, sa franchise et son intelligence»
lui acquièrent là, une excellente réputation et, très rapidement, il fut
promu réviseur-en-chef de cette Ecole de médecine égyptienne, en quelque sorte
doyen.
Dans ces fonctions, il s’est attaché à la publication, sous le meilleur jour,
de nombreux livres scientifiques traduits en arabe et des langues de l’Europe.
Animateur de l’édition d’œuvres scientifiques arabes et traduites en arabe
C’est à lui, en particulier, que l’on doit le contrôle de l’édition cairote du
Qamous, le célèbre dictionnaire arabe de Firouzabadi. Et c’est à cette époque
que notre compatriote compose son magnifique ouvrage consacré au Darfour et au
Ouadaï complété par de très nombreuses et fort édifiantes réminiscences
personnelles(2).
Et Mohamed Tounsi, cet homme d’action, doublé d’homme de réflexion finit ainsi
sa vie, concentrant toute son attention, son érudition et sa sagacité au
service de la pureté et de la gloire de «la langue divine», employée avant
tout, pour le développement de la science et la consolidation des liens
d’amitié, de fraternité, de commerce traditionnels et millénaires de la
Tunisie avec tous les pays frères, tous les pays amis… pour le bien commun.
M.B.
––––––––––––––––––
Notes et références
1) Il revient à Tunis en 1882, non pas sous le nom
d’emprunt tunisien propice qui lui ouvrit tant de portes — et de cœurs ! —
tout au long de sa randonnée africaine (1868-1873), «Driss El Qaroui» — mais
conformément au libellé de sa «commission consulaire» — Dr Gustave Nachtigal,
consul général de l’Empire d’Allemagne accrédité à Tunis».
En effet, la boucle achevée : Tunis-Soudan, le Caire, il était retourné à
Berlin et, là, il s’est activé avec persévérance pour réaliser deux projets
qui lui tenaient à cœur.
D’abord, il s’agissait pour lui d’affirmer sa présence parmi l’élite
scientifique spécialisée dans les questions africaines. Il publiait notamment
«Voyage du Bornou au Baghirmi», aussitôt traduit de l’allemand au français par
Jules Gourdault et paru dans Le Tour du monde en 1880 (2e semestre) et surtout
«Sahara et Soudan» traduit, sans délai par J. Gourdault et édité chez Hachette
deux années plus tard.
Cela réalisé, il fit (comme le Français Devoize au temps de Hammouda Pacha et
l’Américain John Howard Payne sous le règne d’Ahmed Pacha Bey), tout pour
revenir à Tunis !!!
Et il revint dans nos murs en cette année 1882, hélas juste au moment où
s’étendait sur le pays la nuit coloniale.
2) Le livre de Mohamed Tounsi publié sous l’égide de la Société asiatique de
Paris, grâce au Dr Perron a pour titre, rappelons-le. «L’aiguisement de
l’esprit voyage au Soudan et parmi les Arabes du Centre de l’Afrique», publié
en 1842 à la librairie de l’Institut et de la Bibliothèque royale, et «au
Caire chez le traducteur, trois ans après la mort de Mohamed Tounsi.
(Source : La Presse du 25 Janvier 2006)
La
corruption et le processus de paix moribond ont eu raison du Fatah
Par Hisham ABDALLAH
AFP, le 26.01.2006 à 12h01
RAMALLAH (Cisjordanie), 26 jan 2006 (AFP) - Le Fatah de Mahmoud Abbas, qui a
perdu les élections législatives de mercredi face aux islamistes du Hamas,
paie le prix de dix années de pouvoir qui ont laissé un goût amer à la
population palestinienne.
Avant même la fin du décompte des voix, le Premier ministre palestinien Ahmad
Qoreï a annoncé sa démission, acceptée par le dirigeant Mahmoud Abbas, et
affirmé que le Hamas devrait former le prochain gouvernement.
"Il faut respecter le choix du peuple et le parti qui a obtenu la majorité
(aux élections législatives) doit former le gouvernement", a déclaré M. Qoreï,
un des dirigeants du Fatah, à des journalistes.
Le mouvement Fatah a été fondé il y a plus de 40 ans par le défunt leader
historique des Palestiniens Yasser Arafat, et était devenu la force dominante
de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).
Lors des législatives de 1996, les premières jamais organisées dans les
territoires palestiniens, le Hamas avait boycotté le scrutin pour protester
contre les accords d'Oslo (1993) sur l'autonomie palestinienne qui ont mis en
place le Conseil législatif (CLP - Parlement).
Le Fatah avait alors remporté la majorité absolue des sièges au Parlement.
L'euphorie a vite laissé la place à la désillusion alors que le processus de
paix s'enlisait avant que la deuxième Intifada n'éclate en septembre 2000.
Selon des analystes, la déroute du Fatah aux législatives est due à son
impuissance à assurer la paix et la sécurité aux Palestiniens et à la
corruption généralisée au moment où la pauvreté et le chômage explosent.
"Les électeurs ont choisi de punir l'Autorité palestinienne telle que
représentée par le Fatah pour sa mauvaise gestion durant la décennie écoulée",
affirme Nachat al-Aqtach de l'université de Bir Zeit, en Cisjordanie.
"Ajoutez à cela qu'aucune solution politique n'est en vue à l'horizon et que
l'occupation perdure", ajoute le politologue.
M. Abbas a admis récemment que le Fatah faisait face à des problèmes, qu'il
devait en trouver les causes et rectifier ses "erreurs".
Le Fatah a également souffert d'un trop plein d'assurance, qui a conduit la
vieille et la jeune garde du mouvement à présenter deux listes de candidats à
la commission électorale centrale. Même si les deux bords ont fini par
présenter une liste unifiée, le mal était déjà fait.
"Les luttes au sein du Fatah et les divisions dont nous avons été témoins
sont la cause principale de la défaite du Fatah", admet un responsable de ce
mouvement Adnane Damiri, qui n'a pas réussi à remporter un siège à Tulkarem,
dans le nord de la Cisjordanie.
Le Hamas, qui participait pour la première fois aux élections législatives, a
été capable de présenter un front uni et imposé une discipline rigoureuse à
ses candidats du début de la campagne jusqu'au scrutin.
Par ailleurs, le désir d'Arafat de contrôler le gouvernement et le Fatah
était légendaire. Depuis sa mort en novembre 2004, aucun dirigeant réel du
Fatah n'a émergé.
Le chef du mouvement est officiellement Farouk Kaddoumi, un radical qui vit
toujours en exil à Tunis, alors que M. Abbas préside les réunions du Comité
central du Fatah dans les territoires.
Mais le responsable le plus populaire du mouvement n'est autre que Marwan
Barghouthi, emprisonné à vie en Israël accusé d'implication dans de
nombreuses attaques meurtrières.
"Nous devons prendre en considération les problèmes auxquels fait face le
Fatah depuis la mort d'Arafat. Le parti n'a pas trouvé un leader fort",
estime l'analyste politique Mamdouh Nawfal.
Selon lui, la défaite du Fatah est avant tout liée au statu quo au niveau du
processus de paix. "C'est la conséquence de l'échec du processus de paix et
de l'escalade israélienne".
Le Premier ministre israélien Ariel Sharon et M. Abbas ont lancé il y a près
de trois ans la Feuille de route. Ce plan de paix international prévoyait
l'établissement d'un Etat palestinien fin 2005, un but qui parait de plus en
plus lointain.
AFP
Caricatures de Mahomet: les diplomates
norvégiens conviés au profil bas
AFP, le 26.01.2006 à 15h26
OSLO, 26 jan 2006 (AFP) - La Norvège a appelé ses diplomates en
poste dans les pays musulmans à exprimer leurs regrets après la publication
de caricatures de Mahomet, interdites par l'Islam, dans un magazine norvégien,
a indiqué jeudi le ministère des Affaires étrangères.
Reprenant une initiative du quotidien danois Jyllands-Posten, le
magazine chrétien Magazinet avait, au nom de "la liberté d'_expression",
publié il y a deux semaines 12 dessins satiriques du Mahomet", dont l'un
représentant le prophète avec un turban en forme de bombe avec une mèche
allumée.
"La parution des dessins a provoqué de vives réactions dans des
pays comme l'Arabie saoudite ou l'Iran", a déclaré à l'AFP Anne Lene Dale
Sandsten, la porte-parole du ministère. "Nous comprenons qu'elle ait pu
heurter les sensibilités", a-t-elle dit.
Mme Dale Sandsten a envoyé un argumentaire invitant les
représentations diplomatiques de la Norvège au Moyen-Orient à exprimer leurs
"regrets" afin de désamorcer les critiques.
Le journal Aftenposten en a publié jeudi une ébauche:
"Je comprends que (les dessins) puissent être considérés comme
insultants pour les musulmans", peut-on y lire.
"Les caricatures parues dans le magazine chrétien Magazinet ne
sont pas constructives pour l'édification nécessaire d'un pont entre les
personnes de religions et d'origines ethniques différentes. Elles contribuent
plutôt à la méfiance et à un conflit superflu", précise le texte.
Le texte précise aussi l'importance que la Norvège attache à la
liberté d'_expression.
Les responsables de Magazinet et de Jyllands-Posten ainsi que les
caricaturistes ont reçu des menaces de mort suite à la publication des
dessins.
L'Organisation de la conférence islamique (OCI), le parlement
jordanien et des oulémas en Egypte comptent parmi les nombreux musulmans qui
ont protesté contre l'initiative des publications scandinaves.
AFP
La Malaisie
prône la création d'un marché commun islamique
AFP, le 26.01.2006 à 16h30
LONDRES, 26 jan 2006 (AFP) - Le vice-ministre malaisien des
Finances, Tan Sri Nor Mohamed Yackop, a appelé à la création d'un "marché
commun islamique", jeudi à l'occasion du trentième anniversaire de la Banque
islamique de développement, fêté dans un grand hôtel londonien.
"On peut expliquer, pour une bonne partie, le manque d'unité des
communautés musulmanes par le fait que nous avons arrêté de faire du commerce
entre nous comme nous en faisions à l'apogée de la civilisation musulmane", a
déclaré le ministre dans un discours.
Il a déploré que le commerce entre les pays membres de
l'Organisation de la conférence islamique (OCI) ne représente que 12% du
total des échanges de ces pays.
"Pour encourager le commerce, les pays musulmans devraient
promouvoir l'intégration de leurs marchés et réduire les tarifs et barrières
douanières, encourager les accords de libre-échange entre les pays membres de
l'OCI, pour progresser vers un marché commun islamique", a recommandé le
vice-ministre.
Les banques de chaque pays devraient également accorder des
facilités de crédit aux membres de l'OCI, a-t-il estimé.
"L'autosuffisance et le développement autonome ne sont pas
impossibles", a-t-il souligné, assurant qu'il n'y avait pas d'obstacle
politique à l'instauration d'un tel marché commun.
AFP
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