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TUNISNEWS
8 ème année, N° 2989 du 29.07.2008
 archives : www.tunisnews.net  

Le droit au retour des exilés politiques tunisiens est un droit garanti  par la Constitution, sa reconquête est un devoir - Pétition
Vérité-Action et AISPP: Campagne pour sauver la  vie des prisonniers des deux décennies  
Appel - Pour la défense du statut progressiste des Tunisiennes
CNLT: Vague d’arrestations dans les rangs des défenseurs
Parti socialiste français: Tunisie / Arrestation d’une militante des Droits de l’Homme / Communiqué
AFP: Tunisie: arrestation d'une opposante après une manifestation à Redeyef
ELMAOUKEF: Lettre d’Adnane Hajji depuis sa prison de Kasserine
HANI Abdel Wahab: Securvol déconseille fortement Kartago Airlines
Sami Ben Abdallah: Pour avoir refusé de serrer la main du Ministre des sports - Tarak Dhiab démis de ses fonctions
Attarik Al Jedid: L’affaire Tarak Dhiab : Entre protocole, black-out médiatique et Internet
Tunisie-Foot: M.Slama critique le silence de la presse dans "l'affaire Tarak Dhiab"
Africa Manager: Stial de Hamdi Meddeb sous le coup d’un contrôle fiscal approfondi

 

« Il est interdit d’éloigner le citoyen du territoire national ou   l’empêcher d’y retourner »

                                                                     Article 11 de la Constitution tunisienne

 

Le droit au retour des exilés politiques tunisiens est un droit garanti  par la Constitution, sa reconquête est un devoir

 

De même que les chroniques de la lutte pour l’émancipation du joug colonial ont consignée dans leurs pages la relégation hors du territoire national de nombreux leaders du mouvement de libération, l’histoire politique contemporaine de notre pays retiendra à coup sûr le chapitre de l’exil et de la dispersion des milliers des tunisiens aux quatre coins du monde, comme l’une des épreuves les plus douloureuses de l’ère post coloniale.

En effet, l’injustice de l’exil ne se réduit pas tant à un vague sentiment de nostalgie envers la mère patrie, qu’à la conscience aigu que la catastrophe du despotisme qui frappe la Tunisie n’est pas près de toucher à sa fin.

L’ampleur considérable de la tragédie des détenus politiques et ses retentissements moraux a contribué a unir autour d’elle l’ensemble des forces politiques à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, en tant que priorité absolue. L’unanimité qui s’est faite sur cette question a grandement joué dans le déclenchement d’un processus dense et constant d’activité de terrain, qui a donné lieu à quelques séquences de lutte parmi les plus lumineuses du combat démocratique, mais aussi à l’émergence d’un réseau associatif complexe et multiforme, aux rôles et aux implantations multiples, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de notre pays. Par sa diversité, par sa vitalité et par son efficience, ce réseau a réussit à attirer la sympathie et l’appui de l’opinion publique internationale sur le mot d’ordre de l’élargissement de détenus d’opinion en Tunisie.

Au cours des dernières années, les forces d’opposition démocratiques ont fait le choix en toute conscience, en toute responsabilité et avec beaucoup de lucidité politique, de taire la blessure béante de l’exil, pour ne se concentrer que sur la seule tragédie des détenus. Il est inutile de rappeler ici que l’exil a joué durant cette période un rôle déterminant pour faire connaître les souffrances des détenus par la forte mobilisation qu’il a suscité en leur faveur, en complémentarité totale qui plus est avec les efforts consentis à l’intérieur du pays.

Le combat visant à vider les prisons de leur prisonniers d’opinion, de les réhabiliter et de leur accorder des réparations morales et financières est et restera toujours en haut de l’échelle des priorités de l’agenda des revendications politiques et humanitaires, et nous saisissons cette opportunité pour réaffirmer notre engagement en tant qu’exilés à poursuivre notre contribution active et directe pour mener cette noble mission à son terme.

Les forces démocratiques ont acquis grâce à leur expérience sur le terrain politique et humanitaire, notamment grâce à la défense du dossier de détenus politiques, des riches traditions de lutte. Elles ont  accumulé en outre un savoir-faire en promotionnant le pluralisme et en encourageant en leur sein la permutation des rôles entre les différents acteurs. Nous sommes convaincus plus qu’à aucun autre moment que cette inappréciable expérience peut donner corps aujourd’hui à des nouveaux achèvements qui s’ajouteront au crédit de nos conquêtes démocratiques, pour peu que ces forces décideraient de prendre à bras le corps le dossier des exilés et aider à satisfaire à leur revendication d’un retour dans l’honneur et dans la dignité à la mère patrie. Ceci est d’autant plus vrai que les rares solutions individuelles connues jusqu’à présent étaient soit sélectives, soit assorties de conditions, et n’ayant en tous cas abouti qu’exceptionnellement à des issues ménagées par les méthodes de chantage ou de marchandage. 

Considérant ce qui précède, les signataires du présent document/appel estiment que le temps est venu pour impulser un élan collectif, unitaire, responsable et sérieux pour poser sur la table la question des exilés politiques tunisiens, dispersées depuis plus de deux décennies dans des dizaines des pays à travers les cinq continents, sur la base et dans le cadre des revendications de principe suivantes :

1-                   Droit au retour à tous sans exception, car la politique de compte –goutte, de l’ignorance feinte, du chantage et de l’humiliation que le régime n’a cessé de pratiquer chaque fois qu’il s’agit de traiter du dossier des détenus, et depuis deux ans celui des exilés, est une politique rejetée en bloc tant du point de vue du principe que celui de la démarche.

2-                   Un retour dans des conditions sûres, garantissant le droit à la libre circulation, à la résidence de son choix, sans poursuite judiciaire ni policières aucune, d’autant qu’il ya prescription sur les condamnations dont la majorité des exilés avaient fait l’objet.

3-                   Un retour dans la dignité et dans l’honneur, permettant aux citoyens d’exercer leurs droits civiques, de vivre selon leurs convictions et de jouir de la liberté de poursuivre avec tous les moyens légaux garantis par la Constitution, leur activité pacifique en vue de réaliser ce qu’ils considèrent comme utile à l’intérêt général.

4-                   Ce retour sur la base et dans le cadre des revendications de principe susmentionnées ne peut se matérialiser qu’au travers d’un processus de lutte revendicative et progressive qui choisira ses outils militants parmi ceux qui sont possibles et en usage sur la scène démocratique, en vue d’atteindre les objectifs escomptés et satisfaire aux revendications avancées.

 

C’est en se fondant sur cette plate forme revendicative qu’un groupe de militants en exil à prit l’initiative de se réunir et de se concerter pour trouver les meilleurs moyens et dégager la voie à un travail organisé et systématique pour faire de l’idée « de retour à la mère patrie dans la dignité et dans la sécurité », une réalité tangible.

Il a été décidé ce qui suit :

Premièrement : La  mise sur pied d’une «Coordination » provisoire qui aura pour mission de mener des campagnes de sensibilisation auprès de l’opinion en exil sur le dossier du retour des exilés et sur la nécessité d’adhérer au combat de la reconquête du droit au retour. La dite Coordination œuvrera pour le rassemblement de toutes les victimes du drame de l’exil qui le souhaitent, pour faire connaître leur cause et faire aboutir leurs revendications.

Deuxièmement :  La Coordination aura également pour tâche d’établir des contacts avec le plus grand nombre des militants en vue de la tenue d’un « Congrès constitutif » qui mettra sur pied une organisation qui portera haut le mot d’ordre du droit au retour de tous les exilés et de tous les réfugiés à l’étranger, dans les meilleurs délais.

Troisièmement : la « Coordination » œuvrera au rassemblement de tous les acteurs de la société civile, individus ou/et organisations non gouvernementales derrière la revendication du droit au retour en tant que priorité de notre combat démocratique à l’étape actuelle, à mettre à contribution le réseau de relations tissé par le mouvement démocratique et les organisations des droits humains tunisiens avec les sociétés civiles à travers le monde en vue de les sensibiliser sur le drame de l’exil. Cette Coordination collaborera avec celles-ci dans le cadre de la solidarité humaine et internationale pour l’inciter à plaider en faveur de la justesse de notre cause.

Le calvaire de l’exil n’a que trop duré. Et il devient impératif d’engager un travail en commun, qui doit être non seulement efficace mais aussi systématique pour exercer notre droit légitime et constitutionnel au retour à la mère patrie et dans nos foyers, un retour qui se fera dans l’honneur, sans compromission ; un retour qui sera à la hauteur de l’honneur de notre cause ; un retour responsable, à la hauteur de l’ampleur de nos sacrifices pour la liberté, la dignité et l’honneur national de notre peuple.

 

Rédigé en exil ce 25 juillet 2008

 

Liste des premiers signataires par ordre alphabétique

 

Nom et Prénom

Pays de résidence

Année de sortie

 

 

 

Abdelaziz Chammam

France

1991

Abdelaziz Ejlassi

Canada

1990

Abdelouhab Erriahi

France

1991

Abderrahmane Elhamdi

Suisse

 

Abderraouf Elmejri

France

1991

Abdesslem Bouchaddekh

France

1978

Abdou Elmaalaoui

Canada

 

Abelkader Lounissi

France

1991

Adel Elhamzaoui

France

1991

Afifa Makhlouf

France

1990

Ahmed  Eleuch

France

1990

Ahmed Elamri

France

1991

Ahmed Gaaloul

U.K.

1990

Ahmed znad

suisse

1989

Aïcha Edhaouadi

France

1991

Alaa Ben Salem

France

1991

Ali Arfa

U.K.

1990

Ali Ennajar

France

 

Ali Said

Norvège

 

Anouar  Elgharbi                      

Suisse

1991

Bilel Ben Salem

France

1991

ELayadi Laamari

Australie

1991

Elgnaoui Laamari

France

 

Elhabib elaouili

CHINE

2003

Elkadri Zarougui

Allemagne

1990

Elmatri Aboud

Norvège

1991

Elmoncef Laamari

Suisse

 

ELmondher Ammar

Allemagne

1990

Essadek arouba

France

1991

Ettaher Boubahri

France

1991

Ettaher Bousaffa

France                                 

1993

Ettaher Laabidi

France

1992

Ezeddine Chammam

France

1991

Fethi Elfarkh

France

1989

Fethi Ennaiss

Katar

1992

Ghofrane Ben Salem

France

1991

Habib Elmarzougui

Canada

1991

Habib Laamari

Allemagne

1991

Houssine Eljaziri

France

1991

Ibrahim Essouisi

Canada

 

Imed Eddaimi

France

1991

Jalel Elouirghi

U.K.

1991

Khaireddine Khachlouf

Suède

1991

Khaled Eljemii

Norvège

1991

Khmaïes guecha

Pays-Bas

1992

Lakhdhar Elouislati

France

 

Lazhar ettoumi

France

1991

Lotfi Zitoun

U.K.

1991

Mohamed Ben Salem

France

1991

Mohamed Elkefi

France

1991

Mohamed Zrigue

Canada

1991

Mohammed Ali Elbedoui

Suisse

 

Mohammed Elhedi Echatti

Autriche

1992

Mohammed Tennich

Allemagne

1990

Mohammed trabelsi

France

1991

Mohsen Eddibi

France

1990

Mohsen Eljandoubi

Allemagne

1991

Mohsen Ibrahimi

U.k

 

Monjia Ben Omar