|
 |
| |
Taoufik Ben Brik pourrait cesser sa grève de la faim dans les prochains jours
Le journaliste tunisien devrait se rendre, jeudi, en Algérie Taoufik Ben Brik devrait quitter Paris, jeudi 11 mai, pour Alger, où il restera quelques jours, « le temps de saluer [ses] amis »,avant de retourner en Tunisie. Hospitalisé à la Pitié-Salpétrière, à Paris, le journaliste, qui observe une grève de la faim depuis le 3 avril, n'exclut pas de cesser son mouvement en Algérie.
|
|
| |
Mis à jour le mardi 9 mai 2000
LA COUVERTURE du magazine qui traîne sur le sol a quelque chose d'incongru et d'ironique dans cette chambre d'hôpital occupée par un gréviste de la faim : elle met en garde contre les dangers d'une alimentation trop riche en cholestérol. Ce n'est pas le seul journal dans la petite pièce de Taoufik Ben Brik, qui a des allures de kiosque. S'y côtoient les titres de la presse française et étrangère qui ont parlé du combat du journaliste contre le régime du président Ben Ali. A proximité, une cassette de La Callas et une pile de fax envoyés par des amis, connus ou inconnus, des organisations de défense des droits de l'homme, des opposants politiques. Et quelques livres, dont un roman de l'écrivain espagnol Paco Ignacio Taibo II où il est question du journalisme, « la dernière tranchée des hommes libres contre la merde du système ».
La fenêtre de sa chambre, largement ouverte sur un carré de verdure de la Pitié-Salpétrière, Taoufik Ben Brik n'a guère le temps de lire, ce lundi 8 mai. Les visites, interrompues par d'interminables coups de fils, se succèdent à un rythme élevé : une télévision arabe, le responsable de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), un patron de presse algérien... Auparavant, Marie-Claire Mendès-France et Danielle Mitterrand sont passées apporter leur soutien au journaliste, en grève de la faim depuis le 3 avril. Plusieurs éditeurs parisiens ont fait le déplacement, une proposition de contrat à la main. Lui n'en a cure. Flottant dans un jean devenu trop large, les traits creusés par les semaines de jeûne, fumant cigarette sur cigarette, il prépare son départ pour Alger, jeudi 11 mai.
UNE RAISON IMPÉRIEUSE
« Je tiens à aller saluer mes amis algériens, explique-t-il de sa voix rocailleuse, en particulier les journalistes qui m'ont soutenu depuis le début ». Mais Taoufik Ben Brik, qui se définit comme un « bandit d'honneur », l'homme qui, armé de sa seule plume, a réussi à faire plier le président Ben Ali, a une autre raison, plus impérieuse celle-là, d'aller à Alger. C'est le besoin d'aller se recueillir dans la Casbah, le quartier populaire de la capitale algérienne, à l'endroit où, en 1957, est tombé Ali La Pointe, ce truand à demi-proxénète qui, en pleine bataille d'Alger, s'était mis au service de la « révolution » avant de tomber sous les balles des parachutistes du colonel Marcel Bigeard. « Si je dois arrêter ma grève de la faim, c'est là que je le ferai », lâche-t-il.
Ses amis l'y exhortent. Lundi, plusieurs d'entre eux, dont le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), Robert Ménard, lui ont remis une lettre-pétition lui demandant de cesser son mouvement maintenant qu'il a obtenu gain de cause : il a un passeport, peut se déplacer à l'intérieur de la Tunisie comme à l'extérieur. Et, surtout, il a mis à mal l'image de marque du régime tunisien. Son escapade algérienne ne durera que quelques jours : « Je ne suis pas candidat à l'exil. Je n'ai jamais pu rester plus de quinze jours hors de mon pays. Ce n'est pas maintenant que je vais commencer », conclut-il.
Jean-Pierre Tuquoi
Le Monde daté du mercredi 10 mai 2000
|
|

|
|
Reporters Sans Frontières sur l'affaire Ben Brik «Il faut savoir arrêter une grève de la faim»
Recueilli par J.G.
Le mardi 9 mai 2000 |

«Je suis persuadé qu'il comprendra vite qu'il doit éviter de transformer son combat en un cirque médiatique.» Robert Ménard
| |
ecrétaire général de Reporters sans frontières, Robert Ménard a ramené Taoufik Ben Brik de Tunisie pour le faire hospitaliser en France. Quatre jours après l'arrivée du journaliste tunisien à Paris, Robert Ménard fait le point.
Pourquoi Reporters sans frontières a-t-elle été si active dans cette affaire?
Il allait de soi pour une organisation comme la nôtre de défendre un journaliste que la police harcelait depuis deux ans, à l'instar d'ailleurs de beaucoup d'autres militants des droits de l'homme, qui ne pouvait plus exercer sa profession et qui est, en outre, notre correspondant en Tunisie. Avant de commencer son action, il nous a demandé s'il pouvait compter sur notre soutien. C'était évident. C'était aussi l'occasion d'évoquer la situation ubuesque de la presse en Tunisie.
Comment s'est décidé son départ de Tunisie?
Il avait accepté d'être hospitalisé dans son pays à la demande de ses médecins. Une présence policière très «agressive» dans l'hôpital, puis dans la clinique où il a déménagé, a rendu cela impossible. Le 3 mai, je lui ai donc proposé d'être hospitalisé à Paris. Il était d'accord, à condition que j'aille le chercher. Le 4, j'ai pris l'avion pour Tunis après avoir prévenu les autorités françaises pour pouvoir le ramener sans encombre et éviter que se reproduisent les incidents qui avaient eu lieu le 26 avril à Tunis, quand des policiers en civil ont agressé, devant le domicile de Taoufik, la délégation de journalistes français qui m'accompagnait pour lui rendre visite. Je dois préciser que l'ensemble des frais de voyage puis d'hospitalisation à Paris a été pris en charge par RSF et non pas, comme on l'a dit à Tunis, par le gouvernement français.
Le président tunisien n'était sans doute pas mécontent de se débarrasser d'une affaire encombrante...
Dans mon esprit comme dans celui de Ben Brik, sa présence en France n'était que provisoire. Il s'agissait de le faire hospitaliser. Il voulait aussi rencontrer un responsable français pour lui parler de la situation dramatique de la presse dans son pays et de la réalité qu'y vivent les militants des droits de l'homme. Une réalité que Paris a fait semblant d'ignorer jusqu'à ces dernières semaines.
L'attitude de Ben Brik, vilipendant Chirac tout en lui demandant d'intervenir en sa faveur, n'est-elle pas incohérente?
Si les droits de l'homme sont bafoués en Tunisie et la torture banalisée, si la liberté de presse y est inconnue, si enfin la France a fait preuve trop longtemps de trop de complaisance à l'égard du régime de Zine Ben Ali, le texte de Ben Brik sur Chirac n'en est pas moins une erreur. Il semble difficile de déclarer, et je le lui ai dit, que Chirac est «le seul capable d'influencer Ben Ali» et de le mettre en cause avec des termes pour le moins inopportuns.
Le communiqué des médecins de la Salpêtrière est moins alarmiste que les informations venues de Tunis...
Taoufik n'a jamais dit qu'il faisait une grève de la faim «dure». Il prenait de l'eau sucrée. Il était parfois sous perfusion et ne l'a pas caché. Aujourd'hui, il est réellement fatigué, diminué, mais cela ne signifie pas que ses jours soient en danger. Autrement, il ne pourrait envisager comme il le fait une sorte de grève de la faim «itinérante» qui le conduirait à Alger ou à Genève. Je suis d'ailleurs persuadé qu'il comprendra vite qu'il doit éviter à tout prix de transformer son combat pour la liberté de la presse et les droits de l'homme en un cirque médiatique.
Vous lui conseillez de mettre un terme à sa grève de la faim?
Taoufik a obtenu pratiquement tout ce qu'il voulait. Il a un passeport, les charges iniques qui pesaient sur lui - et qui pouvaient lui valoir six ans de prison - ont été levées. Grâce à son action, un coin a été levé sur la réalité du système. Il reste, c'est vrai, à obtenir la libération de son frère Jelal, qui a entamé une grève de la faim en détention. Celui-ci est condamné à trois mois de prison pour avoir soi-disant «agressé» des policiers, quand ce sont eux qui l'ont tabassé devant le domicile de son frère, le 26 avril... Il faut néanmoins savoir arrêter une grève de la faim quand on a atteint ses objectifs. Et quand la donne change. J'en veux pour preuve que des centaines de personnes ont participé ce week-end à une réunion sur les droits de l'homme à Tunis. Il existe d'autres moyens d'exiger la libération de Jelal, sans fuite en avant, sans un jusqu'au-boutisme qui risquerait de retourner contre Taoufik, et contre les militants tunisiens des droits de!
l'homme, une opinion qui est aujourd'hui acquise à son combat.
Des militants tunisiens lui font aujourd'hui la même demande...
Une des conséquences de son état de santé, c'est aussi de faire des déclarations décousues, contradictoires, voire maladroites. Trop de sollicitations, être projeté sur le devant de la scène n'aident pas à conserver son sang-froid. Aujourd'hui, il ne faut pas donner d'arguments à Ben Ali pour décrédibiliser l'action de Taoufik, qui a ouvert une brèche et permis que l'opinion internationale ouvre les yeux sur les méthodes en cours en Tunisie pour faire taire toute voix divergente.
|
06 Mai 2000 - INTERNATIONAL
" Le pouvoir est agressif "
Moncef Marzouki, porte-parole du Centre national des libertés en Tunisie (CNLT), a été, ces dernières années, emprisonné à maintes reprises, comme son frère Mokhlos. Ce médecin, vivant à Sousse, à 140 kilomètres de Tunis, a vu le service qu'il dirigeait dans l'hôpital de cette ville, fermer. Ne pouvant plus exercer, il n'a pour tout salaire que les quelques cours qu'il dispense à l'université. Candidat en 1994, à l'élection présidentielle contre le président Ben Ali, il fut alors jeté en prison. Depuis cette époque, on lui a retiré son passeport. Son téléphone est coupé. Rencontre au local du CNTL, dans le centre de la capitale, dans un appartement transformé en bureau dont les lignes de téléphone et de fax ont été interrompues.
Le visiteur voit, dans la Tunisie, un pays accueillant, où les femmes jouissent d'un véritable statut social, où santé et éducation sont publiques et efficaces. Le gouvernement met en avant ces aspects positifs pour dénoncer une " campagne insidieuse menée par certains médias français " qui dénoncent des atteintes aux droits de l'homme.
Moncef Marzouki. L'affaire Ben Brick est symptomatique de la véritable situation que vit le pays. Tous les aspects positifs, que l'on vient d'évoquer, existent depuis des décennies. On doit reconnaître le rôle de Bourguiba qui croyait en une société laïque et qui a ouvré pour lutter contre la misère. Depuis le 7 novembre 1997, date du coup d'Etat de Ben Ali, les choses vont de plus en plus mal : les systèmes d'éducation, de santé, se dégradent ; la corruption et l'accaparement des richesses par les proches du président nous mènent droit à l'abîme. Ben Ali a mis en place, pour éradiquer l'intégrisme islamiste, un appareil policier et judiciaire qu'il retourne, depuis 1989, contre tout ce qui bouge et lutte dans ce pays. Il a promulgué, en toute illégalité, un arsenal de lois liberticides dans trois directions : la presse, les associations, les partis politiques. Ces trois secteurs sont aujourd'hui aux ordres ; tous ceux qui créent des espaces indépendants tombent sous le cou!
p de la loi. Alors que la Tunisie figure loin devant la plupart des pays africains sur le plan économique et social, concernant la démocratie et les libertés elle apparaît comme vivant sur le modèle des dictatures latino-américaines des années soixante-dix - quatre-vingt. Des gens comme Philippe Séguin pensent que la Tunisie n'est pas mûre pour la démocratie. Mais le Sénégal vient de lui infliger un terrible camouflet. Pourquoi ce qui a été possible dans ce pays, l'alternance démocratique par la voie électorale, ne le serait pas ici. On voudrait nous faire croire que la voiture ou la pénicilline seraient bonnes dans tous les pays de la planète mais pas la démocratie.
L'affaire Ben Brick montre un pouvoir déboussolé, agressif.
Moncef Marzouki. Le pouvoir est aux abois. Il est donc capable de tout. Moi-même, je ne me projette pas plus de 24 heures dans l'avenir. Je peux être arrêté à tout moment. En juin dernier, en sortant de ce local, j'ai été enlevé par trois civils et embarqué dans une voiture particulière ; j'ai cru ma dernière heure arrivée ; j'ai été soulagé quand j'ai constaté que l'on me menait dans les locaux de la préfecture pour y être interrogé. Il nous appartient, à nous les démocrates, de proposer et de trouver une issue. Sinon un coup d'Etat est possible, coup d'Etat perpétré par Ben Ali lui-même, qui s'attribuerait alors les pleins pouvoirs, ou par des secteurs de l'armée frustrée devant la dérive autocratique du président. Il faut savoir que les islamistes, que le pouvoir prétend anéantis, sont forts dans l'armée. C'est pourquoi nous proposons au pouvoir de réfléchir ensemble ; en préalable, il faudrait qu'il rende aux opposants leur passeport et qu'il cesse de les poursuivre. No!
us espérons un processus démocratique à la sénégalaise.
Qu'en est-il de l'opposition ?
Moncef Marzouki. Elle se manifeste selon quatre axes : les islamistes, puissants malgré la répression, les " bourguibistes ", la gauche, et la société civile. Et on sent un réveil dans le pays. Il y a trois ans, on n'aurait pas imaginé que lors d'une manifestation de lycéens, concernant les études, on entendrait des slogans politiques contre le pouvoir. · l'époque, nous étions une poignée de " fous " en lutte. Aujourd'hui, les bouches commencent à s'ouvrir. Et les obsèques de Bourguiba ont montré un pouvoir incapable de " capitaliser " l'émotion. Il s'est, au contraire, en organisant une cérémonie à la sauvette, aliéné une grande partie des Tunisiens en les empêchant de se recueillir. Cela prouve, s'il en était encore besoin, le caractère déplacé d'un régime, vivant hors de son espace, l'Afrique, et hors de son temps. Un régime seulement occupé à se perpétuer et à partager le gâteau entre deux familles.
Propos recueillis par A. C. |
*****************
****************
Ben Brick jeudi à Alger, où il arrêtera sa grève de la faim
PARIS, 9 mai (AFP) - Le journaliste tunisien Taoufik Ben Brick a annoncé mardi à l'AFP qu'il quitterait jeudi Paris, où il était arrivé il y a une semaine, pour Alger où il cessera sa grève de la faim commencée le 3 avril.
M. Ben Brick, qui se trouve toujours à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpétrière, avait jusqu'ici posé comme condition pour arrêter sa grève de la faim que son frère Jelal, emprisonné à Tunis, soit libéré.
M. Ben Brick avait demandé une audience au président de la République Jacques Chirac qui lui a été implicitement refusée vendredi. Le journaliste tunisien n'avait pas mâché ses mots en arrivant en France contre ce qu'il considère comme l'attitude complaisante du chef de l'Etat à l'égard du régime tunisien.
Le journaliste tunisien a précisé qu'il quitterait Paris à bord du vol d'Air-Algérie qui décollera à 12h30. Il compte passer près d'une semaine en Algérie, dont la presse a fortement soutenu son mouvement.
*****************
*****************
Portugal-Tunisie-UE AFPi--r May 9 13:00
Ben Brick proteste contre la visite du président Ben Ali au Portugal
LISBONNE, 9 mai (AFP) - Le Journaliste tunisien Taoufik Ben
Brick s'élève contre la visite du président Ben Ali mardi et
mercredi au Portugal, pays qui assure la présidence de l'Union
Européenne.
"Les gouvernements qui le reçoivent sont des collaborateurs du
régime", affirme Ben Brick dans une interview publiée mardi par le
quotidien Publico. "C'est eux, au bout du compte, qui aident Ben Ali
à continuer à torturer avec la manne européenne qui atterrit dans sa
poche et qui sert à armer les bourreaux de sa police", ajoute-t-il.
Le journaliste, qui poursuit à Paris une grève de la!
faim
entamée à Tunis, demande "au peuple portugais de faire pression sur
son gouvernement pour que ne réussisse pas la manoeuvre de Ben Ali,
d'avoir attendu que le Portugal exerce la présidence européenne pour
se rendre à Lisbonne".
Ben Ali "veut nous transformer en légumes", affirme Taoufik Ben
Brick. "Pour cela, poursuit-il, il a neutralisé toutes les
institutions de la société civile et il ne reste aujourd'hui que des hors-la-loi,
comme le Conseil national des libertés" (CNL).
Au terme d'une comparaison footbalistique, le journaliste estime
que "le moment est venu pour les politiques de jouer les
attaquants". Il cite notamment Moncef Marzouki, le porte-parole du
CNLT qu'il considère comme le "Nelson Mandela de Tunisie".
"C'est maintenant ou jamais", insiste Ben Brick. "J'ai ouvert
comme j'ai pu une grande brèche. Si ces gens n'entrent pas dans la
brèche, alors qu'ils ferment la bouche pour toujours (...) et qu'on
attende une autre génération".
Interrogé sur un mérite éventuel du régime en tant que "barrière
contre la progression de l'islamisme", Ben Brick souligne qu'il "n'y
a aucune comparaison entre les islamistes tunisiens et ceux du reste
du monde arabe" car les premiers se battaient "seulement avec des
stylos".
"Ben Ali les a torturés, a tué nombre d'entre eux et les a
persécutés seulement parce !
qu'ils avaient une opinion différente. Je
suis leur adversaire, souligne le journaliste, mais qui peut
accepter qu'un mère ou l'épouse d'un homme soient violées seulement
parce que cet homme est un islamiste?"
******************
******************
RSF prend ses distances avec Taoufik Ben Brik
PARIS (AP) -- Le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), Robert Ménard, qui a ramené de Tunisie le journaliste Taoufik Ben Brik pour le faire hospitaliser en France, estime qu'il ''faut savoir arrêter une grève de la faim quand on a atteint ses objectifs''.
Le responsable de RSF souligne, dans un entretien publié mardi par ''Libération'', que le journaliste tunisien ''a obtenu pratiquement tout ce qu'il voulait'', notant qu'il avait un passeport, que ''les charges iniques qui pesaient sur lui - et qui pouvaient lui valoir six ans de prison - avaient été levées'' et que ''grâce à lui, un coin avait été levé sur la réalité du système''.
S'il admet qu'il reste à obtenir la libération du frère de Taoufik Ben Brik qui a entamé une grève de la faim en prison, M. Ménard explique qu'il ''existe d'autres moyens d'exiger la libération de Jelal, sans fuite en avant, sans un jusqu'au-boutisme qui risquerait de se retourner contre Taoufik et contre les militants tunisiens des droits de l'homme''.
Robert Ménard met sur le compte de l'état de santé de Taoufik Ben Brik, qui est ''réellement fatigué, diminué'' mais dont les ''jours ne sont pas en danger'', et sur les nombreuses ''sollicitations'' médiatiques, ses déclarations ''décousues, contradictoires, voire maladroites'', à commencer par son texte sur le président Jacques Chirac. ''Il semble difficile de déclarer, et je le lui ai dit, que Chirac est ''le seul capable d'influencer Ben Ali'' et de le mettre en cause avec des termes pour le moins inopportuns'', juge-t-il.
Le secrétaire général de RSF se déclare cependant ''persuadé'' que le journaliste ''comprendra vite qu'il doit éviter à tout prix de transformer son combat pour la liberté de la presse et les droits de l'homme en un cirque médiatique''.
*************
*************
France: RSF appelle ben Brick à arrêter sa grève de la faim
PARIS (Reuters) - Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières, souhaite que Taoufik ben Brick cesse sa grève de la faim, estimant que le journaliste tunisien "a obtenu pratiquement tout ce qu'il voulait", à l'exception de la libération de son frère Jelal.
"Taoufik a un passeport, les charges iniques qui pesaient sur lui - et qui pouvaient lui valoir six ans de prison - ont été levées. Grâce à son action, un coin a été levé sur la réalité du système" tunisien, affirme Robert Ménard dans une interview à Libération.
"Il reste, c'est vrai, à obtenir la libération de son frère Jelal, qui a entamé une grève de la faim en détention. Celui-ci est condamné à trois mois de prison pour avoir, soi-disant, agressé des policiers quand ce sont eux qui l'ont tabassé devant le domicile de son frère, le 26 avril", ajoute-t- il.
"Il faut néanmoins savoir arrêter une grève de la faim quand on a atteint ses objectifs. Et quand la donne change", précise Robert Ménard.
"J'en veux pour preuve que des centaines de personnes ont participé ce week-end à une réunion sur les droits de l'homme à Tunis. Il existe d'autres moyens d'exiger de Jelal, sans fuite en avant, sans un jusqu'au-boutisme qui risquerait de se retourner contre Taoufik, et contre les militants tunisiens des droits de l'homme, une opinion qui est aujourd'hui acquise à son combat", souligne- t-il.
Départ pour Alger jeudi ?
Robert Ménard estime que "l'une des conséquences" de l'état de santé de Taoufik ben Brick "est aussi de faire des déclarations décousues, contradictoires, voire maladroites".
"Je suis d'ailleurs persuadé qu'il comprendra vite qu'il doit éviter à tout prix de transformer son combat pour la liberté de la presse et les droits de l'homme en un cirque médiatique", ajoute-t-il.
Interrogé sur cette prise de position de celui qui l'avait ramené à Paris, jeudi dernier, Taoufik ben Brick, qui observe une grève de la faim depuis le 3 avril pour défendre la liberté d'expression et la démocratie en Tunisie, a affirmé sa détermination à poursuivre son action, notamment pour obtenir la libération de son frère.
"Je ne suis pas sa marionnette et il n'est pas mon marionnettiste", a-t-il déclaré à Reuters à propos du dirigeant de RSF.
"Je ne sais pas si j'arrêterai, je me plais dans cette grève de la faim", a-t-il dit en rappelant qu'en Tunisie un militant des droits de l'homme avait jeûné pendant 109 jours.
Taoufik ben Brick, hospitalisé à la Pitié-Salpêtrière depuis son arrivée à Paris, a précisé qu'il entendait quitter la France pour l'Algérie jeudi prochain.
Ses médecins français ont souligné vendredi que son état n'inspirait pas d'inquiétudes majeures à court terme mais que sa grève de la faim ne saurait se prolonger sans risque.
***********************
***********************
Journalist on Hunger Strike in London
ON THE SEVENTH DAY Of MY HUNGER STRIKE, I DEMAND THAT MY FAMILY MEMBERS
ARE GRANTED THEIR PASSPORTS AND THAT ALL AGGRESSION AGAINST THEM IS
STOPPED
(Communiqué)
LONDON 9 MAY 2000
On the seventh day of my hunger strike, I declare my determination to
continue this struggle asking for simple demands which many people take
for granted and the acquisition of which in my country requires
undertaking lots of hardships.
I am a Tunisian journalist living in the United Kingdom since 1994. My
family has been persistently harassed by the Tunisian authorities as a
retaliation for what I write. All of my family have been denied simple
rights like the right for a passport, the right for free movement and
the right not to be tortured.
In November 1996, my sister Radhi!
a Aouididi was arrested and sentenced
to 5 years' imprisonment and five years of administrative control for
attempting to leave the country illegally in order to join her husband
in France. Despite being released from prison in June 1999 after a
presidential pardon, she is still denied a passport and still forced to
sign at the police station every day.
In the same month, my brother Abdelaziz Aouididi was arrested in Sfax in
Southern Tunisia and had his passport confiscated. A few months later,
my mother had also had her passport confiscated after I invited her to
attend my wedding in Britain.
In October 1998, members of the security forces broke into the family
house and savagely maltreated my family members, then they found a
receipt for $ 300 which was sent by me to help with the family expenses;
the police used this as a pretext and arrested my mother and eldest
brother Mohammed on the charge of receiving mone!
y from foreign sources.
A few days later, my mother, a 70-year-old lady, not having any money
with her, was released in the middle of the night in a town which was
unfamiliar to her and which was 50 km away from home.
My brother Mohammed, father of four children, was kept for another five
months in detention. Despite a verdict by the Sfax Tribunal acquitting
my mother, brother and sister of the charges, the Tunisian authorities
continue to harass my family and threaten them of re-opening the case
every time I publish an article that deals with Tunisia or interview a
member of the Tunisian opposition abroad.
The authorities opened the case again last August after I interviewed
Mr. Khmais Chammari, vice president of the Movement of Social Democrats,
and another interview with Mr. Mustapha Ben Jafar Chairman of the
Democratic Coalition for Workers and Freedom in Tunisia. A few weeks
ago, Ms. Radhia Nasraoui, the lawyer repre!
senting my family, informed us
that the case was opened again despite the two previous rulings of
acquittal by the courts.
For ten years I have not seen my family especially my mother who is 70
years old and who may pass away before being allowed to see me, while
this is in an age where distances have been greatly shortened, Tunisia
being only two hours away from London.
Because of all the reasons mentioned, I declare that I am continuing
with my hunger strike until my simple demands are met:
1- That all members of my family be granted passports and that
their right for free movement be respected, especially for my sister
Radhia so that she joins her husband in France.
2- That the Tunisian police stop all acts of harassment against
members of my family, that the previous ruling of acquittal be
respected, and that the Tunisian authorities stop taking revenge aga!
inst
my family for what I write as a journalist on the basis that what I
write is my personal responsibility and that my family have nothing to
do with it.
Journalist Noureddine Aouididi
-----------------------------------------------------------------------------------------------------
For more information about Noureddine Awididi’s hunger strike please
see:
http://www.zaitouna.net/chrt.com/Nouredin_hs/communique.htm
For more information on Noureddine’s sister Radhia Nasraoui, adopted as
pri!
soner of conscience by Amnesty International, see Amnesty
International report:
http://www.amnesty.org/ailib/aipub/1997/MDE/53002597.htm - Chapter: THE
FAMILY AS AN ARENA FOR POLITICAL REPRESSION>Broken Families).
For more information, please contact us at:
mail@chrtunisia.org
Please visit our website:
http://www.chrtunisia.org
****************
****************
|
|
|
- | To contribute articles, issues, links, or comments, please Contact Us |
|
|
Search the Net Super-Seek Human Rights Job Board
Campaigns Israeli Settlements The Iraq Action Coalition Arab Activism in US Le Maghreb des droits de l'Homme
News Sources Sahafa Online ArabicNews.com Moheet.com iviews.com Newsday AP
Texts Arab Constitutions UN HR Commission 1999 UN HR Commission 1998 International Criminal Court
Never Again !
- Palestinian Webring
- Discussion Forums
|
|
P E T I T I O N
Nous, citoyennes et citoyens du monde, après avoir pris connaissance de la situation préoccupante des Droits Humains en Tunisie, dont particulièrement :
· le harcèlement perpétuel des diverses associations telles que le RAID (section ATTAC Tunisie), la LTDH, l’ATFD (Association Tunisienne des Femmes Démocrates), le CNLT (Conseil National des Libertés en Tunisie), l’UGET ( Union Générale des Etudiants de Tunisie), l’AJA ( Association des Jeunes Avocats) ;
· la main-mise du pouvoir sur l’unique organisation syndicale, l’UGTT (Union Générale Tunisienne du Travail);
· la soumission des juges par le pouvoir politique;
· l’absence totale de la liberté de presse;
· l’interdiction des partis et mouvements politiques réellement opposants tels que le POCT (Parti Ouvrier Communiste Tunisien), le mouvement des Patriotes Démocrates (mouvement marxiste léniniste), Ennahdha (parti islamiste);
· la dégradation de la vie sociale ;
· l’ampleur de la corruption et les rackets ;
nous exprimons notre indignation face à cette situation et tenons le gouvernement tunisien responsable de toutes ces exactions commises.
Par conséquent, nous appelons à :
-
la libération immédiate et l’abandon des poursuites judiciaires à l’encontre de Hamma Hammami (porte-parole du POCT, jugé par contumace à plus de 9 ans de prison et vivant en clandestinité), Fathi Chamkhi ( Président du RAID), Mohamed Chourabi ( membre du RAID), Iheb El Hani, Jalel Zoghlami ( frère de TBB) et tous les prisonniers d’opinion;
-
la restitution de tous les passeports confisqués dont celui de Taoufik Ben Brik (TBB) et la garantie de la liberté de circulation ;
-
le respect des droits d’organisation, d’expression et d’information;
-
lever la chape de plomb exercée sur la société tunisienne.
Signatures ICI
Telechargez en format MsWord ICI
Home
Updated 01 May 2000
(c) 1998/2000 Arab Human Rights Netcenter/ Contact: Webmaster |
*******************
*******************
Testimony of Sihem Ben Sedrine regarding the attacks in front of Taoufik Ben Brik’s home on 26th April 2000 in order to prevent activists from approaching French journalists: Violent beating at the police station
Sihem Ben Sedrine, member of the National Council for Liberties in Tunisia (CNLT), human rights activist and director of publishing house Aloes which was closed down last month by the Tunisian authorities, describes the confrontations between the Tunisian police, French journalists and Tunisia activists in front of Taoufik Ben Brik’s home on 26 April 2000:
“[…]Suddenly, we saw Azza Zarrad, the wife of Taoufik Ben Brik on the other side of the road, being maltreated and lifted like a sack by a guard. The journalists aimed their cameras and started taking photos. Immediately, a swarm of guards threw themselves on us, breaking the cameras and beating us. I heard an order behind me “Take Sihem!”. One of them came on to me, dealt me a violent punch to my stomach and made me fall to the floor, dragged me by my hair over 150m up to a car with the colours of the Office des Ports Aeriens de Tunisie. There they threw me in the car boot and a guard sat on me to prevent me from escaping.”
At the police station, she was, as well as Taoufik Ben Brik’s brother and two other activists, subjected to torture:
“Then it was Jalel’s turn. He was ordered to lie on the floor. He refused and 3 men grabbed him and started beating him until he was made to fall to the floor. The same operation was repeated on him: the same torturer jumped on his back and neck. Some time later, they stopped. One of them sprayed us with am aerosol which must have been an asphyxiating and irritating tear gas. We could no longer breathe and our faces were swollen.”
Sihem Ben Sedrine and the other two activists were later released, but Jalel, Taoufik Ben Brik’s brother remains in prison, after having been sentenced to three moths’ imprisonment for allegedly attacking officers during their exercise of duty.
For full account, please see (photos of Sihem included):
http://www.zaitouna.net/chrt.com/bensedrine/communique1.htm
CMF MENA calls on Arab States to cease their harassment of the Qatari
satellite television “Al Jazzera”
Three Arab states have this week recalled their ambassadors from Doha
(Qatar) in protest of what they call continuing attacks on their
countries’ leaders and policies by the pan-Arab satellite television
Al-Jazeera. The governments of Tunisia, Libya and Iraq have officially
complained to the Qatari Foreign Minister demanding for the government to
intervene to censor the television station. The Qatari government took the
brave position to not interfere in the television’s editorial line, and
declared that the channel is independent and does not reflect the
government official policy. This is not the first time that the channel
has come under attack. Egyptian and Jordanian governments and the
Palestinian National Authority have also in the past attacked the channel
and demanded that the Qatari government restricts its freedom.
CMF MENA believes that the campaign orchestrated by some Arab governments
against al-Jazzera aims at silencing an independent pan-Arab satellite
television opened to Arab political opposition leaders, human rights
advocates and other critics, who would not be heard in their own
countries, because of the official media control and endemic censorship.
“ This is serious threat to free speech that these governments resort to
diplomatic pressure with the aim to silence a free and independent
television station based in another Arab country. This practice has only
one name: “diplomatic bullying”. Tunisia, Libya and Iraq governments are
among the worst human rights violators in the world. Their citizens are
denied the minimum freedom of expression required by international human
rights laws and standards, to keep their human dignity intact,” says Said
Essoulami, Executive Director of CMF MENA.
Al-Jazeera tackles courageously many issues of concern to the oppressed
Arab people such as democracy, human rights, and press freedom and gives
to many silenced individuals the opportunity to express their views in
total liberty. The station introduced new oxygen into the depressing media
system of the Arab world which many Arab governments are seeking to
perpetuate.
“ CMF MENA expresses its solidarity with the journalists of Al-Jazeera and
notes with satisfaction the position of the Qatari government on this
issue. Arab governments must stop harassing the television station and
should instead open up their media, in particular the broadcasting system,
to the political and cultural diversity of their countries. This is
required by the international human rights treaties and declarations they
have signed and ratified,” says Essoulami.
Inquiries to:
CMF MENA
Tel: +44 (0) 20 7354 2484 Fax: +44 (0) 20 7354 2572 E-mail:
saidsoul@easynet.co.uk
The Arab Commission for Human Rights issues a communique on Tunisia
In a communique issued on 4 May 2000, the Arab Commission for Human Rights calls on the Tunisian government to:
1. Immediately release Jelal Zoghlami (CNLT), Fathi Chamkhi (President of RAID), Mohammed Chourabi (member of RAID) and citizen Iheb Elttani.
2. End all persecutions of Human Rights defenders in Tunisia, and allowing those deprived of work to return to their jobs and restore the lawyers’, Human Rights defenders’ and citizens’ passports.
3. Re-open the publishing house Aloes and allow its director Sihem Ben Sedrine to resume her work and its literary editor Jean-Francois Poirier to enter Tunisia and give colleague Omar Mestiri access to his farm.
4. Treat all victims of police attacks, especially the attack of Amnesty International’s Tunis section on 21 April, and on lawyers and activists near Taoufik Ben Brik’s house on 26 April, and bring the policemen responsible for the attacks to justice.
5. Lift restrictions off the LTDH, the ATFD, Amnesty International’s Tunisia section and all other NGO’s and also authorise the CNLT and RAID.
For full communique, please see:
http://www.zaitouna.net/chrt.com/tbb_hs/TaoufinBB5-5.htm
----------------------------------------------------------------
Please visit our website at:
http://www.chrtunisia.org
*******************
*******************
Article ALMOSTAQBAL sur la Tunisie:
CLIQUER ICI
***********
Minni wa 3alaikom assalam